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Après son triomphe électoral, Angela Merkel apparaît plus forte que jamais sur la scène européenne.
Moteur allemand

Verrou de la rigueur : et maintenant que les élections allemandes sont derrière nous, quels scénarios pour l'Europe ?

Publié le 23 septembre 2013
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La chancelière Angela Merkel va être reconduite pour un troisième mandat de quatre ans. Son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), a recueilli plus de 42% des voix aux élections législatives de dimanche.
Jacques Sapir est directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), où il dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il est l'auteur de La Démondialisation (Seuil, 2011). Il tient également son...
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La chancelière Angela Merkel va être reconduite pour un troisième mandat de quatre ans. Son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), a recueilli plus de 42% des voix aux élections législatives de dimanche.
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Atlantico : Angela Merkel est partie pour un troisième mandat suite aux élections législatives ce dimanche 22 septembre. Maintenant que les élections allemandes sont passées, la chancelière allemande apparaît plus renforcée que jamais sur la scène européenne. Quels décisions et dossiers étaient suspendues aux élections allemandes et comment allons-nous avancer sur ces dossiers désormais ?

Jacques Sapir : La principale question est, bien entendu, le degré de coopération au sein de la zone Euro et le degré de fédéralisme que l’Allemagne peut supporter. Un exemple en est la position allemande sur l’Union bancaire. Depuis octobre 2012, l’Allemagne n’a cessé de réduire le projet et d’inventer de nouvelles difficultés. Nous allons voir rapidement si elle veut ou ne veut pas de cette Union bancaire, et ce sera un indicateur important de son engagement réel dans la zone Euro.

Sur le même sujet : Ces décisions cruciales pour l'Europe qui vont pouvoir être prises maintenant qu'Angela Merkel a été réélue

En étant l'une des seules dirigeantes réélues en période de crise, la rigueur budgétaire de Merkel va t-elle définitivement l'emporter sur la politique budgétaire de croissance prônée par François Hollande et d'autres pays européens ? Alors que l'Europe semble sortir de la récession, faudrait-il une politique différente ?

Jacques Sapir : Dire que l’Europe est sortie de la récession est bien rapide. En fait, si on excepte l’Allemagne, la situation dans de nombreux pays, à commencer par la France, n’est pas bonne. La victoire d’Angela Merkel aux élections n’implique nullement l’acceptation par les autres pays de sa politique. C’est une élection allemande, pas européenne. En fait, rien n’a changé sur la question des transferts systématiques. L’Allemagne veut bien effectuer des transferts ponctuels, mais refuse ce qu’elle appelle « l’Union de transfert ». Or, sans des transferts systématiques, dont on peut penser qu’ils impliqueraient une pression sur l’économie allemande égale à 8% de son PIB pendant dix ans, on ne voit pas comment la zone Euro pourrait fonctionner. On peut comprendre l’attitude allemande, mais alors il faut en tirer les conséquences et prononcer la dissolution de la zone Euro.

Nicolas Goetzmann : C’est déjà le cas depuis plusieurs mois. La politique de relance européenne est morte-née à l’été 2012. Evidemment qu’il faudrait une politique différente et elle n’est pas compliquée. Le premier point est relatif au niveau d’activité en Europe, cela passe par un assouplissement de la politique de la BCE. Le second point relève de la politique budgétaire, et il s’agit d’inciter la population à travailler plus, ce qui passe par des baisses d’impôts. A partir de là vous avez une bonne base pour un nouveau dynamisme européen. C'est seulement à ce moment que les baisses de dépenses peuvent intervenir, elles seront de toute façon mécanique (baisse du nombre de chômeurs, etc...)

Nos responsables politiques observent cette crise par le prisme de la dette et des déficits, c’est l’erreur fondamentale. L’objectif est la croissance, et si une véritable politique de croissance est menée (politique monétaire et baisse d’impôts), vous obtiendrez des résultats sur les déficits et la dette. Il vaudrait mieux éviter de passer par de la relance keynésienne sans toucher au monétaire, parce que ce serait un nouvel échec assuré. C’est ce que nous avons eu entre 2009 et 2011, avec une belle récession toute neuve dès la fin  2012 à la clé.

Alors que les Américains souhaitent diminuer leur programme de planche à billet - bien qu'ils l'aient maintenu lors de la dernière réunion du Bureau - la position rigoriste en ce qui concerne la politique monétaire européenne va t-elle rester inflexible ?

Jacques Sapir : La position de la BCE est moins rigoriste qu’on ne le prétend. Elle a fortement baissé ses taux et mis en place des mécanismes de rachat des titres. Il reste vrai qu’elle intervient moins que la FED, mais elle intervient tout de même. Le problème est que ces politiques, nécessaires dans le court terme ne sont pas des solutions dans le long terme. Si la BCE voulait redonner des couleurs aux économies de la zone Euro, elle se débrouillerait pour que le taux de change, qui est actuellement à 1,33 USD pour 1 Euro, revienne vers 1,05. Mais, là, l’Allemagne refuse car elle craint l’inflation. Or, tant que l’on restera au dessus de 1,15 USD il n’y a pas d’espoir pour l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce, et pour la France bien entendu.

