En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Reuters
Leurre

Créations d'emplois : les start-up sont-elles un miroir aux alouettes ?

Publié le 30 décembre 2013
Difficile de savoir qui créera l'emploi de demain. Une chose est sûre, le numérique affecte et crée de l'emploi dans les grandes et les petites entreprises.
Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Erwan Le Noan
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Difficile de savoir qui créera l'emploi de demain. Une chose est sûre, le numérique affecte et crée de l'emploi dans les grandes et les petites entreprises.

Atlantico : Selon une étude de l'OCDE, la majorité des emplois détruits entre 2001 et 2011 en France ont été supprimés dans des entreprises de plus de cinq ans (lire ici). A l'inverse, les créations nettes d'emplois ont été le fait des jeunes et de très jeunes entreprises fondées après 2008. Les start-up sont-elles réellement l'avenir de l'emploi en France ?

Erwan Le Noan : L’étude de l’OCDE montre que “les jeunes entreprises de moins de 50 salariés ne représentent qu’environ 11% de l’emploi total, mais sont généralement responsable de plus de 33% des emplois créés”. Il ne s’agit pas que d’entreprises innovantes du secteur numérique mais de l’ensemble des jeunes petites entreprises (en France, selon l’Insee, près de 3,6 millions d’entreprises ont moins de 50 salariés, soit 99% du total et 94% des créations se font sans salarié).

L’avenir de l’emploi, s’il est possible de le déterminer, est certainement du côté des entreprises qui innovent et proposent des produits et services qui répondent mieux aux attentes du marché. Cela peut être le cas de très grosses entreprises, mais elles ont été confrontées à une conjoncture structurellement défavorable les obligeant à rationaliser l’emploi. Les petites entreprises, jeunes, sont aidées par leur souplesse et probablement plus souvent portées par une envie d’innover et de proposer de nouvelles offres : selon l’Insee, 44% des créateurs sont motivés par l’envie d’affronter de nouveaux défis et 14% par une idée nouvelle.

Ces créations d'emplois concernent le court terme. A moyen et long terme, cette règle semble moins nette et la faculté des start-up à créer des emplois paraît surévaluée. Pourquoi les start-up sont-elles un miroir aux alouettes ?

Il est illusoire de prétendre que demain tous les Français seront salariés en basket et en jean dans des entreprises numériques ultra-innovantes (surtout, il est irréaliste de dire de quoi l’emploi sera fait à l’avenir). Personne ne défend vraiment cette perspective.

Le numérique transforme l’économie : les emplois seront tous affectés, de manière directe ou indirecte. Mais l’économie numérique ne concerne pas que le virtuel. On peut imaginer trois cercles de diffusion.

Au cœur du numérique, on trouve certaines entreprises qui y sont totalement consacrées, soit qu’elles proposent des services totalement dématérialisés (un réseau social par exemple), soit qu’elles fabriquent des technologies nouvelles (un écran interactif, une transmission de données etc.). Elles créent de l’emploi directement dans un secteur du numérique.

Le deuxième cercle est celui de la diffusion à l’ensemble des secteurs de l’économie : il concerne les entreprises qui ne sont pas dédiées au numérique mais dont les pratiques industrielles et économiques sont transformées par lui (ce sont les clients BtoB du premier cercle). En se diffusant, les nouvelles technologies rationalisent les processus traditionnels, ce qui permet de gagner en efficacité (AWS est l’offre "cloud" que fait Amazon aux entreprises par exemple).

Le dernier cercle est celui de la proximité avec le consommateur. Dans ce secteur, au terme de la chaîne logistique, le service repose sur la relation humaine soit parce qu’il s’agit d’une forme de qualité (le client, qui paie plus cher, est pris en charge par un vendeur) soit parce que l’humain est, d’une certaine façon, une technologie indépassable : dans le e-commerce, par exemple, il n’existe pas à ce jour d’alternative au livreur. Cette dernière étape maintient de l’emploi local. 

Le numérique affecte l’emploi : il le modifie et en crée. Cela peut être le cas dans des petites start-up comme dans de très grandes entreprises installées.

Les industries ne sont-elles pas plus prometteuses en termes d'embauches à venir ?

