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Fin de la récession : la France respire mais les racines du mal ont-elles vraiment été traitées ?
Publié le 17 août 2013
Si la France vient de sortir, probablement pour peu de temps, de la récession, les véritables racines du mal dont elle est atteinte n'ont pas pour autant été guéris. Retour sur les causes d'une crise supposée "derrière nous".
 Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage : 
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Si la France vient de sortir, probablement pour peu de temps, de la récession, les véritables racines du mal dont elle est atteinte n'ont pas pour autant été guéris. Retour sur les causes d'une crise supposée "derrière nous".

Cet article a précédemment été publié le 11 décembre 2012. Il est le treizième volet d'une série "Best of", qui verra ces prochaines semaines la rediffusion d'articles marquants publiés par nos contributeurs cette année. 


Atlantico : François Hollande a déclaré ce lundi à Oslo que la crise de la zone euro était "derrière nous". Alors que le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la France et la zone euro, qui devrait d'ailleurs connaitre sa seconde récession en trois ans, le président français est-il trop optimiste ?

Nicolas Goetzmann : François Hollande est opportuniste. Les Etats Unis ont mis en place un plan de soutien monétaire au mois de septembre, qui profitera à la planète entière par ricochet. L'Europe en profitera également, dès les prochaines semaines. Le FMI ne croit pas réellement à l'efficacité de ce que les américains mettent en place, ce que nous avons pu voir avec les déclarations de Christine Lagarde sur le sujet. Ce qui importe ici, c'est que les Européens vont profiter d'une aide extérieure indirecte, que François Hollande compte dessus pour redorer sa position politique me paraît normal. Mais ce qui a été mis en place en Europe ne permet qu'une chose : gagner du temps. Les élucubrations budgétaires sont vaines, cela ne changera rien au problème.

La récente sortie de récession à 0.5% de croissance doit tout aux mesures monétaires étrangères, et cela ne suffira malheureusement pas à une reprise réelle et durable en zone Euro.

Avec le recul, voit-on mieux les causes de la crise ? A-t-on entrepris les mesures nécessaires pour y remédier ?

Nicolas Goetzmann : Il n'y avait pas besoin de tellement de recul pour comprendre qu'il s'agissait d'une crise monétaire. Il fallait une capacité de remise en question, ce qui n'est toujours pas le cas en Europe. Aux Etats Unis, Ben Bernanke a été décisif depuis le début. 

Cette crise débutait sur le même rythme que 1929, et les interventions de la FED en ont limité les effets. Aujourd’hui une nouvelle politique monétaire est mise en place Outre-Atlantique, pendant ce temps nous nous préoccupons des oeuvres d'art et de l'ISF. La seule mesure pour remédier efficacement à la crise est de poser la question du mandat de stabilité des prix, le reste n'est que pure cosmétique. Nous avons besoin d'un système plus souple, prenant en compte la stabilité des prix, d'une part, et l'emploi d'autre part.

Pourra-t-on sortir définitivement de la crise de l’euro alors que les causes structurelles, comme le shadow banking, n’ont pas été traitées ? Les mêmes causes ne produiront-elles pas les mêmes effets ?

Nicolas Goetzmann : Toutes ces prétendues causes, shadow banking, les traders, le monde de la finance, sont une farce. Bien entendu, des comportements d'avidité, d’irresponsabilité ont eu lieu, mais croire que cela est une cause de la crise est absurde. La situation a mis en avant ces comportements, et a permis un renforcement des contrôles. Mais je le répète, ce n'est pas une cause de ce que nous vivons depuis 5 ans. On peut continuer de taper sur les banques pour faire plaisir à tout le monde, mais cela ne changera rien à la situation. La cause de la crise est une mauvaise appréciation des conditions monétaires dans la zone euro. Elles ont été historiquement strictes, et ont asséché totalement l'économie. C'est une erreur politique. Pour la résoudre, il faut réviser le traité.

Faudrait-il envisager une plus grande flexibilité dans l’évaluation de la valeur de l’euro par rapport au dollar et au yuan ?

Nicolas Goetzmann : C'est essentiellement la nature d'une politique monétaire qui fixe la valeur d'une monnaie. Nous avons une politique stricte, et donc une monnaie forte. Le Japon a été très stricte pendant 20 ans, et disposait alors de la monnaie la plus forte du monde. Les Japonais ont entrepris de s’en sortir depuis décembre dernier. Les Chinois, les Américains, les émergents sont plus souples. Quand vous posez cette question sur la flexibilité de la valeur de l'euro, vous posez la question de la flexibilité de la BCE. Et en effet, elle n'est pas flexible.

Dans son livre, The Globalization Paradox, Dani Rodrik professeur de Harvard, explique qu’il est impossible de conjuguer les trois aspirations de l’Europe, à savoir, la démocratie, la souveraineté nationale, et l’existence de la monnaie unique. Faut-il envisager de profonds changements institutionnels pour sortir définitivement de la crise que traverse la zone euro ?

Nicolas Goetzmann : Justement. Dans l'entretien que François Hollande avait donné au Monde au mois d'octobre et dans lequel il estimait déjà que le pire de la crise était passé, il parlait d'Eurobonds. Il s'agit la encore d'un transfert de souveraineté. Nous avons perdu le pouvoir monétaire avec la création de la BCE, voulons nous perdre aussi le pouvoir budgétaire? Ce que décrit Rodrik, c'est que L'euro a été le premier maillon d'un transfert total de souveraineté. Il s'agit d'un processus. Soit l'euro disparaît dans sa forme actuelle, soit on continue la marche an avant, mais on ne s'arrêtera pas en chemin. En perdant le pouvoir monétaire, le pouvoir politique est démembré. Soit le pouvoir budgétaire rejoint le monétaire au niveau Européen, soit les Etats retrouvent la pouvoir monétaire, mais la situation actuelle n'est pas viable.

 

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Satan
- 18/08/2013 - 15:59
Non non rien a changé!
La crise fait partie intégrante du système! Vive la Crise, Vive Jésus!
Alex de M.
- 18/08/2013 - 09:39
Croissance totalement bidon
Si l'on retranche de cette prétendue croissance la hausse des dépenses de l'état intégralement financée par l'accroissement de la dette, que reste-t-il ?
Moins que rien.
Alors qu'effectivement "la conjoncture internationale" aurait du nous offrir ces 0.5 de croissance, la réalité (hors démagogie) est de fait négative.
la saucisse intello
- 18/08/2013 - 05:52
La solution ?
Supprimer TOUTES les dépenses inutiles.