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Le parti allemand "Alternative für Deutschland" qui cristallise bon nombre des mécontentements contre la zone euro.
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Ce discret parti populiste allemand pourrait-il avoir la peau de l’euro ?

Publié le 11 avril 2013
Un Allemand sur quatre se dit prêt à voter pour "Alternative für Deutschland", parti qui cristallise bon nombre des mécontentements et réticences de nos voisins d'outre-Rhin vis-à-vis de la zone euro. Que faut-il en penser ?
Isabelle Mouilleseaux est directrice de publications chez Publications Agora.Elle a notamment co-écrit Le déclin du Dollar : une aubaine pour vos investissements ? (Valor, 2008).
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Un Allemand sur quatre se dit prêt à voter pour "Alternative für Deutschland", parti qui cristallise bon nombre des mécontentements et réticences de nos voisins d'outre-Rhin vis-à-vis de la zone euro. Que faut-il en penser ?

Un Allemand sur quatre se dit prêt à voter pour Alternative für Deutschland (AfD), parti politique "nouveau-né" outre-Rhin.

Lancé par quelques économistes, journalistes du FrankfurterAllgemeine Zeitung (équivalent du Monde), constitutionnalistes et représentants du monde de l’entreprise (entre autres l’équivalent de notre Laurence Parisot), ce parti se dit anti-euro mais "pour l’Europe".

A la fois euro-sceptique, libéral et conservateur, l’AfD se veut démocratique, raisonnable et réfléchi ; une alternative sérieuse aux autres partis politique. Nous sommes loin de l’image populaire d’un Beppe Grillo dont le Mouvement cinq étoiles a cristallisé en Italie le vote contestataire aux dernières législatives. Loin aussi d’un Aléxis Tsípras à la tête du Syriza qui a semé le chaos en Grèce. Loin enfin encore d’une Marine Le Pen du Front National en France.

  • Devenir "contre-pouvoir" sur l’euro

Les ambitions de ce parti outsider sont claires : profiter du "ras-le-bol de l’euro" en Allemagne pour faire tourner à son avantage le jeu d’échec que se livrent actuellement les partis politiques allemands en vue d’accéder en septembre prochain à la chancellerie.

Son atout maître ? Être le joker qui sort la bonne carte au bon moment.

Les Allemands, principaux contributeurs aux plans de sauvetage, deviennent allergiques à la notion de bailout ou de sauvetage financier. Proches du point de saturation, ils cherchent une... alternative. Une aubaine pour ce parti qui veut devenir un contre-pouvoir fort pour infléchir la politique européenne allemande jugée trop laxiste.

  • Mettre un terme à une situation jugée intenable...

L’analyse de l’AfD est la suivante :

L’Allemagne est le principal contributeur aux plans de sauvetage successifs ; or le risque qui pèse sur le contribuable allemand (garant en dernier recours en cas de défaut d’un pays) est jugé inadmissible, surtout qu’il s’alourdira : les transferts continueront pendant des années. Pour l’AfD, il faut cesser de transférer les pertes des banques nationales sur le contribuable européen.

L’euro renforce les déséquilibres économiques nord/sud qui plongent les économies périphériques en récession. En outre, renflouer les Etats en leur imposant une violente rigueur ne les aide pas puisque cela accentue la dépression et accroît leur dette. Dit autrement : la Zone euro appauvrit les peuples du sud. Les transferts ne sont pas une solution.

Cette situation génère en outre un profond sentiment de colère des peuples du sud à l’égard de l’Allemagne. Ce qui est malsain. L’Europe devait apaiser les haines entre les peuples, pas les attiser.

La démocratie est méprisée, la souveraineté battue en brèche. La Zone euro impose ses décisions aux peuples sans débat, voire sans l’assentiment de la représentation nationale. L’AfD exige que tout transfert de souveraineté soit au préalable accepté par référendum.

Enfin, les politiques piétinent les promesses faites aux Allemands pour les convaincre d’entrer dans l’euro et ne respectent pas les traités européens. L’AfD exige (ente autres) que la clause du Traité de Maastricht qui interdit le renflouement soit respectée.

En synthèse :

"Il faut en terminer avec cet euro ! L’euro s’avère être une erreur fatale qui met notre niveau de vie en danger".

Face à ce constat, quelles sont les solutions avancées l’AfD ?

  • Sacrifier l’euro pour sauver l’Europe

Aujourd’hui, aucun pays ne peut sortir de l’euro, à commencer par l’Allemagne. Pour l’AfD, ceci doit changer. Les Etats-membres doivent pouvoir sortir de l’euro et réintroduire leur monnaie nationale ou créer une union monétaire alternative, plus petite et plus stable, s’ils le souhaitent. Il faut rendre cela possible en modifiant les traités.

Pas question pour l’Allemagne de claquer la porte et de quitter l’euro, même si aux yeux de l’AfD le retour au deutschemark ne doit pas être tabou. Le programme du mouvement prévoit plutôt de donner la possibilité aux pays faibles de quitter la Zone euro pour se reconstruire, pour ensuite diviser la Zone euro restante en petites unions monétaires (stables et intégrées, donc viables).

Dit autrement, il s’agit de "Refaire l’Europe différemment" en changeant son périmètre pour la rendre viable.

