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"Le problème de fond est la formation des salaires et le coût du travail excessif dû au fardeau de l'Etat-providence."
Chronique d'une mort annoncée

Pourquoi l’échec des emplois d'avenir est d’ores et déjà définitif

Publié le 05 septembre 2013
Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, a reconnu que moins de 5 000 emplois d'avenir auraient été signés depuis la mise en place du dispositif. Le gouvernement souhaitait pourtant atteindre la barre des 100 000 contrats d'ici fin 2013.
Gilles Saint-Paul est économiste et professeur à l'université Toulouse I.Il est l'auteur du rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) intitulé Immigration, qualifications et marché du travail sur l'impact économique de l'immigration en 2009.
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Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, a reconnu que moins de 5 000 emplois d'avenir auraient été signés depuis la mise en place du dispositif. Le gouvernement souhaitait pourtant atteindre la barre des 100 000 contrats d'ici fin 2013.

Atlantico : Seuls 5 000 emplois d'avenir sur les 100 000 espérés par le gouvernement d'ici à fin 2013 auraient été signés depuis la mise en place du dispositif selon François Lamy. Comment expliquer que les emplois d'avenir peinent à séduire ceux à qui ils s'adressent, c'est à dire les jeunes sans diplômes âgés de 16 à 25 ans ?

Gilles Saint-Paul : Les emplois d'avenir s'adressent en priorité à des entités non marchandes comme l'administration et le milieu associatif (le taux de subvention est nettement plus faible dans le secteur marchand). Par définition, ces entités ne sont pas vendeuses d'un bien ou service mais ont un budget global (résultat de décisions politiques et de la générosité des donateurs) qu'elles dépensent sur différents postes. Même si l'embauche d'un jeune sous contrat d'avenir est peu coûteuse, elles ne rentreront pas dans leurs frais si elles ne peuvent utiliser la personne ainsi embauchée pour générer des revenus supplémentaires, ce qu'une entreprise purement privée ferait naturellement. L'idéologie anti-marché du pouvoir en place se trouve ici en contradiction avec l'objectif de subventionner l'emploi.

Il aurait été plus cohérent de recruter directement ces jeunes sous CDD dans l'administration. A ces considérations s'ajoutent le fait que les emplois d'avenir s'adressent à des populations au niveau de formation très faible et donc peu productives. Même à un tarif discount une administration ou une association hésite à les employer.

Que faudrait-il améliorer dans les contrats d'avenir pour qu'ils touchent leur cible ?

Ces mesures seraient plus efficaces si elles s'adressaient avant tout au secteur marchand, dont la demande pour des travailleurs peu qualifiés est plus élevée que le secteur non marchand, et qui peut facilement rentabiliser l'embauche d'un jeune à faible coût en accroissant le volume de ses activités. Même ainsi, cet argent aurait été sans doute mieux dépensé dans la formation et l'aide à la recherche d'emploi.

Contrats d'avenir, contrats aidés, contrats de génération : pourquoi faut-il inventer des dispositifs particuliers pour aider certains actifs à trouver du travail et éviter aux jeunes d'être exclus des CDI et des CDD ?

Le problème de fond est la formation des salaires et le coût du travail excessif dû au fardeau de l'Etat-providence. S'attaquer à ces rigidités implique une remise en question des mécanismes de négociation collective et donc du pouvoir des syndicats dits "représentatifs", un coup d'arrêt aux hausses continues du SMIC et une réduction du niveau de protection sociale des Français (qui est désormais particulièrement élevé comparé aux autres pays européens).

Aucun gouvernement n'est prêt à se lancer dans de telles réformes. On a donc affaire à des mesures ponctuelles destinées à montrer au public que l'on se mobilise. Mais si ces mesures constituent de facto une subvention au coût du travail, elles ne peuvent rester que très limitées car sinon leur coût pour les finances publiques deviendrait intolérable. Il est donc totalement inenvisageable dans le cadre actuel de réduire le chômage de façon durable. De surcroît, le fait de constamment introduire de nouvelles aides tout en supprimant celles qui existent les rend toutes globalement inopérantes car les entreprises ne peuvent pas tabler sur elles à long terme. Ce qui subsiste ce sont essentiellement des effets d'aubaine, c'est à dire qu'on utilise les aides pour des emplois qu'on aurait créés de toutes façons.

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Salaudepatron
- 06/09/2013 - 08:44
A Jean Fume et Firenze,
Je confirme totalement.
Flamby réalisant qu'il n'obtiendrait jamais les 100 000 emplois d'avenir, qu'il souhaitait initialement réserver aux services publiques, a ouvert le principe aux PME.
Modeste patron de PME, j'ai été sollicité directement par Pôle Emploi, pour embaucher sous forme de contrats d'avenir, avec insistance de leur part pour que j'utilise ce système.
Donc pourquoi devrais je refuser cette solution, qui ne change rien à mon choix de candidat, mais qui me permet de bénéficier d'une remise de 35 %.
Et je précise que cette remise ne concerne pas le salarié, qui perçoit un salaire normal, identique à celui de ses collègues embauchés de façon classique.
Donc ce n'est pas assimilable aux ex-emplois jeunes, qui ne proposait que des salaires au rabais.
En clair, l'état, donc le contribuable, finance 35 % du coût d'un emploi totalement normal, ce qui induit une économie substantielle pour l'employeur privé qui aurait bien tort de s'en priver.
Une fois n'est pas coutume, mais je dis Merci Flamby !
Beaumanoir
- 06/09/2013 - 00:41
je suis naif
assister de maniere temporaire des chomeurs permet de dire que le nombre de chomeurs diminue???
MONTCLAR
- 05/09/2013 - 23:36
De quoi se plaint-on ?
"L'échec" des emplois d'avenir est une excellente chose : d'abord l'Etat va faire des économies, ensuite nous avons ici la démonstration évidente que les jeunes trouvent facilement des emplois intéressants et bien rémunérés dans des entreprises en pleine croissance managées par de dynamiques entrepreneurs. Merci qui ? Merci patron !