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70 % des adultes ne peuvent pas calculer un pourcentage, une fraction ou une situation de proportionnalité.
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Maths : ceux qui les utilisent vraiment au travail... et la masse des autres
Publié le 24 mai 2013
Selon une enquête du sociologue Michael Handel, moins d'un quart des travailleurs américains déclarent utiliser dans le cadre de leur emploi des connaissances mathématiques dépassant le cadre des simples fractions ou des pourcentages.
Michel Vigier est ingénieur et président-fondateur de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. Ses travaux ouvrent de nouvelles voies pour une réelle " refondation " des apprentissages mathématiques à l’école. Michel Vigier est le...
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Michel Vigier est ingénieur et président-fondateur de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. Ses travaux ouvrent de nouvelles voies pour une réelle " refondation " des apprentissages mathématiques à l’école. Michel Vigier est le...
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Selon une enquête du sociologue Michael Handel, moins d'un quart des travailleurs américains déclarent utiliser dans le cadre de leur emploi des connaissances mathématiques dépassant le cadre des simples fractions ou des pourcentages.

Selon une enquête du sociologue Michael Handel (voir ici), moins d'un quart des travailleurs américains déclarent utiliser dans le cadre de leur emploi des connaissances mathématiques dépassant le cadre des simples fractions ou des pourcentages. Qu'en est-il en France ?

On se demande à la lecture de la dernière étude INSEE, comment l’économie française peut fonctionner : 70 adultes sur 100 auraient des performances médiocres ou préoccupantes en calcul. Soyons clair ! 70 % des adultes seraient au niveau du CM2 ou en dessous ? Qu’est ce que cela signifie ? Et bien, que 70 % des adultes ne peuvent pas calculer un pourcentage, une fraction, une situation de proportionnalité et qu’une minorité forte ne peut même pas résoudre une situation faisant appel à une des quatre opérations. Comment faire au travail ? Attendre le retour du chef ? Ces situations où un calcul s’impose, se présentent-t-elles très souvent ?

 

L’innumérisme est encore un concept nouveau; le Sénat vient juste de l’inscrire, dans la loi de « Refondation de l’Ecole » au même titre que l’illettrisme. L’INSEE n’en est pas encore là, mais une étude américaine nous apporte un éclairage intéressant.

 

Un sociologue de « Northeastern University », Michael Handel a examiné 2 300 personnes sur leur lieu de travail ; les conclusions de son étude relayée par le site « theatlantic.com » datée du 24 avril 2013 sont très intéressantes :

 

Americans_Math_Work_1.png

 

 

Ainsi pratiquement tous les travailleurs ont besoin de notions mathématiques dans leur activité professionnelle : 94 % devraient utiliser une notion mathématique ou une autre, 86 % devraient utiliser l’addition ou la soustraction, 78 % la multiplication ou la division, 68 % les fractions (proportionnalité, et pourcentages, donc). Ensuite la chute est brutale, 22 % doivent utiliser des notions plus complexes incluant de l’algèbre. Les taux décroissent, alors, régulièrement suivant les difficultés des notions.  

Une autre information est très surprenante : Sauf en statistiques, ce sont les « cols bleus » et non les « cols blancs » qui utiliseraient le plus les notions mathématiques complexes.

Quelle conclusion doit-on en tirer ? Il existe, dans l’entreprise, une séparation franche entre l’utilisation de l’arithmétique, très courante, et l’algèbre ou la géométrie plus rare.

 

Au travail on a besoin des fondamentaux du calcul, pas de l’algèbre. C’est le socle commun préconisé par l’Education Nationale, moins quelques velléités de maintenir certaines notions algébriques (identités remarquables, fonctions) ; ces dernières peuvent, d’ailleurs, être traitées de façon arithmétique. Mais c’était aussi le programme du Certificat d’Etude Primaire abandonné depuis des décennies. L’existence du collège unique est posée ; le gouvernement devra sans tarder choisir entre la ligne officielle et la position de certains élus, dont Ségolène Royal. Le socle commun n’est pas applicable sans l’instauration de deux filières distinctes à partir de la quatrième, ceci d’autant plus que ce sont les « cols bleus » qui utilisent le plus les calculs de base.

