En direct
Best of
Best of du 14 au 20 novembre
En direct
ça vient d'être publié
Effets de la parole présidentielle
Déconfinement : la SNCF a connu une hausse de 400% des ventes de billets de train juste après les annonces d’Emmanuel Macron
il y a 3 heures 35 min
light > Sport
"El Pibe de Oro"
Mort de la légende du football argentin, Diego Maradona, à l’âge de 60 ans
il y a 5 heures 52 min
pépites > Politique
"Le changement, c’est maintenant"
François Hollande propose "Socialistes" comme nouveau nom pour le Parti Socialiste
il y a 7 heures 25 min
pépites > France
Séparatisme
Le Conseil d'Etat confirme la dissolution de l'association BarakaCity et la fermeture de la Grande mosquée de Pantin
il y a 9 heures 7 min
décryptage > France
Chantier titanesque

Notre-Dame de Paris : vers un divorce symbolique et économique ?

il y a 11 heures 29 min
Farce
Le Premier ministre canadien piégé par l'appel téléphonique d'une fausse Greta Thunberg
il y a 11 heures 50 min
décryptage > Sport
Bryson DeChambeau

Ces nouvelles techniques de swing qui révolutionnent le golf

il y a 12 heures 13 min
light > People
Santé
Dans une contribution publiée dans le New York Times, Meghan Markle raconte qu'elle a fait une fausse couche cet été
il y a 12 heures 37 min
décryptage > Sport
Ligue des Champions

PSG-LEIPZIG : 1-0 Les Parisiens préservent leurs chances en remportant une victoire inquiétante

il y a 12 heures 53 min
pépites > International
Avion
Vers un passeport sanitaire électronique sur téléphone mobile pour les passagers aériens
il y a 13 heures 15 min
Futur best-seller
L'enquête fleuve de Society sur l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès va être publiée sous le format d’un livre accessible dès le 9 décembre
il y a 4 heures 31 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Madre" de Rodrigo Sorogoyen : un thriller bouleversant sur une mère en deuil de son fils…

il y a 6 heures 51 min
pépites > Economie
Changement de stratégie
IBM envisagerait la suppression de près d’un quart de ses effectifs en France
il y a 8 heures 37 min
Big Brother
Comment passer inaperçu sur l'avenue du Bonheur, truffée de caméras, à Pékin
il y a 10 heures 10 min
décryptage > Politique
Elus locaux

Radicalisation : pour un meilleur partage de l'information

il y a 11 heures 39 min
décryptage > France
Contradictions

Covid et terrorisme : deux poids, deux mesures. Pourquoi le Conseil constitutionnel s’est placé dans une contradiction qui risque de lui porter préjudice

il y a 11 heures 54 min
pépites > Politique
Désaveu
Loi sécurité globale : 30 abstentions, 10 votes contre chez LREM, la majorité envoie un avertissement à Gérald Darmanin
il y a 12 heures 17 min
décryptage > Consommation
Alimentation

Le veganisme bon pour la santé ? Pas pour les os en tous cas, une large étude révèle un risque nettement supérieur de fracture

il y a 12 heures 39 min
décryptage > International
Big Brother

Un QR code santé pour voyager : bienvenue dans le monde selon Xi Jinping

il y a 13 heures 12 min
pépite vidéo > Economie
"Quoi qu’il en coûte"
Bruno Le Maire : "Nous nous fixons 20 années pour rembourser cette dette Covid"
il y a 13 heures 35 min
© Reuters
Le 22 juillet 2011, Anders Breivik assassina de sang-froid 77 personnes sur l'île d'Utoya, en Norvège.
© Reuters
Le 22 juillet 2011, Anders Breivik assassina de sang-froid 77 personnes sur l'île d'Utoya, en Norvège.
Bonnes feuilles

Dans la tête d'Anders Breivik : "J'ai visé la tête et j'ai tiré. Et j'ai tiré encore"

Publié le 31 août 2013
En se glissant dans le cerveau du tueur norvégien, Laurent Obertone lève le voile sur l'intimité et la fabrication mentale du bourreau, jusqu'aux heures sanglantes de l'été 2011. Extrait de "Utoya" (1/2).
Laurent Obertone
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Laurent Obertone est journaliste diplômé de l’ESJ de Lille. Après avoir travaillé pour un hebdomadaire français, il s'est consacré à l'écriture de "La France orange mécanique" (2013, Editions Ring). Il est l'auteur de "La France Big Brother"...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
En se glissant dans le cerveau du tueur norvégien, Laurent Obertone lève le voile sur l'intimité et la fabrication mentale du bourreau, jusqu'aux heures sanglantes de l'été 2011. Extrait de "Utoya" (1/2).

17 heures 20.

