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Confessions d'un braqueur : comment voler et revendre des tableaux de Picasso

Publié le 02 août 2013
En quelques mois, Didier Caulier a participé à deux "coups" considérés comme les plus audacieux de leur époque : le vol de 119 toiles de Picasso exposées au Palais des Papes et le casse de la Société Générale à Nice, en compagnie d’Albert Spaggiari. Extrait de "Confessions d'un braqueur" (2/2).
Auteur de plusieurs braquages spectaculaires, Didier Caulier continue de vivre dans le sud de la France où il exerce désormais des activités tout à fait légales. 
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En quelques mois, Didier Caulier a participé à deux "coups" considérés comme les plus audacieux de leur époque : le vol de 119 toiles de Picasso exposées au Palais des Papes et le casse de la Société Générale à Nice, en compagnie d’Albert Spaggiari. Extrait de "Confessions d'un braqueur" (2/2).

Voler c’est une chose, revendre en est une autre. Voleurs, braqueurs et casseurs possèdent leurs propres receleurs, plus ou moins fiables. Mais pour des œuvres d’art, c’est autrement plus complexe.

Les toiles étant identifiées, leur disparition fait aussitôt l’objet d’une fiche détaillée d’Interpol expédiée aux polices du monde entier. Aucun musée ne se risquera à les racheter, pas plus qu’un riche collectionneur. Ou alors ces fameux amateurs américains ou japonais qui, dit-on, cachent dans de véritables bunkers des beautés dérobées en différents coins du monde. Mais il faut les connaître ces gars-là et avoir les moyens de les contacter. Et je doute que Jacky, en dépit de ses relations, possède les bons tuyaux dans ce domaine. Le trafic d’art est une spécialité qui n’est ni la sienne ni la mienne.

« Tu as raison, me répond-il. Mais on ne passera pas par un fourgue. Le mec qui m’a balancé l’affaire compte faire casquer les assurances. Il est en cheville avec un gros courtier en assurance. Si tu veux, il s’agit d’un kidnapping. On restitue le matos contre une rançon. Sauf qu’au lieu de kidnapper un môme ou un mec, ce que ni toi ni moi ne ferons jamais, on kidnappe des tableaux.

– C’est quoi comme assurance ?

– Des Anglais, la Lloyd’s.

– Ce sont les plus gros sur le marché. T’as les moyens de leur parler ?

– Nous, on s’en occupe pas. C’est le courtier qui s’en chargera. Il affirme pouvoir toucher directement les gros bonnets de la Lloyd’s.

– Vous avez chiffré le montant ?

– L’expo est assurée pour sept milliards de francs. On compte leur demander un milliard. Ils feront une affaire ! Ce milliard, on le partage en deux : moitié pour les exécuteurs, c’est-à-dire nous, moitié pour l’équipe chargée de la vente.

– N’empêche, même un milliard, ça ne va pas faire rire la Lloyd’s. Faudra faire vachement gaffe.

– Encore une fois, c’est pas notre job. Nous, on se contente d’exploser l’expo et de planquer la marchandise. C’est là que tu interviens. Faut une planque sûre. C’est trop risqué de tailler la route tout de suite après le casse avec des tableaux plein le coffre.

– Te fais pas de mouron. Je te trouverai un endroit sans risque. T’as déjà ton équipe ?

– Il y aura trois gardiens à serrer alors on monte à quatre sur le coup.

– Je connais les garçons qui sont avec toi ?

– Je ne pense pas. Il y en a deux qui viennent de sortir de zonzon. Ils y sont restés quelques années. Mais ce sont des braves mecs, tu peux en être sûr. Tu t’entendras bien avec eux. »