Nicolas Goetzmann : Malheureusement, nous en prenons le chemin. La Bundesbank est persuadée que sa politique est le fin du fin malgré l’évident drame qu’elle provoque : 12% de chômage dans la zone euro. C’est principalement le bilan de la BCE, qui je le rappelle, se doit d‘offrir les meilleures conditions possibles au développement économique.

La réélection d’Angela Merkel ne changera rien à ce sujet car nous touchons au cœur même du problème européen. L’Allemagne a accepté l’euro à la seule condition que cette monnaie soit gérée sous un principe de stricte stabilité des prix. Ce système a échoué partout dans le monde, tout le monde s’en écarte, mais nous le conservons. De plus, la question qui se pose chez nos voisins n’est pas d’assouplir la position de la BCE mais de la rigidifier encore un peu plus.

L’idée de « valeur travail » est très forte en Allemagne, malgré un nombre d’heures travaillées qui est le plus faible de la zone euro et les salaires de misère qui y sont associés. C’est assez curieux finalement. Il y a une sorte d’oubli de la fonction monétaire qui est encore associée à l’idée de « monnaie artificielle » ou autres absurdités. L’Europe ressemble à une voiture de course dont le frein à main est enclenché, et le pilote a l’air content car il trouve que c’est difficile. Pour être précis, ce sont les voitures grecques, espagnoles etc…dont l’Allemagne a tiré le frein à main. Cela ne mène à rien, mais c’est vraiment agréable de les regarder faire un effort.

La victoire d'Angela Merkel va t-elle renforcer le processus d'union bancaire et accroître les ressources de l'Europe dans ce domaine ?

Jacques Sapir : L’Allemagne ne peut refuser l’Union bancaire, mais elle fera tout pour la vider de son contenu, si on regarde comment elle s’est comporté depuis novembre dernier. C’est très inquiétant. L’Union bancaire est une bonne chose, indépendamment de l’euro. Mais, ce refus de faire avancer sérieusement les choses en dit long sur ce que pensent en réalité les Allemands de la zone Euro.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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lsga
- 24/09/2013 - 17:01
Merkel doit recadrer la droite Européenne
 
 

Les droites des PIGS ( les pays en déchéance économique : France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce ) sombrent dans le crétinisme.
 
L'UMP, comme le déplore Pécresse, a été incapable de faire campagne sur l'économie. Sarkozy a centré les débats sur des thèmes d'extrême droite : l'Islam, la délinquance, les roms, les juifs, les homosexuels, les bobos, etc. C'est la ligne Marine Buisson.
 
Merkel, elle, a terrasser son extrême droite ( moins de 5% pour les eurosceptiques ). Elle a tendu la main vers la gauche et les verts ( sortie du nucléaire, avancée sociale, etc. ). Elle remporte les élections.
 
Espérons que maintenant elle recadre les droites européennes populiste. La Droite française a besoin d'un leader. Merkel est la femme de la situation.
 
 
 
vangog
- 23/09/2013 - 22:38
Vous avez raison sur un point Jefferson!
Il nous faut trouver un remède pour cette Europe, avant qu'une crise plus forte que les autres ne la tue!
Et il nous faut trouver une solution dans le calme encore présent, pour éviter d'´avoir à la prendre dans l'urgence...
Je ne suis pas convaincu par la parabole de Goetzmann, qui rejoint la pensée unique journalistique française, pour nous faire croire que c'est l'Allemagne qui appuie sur le frein à main de la Grèce.
Car la Grèce exerce un chantage malsain sur l'Europe, pour lui faire payer les excès de sa social-démagogie et lui faire croire qu'on ne peut revenir sur ses erreurs, avec la complicité de ses popes, de ses banquiers et de ses armateurs, qui ne veulent toujours pas mettre la main à la poche:
C'est la Grèce qui se freine elle-même (et l'Europe avec), non l'Allemagne....
Je suis convaincu par le constat de Sapir et par son remède consistant à amener l'Euro à une parité raisonnable( inférieure à 1,15 ) avec le Dollar, mais aussi le Yuan.
Et là, les cartes sont bien plus sûrement dans les mains de l'Allemagne et de ses retraités!
Jefferson
- 23/09/2013 - 20:48
jefferson
La plupart des commentaires comportent des insultes inutiles , et montrent seulement le niveau intellectuel de leurs auteurs , à défaut d'une esquisse de solution ..Je penche , avec quelques uns ,pour la réélection de cette femme qui certes –avec l'aide constante de son parti ,a su diriger convenablement son Pays Une sortie de l'euro pourrait être prise à son initiative et entraîner les autres pays, car les craquements contre la monnaie unique se font entendre de plus en plus fort ,et chacun défend ouvertement les intérêts de ses seuls ressortissants contrairement à l'idéal prôné par ses fondateurs