Il est très difficile de savoir qui créera de l’emploi demain. Cela sera peut être des géants du numérique ou des petites entreprises devenues grandes dans une industrie innovante.

Au premier abord, l’industrie n’a pas l’air très porteuse … L’emploi industriel en France a considérablement baissé ces dernières décennies : entre 1980 et 2007, il a baissé de près de 40% en France et la tendance se poursuit (contrairement aux idées reçues, la mondialisation n’est pas le premier facteur explicatif, c’est plutôt l’externalisation et les gains de productivité).

Cela n’interdit pas de penser qu’une entreprise industrielle créera demain de nombreux emplois. Le plus probable, à nouveau, est que les entreprises qui créeront de l’emploi seront celles qui colleront le mieux aux évolutions du marché.

L'industrie aéronautique ou l'industrie pharmaceutique, considérées comme nouvelles, paraissent plus stables et plus prometteuses en termes de croissance – et donc d'emplois. Est-ce sur elles que le gouvernement doit avant tout axer sa politique pour l'emploi ?  

Si le gouvernement veut aider un secteur économique, la solution la plus sage est probablement qu’il s’en tienne éloigné. Il évitera ainsi de créer des réglementations contraignantes, de subventionner des acteurs inefficaces, d’accroitre une fiscalité étouffante. David Thesmar et Augustin Landier expliquent très bien, dans leur dernier ouvrage, pourquoi il faut se méfier des éclairs de génie de l’appareil administratif qui croirait deviner sur quel secteur il faut axer toute une politique.

Le gouvernement doit créer les conditions globales et le cadre général pour qu’une entreprise qui innove, par ses produits ou dans ses services, répondant mieux aux attentes du marché, puisse se développer. Peut-être sera-t-elle industrielle, peut-être sera-t-elle dans le numérique ; mais peut-être sera-t-elle aussi dans un tout autre secteur, utilisant les nouvelles technologies pour rationaliser sa production, le digital pour accroître sa diffusion et la recherche fondamentale pour améliorer son offre. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

02.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

03.

Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan

04.

Tempête dans les bénitiers : qui de Salvini ou du pape est le plus catholique ?

05.

Fleurs et vacheries au G7 : les avis surprenants des dirigeants étrangers sur Emmanuel Macron ; Notre-Dame, victime collatérale de négligence politique ; Julien Dray, mentor repenti d’Emmanuel Macron ; Panne sèche pour la voiture autonome

06.

Le général iranien Qassem Souleimani, maître de guerre sur le front syro-irakien

07.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

04.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

05.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

06.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

03.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

06.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
mx
- 31/12/2013 - 00:59
Prevoir l'avenir ?
L'avenir n'a jamais ressemblé a aucune prévision, demain matin tout peut changer sans que personne n'ai rien vu venir, l’équation de l'avenir contient tellement d'inconnus que je défis quiconque de la diffuser.De plus certaine start up n'ont pour but que de détruire de l’emploi par de nouvelle technologie ou de nouveau systèmes de management.
jerem
- 30/12/2013 - 14:55
parfaitement exact: la drogue, la prostitution , les armes .....
"Si le gouvernement veut aider un secteur économique, la solution la plus sage est probablement qu’il s’en tienne éloigné."

oui c'est vrai que le nouveau texte sur la prostitution va etre un sacré ralentisseur à l'economie concernée..

et la reglementation allegée , sans lourdeurs administratives favorise clairement la drogue et la vente d'arme


d'ailleurs le bitcoin n'est il pas ,sans aucune reglementation, le lieu d'une economie non régulée et donc les flux sont d'une proprété digne d'un bon lave linge de la mère denis .....


Bravo pour cettte ravissante nouvelle contribution

donc on resume : on ne sait pas prevoir d'ou viendront les creations d'emploi mais on a un avis bien tranché pour demander a l'etat de se brider .....

aussi tarte que l'article sur la belgique
http://www.atlantico.fr/decryptage/lettre-au-pere-noel-15-pierre-antoine-dusoulier-saxo-banque-renvoyer-tous-hommes-politiques-pour-qu-interferent-plus-dans-econom-937418.html

En plus critiquer autant les starts up .... Soumier qui ne voit que par elles l'avenir de l'economie , ne sait parler de croissance que par elles va etre sacrement meurtri