En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
#bonneidée
Faut-il investir dans Twitter ?
Publié le 05 octobre 2013
Le réseau social Twitter a annoncé sur son compte officiel son entrée en bourse à la fin octobre au plus tôt. Après Facebook et LinkedIn, Twitter se lance à son tour dans l'aventure et entend lever jusqu'à 1 milliard de dollars.
Erwan le Nagard est spécialiste des réseaux sociaux. Il est l'auteur du livre "Twitter" publié aux éditions Pearson et, Social Media Marketer. Il intervient au CELSA pour initier les étudiants aux médias numériques et à leur utilisation.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Erwan le Nagard
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Erwan le Nagard est spécialiste des réseaux sociaux. Il est l'auteur du livre "Twitter" publié aux éditions Pearson et, Social Media Marketer. Il intervient au CELSA pour initier les étudiants aux médias numériques et à leur utilisation.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le réseau social Twitter a annoncé sur son compte officiel son entrée en bourse à la fin octobre au plus tôt. Après Facebook et LinkedIn, Twitter se lance à son tour dans l'aventure et entend lever jusqu'à 1 milliard de dollars.

Atlantico : Le réseau social Twitter a annoncé son entrée en bourse "aussi vite que possible". Après l'échec de Facebook lors de ses premiers mois en bourse, faut-il miser sur Twitter ? Pourquoi ?

Erwan Le Nagard : Twitter a annoncé son intention d’entrer en bourse de manière formelle via sa plateforme, en précisant que la société profitait d’une loi américaine lui permettant de ne pas divulguer pour l’instant sa situation financière, son chiffre d’affaires étant inférieur à un milliard de dollars. L’entreprise devra néanmoins s’acquitter de cette tâche au moins 21 jours avant d’entamer sa tournée auprès d’investisseurs ; nous connaîtrons alors mieux en détails sa santé financière et ses capacités à intéresser le marché. Pour l’instant, on peut simplement espérer que cette procédure, assez opaque de prime abord, ne déçoive pas de potentiels investisseurs qui y verraient un manque de transparence.

Si l’entrée en bourse de Facebook fut décevante il y a plus d’un an (17 mai 2012), le marché semble aujourd’hui plus réceptif à la capitalisation boursière de réseaux sociaux, dont les modèles d’affaires sont basés sur la publicité. Ces plateformes ne représentent plus un effet de mode et Facebook a su convaincre les investisseurs par sa capacité à dégager des revenus. Les efforts de la société de Mark Zuckerberg se sont concentrés principalement dans le lancement de nouveaux produits dédiés à l’usage mobile au cours de l’année passée (nouvelles applications, nouveaux formats publicitaires, etc.) jusqu’au redressement de son cours de bourse. Ainsi, l’annonce de Twitter semble presque opportuniste alors qu’elle était fortement attendue. Twitter est un réseau majoritairement poussé par des usages mobiles en pleine croissance et, contrairement à Facebook, cette plateforme a été initialement conçue dès 2006 pour tirer parti des technologies mobiles et proposer un modèle de communication novateur désormais largement adopté. Les enjeux pour Twitter seront probablement similaires : Twitter doit gagner la bataille de l’attention auprès de ses utilisateurs. Si Twitter a réussi le pari de constituer un service extrêmement actif, regroupant des millions d’usagers publiant des messages quotidiennement, il faut que cette masse d’information représente un intérêt au regard des annonceurs qui, eux, rendent profitable la plateforme. Par conséquent, le développement d’une offre publicitaire à succès en consolidant son assise sur l’ensemble des écrans (PC / Mobile / TV) permettrait à Twitter de séduire les investisseurs. Les récentes annonces et évolutions de la plateforme nous confortent dans cette approche…

Qu'est-ce que l'arrivée de Twitter en bourse traduit de la "santé" du réseau social ? Est-ce de bon augure et pourquoi ?

