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Légaliser et contrôler la filière du cannabis en France est vu par certains comme une opportunité pour l’économie.
Fumée blanche
2014, l'année du grand bond vers la légalisation du cannabis dans le monde ?
Publié le 08 janvier 2014
Le cannabis a été légalisé en Uruguay, dans l’Etat américain du Colorado et le sera bientôt dans l’Etat de Washington.
David Weinberger est chercheur à l'institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Il a écrit plusieurs articles sur le sujet dont " réseaux criminels et cannabis : Indoor en Europe : maintenant la France ?" et une...
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David Weinberger
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David Weinberger est chercheur à l'institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Il a écrit plusieurs articles sur le sujet dont " réseaux criminels et cannabis : Indoor en Europe : maintenant la France ?" et une...
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Le cannabis a été légalisé en Uruguay, dans l’Etat américain du Colorado et le sera bientôt dans l’Etat de Washington.

Atlantico : L'année 2014 pourrait-elle marquer un tournant ?

David Weinberger : L’expérience uruguayenne d’un contrôle étatique du marché du cannabis ainsi que celle qui a débuté le 1er janvier dans l’état américain du Colorado puis bientôt dans l’Etat de Washington permettront d’observer in vivo les conséquences d’un tel changement et de voir si cette politique se diffusera dans d’autres Etats. Car si au niveau fédéral, les Etats-Unis généralisent cette légalisation, il serait envisageable qu’un changement plus global s’opère au niveau au travers des Nations-Unis. Mais seul l’avenir nous le dira.

D’ailleurs, l’année du changement serait plutôt celle de la mise en place de la dé-criminalisation de l’usage des drogues au Portugal en 2000, qui a inspiré un grand nombre de décideurs politiques dans le monde car il a été observé une légère baisse de la consommation et le niveau des trafics n’a pas particulièrement augmenté.

Peut-on parler d'un retournement idéologique ? Comment le comprendre ? Sur quels éléments s'appuie-t-il ?

Depuis 2009, différentes personnalités de premier plan comme le président colombien Juan Manuel Santos ou l’ancien secrétaire général des Nations-Unies Kofi Annan s’accordent sur "l’échec de la guerre à la drogue" telle qu’elle a été mise en œuvre depuis 40 ans et préconisent d’autres politiques anti-drogue. Car malgré des milliards de dollars investis dans la lutte anti-drogue, les niveaux de consommation du cannabis mais aussi de la plupart des autres drogues ont continué à augmenter de manière significative et déstabilise fortement un grand nombre de pays, comme le Mexique.

De plus, les comparaisons européennes prouvent qu’il n’y a pas de lien mécanique entre la législation et le niveau de consommation. Ainsi l’Espagne, qui tolère l’usage de cannabis, a un des niveaux de consommations de cannabis les plus important d’Europe, alors que ce niveau est très faible aux Pays-Bas. Il en va de même avec les pays où l’interdit est affirmé : en Suède, il y a peu peu de fumeurs de joints, et c’est malheureusement l’inverse en France.

Certains prédisent que la légalisation permettra de mieux lutter contre les trafics. Que faut-il en penser ?

Légaliser et contrôler la filière du cannabis en France, estimée à plusieurs milliards d’euros par an, est vu par certains, comme une opportunité pour l’économie. Il déposséderait théoriquement les bénéfices accumulés par les trafiquants au profit de l’Etat.

Cependant, il est probable que s’opère un transfert d’activité des trafiquants vers d’autres formes de criminalité (comme le trafic d’autres drogues illégales). Les détracteurs d’un changement législatif suggèrent aussi qu’un changement législatif qui ne prendrait pas en compte le contrôle de la production par l’Etat renforcerait la criminalité organisée qui écoulerait encore plus facilement la drogue.

Et qu’en est-il des risques pour la santé, sont-ils passés au second plan ? En quoi est-ce regrettable ?

Les promoteurs d’un changement de la loi mettent en avant que le contrôle de la production et de la vente de cannabis améliorerait la prise en compte sanitaire des consommateurs. Inversement, la « nocivité » du cannabis qui a vu doublé son taux en substance active en l’espace de 10 ans pose aussi d’autres questions. Le Royaume-Uni a expérimenté la "contraventionnalisation" du cannabis pendant deux ans pour revenir en arrière à partir du constat d’une dangerosité accrue du cannabis.

Il est d’ailleurs utile de rappeler que les différentes expertises médicales comme celle de l’INSERM en 2009 montrent que la consommation régulière de cannabis, notamment fumé, a des effets négatifs sur la santé physique et psychique.

Mais il est clair que la légalisation du cannabis est plutôt orientée vers la lutte contre les trafics que vers la protection de la santé des citoyens.

La légalisation pourra-t-elle s'arrêter au cas du cannabis ?

Tout est envisageable : certaines initiatives sud-américaines souhaiteraient faire de même avec la cocaïne, car c’est le trafic de cette drogue illicite qui déstabilise le plus les pays comme la Colombie, le Mexique, le Venezuela ou le Honduras.

Cependant, l’opinion française reste défavorable à un tel changement législatif même si une majorité considère que la sanction pénale de l’usage du cannabis n’est pas forcément la réponse la plus adaptée.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Ganesha
- 09/01/2014 - 12:04
Robespierre

La peine de mort pour les usagers du cannabis : j'espère au moins que vous avez ressenti de la jouissance en écrivant cela...
Dans ce genre de totalitarisme, vous savez pertinemment bien que vous vous retrouveriez très rapidement du côté des victimes : pulsions suicidaires ?
Dr PEB
- 09/01/2014 - 12:03
La légalisation suppose un contrôle total de la chaîne....
Si on légalise, il faudra contrôler toute la chaîne de production et de consommation.
La production, comme pour le pavot médicinal destiné à la morphine, serait soumise à un régime d'autorisation. L'agriculteur mandaté sinon autorisé ne pourrait cultiver que certaines variétés au taux de THC défini.
Les grossistes confectionneraient des paquets de doses disposant d'un sceau douanier comparable aux cols de bouteille de vin.
Les bureau de tabac assureraient la vente au détail, uniquement aux majeurs.
Les quantités que l'usagers peut avoir sur lui seraient limités à la consommation hebdomadaire "normale", toujours dans les emballage douanier scellé et hors des établissements recevant habituellement le jeune public (écoles, centres de loisirs, gymnase...).
Les lieux de consommation seraient cantonnés à l'espace privé et aux établissements recevant un public majeur ou assimilé (boîtes de nuit, débits de boisson).
Ganesha
- 09/01/2014 - 00:57
Santé Publique 3
En conclusion, désolé, il semble vraiment que dans l'état actuel de notre savoir médical, humain, et donc faillible, ou toujours perfectible, ce sont donc, soit de simples coïncidences, ou alors le joint de marie-jeanne ne fait qu'être un ''facteur déclenchant'' pour cette maladie, qui sans cannabis se serait simplement spontanément déclenchée quelques jours, semaines, ou mois plus tard, mais serait inexorablement apparue...