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Le Conseil constitutionnel vient de mettre fin à un système médical vieux de 53 ans.
La chute du mur de Berlin bis

Cette révolution française dont personne n’a parlé qui met pourtant fin à 53 ans de communisme médical

Publié le 19 juillet 2013
Le Conseil constitutionnel vient de mettre fin à un système médical vieux de 53 ans qui prévoyait l'alignement des tarifs des praticiens de la santé au regard des possibilités de remboursement de la Sécurité sociale. Une bouffée d'air pour un système dépassé qui participe au plombage de l'économie française.
Claude Reichman est président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS). 
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Le Conseil constitutionnel vient de mettre fin à un système médical vieux de 53 ans qui prévoyait l'alignement des tarifs des praticiens de la santé au regard des possibilités de remboursement de la Sécurité sociale. Une bouffée d'air pour un système dépassé qui participe au plombage de l'économie française.

En décidant, le 5 juillet 2013, que les fonctions de poursuite et d’instruction et les fonctions de jugement doivent être séparées lors de toute procédure de sanction, le Conseil constitutionnel a mis fin à 53 ans de communisme médical. C’est plus qu’un tournant, c’est un séisme. On ne peut le comparer, à l’échelle de la France, qu’à la chute du mur de Berlin.

Tout a commencé en 1960 avec un décret qui a institué un régime de conventions départementales (étendu nationalement en 1971) entre la Sécurité sociale et les syndicats médicaux. Le but était d’obtenir un engagement collectif des médecins à pratiquer des tarifs établis par négociation avec la Sécurité sociale en échange de l’engagement de celle-ci de les rembourser à 80 %. Si le "deal" s’était borné à cela, il ne se serait agi que d’un simple contrat. Mais il s’est assorti d’une double contrainte : un remboursement minoré pour les patients s’adressant à un praticien non conventionné, et, pour s’assurer de la docilité des médecins, un dispositif de sanctions directement inspiré des procès soviétiques, c’est-à-dire sans le moindre respect des droits de la défense et des principes les plus élémentaires du droit.

Au fil des décennies, le goulag médical n’a fait qu’empirer, et on en est arrivé en 2012 à un système de visites domiciliaires chez les médecins pour les "inviter" à signer un "contrat d’accès aux soins" par lequel ils s’engagent à bloquer leurs tarifs libres (pour ceux qui en ont encore).

L’ensemble de ce dispositif aujourd’hui vieux de plus d’un demi-siècle était fondé sur le principe mythologique du lit de Procuste. Ce bandit de grand chemin de l’Antiquité avait la redoutable habitude de mettre ses prisonniers à la taille du lit où il les retenait : il étirait les plus petits et coupait les jambes des plus grands. Ainsi fait la Sécurité sociale : pour pouvoir justifier sa mission d’assureur obligatoire et monopolistique, elle doit fonctionner selon le principe simple qui veut que les tarifs médicaux soient ajustés non pas à l’évolution des prix et au progrès des techniques, mais aux possibilités de remboursement de la Sécurité sociale. Et à cette fin elle n’a pas besoin de partenaires mais de captifs. C’est ainsi que la médecine française est tombée dans les rets d’un monstre administratif qui a perdu toute notion de ce que devrait être sa mission d’assurance pour n’être plus qu’une gigantesque prison où patients et médecins sont détenus ensemble.

En prenant, à propos d’un contentieux relatif à l’Autorité des communications, une décision de principe valable lors de tout processus de sanction, le Conseil constitutionnel a libéré la médecine de sa prison. Cette décision aura un double effet. Elle va ramener la Sécurité sociale à sa fonction d’assureur, qui ne s’exercera plus avec des assujettis mais avec des clients, et elle va permettre aux médecins d’exercer leur art sous le contrôle de leur déontologie, dans la liberté et l’indépendance, qui sont des éléments essentiels de notre civilisation, bafouée et défigurée par 53 années de communisme social.

Les Français doivent savoir qu’une grande partie de leurs malheurs actuels vient d’un système social qui absorbe aujourd’hui le tiers de ce que produit la nation et représente 65 % de ses dépenses publiques. C’est ce système qui a créé la société d’assistance qui étouffe la compétitivité française, conduisant notre pays à la ruine et à la guerre civile, sous la conduite de dirigeants ayant fait du maintien de ce système l’alpha et l’oméga de leur politique.

Une brèche décisive s’est ouverte dans le mur de Berlin français. Comme dans les pays de l’Est de l’époque, tout va changer. A commencer par le pouvoir politique, qui aura désormais des comptes à rendre à des citoyens redevenus enfin propriétaires de leur rémunération et libres d’en faire l’usage qu’ils veulent.

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pécadille
- 20/07/2013 - 16:21
Exode des médecins roumains
Allez donc faire un tour sur le blog d'une femme médecin d'origine roumaine qui parle très bien des raisons qui poussent ces gens à venir et à ce vers quoi on veut tendre.
Lire sur http://lilianamihai.blogspot.fr/ :
(C'EST EN FRANÇAIS pas de panique)

Exode des médecins roumains : le prix de la misère exploitée en France

Publié le samedi 6 juillet 2013 20:26

Par le Dr Liliana Mihai, MG dans le Morbihan, 56
pécadille
- 20/07/2013 - 16:02
@jerem
Pourquoi devrait-on être asservi ou être obligé de s'expatrier lorsque la faculté est la seule voie d'études pour un domaine sans pouvoir rembourser ? Idem pour ingénieurs et traducteurs sortis de la fac: il n' jamais été question d'une quelconque obligation par ces filières.
Le théâtre, l'Opéra et les 4x4 sont-ils des biens et loisirs obscènes et à interdire et faut-il mettre en prison ceux qui y vont dans la 5è puissance mondiale ? Si les médecins qui font des gardes la nuit jusqu'à plus de 60 ans en recevant les accidentés, et après 10 ans d'études, ne peuvent pas profiter de cela alors qui pourra justifier de revenus suffisants voire supérieurs ? Trop peu de gens pour éviter la fermeture de 3/4 des théâtres du pays.
Heureusement, il n'est pas question d'être au SMIC mais de fait avec le temps un généraliste touche à l'acte la même chose que le coiffeur et sans les "dépassements" (qui ne sont qu'un abus de langage) les dentistes seraient aux tarifs sécu de 1974.
Je voudrais être sûr que vous vous appliquez personnellement la même logique, et si oui, ce n'est pas aux médecins de français de partir mais à vous d'envisager d'émigrer vers Cuba, la Corée ou la Chine.
boulegan
- 20/07/2013 - 08:29
bizarre cette rubrique !
beaucoup de bruit et de zizanie pour rien .je crois que le financement de notre médecine concerne chacun de nous et non pas LES AUTRES ouvrons les yeux ,pas de faux fuyants et courage !