Les signes semblent rassurants de la bonne santé du réseau social, désormais solidement implanté dans le paysage numérique. Certains analystes n’hésitent pas à valoriser Twitter à plus de dix milliards de dollars. Pourtant, le modèle de Twitter, basé sur la publicité, est profitable mais ne dégage pas encore des revenus aussi importants. Différentes sources évaluent les recettes de l’entreprise à un peu moins de 600 millions de dollars, mais espèrent les voir doubler d’ici l’an prochain. Ces "faibles" recettes s’expliquent par une volonté de la société de monétiser tardivement son service. L’entreprise s’est concentrée dans un premier temps sur la construction d’une plateforme fonctionnelle. C’est seulement depuis 2010 que Twitter a commencé à générer des revenus à l’aide d’une régie de publicité ciblée et la vente d’accès direct à son flux de contenus. Twitter a d’abord développé ce modèle publicitaire auprès des grands annonceurs avec un coût d’entrée très élevé avant de l’ouvrir progressivement à des budgets plus modestes. Twitter fait évoluer son offre publicitaire dans plusieurs directions ; à la fois dans un mouvement d’ouverture en faisant baisser la barrière à l’entrée (disponible désormais pour les particuliers et les PME), par un renforcement des critères de ciblages (géolocalisation, centres d’intérêts) et par l’extension à de nouveaux supports. Twitter s’est d’ailleurs trouvé un allié de taille, la télévision, et tente d’innover en lien avec les producteurs et les diffuseurs pour devenir un service complémentaire d’une consommation médiatique bien établie.

Quelles sont les autres évolutions de Twitter à venir ?

Si l’on schématise, les maillons faibles de la chaîne de création de valeur d’un réseau social généraliste résident dans sa capacité à acquérir de nouveaux utilisateurs et dans la production de contenus par ces derniers, afin de générer des effets de réseaux qui seront bénéfiques au modèle dans son entier. Plus j’ai d’utilisateurs, plus j’ai de contenus et inversement. Tout comme Facebook, Twitter a su démontrer l’efficacité de son modèle de communication en acquérant plus de 200 millions de membres réguliers qui génèrent plus d’un milliard de tweets tous les deux jours et demi. La stratégie de Twitter à moyen terme est donc facilement compréhensible. Il s’agit dans un premier temps de renforcer sa base d’utilisateurs existante, avec des objectifs quantitatifs venant concurrencer directement le réseau Facebook, en développant l’accès à son service, tous supports confondus. Twitter devrait aussi continuer à innover en créant une infrastructure propre à maintenir sa croissance organique ainsi que par le biais d’acquisitions, en veillant à ne pas effrayer le marché. Twitter a effectué une vingtaine d’acquisitions d’entreprises depuis 2008, notamment dans les domaines de la recherche sociale (Summize – 2008, Mixer Labs – 2009 ; Julpan – 2011), de la publication (Atebits – 2010 ; Tweetdeck – 2011 ; Posterous – 2012), de la publicité (AdGrok – 2011 ; MoPub - 2013) du mobile (Cloudhopper – 2010 ; Whiper Systems – 2011) et des outils statistiques (Backtype – 2012 ; Trendrr - 2013). Enfin, à plus long terme, Twitter explorera probablement avec précautions de nouveaux modèles de monétisation, tout comme l’entreprise l’a initié depuis trois ans, avec un enjeu relatif à son moteur de recherche qui permet d’accéder à l’une des bases de données de contenus les plus large du web.

Propos recueillis par Manon Hombourger

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Charlotte Casiraghi &Gad Elmaleh n’ont pas la même (idée de l’)éducation, Meghan Markle &son père non plus; Laeticia H. se dé-esseule avec un Top chef, Karine Ferri &Yoann Gourcuff se marient en vivant chacun seul; Jennifer Aniston : ses 50 ans avec Brad
02.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
03.
Comment on a tué les centre-villes de ces villes moyennes où une majorité de Français voudraient pourtant vivre
04.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
05.
Maltraitance dans les Ehpad : pourquoi des formations des personnels soignants peuvent faire une grande différence pour les personnes âgées
06.
Fake news indétectables : GPT2, le programme développé par l’équipe d’intelligence artificielle d’Elon Musk auquel ses concepteurs préfèrent renoncer tant il leur fait peur
07.
14 tonnes d’aide humanitaire française pour le Venezuela confisquées à Caracas par la Garde nationale
01.
Les langues, bonnes pour la mémoire
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
03.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
04.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
05.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
06.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
03.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
06.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Lennart
- 05/10/2013 - 18:09
Non
toutes ces multinationales américaines (et bien sur d'autres nationalités) sont un véritable danger pour les démocraties puisqu'elles n'ont aucune sensiblité sociale, tout n'est que pour le profit maximum pour les actionnaires et une poignée d'individus de l'équipe dirigeante.