Sephora est une victime de plus de la connerie ordinaire de notre système judicieux-administratif. La boutique restait ouvert jusqu’à minuit en semaine, 1h du matin le vendredi et le samedi. Sephora, première enseigne pour la vente des parfums et des produits de luxe, faisait 20% de son chiffre d’affaires entre 21h et minuit. Le commerce de nuit était assuré par près de 58 salariés, tous volontaires et payés plus que dans la journée. Le magasin emploie au total 200 personnes. Sephora sur les Champs-Élysées, c’est le navire amiral de toute l’industrie du luxe. Le magasin attire les couche-tard bien sûr, mais surtout les touristes qui logent dans les hôtels et les palaces voisins. Ne pas ouvrir le soir c’est une erreur, une faute professionnelle. Ne pas ouvrir la nuit c’est se moquer de cette clientèle riche qui fréquente les Champs-Élysées. Dans toutes les capitales du monde, le commerce reste ouvert tard dans la nuit sinon, comme à New-York, toute la nuit. La procédure a été initiée par la CGT qui se bat aux quatre coins de la France contre l’ouverture des magasins le dimanche et le soir. La CGT prétend que le code du travail est ainsi fait. La justice lui a donné raison. Pourtant, il n’y a pas de décision plus stupide, plus bête et plus pernicieuse que celle-ci. Voudrait-on tuer le travail, empêcher ceux qui veulent gagner un peu plus ou même de décourager les touristes pour qu'ils aillent directement à Londres ou à New-York dépenser leur argent, que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Les salariés de Sephora n’ont rien demandé. Au contraire, ils se préparent à manifester contre la CGT (un comble) pour faire annuler cette décision. A deux pas, ceux qui travaillaient chez Virgin auraient bien voulu bosser tard le soir et le dimanche. Qu'a-t-on fait pour protéger leur liberté ? Rien.