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L'interview Atlantico Business
Yves Guénin - Optic 2000 : "Nous avons un rôle de professionnel de santé"
Publié le 30 juillet 2014
[REDIFFUSION] Avec 1944 points de vente en France et en Suisse, le groupe Optique 2000 a dégagé près de 417 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les 5,7 milliards qu’a généré le marché de l’optique en 2012. Pour Yves Guénin, secrétaire général du groupe, qui comprend l’enseigne Audio 2000 et Lissac, 2013 a été une année de "bouleversements". Et pour cause, les opticiens traditionnels doivent désormais faire avec la concurrence d’internet, la remise en cause des mutuelles et la baisse du pouvoir d’achat de leur client.
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[REDIFFUSION] Avec 1944 points de vente en France et en Suisse, le groupe Optique 2000 a dégagé près de 417 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les 5,7 milliards qu’a généré le marché de l’optique en 2012. Pour Yves Guénin, secrétaire général du groupe, qui comprend l’enseigne Audio 2000 et Lissac, 2013 a été une année de "bouleversements". Et pour cause, les opticiens traditionnels doivent désormais faire avec la concurrence d’internet, la remise en cause des mutuelles et la baisse du pouvoir d’achat de leur client.

Le marché de l'optique est sur un mouvement haussier depuis plusieurs années, quel bilan tirez-vous de l'année 2013 et quelle stratégie pour 2014 ?

2013 a été une année plus difficile sur le marché de l'optique avec beaucoup d'attaques et de remise en cause. Le premier de ces bouleversements, c'est le fort développement du e-commerce sur le marché de l'optique, le second, c'est l'ensemble des réformes de santé et notamment la proposition de loi Le Roux permettant aux mutuelles de constituer des réseaux de soins, sous oublier la loi sur la consommation. Nous avons donc vécu une année avec beaucoup d'incertitudes sur le plan législatif. 2014 sera donc une année de concrétisation des directions que le gouvernement veut prendre et nous envisageons et anticipons toutes les hypothèses. Malgré ce contexte difficile et un marché à la baisse, nos bons résultats montrent que quand on est un groupe construit avec une vraie stratégie, on peut faire la différence. Notre ambition pour les prochains mois c'est surtout de continuer à nous imposer dans un rôle de professionnel de santé, car c'est en conservant ce rôle-là, que l'on pourra surmonter les difficultés.
 

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Justement, l'une des pistes pour surmonter cette baisse du marché c'est internet. Est-ce un relais de croissance durable et craignez-vous la concurrence des pure-players de l'optique ?

Je crois qu'internet n'est pas une concurrence. C'est un phénomène mondial, un mode de consommation. Internet viendra dans l'optique comme il est venu dans la chaussure ou ailleurs. Néanmoins, je crois qu'il faut être sur internet avec conscience et respect de son métier. Le problème des pure-players, c'est qu'ils vendent des lunettes sans centrage, sans ajuster la longueur des branches, comment on fait chez soi ? Il faut me donner la réponse. Chez Optic 2000, nous avons un site e-commerce où le client peut pré-réserver et aller essayer le produit en magasin et voir s'il lui est adapté, si ce sont les bons verres etc. Ce modèle marche puisque nous sommes le premier site d'optique en ligne à être consulté dès lors qu'un client effectue une recherche sur internet dans ce sens-là.

L'autre aspect sur lequel vous insistez beaucoup, c'est le made in France. Là-encore, est-ce pour vous le moyen de fidéliser de nouveaux clients plus soucieux de ces problématiques ?

Vous savez, la lunette française c'est 1,2 % de la production mondiale et dans nos magasins, c'est 21 %. 50 % des lunettiers du Jura vivent sur nos commandes, nous sommes leur premier client. Cela permet de pérenniser un savoir-faire, assurer une présence de la France où elle a été leader. Dans cette période de crise, notre volonté, c'est de donner le sentiment qu'en allant chez nous, on favorise le maintien de l'emploi, c'est une vraie valeur.

Mais produire en France coûte plus cher...

C'est en effet une plus-value lors de l'achat mais quand on regarde le bilan global, c'est-à-dire en prenant en compte les problématiques de l'emploi et si l'on analysait le coût du chômage, on verrait bien que ce surcoût est artificiel. Je crois que dans ce genre de situation et de période, il n'y a pas que le coût, les Français sont prêts à dépenser plus pour des lunettes qui sont faites en France. Et puis à 80 euros une monture, comme nous en vendons, on n'est pas dans des coûts démentiels.

Un des fers de lance, au gouvernement, du made in France, c'est Arnaud Montebourg. Il n'a pas été tout le temps très tendre avec les patrons, comment jugez-vous son action ?

Je crois qu'il ne faut pas confondre patrons et voyous, c'est extrêmement simple à faire. Au-delà de ça, je constate qu'il parle souvent de relocalisation, c'est bien, mais n'oublions pas les entreprises qui n'ont jamais été délocalisées. Nous fabriquons les deuxièmes paires pour nos magasins en France. Et ce n'est pas depuis 2 ans que nous le faisons, c'est depuis 27 ans. Je crois qu'il faut mettre aussi l'éclairage sur la tradition de l'emploi en France et pas simplement sur quelques effets d'annonces. Tout faire pour le made in France, oui, mais il faut aussi conforter, dans leur esprit entrepreneurial, ceux qui ont toujours été en France et qui protègent cela.

Au-delà d'Arnaud Montebourg, que pensez-vous de la politique gouvernementale en faveur des entreprises ? Beaucoup de patrons ont exprimé un ras-le-bol fiscal, est-ce votre cas ?

Ras-le-bol fiscal ou pas, il faut être compétitif. Le tissu économique est durement touché et c'est vrai que la fiscalité est lourde. Je comprends qu'il y ait un besoin de redressement des comptes publics et un besoin d'atténuer les déficits, mais attention à ne pas toucher les forces vives de notre pays. On voit bien que plus on augmente les rentrées fiscales, plus les forces de production sont touchées. Au final, c'est l'emploi qui en fait les frais et donc la consommation. Je crois que le gouvernement doit avoir une politique résolument pour l'emploi en France, en privilégiant l'allégement des charges pour les entreprises et en leur permettant d'être compétitives. La France est touchée au niveau de son industrie mais aussi dans le domaine des services. Regardez toutes ces SS2I ou ces plateformes téléphoniques qui délocalisent. Donc la priorité du ou des gouvernements à venir, c'est de favoriser l'outil de production dans son sens large, c'est le seul moyen de relancer la machine de l'emploi en France.

Propos recueillis par Julien Gagliardi

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lsga
- 28/11/2013 - 15:44
un rôle de pillards
consistant à faire 80% de marges sur les lunettes, et sur le dos de la sécu