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Depuis samedi, le nord et l'est de la Chine suffoquent. Un brouillard très dense et une atmosphère chargée en particules fines enveloppent les grandes villes.
© Reuters
Depuis samedi, le nord et l'est de la Chine suffoquent. Un brouillard très dense et une atmosphère chargée en particules fines enveloppent les grandes villes.
De l'air pour tous

Chine : les records de pollution atmosphérique vont-ils être l'électrochoc qui change le modèle de développement du pays ?

Publié le 15 janvier 2013
Depuis ce week-end, la Chine enregistre un seuil record de pollution. Selon les mesures de l'ambassade américaine, l'indice de pollution s'élève à 755, sur une échelle qui ne va que jusqu'à… 500.
Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.web : www.newcorpconseil.comSuivre ...
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Depuis ce week-end, la Chine enregistre un seuil record de pollution. Selon les mesures de l'ambassade américaine, l'indice de pollution s'élève à 755, sur une échelle qui ne va que jusqu'à… 500.

La pollution manifeste aussi. Avec un nouvel épisode d'intense pollution atmosphérique dans les grandes villes chinoises, urgences environnementales et sociales s'imposent en Chine. Là aussi, enjeu de société, enjeu de génération.

L’avenir des enfants, c’est aussi leur garantir un air respirable. Depuis quelques jours, un nuage de pollution recouvre la plupart des grandes mégapoles chinoises, au point de réduire considérablement la visibilité et d’inciter la population à rester chez elle. Les activités sportives sont fortement déconseillées, les masques sont pris d’assaut, se déplacer en bicyclette est jugé dangereux. Les seuils d’alerte définis par l’OMS sur les taux de particules dans l’air sont largement dépassés, de plus de 40 fois selon les sources. Et parce que rien ne peut rendre l’air transparent et masquer la pollution lorsqu’elle s’affiche de la sorte, tous les médias se sont emparés du sujet, lancent des cris d’alerte et interpellent les pouvoirs publics. Le sujet s’est imposé comme un sujet de discussion officielle, même au sein du Parti communiste chinois.

Ce phénomène n’est pas nouveau, depuis longtemps on sait que la plupart des villes les plus polluées au monde sont chinoises, le phénomène ne fait que se révéler par épisode lorsque les conditions climatiques en créent les conditions. Une visibilité qui accélère la prise de conscience et qui agit comme un signal d’alarme que certains jugent même profitable. La croissance effrénée chinoise, notamment de son urbanisation, de son trafic automobile (plus de 5 millions de véhicules circulent tous les jours à Pékin), ou encore de sa consommation d’énergie (à large dominante charbon ; première économie émettrice de gaz à effet de serre), engendre des séquelles environnementales de plus en plus importantes, visibles et pressantes à régler.

S’il paraît difficile pour la Chine de contraindre son développement pour raisons environnementales, il s’impose de plus en plus qu’elle doit impérativement le rendre davantage respectueux et compatible… pour des raisons politiques, sociales… et sanitaires. La pollution en général, mais sans doute tout particulièrement la pollution atmosphérique, a en effet un impact direct en terme de santé publique (maladies respiratoires), mais surtout a comme "vertu" de provoquer une prise de conscience instantanée et évidente, nous ne sommes pas ici face à un besoin de démonstration pédagogique d’un effet à long terme qui lui-même pourrait prêter à débat d’expert : nul besoin d’expliquer longtemps qu’il est nocif de respirer de l’air pollué. Cette pollution a également pour "avantage" de concerner tout le monde (les riches peuvent difficilement s’en protéger davantage que les pauvres) ; de symboliser dans ses causes le développement industriel et économique intensif (énergie, automobile, densification urbaine) ; et d’engendrer très directement et à court terme des problèmes de santé publique, coûteuses en impacts directs et indirects et politiquement impossible à ignorer. Ces épisodes à répétition sont donc des accélérateurs de prises de conscience et d’obligations de réponse d’une économie chinoise qui n’aura pas d’autres choix que de réussir à (ré)concilier développement intensif et respect de l’environnement, et ceci pour des raisons pragmatiques, politiques et intéressées lorsque les seules raisons écologiques ne suffisent pas.

Mais ces aspects environnementaux ne sont pas les seuls enjeux révélés ces derniers mois, les questions sociales ne sont pas en reste. Il semble en effet de plus en plus difficile de contenir les revendications des millions d’employés et d'ouvriers de l’ombre (au service de développement économique de la Chine et de nos consommations occidentales) qui eux aussi, de plus en plus, font éclater au grand jour leurs conditions de travail et exigences. Il suffit pour cela de suivre les actualités répétées des usines chinoises de Foxconn ou les fréquents reportages sur l’industrie du jeu vidéo et ses jeunes joueurs en batterie. La Chine ne pourra ignorer ni le brouillard des nuages de pollution ni la lumière des revendications sociales.

Parmi les droits à donner aux enfants, il y a aussi celui d'un avenir durable, ou plus exactement soutenable, ici et ailleurs.

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Commentaires (5)
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Satan
- 16/01/2013 - 10:33
Et bien visiblement chez Atlantico on
n'est pas pour la liberté d'expression, faudra m'expliquer ce que en quoi mon message allait contre la charte...
POBOBO
- 15/01/2013 - 23:00
Et alors
Tout se qui ralenti ennemis et bon pour nous, qui est responsable, qui fait quoi, c'est pas notre problème, c'est seulement un élément
environnemental positif pour nous, nous sommes en guerre, il ne faut pas l'oublier.
freddy
- 15/01/2013 - 15:31
Le problème de cette pollution est surtout qu'elle
ne tue pas les Chinois (ou pas assez!) car si c'était le cas, ils n'hésiteraient pas une minute avant de s'attaquer au problème.Cela dit notre responsabilité ne doit pas être tue car les délocalisations sont une des causes de cette pollution.