En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Reuters
Le chef de l'État s'est rendu mercredi à Clichy-sous-Bois, la ville d'où étaient parties les émeutes de 2005.
Quitte ou double

La discrète opération séduction de François Hollande en banlieue n’est pas sans risque

Publié le 02 août 2013
Le gouvernement va examiner ce vendredi un nouveau projet de loi sur les banlieues. Présenté par le ministre de la Ville François Lamy, celui-ci prévoit de concentrer les crédits sur les poches de grande pauvreté, de poursuivre la rénovation urbaine et de créer une dotation spécifique.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le gouvernement va examiner ce vendredi un nouveau projet de loi sur les banlieues. Présenté par le ministre de la Ville François Lamy, celui-ci prévoit de concentrer les crédits sur les poches de grande pauvreté, de poursuivre la rénovation urbaine et de créer une dotation spécifique.

Atlantico : Le chef de l'État s'est rendu mercredi à Clichy-sous-Bois, la ville d'où étaient parties les émeutes de 2005. En plein cœur de l'été, François Hollande tente d'adresser un message aux habitants des banlieues qui ont voté massivement pour lui lors de la dernière présidentielle alors même que 56 % des Français jugent que le gouvernement n’a pas assez fermement agi en réponse aux violences urbaines de Trappes (Voir le sondage de Valeurs Actuelles ici). Cette stratégie est-elle à double tranchant ?

Jérôme Fourquet : Effectivement, les différentes enquêtes que nous avons publié, notamment sur Atlantico (voir notre sondage ici), montrent qu'il y a une demande de fermeté très forte qui s'exprime pour réprimer la violence dans les banlieues. Cette demande de fermeté trouve son origine dans le fait que le regard sur les causes de la violence dans les banlieues a évolué au cours des dernières années. Nous sommes passés d'une lecture sociale de la violence dans les banlieues à une lecture beaucoup plus dure qui incrimine d'abord la dérive délinquante, voire mafieuse qui gangrènerait ces quartiers. Un certain niveau d'exaspération a été atteint et Manuel Valls tente d'y répondre par un discours d'autorité.

Cela étant, François Hollande a son propre agenda. Il faut effectivement rappeler les scores spectaculaires qu'il a recueillis dans certaines villes de banlieue :  Clichy-sous-Bois (72%), Aubervilliers (73%), Bobigny (77%). Les communes de banlieue ont été très durement touchées par la crise et il n'est pas anormal que François Hollande aille sur le terrain dans ces communes. L'objectif du président de la République est de montrer qu'il mène une politique qui marche sur ses deux jambes : à la fois fermeté et rétablissement de l'ordre républicain partout sur le territoire avec Manuel Valls au ministère de l'Intérieur, mais aussi politique sociale de lutte contre le chômage et les inégalités. Si François Hollande arrive à articuler ces deux orientations politiques, cela peut être accepté, compris et bien reçu.  

En s'adressant en priorité à l'électorat des banlieues urbaines, François Hollande ne prend-t-il pas le risque de s'aliéner une autre partie de l'électorat, notamment les classes populaires habitants les zones périurbaine et qui se sentent de plus en plus délaissées ?

Le risque est que les dispositifs d'emplois d'avenir soient perçus par l'opinion publique comme uniquement réservés aux jeunes des quartiers à l'exclusion de tous les autres. Il faut tenir une ligne de crête : affirmer que ces quartiers sont dans la République et doivent être aidés mais aussi affirmer qu'il faut mener une lutte très ferme contre les trafics. Par ailleurs, dans une période de crise, il ne faut pas laisser s'installer l'idée dans l'opinion que les maigres ressources dont dispose l'Etat sont concentrés uniquement sur ces quartiers au détriment de zones rurales, elle aussi, fragilisées.

Tout est une question de dosage. On peut comprendre que François Hollande aille sur le terrain dans ces communes de banlieue car une part importante de la population y réside. Cela ne peut pas lui être reproché. Mais, encore une fois, il ne faudrait pas laisser penser que l'ensemble du travail gouvernemental est tourné vers ces quartiers et que les quelques dispositifs d'aide à l'insertion professionnelle de jeunes sont fléchés uniquement vers ces quartiers. Objectivement, en terme de nombre de déplacements officiels que François Hollande a effectué depuis son élection, on ne peut pas dire que les communes de banlieue ont été privilégiées. Les élections présidentielles ont montré que nous sommes dans une société très fragmentée avec des clivages sociaux-territoriaux marqués. Si on donne du temps et des moyens à certains type de territoires, il ne faut pas pour autant en oublier les autres sous peine d'un effet boomerang qui peut être assez violent. 

Dans un rapport intitulé "Gauche, quelle majorité électorale pour 2012", le think thank Terra Nova préconisait au PS de se tourner vers les "les diplômés", "les jeunes", "les minorités" et "les femmes" plutôt que vers les ouvriers et les classes populaires. François Hollande ne fait-il finalement qu'appliquer cette stratégie ?

Ce type de débat continue de traverser le Parti socialiste. Mais François Hollande en bon artisan et spécialiste de la synthèse "solférinienne" sait se tenir à l'écart de ce genre de théorie. Il va donc essayer de trouver le bon équilibre. François Hollande est aussi l'élu de Tulle en Corrèze. Il sait que son élection s'est jouée dans les banlieues, mais aussi dans un certain nombre de territoires ruraux, de petites et moyennes villes de France où la gauche est attendue. Il ne faut pas donner trop d'importance à ce déplacement. Ce n'est pas le dixième déplacement de François Hollande en banlieue depuis son élection. En revanche, il s'est déplacé des dizaines de fois dans les territoires périurbains. Les scores obtenus par le Front national dans ces territoires ont interpellé au plus haut niveau et ils sont surveillés comme le lait sur le feu. Il ne s'agit pas de laisser penser que tous les efforts sont concentrés sur les banlieues. 

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Laeticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

02.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

03.

Arrêt de l’enquête dans les maternités de Fukushima : un non-lieu sanitaire pour le nucléaire ?

04.

Tempête dans les bénitiers : qui de Salvini ou du pape est le plus catholique ?

05.

Le G7 du blabla politico-diplomatique qui ne sert à rien, sauf à permettre aux dirigeants de se parler et ça, c’est primordial

06.

Incendie en Amazonie : on vient d’inventer la politique magique !

07.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

04.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

03.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

04.

G7 à Biarritz : ces inégalités croissantes dans les pays occidentaux dont les progressistes ne veulent pas entendre parler

05.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

06.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

Commentaires (41)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
LILLBee
- 03/08/2013 - 22:54
Pas sans risques, en effet
Aujourd'hui Hollande était en visite en Dordogne, il y a eu orage de grêle ... en plein mois d'Août!
Mais où vas-t-on, sérieux?
winnie
- 03/08/2013 - 11:43
Le roi est nu !
Il n'y a plus que les immigrés ou les d'origine immigré ou les sodomites pour voter socialo même les prof gôcho les fonctionnaires ,les CGTistes ne croient plus en eux donc HOLLANDE se raccroche aux branches (qui plient de plus en plus)
ledevois
- 03/08/2013 - 10:38
ça y'est nous sommes reparti en campagne
pas plûtot arrivé il pense à 2017