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Pourquoi aider militairement la République démocratique du Congo ne lui rend pas service

Publié le 19 novembre 2013
L'armée congolaise, avec l'aide de forces dépêchées par les Nations unies et des troupes sud-africaines et tanzaniennes, a défait la semaine dernière le groupe rebelle M23.
Samuel Solvit est spécialisé en relations internationales et en gestion de conflits. Son domaine de prédilection est l'Afrique et plus particulièrement la République démocratique du Congo. Il a été consultant au sein d'ONG, pour le Ministère...
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L'armée congolaise, avec l'aide de forces dépêchées par les Nations unies et des troupes sud-africaines et tanzaniennes, a défait la semaine dernière le groupe rebelle M23.

Atlantico : La récente « victoire » que constitue la fin de la rébellion du M23 est supposée aider l’Etat congolais à restaurer son autorité. Le pays est-il vraiment plus stable pour autant ? Quels défis restent-ils à relever pour apaiser réellement la situation du pays ?

Samuel Solvit : La République démocratique du Congo (RDC) est dans l’instabilité quasiment depuis sa naissance en tant qu’état, c’est-à-dire depuis plus d’un siècle. Croire que la fin annoncée de la rébellion du M23 et qu’un éventuel accord pourraient seuls permettre de restaurer durablement la stabilité est une illusion.

La RDC reste un état faible où de nombreux groupes rebelles autres que le M23 continuent de générer de l’instabilité et de la violence. Par ailleurs, le positionnement du Rwanda et de l’Ouganda vis à vis de la RDC reste ambivalent. Et la situation sociale, politique et économique reste précaire. De nombreux autres éléments sont donc nécessaires pour construire une vraie stabilité durable en RDC.

Dans quelle mesure est-ce qu’une intervention externe peut créer de stabilité sur le long terme ? Cela fait-il autre chose que de repousser à plus tard la reformation des groupuscules qui s’opposent au pouvoir en place ? La complexité du tissu ethnico-politique du pays empêche-t-elle une intervention extérieure qui ne soit pas partisane ?

Le problème avec les interventions extérieures (de type onusiennes, européennes ou africaines) est qu’elles sont au final des pansements sur des lésions profondes.

Parler d’intervention de manière générique est trop vague. Il s’agit de qualifier quel type d’intervention, son mandat, ses moyens, sa durée, ses domaines d’actions. Mais aussi, il s’agit de savoir si cette intervention est envisageable et acceptable par les parties en présence, et si elle est pragmatiquement réalisable au-delà des rêves démocratiques des pays occidentaux. Il est illusoire de penser qu’une mission de l’ONU de quelques milliers d’hommes pourrait sécuriser un pays presque aussi grand que l’Europe.

Le problème avec la RDC est que les enjeux ne sont finalement que « locaux » et faiblement internationaux - cela n’enlevant en rien l’horreur de la situation, au moins autant qu’en Syrie (et cela depuis bien plus longtemps). Le conflit de la zone ne déstabilise que la zone des grands lacs, mais pas l’ordre international. Les grandes puissances et la communauté internationale ne voient donc, pour l’instant, pas d’intérêt à aller s’enliser dans une situation complexe où il n’y a pas de « bons » et de « mauvais », mais des nombreux intérêts et une situation fluide et complexe de violences politiques, sociales et économiques.

S’il y avait une intervention, il faudrait avant tout qu’elle soit réellement motivée et non pas seulement une posture. Compte tenu de l’ampleur des efforts, elle devrait être considérée comme un réel investissement de long terme. Les chantiers seraient nombreux (économiques, administratifs, politiques, sécuritaires). Sans ce spectre global et ambitieux, une intervention serait probablement une illusion de stabilité.

Faut-il laisser le conflit se régler par lui-même pour espérer une stabilité à long terme ? Par quel procédé international – voire national – la situation pourrait-elle avancer et s’améliorer ?

Le pays est en guerre depuis près de 20 ans, sans parler des tensions et des violences pré-existantes. Jusqu’à présent, cette violence n’a pas générée plus de stabilité. 

Je ne sais pas si le conflit peut se régler par lui-même. Le problème est que l’on a à faire à des types de violences qui ne sont pas seulement politiques et organisées. Elles sont aussi endémiques et incrustées dans la vie sociale.

Si l’on souhaite améliorer la situation de la RDC et à terme conduire le pays vers la stabilité, au-delà d’une intervention « militaire », il me semble qu’il serait productif de lancer des initiatives locales et nationales. Une intervention peut être un des rouages pour minimiser l’insécurité, en revanche il faut en parallèle reconstruire et dynamiser le tissu social, politique et économique.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure

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Mots-clés :
ONU, guerre, intervention, congo
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anakyn
- 18/11/2013 - 12:43
Et pourquoi
ne pas les laisser se dépatouiller en eux ?

Après ça, ils viennent de plus en plus nombreux en France foutre le souk !
vangog
- 17/11/2013 - 23:29
Mais allez-y Samuel!
Qu'attendez-vous pour contribuer à l'effort de dynamisation du tissu social, politique et économique de ce pays que vous semblez tant aimer?
Pendant que vous irez au Congo, les patriotes francais tenteront de sauver et réparer le tissu social, politique et économique déchiré par les gauchistes...
Et il y a du travail!