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Crise de la culture : ce que l'individualisme moderne perd avec la structuration de la société en tribu
Publié le 24 décembre 2012
Tandis que l'intelligentsia parle d'individualisme contemporain, la population ne cherche en fait qu'à former des communautés. Ainsi, l’individu a été remplacé par la personne, or si l'individu est un, la personne est plurielle.
Charles Gave est président de l'Institut des Libertés, un think tank libéral. Il est économiste et financier. Son ouvrage L’Etat est mort, vive l’état  (éditions François Bourin, 2009) prévoyait la chute de la Grèce et de l’Espagne. Il est le...
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Charles Gave est président de l'Institut des Libertés, un think tank libéral. Il est économiste et financier. Son ouvrage L’Etat est mort, vive l’état  (éditions François Bourin, 2009) prévoyait la chute de la Grèce et de l’Espagne. Il est le...
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Tandis que l'intelligentsia parle d'individualisme contemporain, la population ne cherche en fait qu'à former des communautés. Ainsi, l’individu a été remplacé par la personne, or si l'individu est un, la personne est plurielle.

Cet article a été précédemment publié sur le site de l'institut des libertés

Pour Michel Maffesoli, sociologue de renom, la France a inventé la modernité à partir du XVIIe siècle, avec le cartésianisme et la philosophie des Lumières. Est-ce pour cela qu’elle éprouve une énorme difficulté à aborder le changement en jeu aujourd’hui ? Prenez la crise : selon l’auteur, elle est bien plus qu’une crise financière. Elle est crise au sens étymologique de « crible », nous serions en train de vivre le passage au tamis des valeurs de la modernité. Notre pays a peur de la postmodernité. On parle de « modernité seconde », de « modernité tardive », de « modernité avancée ».

La modernité, c’est l’adulte sérieux ; la postmodernité, c’est Dionysos, l’enfant éternel et créatif, qui s’appuie sur sa famille, ses proches, s’ajuste au coup par coup.

L’élection de François Hollande montre que la France n’est malheureusement pas en phase avec l’esprit du temps. La France a peur de la postmodernité et choisit un processus de rétraction en se retournant vers les grandes valeurs du XIXe siècle : l’Etat providence, le fonctionnariat, la crainte de devoir se débrouiller avec la vie. 

Le Parti socialiste, lui, est un parti « dramatique » : il considère qu’il y a une solution morale pour la société dans son ensemble, qu’une issue est possible. La France, avec Hollande, a voté la normalité. Alors oui, nous trouverons une solution : un pays de fonctionnaires avec, à la clef, la production de normes. La « normopathie » est en marche !

Seulement, notre pays risque de passer à côté de l’évolution du monde actuel, qui exige de l’audace, des prises de risques, toujours selon l’auteur. Même s’il semble inéluctable que nous serons contraints de revenir à une conception non sécurisante de l’existence, en laissant par exemple une flexibilité dans le travail. Pour Michel Maffesoli, nous avons devant nous une population franchouillarde de vieux cacochymes, qui ne mesure pas la vitalité et l’intensité juvénile de la société actuelle.

Car il n’y a qu’à constater l’ambiance émotionnelle dans laquelle nous baignons – musicale, sportive, culturelle, religieuse, etc. Les affects sont omniprésents, et même dans des domaines d’où ils avaient été exclus : la politique, l’économie. Il suffit de voir les meetings actuels avec musique et cotillons ! La vie sociale est remplie de rumeurs, de buzz, d’irruptions des humeurs (gros inputs de Nadine Morano à droite et de Valérie Trierweiler qui twitte à gauche). On voit émerger de nouvelles formes de solidarité et de générosité – il s’agit là de deux liens essentiels, car ce sont eux qui font société. Le couch surfing ou la colocation, par exemple : les études montrent que leurs adeptes éprouvent le désir d’être ensemble pour être ensemble et pas seulement pour des raisons économiques. La vieille lune de l’hospitalité revient aujourd’hui, renouvelée grâce aux technologies.

Ce processus remonte au début des années 1950, avec l’apparition du design, qui a esthétisé le quotidien. Est venue ensuite, dans les années 1960, l’effervescence des grands rassemblements. A partir de l’an 2000, ce qui s’était un peu perdu dans les sables a commencé à renaître. Face à ce bouillonnement, notre intelligentsia reste décalée, alors que le grand public, lui, sent bien qu’il a envie d’ « être avec », je dirais même de « coller » à l’autre, beaucoup plus que d’être autonome ! Il colle aux autres sur la plage, dans les concerts de musique, les apéritifs festifs, etc. Parler d’individualisme contemporain est une ineptie propagée par les journalistes, les hommes politiques et certains universitaires. Il suffit de sortir, d’allumer son portable, pour se rendre compte que nous sommes toujours « en relation avec », qu’il y a toujours autour de nous une communauté, et que les émotions font le lien.

Au « cogito ergo sum, in arcem meum » de Descartes - « Je pense donc je suis, dans la forteresse de mon esprit » – qui fonde l’individualisme moderne a succédé le « je m’éclate avec ». Les gens se structurent en tribus, autour d’un goût partagé – sexuel, musical, religieux, sportif, etc. -, dans une volonté de vivre le présent plutôt que de se projeter. C’est pour cela que la res publica est devenue une mosaïque, et que nous devons en faire l’apprentissage, même si celui-ci est douloureux.

Par un processus de balancier, l’individu a été remplacé par la personne. L’individu est un ; la personne est plurielle.

La voilà, la vrai crise : L’individu ne sait plus être.

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vangog
- 24/12/2012 - 22:09
La "communauté" n'est ni une fin en soi, ni une explication...
elle n'est qu'un des aspects de l'existence, et on ne trouve une "réappropriation communautaire, même consensuelle(sic)" que dans les dogmes unidimensionnels archaïques, ceux qui croient naïvement que l'appartenance à une communauté existait autrefois et doit être retrouvée...
Non, contrairement aux enseignements des vieilles idéologies qui ont prouvé leur caractère mortifère, conséquence de l’uni dimensionnalité de leur idéal, l'individu ne se révèle pas "en contrepoint d'une communauté", mais en mouvement par rapport à un univers multi-dimensionnel qui se répartit selon non pas un, mais quatre idéaux plus la notion de temps et d'espace!
Très loin des délires communautaires archaïques, l'individu moderne révèle la quintessence de sa personnalité et le caractère ondulatoire de son existence rythmée par ses idéaux variés et variables, la vie, l'amour, la possession, la liberté...



jean-paul
- 24/12/2012 - 16:44
un peu n'importe quoi
"Par un processus de balancier, l’individu a été remplacé par la personne. L’individu est un ; la personne est plurielle."

un peu n'importe quoi ca, mais c'est vrai que la réponse de la france face aux changements des années récentes n'a pas était la bonne...aujourd'hui les individus exigent plus de liberté, plus de flexibilité, plus de souplesse, mais les socialistes dans ce pays (PS, PC, FN, UMP) veulent le dirigisme et le féodalisme...si ca continue la france ne comptera plus grande chose, ce qui est déjà le cas
Gengis
- 24/12/2012 - 12:33
Peuple et populace
Quand le chef est honnête sa tribu est plus à même de laisser émerger les individualités. N'est-ce pas, le collectivisme n'est pas que la somme des sans-grade, ou elle ne l'est pas toujours, ou elle n'est pas que cela : elle peut être aussi de souffle insurrectionnel. C'est pourquoi, plus il nous est donné (ou plus on prend) plus il nous sera (nous est) demandé. Être un leader, un chef, un patron c'est aussi l'exemple de l’intégrité.