 

Enfin, les bonnes décisions se prennent, souvent, après un rapide calcul mental. Ainsi la mémorisation des ordres de grandeur façonne l’expérience. Il est édifiant de constater que la perte de compétitivité de l’économie française depuis vingt ans, correspond à la baisse régulière des compétences des élèves, en calcul, depuis trente ans. Peut-on encore croire à un redressement économique relatif, par rapport à nos partenaires, alors que ceux-ci nous précèdent dans les classements internationaux des compétences mathématiques moyennes ?

 

La lutte contre l’innumérisme devrait être, très certainement, une priorité nationale.

 

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alfonico
- 26/05/2013 - 10:02
Suite 2....
Tant que le corps professoral sera constitué de purs enseignants n'ayant aucun contact avec le monde économique,
Tant que notre éducation nationale ne comprendra pas que les parents et élèves attendent de l'école une formation qui permettra d'avoir un travail.
Tant que le corps professoral sera dominé par une idéologie anti-entreprise.
Tant que le corps professoral n'aura pour but que s'auto entretenir.
Tant que les politiques favoriseront un esprit corporatiste par intérêt électoraliste.
Tant que la formation des profs ne sera qu'académique.
L'échec de l'enseignement des sciences (et aussi du reste) perdurera.

Il serait nécessaire (mais le corporatisme et l'idéodologie dominante du professorat s'y oposeront) de recruter des personnes ayant eu une expérience de la vrai vie (ouvriers, employés, artisans, patrons, techniciens, ingénieurs, comptables, commerciaux, docteurs, infirmières, etc...) comme professeurs, en leur donnant les bases pédagogiques complémentaires.

J'ai eu la chance, en terminale S, d'avoir un excellent prof de physique qui n'avait même pas son bac, mais un parcours professionnel et autodidacte qui lui permettait de nous faire saisir l'intérêt de son cours.
alfonico
- 26/05/2013 - 09:50
Suite....
Approche concrète:
Ayant donné des cours particulier de maths à des élèves de l’enseignement professionnel, j'ai été scandalisé par le gâchis de notre éducation nationale.
De nombreux élèves étaient intelligents, sérieux et travailleurs.
Mais ils étaient complètement perdus en maths, non à cause de leur limitations, mais à cause de la façon abstraite utilisée pour enseigner des notions simples.
Les notions de dérivation et d'intégration de fonction, pourtant extrêmement utiles pour de futurs techniciens, étaient abordées de façon telle que j'avais du mal à comprendre où est ce que l'enseignant voulait arriver. L'utilité des notions n'était pas expliquée (aucun exemple d'application concrète) et les notions elle m^mes n'étaient supportées par aucune approche graphique. Il me suffisait en général de 5 minutes d'explications graphiques pour voir apparaître dans les yeux des élèves cette étincelle de joie provoquée par la soudaine compréhension de quelque chose qui leur semblait inaccessible jusqu'alors: "Mais en fait c'est tout simple !". Ben oui.
alfonico
- 26/05/2013 - 09:41
Des abbhérations pédagogiques de l'enseignement des maths
Bonjour à tous.

Un des problèmes est la méthode d'enseignement.
Des notions simples sont abordées de façon purement abstraites, sans liaison avec une perception concrète de la réalité, sans liaison avec l'utilité, et sans fondement philosophique de base.

Exemples:

Fondement philosophique:
Il est très rare que l'on explique aux élèves le but des sciences, c'est à dire de créer un modèle compréhensible par les capacités intellectuelles humaines du monde réel tel qu'il est connu à un moment donné (sciences de "haut niveau" ou les physiques relativistes et quantiques s'appliquent) ou tel qu'il est perçu dans un contexte particulier et pratique (sciences utilitaires, qui donnent un modèle qui colle à la réalité dans un contexte restreint: : mécanique newtonniène par exemple).
Ceci peut être expliqué en moins d'une demi-heure en début d'année et permet de faire comprendre l’aspect évolutionnaire de la connaissance scientifique ainsi que son utilité.