  • AfD est un outsider qui pourrait faire bouger les lignes en Allemagne

Ce nouveau parti attire l'électorat conservateur déçu par les positions européennes trop laxistes d’Angela Merkel. Le durcissement imposé par la Chancelière dans le dossier chypriote n’est d’ailleurs pas un hasard... On a assisté à une vraie rupture : le transfert des pertes vers les actionnaires, créanciers et dépositaires des banques en faillite. Or jusqu’ici, on "chargeait" le contribuable...

Je vous livre les résultats d’un sondage réalisé auprès de 5 430 lecteurs du journal libéral et conservateur Junge Freiheit, clairement de droite. La question : "pourriez-vous voter pour Alternative für Deutschland ?"

Plus de 86% des personnes interrogées se disent prêtes à voter pour ce parti... Or nous sommes là au cœur de l’électorat d’Angela. La menace politique est donc bien réelle. L’AfD pourrait aussi attirer les déçus de gauche (SPD). En témoigne le succès du livre anti-euro écrit par le socialiste (SPD) Thilo Sarrazin, vendu à plus de deux millions d’exemplaires outre-Rhin !

  • Un Allemand sur quatre prêt à voter pour l’AfD

L’institut de sondages TNS Emnid (équivalent de notre TNS Sofres en France) a réalisé à la demande du magazine hebdo Focus le même sondage auprès de 1 007 personnes représentatives de la société allemande.

Résultat : 26% des Allemands, soit une personne sur quatre, se disent prêts à voter pour l’AfD

Entre les attaques anti-allemandes qui se multiplient (l’Europe allemande), la montée du "ras-le-bol de payer pour l’euro" chez les Allemands et la montée en puissance de l’AfD dans les sondages, Angela Merkel aura bien du mal à manœuvrer les virages de sa politique européenne dans les prochains mois. Dit autrement, le durcissement des positions allemandes récemment observé pourrait n’être qu’un début.

 

  • La menace pourrait aussi venir de la France

Notre beau pays brille par son absence dans la gestion de l’Europe ; il vit encore dans "le monde d’avant", refusant de d’assumer ses responsabilités, de faire des reformes, de réduire les dépenses. Ce comportement exaspère les Allemands qui ont l’impression de batailler seuls (voire contre la volonté de tous ?) pour sauver l’euro. Il renforce aussi le fossé nord/sud au cœur de la Zone euro. Par son comportement, la France participe à créer en Allemagne les conditions d'une envolée de l'AfD.

Est-ce bien ce que nous voulons ?...

[Quel avenir pour l'euro et l'Europe ? Qu'est-ce que tout cela signifie pour vous en tant que citoyen, contribuable et épargnant ? Retrouvez nos analyses et conseils au quotidien en passant par ici -- il n'y a pas à hésiter : c'est gratuit...]

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Commentaires (22)
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UnLecteurDePassage
- 13/04/2013 - 00:42
Et les eurocritiques en France ?
Merci à Atlantico de nous informer sur ce nouveau parti eurocritique allemand. Mais vos lecteurs seraient certainement plus intéressés de connaître les partis eurocritiques français. Or, il y en a un qui est privé de toute couverture médiatique, c'est l'UPR de François Asselineau : www.u-p-r.fr. Soyez donc aussi curieux sur ce parti qu'au sujet d'AfD, vos lecteurs auraient là l'occasion de découvrir la réalité de l'Union européenne.
CyrilDLR
- 12/04/2013 - 16:50
Convergence
Passons sur le titre de l'article ("parti populiste") qui est plutôt rigolo quand on voit le pedigree des fondateurs de l'AfD, ça prouve en tout cas à quel point le mot populiste ne veut plus rien dire !!
Bonne chance à ce parti dont je partage largement l'analyse retranscrite ici. On sent venir l'ébauche d'un printemps des peuples européens en 2014 en rébellion contre la pensée unique. En prémisse à une Europe des Nations et des collaborations réellement efficaces, espérons que ce parti donnera de la voix à l'échelle du continent avec des partenaires qui lui ressemblent, comme Debout La République en France. Que se mettent en sourdine les attaques systématiques des anti-système entre eux pour enfin mettre à bas démocratiquement les fanatiques de Bruxelles et des salons dorés !
vangog
- 12/04/2013 - 00:41
@Glop Glop Normal pour une presse Française
qui reçoit 22% de subventions de la part de l'état, soit 20% de plus que la moyenne Européenne!
La corruption des corps intermédiaires, associations, médias et syndicats, passe par leur odieux financement et assure leur soumission a la nouvelle noblesse de robe de fonctionnaires enarchiques.
Une énième "moralisation de la vie politique", tarte a la crème des politiciens sans imaginations, ne servira a rien.
Lorsque ce Président serrurier et sa boîte à outil, sera tombé, ainsi que sa noblesse de robe partisane et corruptrice, devra être reconstruit un système de désignation des corps d'états et corps intermédiaires, fondé sur le pluralisme et garanti par la constitution.
C'est la seule manière pour cette gauche d'éviter de compenser son affaiblissement électoral, par la corruption des corps intermédiaires et des corps d'état, qui pratiquent "l'inversion du sens de la pile", en échange d'honoraires sur des comptes off-shore, pour des enquêtes médicales bidons, par exemple...