Il s’agira de Marcel, César et Nino. C’est ce dernier qui a apporté l’affaire. Petit, trapu, mâchoire carrée, imposantes rouflaquettes, gueule de boxeur et lunettes noires, Nino semble tout droit sorti d’un film de José Giovanni. Il bénéficie d’une certaine aura car en cheville avec de grands voyous que tout le monde respecte. Bien qu’originaire de Marseille, il a passé le plus clair de son temps à Paris où il gère toutes sortes d’affaires. Son défaut est identique à celui de Jacky : c’est un flambeur. Fervent de courses, il passe trop de temps sur les hippodromes. Y ayant perdu de grosses sommes, depuis peu il a effectué un retrait stratégique non loin de la cité phocéenne, à Pont-de-Vivaux où, comme par hasard, se trouve un hippodrome. Là, il a noué avec des petites bandes de quartier qui lui assurent ses subsides. Mais Nino a besoin de se refaire, de retrouver son ancien train de vie, son faste et sa réputation. Puisque Jacky s’en porte garant, je n’ai aucune raison de le mettre en doute, même si je me méfie toujours des gars à la ramasse prêts à tout pour reconstruire leur prestige d’antan. Et puis je ne suis pas censé intervenir directement sur le coup mais protéger les arrières des casseurs. Tout de même, je demande à voir l’ensemble de l’équipe.

« Organise une réunion avec tes amis, qu’on en discute, dis-je. Pas la peine de me dire l’endroit au téléphone. À Aix, chez Tonton, on sera tranquilles. Appelle-moi simplement pour me donner le jour et l’heure.– Ok. Je les vois ce soir, je te rappelle demain. Faut pas traîner. » Avant de partir, je tiens à lui faire un ultime rappel : « On n’a jamais vu une équipe toucher des tunes avec des tableaux. C’est un piège à cons. Tu le sais bien, Jacky. – Je sais, je sais, on me l’a déjà dit. Y aura pas de problème. » Ce que moi je ne sais pas encore et que je découvrirai plus tard concerne les motivations de mon ami. Le vol des Picasso sera son dernier gros coup. Il ne s’agit pas d’une figure de rhétorique ni d’une forfanterie, il ne compte pas se retirer aux Bahamas avec de l’argent plein les poches. Seulement, Jacky est condamné. Pas par les tribunaux… par le crabe. Il a reçu ses résultats peu de jours avant notre rencontre. Son médecin ne lui a pas caché la vérité : au stade avancé de son cancer, il en a pour six mois, deux ans maxi. Alors Jacky a fait ses comptes : flambeur comme il est, il ne laissera pas suffisamment d’argent à sa famille. Sa femme Marie, mais aussi sa fille Martha et son fils Antoine qui marchent tous les deux bien au lycée. Les laisser sans rien le mine encore plus que la maladie. Il veut partir en leur offrant un petit matelas. Pour Marie, son idée est de lui offrir un petit commerce de fruits et qui marche bien, mis en vente par le vieux Titin. Il a mille fois raison. S’il m’en avait parlé lors de ce premier contact, je l’aurais soutenu. Le genre d’attitude que j’apprécie. Une forme de noblesse dans la voyoucratie. Le revers de la médaille est qu’il a sauté sur la première grosse affaire se présentant à lui. Plus précisément présentée par Nino dont je ne suis pas convaincu de la fiabilité. Jacky a-t-il suffisamment étudié le coup et ses conséquences ou est-il trop pressé pour s’attarder sur les détails ? Dès le lendemain matin, il m’appelle : rendez-vous à 18 heures.

Extrait de "Confession d'un braqueur",  Didier Caulier, (Nouveau Monde éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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Geolion
- 02/08/2013 - 13:00
Assez de pub !
Arrêtez de faire la pub de ce braqueur qui n'a toujours pas payé ses crimes à la société près de trente ans après, en n'ayant jamais été pris ni jugé. Il a déjà posé place du Palais des Papes à Avignon avec son bouquin bien en vue. Il y en a ras le bol de faire passer à la radio, à la télé et dans les revues des voyous uniquement parce qu'ils sont voyou !! Les médias sont responsables et complices.....Ça fait "vendre"...!
Le Lampiste
- 02/08/2013 - 12:43
Des casseurs qui ont le sens des valeurs... les vraies.
Sept milliards pour des barbouillis informes qui n'ont comme qualité que d'avoir été pondus par un coco malin mis en exergue par ses copains. Peinture pour masses copulaires et marchands receleurs, comme celui pris dans une certaine affaire récente curieusement bien ensevelie, entre Paris et New-York, sur fond de spoliations de coreligionnaires juifs dans les années 33-45.
Faire croire que c'est de l'art n'est qu'une manipulation des foules sur le sens du Beau, pour la destruction de la culture occidentale, où la peinture tient un rôle essentiel que l'on veut gommer par ces insignifiances pathologiques promues au rang de chef d’œuvre.