En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© Reuters
 Peut-il continuer à gérer son gouvernement comme jadis son parti ?
Electrons libres

Roms, nucléaire, traité budgétaire... François Hollande peut-il vraiment gérer la France par la synthèse, comme il le faisait au PS ?

Publié le 29 août 2012
Les lignes de fracture se multiplient au sein du gouvernement. Sécurité, nucléaire ou Europe, François Hollande devra-t-il se décider à trancher ?
Gérard Grunberg est directeur de recherche émérite CNRS au CEE, Centre d'études européennes de Sciences Po. 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Gérard Grunberg
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Gérard Grunberg est directeur de recherche émérite CNRS au CEE, Centre d'études européennes de Sciences Po. 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les lignes de fracture se multiplient au sein du gouvernement. Sécurité, nucléaire ou Europe, François Hollande devra-t-il se décider à trancher ?

Atlantico : François Hollande était le maître de la synthèse lorsqu'il était premier secrétaire du Parti socialiste. Son gouvernement, ouvert aux écologistes, comprend également tous les courants du PS. Mais de la sécurité au nucléaire, en passant par l'Europe, les lignes de fracture se multiplient au sein de l'exécutif. Peut-il continuer à gérer son gouvernement comme jadis son parti ?

Gérard Grunberg : Parti socialiste n'est pas synonyme de gouvernement de la France. Mais à quelques exceptions près, le Parti socialiste est plutôt sur la ligne du président de la République.

C'est aux écologistes que la question du nucléaire posera principalement problème. En effet, ces derniers vont beaucoup plus se diviser que les socialistes. Les écologistes veulent-ils vraiment faire partie du gouvernement ? Ils n’en sont pas encore au point de le quitter : s’ils s’en vont, ils se retrouveront dans une situation de faiblesse, car ils ne pèsent plus grand-chose aujourd’hui.

Sur la question de la sécurité, il y a eu une évolution assez importante des socialistes et je pense que cette nouvelle ligne sécuritaire va certainement être adoptée par le parti. Je ne crois pas qu’il y aura beaucoup de désaccords en interne. Néanmoins, et encore une fois, les écologistes peuvent poser problème en exprimant leur mécontentement.

Il y a un seul vrai sujet qui peut réellement diviser les socialistes, c’est l’Europe, et notamment la question du traité budgétaire européen. Il existe un vieux contentieux interne sur la question européenne. En 2005, François Hollande, qui était premier secrétaire du parti, avait décidé de ne pas trancher la question en affirmant qu’il n’y avait pas de socialistes du oui et de socialistes du non mais seulement des socialistes. Je crois cette fois-ci qu’il a définitivement tranché en faveur de la ratification du pacte. Il se peut que cela rouvre un débat au sein du parti, mais je ne crois pas qu’il soit de même nature qu’en 2005 car beaucoup de ceux qui étaient partisans du non sont maintenant sur la même ligne que François Hollande, comme Laurent Fabius, par exemple. Ce problème est moins un problème de gouvernement que de congrès. En d’autres termes, va-t-il y avoir une minorité d’opposition à la politique gouvernementale au prochain congrès à Toulouse ? Ce n’est pas impossible. En outre, la "question Hamon" est posée, car celui-ci fait partie du gouvernement. A voir s’il va se ranger malgré tout du côté des opposants.

Faut-il que François Hollande continue à ouvrir son gouvernement ou doit-il se mettre à trancher ?

Il y a des choses sur lesquelles il a déjà tranché. Notamment la filière nucléaire, la question du pacte de stabilité européen. C’est donc plutôt à ceux qui ne sont pas d’accord avec cette ligne de se poser la question de leur place au sein du gouvernement. Certains voudront peut-être prendre leur distance, à leurs risques et périls.

Je ne m’attends pas pour l’instant à ce qu’il y ait énormément de difficultés pour Hollande au sein de son gouvernement, même avec les Verts qui demeurent fragiles et qui ont besoin des socialistes pour les prochaines élections locales. François Hollande n’aura pas à faire de compromis.

Les sorties médiatiques de certains, comme celle d'Arnaud Montebourg qui a qualifié lundi le nucléaire de filière d'avenir, ne risquent-elles pas de "polluer" le mandat de François Hollande ?

Ce type de prise de parole est inévitable. Reste à savoir jusqu’où cela va. Le jour arrivera où ces personnalités seront obligées de choisir de rester ou non dans le gouvernement s’ils se distinguent trop de la ligne officielle.

La sortie de Montebourg sur le nucléaire n’a probablement pas ravi François Hollande car cela soulève des débats dont le président se serait bien passé, mais sur le fond ce dernier est plutôt d’accord. Arnaud Montebourg sera toujours un électron libre et sa relation avec Hollande sera surement assez compliquée à gérer pour cette raison.

Dans ce contexte, comment Jean-Luc Mélenchon peut-il tirer son épingle du jeu ?

Mélenchon a été très affaibli par la période électorale, je ne suis pas sûr que les communistes veuillent qu'il soit leur seul représentant. D’autant plus que ses amitiés coupables avec Hugo Chavez n’en font pas un parangon de la défense de la liberté. Ceci dit, il y aura toujours un créneau pour la gauche de la gauche à représenter un courant protestataire.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Critiquée pour son poids, Miss France réplique : "Moi au moins, j’ai un cerveau"

03.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

04.

Implants cérébraux : se dirige-t-on vers un accroissement des inégalités sans précédent dans l’histoire de l’humanité ?

05.

Dépenses publiques : Emmanuel Macron s’est-il définitivement converti au chiraquo-hollandisme ?

06.

Vous croyez que l'Algérie a gagné par 1:0 ? Erreur : le score final est de 3:0 !

07.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

03.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

04.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

05.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

06.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

05.

François de Rugy a démissionné

06.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

Commentaires (11)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
victor13
- 30/08/2012 - 03:20
La normalité présidentielle
C'est ça la nomalité présidentielle. notre ravi de la crèche l'a trouvée tout seul. C'est vrai que nous sommes captivés par les prouesses normales de notre gouvernement tout neuf officiant sur le progamme de campagne présidentielle. Captivés par le nombre d'inepties à commencer par un détricotage sans racommodage. C'est de la pire folie.
stephanoise
- 30/08/2012 - 00:33
vangog BRAVO
magnifique , votre analyse est d'une clarté limpide !
General3Gaulle
- 29/08/2012 - 23:50
Souvenir souvenir
En 2002 quand le Pen arrve au 2em Tour, François Hollande est secretaire national du PS...
On ne change pas une équipe qui perd.
Hollande président est une chance pour le Front National.