C’est maintenant. Mon corps tout entier se révolte contre les ordres de mon cerveau. Des centaines de voix me hurlent de ne pas le faire. Ne fais pas ça. Ne fais pas ça. J’ai un plat de merde devant moi, je dois le manger. Un tas d’images défilent en moi. Mon enfance, le bonheur, l’école, un bon restaurant, ma mère, mes amis... J’imagine le chagrin des miens. Mon père. Puis je pense à la Norvège. À cet enfant qui se tient devant la maison. À moi. À rien.

J’ai sorti le Glock et je l’ai levé en direction du vigile.

Mon bras refuse d’obéir. Alarmante impression de perdre le contrôle. Je mets du temps. Maman Utøya me regarde d’une expression stupide et me dit : « Ne le pointez pas sur lui ».

Il allait se retourner. Ça a tout précipité. Avant qu’il n’esquisse le moindre mouvement, j’ai visé la tête et j’ai tiré. Et j’ai tiré encore. Une balle dans le cou, une balle dans le crâne. La femme hurle. Le vigile se raidit, ses membres sont comme électrisés, le système nerveux se crispe. Il ne bouge pas. Je tire encore, plusieurs fois dans le dos, avec l’espoir que mes balles l’abattent comme autant de coups de hache. Mais le corps reste debout, tout droit, un fol instant où j’imagine qu’il va se retourner et me fusiller de son regard d’acier, puis tout s’éteint, le corps échappe à toute cohérence, bascule, s’étale lourde- ment sur le ventre.

Il est tombé comme tombe un mort.

†1

Trond B. Homme, 51 ans. Touché par cinq balles, deux d’entre elles l’ont frappé à l’occiput et à la nuque, causant des dommages substantiels au cerveau. Une troisième balle l’a frappé au bras droit, une autre dans le bas du dos, une cinquième balle dans le milieu du dos, traversant le poumon droit pour se loger dans la partie supérieure du thorax.

Mort instantanée, des blessures à la tête et à la poitrine.

Ce qui lui reste de visage est écrasé contre le château gonflable. Je vois son œil, figé dans une expression de surprise, un regard qui n’est plus le sien, qui n’est plus vrai. Irréversible. Il reste un corps, l’homme n’existe plus. Ça devrait me rassurer mais ce n’est pas le cas. Je suis à deux doigts de me précipiter sur lui en jurant que c’est un accident.

La matriarche, qui jusque-là s’était contentée de se prendre la tête entre les mains comme si son équipe favorite avait perdu, me ramène à la réalité. Elle tente de fuir vers la douane, en faisant de grands gestes avec les bras. Elle n’a pas dû courir depuis au moins vingt ans. Je lève mon Glock dans sa direction, je tire, la touche au niveau de l’omoplate, elle trébuche, à l’instant où je tire à nouveau. Je la manque, mais elle tombe quand même. C’est inexplicable, mais quand je touche ma cible j’ai l’impression de le sentir dans le recul de l’arme. Elle hurle, tente de ramper sur les coudes, pathétique, essaie vaguement de se cacher derrière le château gonflable, puis s’arrête, résignée. Elle tourne ses yeux vers moi. Ce n’est pas un sourire, ni une supplication. C’est bien une grimace. Elle sait ce qui l’attend, elle qui se fait flatter à longueur de journées par sa horde boutonneuse. C’est celle à qui on peut se confier, la maman copine, la prof cool, celle qui a de l’allure, celle qui crée des vocations, celle qui se tape le prof de sport de vingt ans plus jeune, celle qui met à l’aise, celle qui a un côté grande gueule, celle qui ne juge pas. Celle qui est ouverte d’esprit. Elle sait. Elle détourne le regard. À bout portant, je lui tire dans la tête, deux fois. L’arrière du crâne éclate comme un bouton d’acné et délivre sur le sol un panache de cervelle jaune et rouge.

L’ouverture d’esprit, c’est ça.

†2

Monica Elisabeth B. Femme, 45 ans. Touchée par trois balles. Deux d’entre elles ont traversé le crâne et le cerveau. Une balle l’a frappée dans le dos, pénétrant la paroi thoracique, le lobe supérieur du poumon gauche avant de remonter dans la partie gauche de la gorge, jusqu’à la base du crâne.

Mort instantanée, des blessures à la tête.

-------------------------------------------------------------

"Utoya", de Laurent Obertone (Editions Ring)

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Jp Lejeune
- 01/09/2013 - 13:25
Exercice réussi !
Pour répondre à Jean-Pierre, je vous assure que le résultat dépasse toutes les espérances... C'est un excellent livre. Jamais je n'ai lu un récit d'immersion aussi réussi. Jamais je n'ai lu d'explications si convaincantes des raisons menant un individu à perpétrer un tel massacre.

Par contre la tuerie d'Utøya est racontée du début à la fin, minute par minute, et c'est très détaillé. Donc âmes sensibles s'abstenir...
slavkov
- 31/08/2013 - 21:37
déjà vu
... breivik, une sentinelle qui nous avertie, que nos sociétés avec tout ça vont au suicide ...
Rosine
- 31/08/2013 - 19:13
capote au petit pied
truman capote j'entends