En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
© Reuters
Nicolas Sarkozy a souligné mardi les «grandes similitudes» entre la Libye et la Syrie, insinuant qu'une intervention militaire française serait nécessaire dans la crise syrienne.
Faux frères
Peut-on vraiment comparer les conflits syrien et libyen ?
Publié le 10 août 2012
Nicolas Sarkozy s'est entretenu mardi par téléphone avec le chef de l'opposition syrienne Abdel Basset Sayda. Tous deux ont convenu dans un communiqué commun "qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne".
François Burgat est politologue et directeur de recherche au CNRS (IREMAM). Il a été directeur de l'Ifpo (Institut français du Proche-Orient) de 2008 à 2013. Son dernier ouvrage est Pas de printemps pour la Syrie (co édité avec Bruno Paoli) aux...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Burgat
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Burgat est politologue et directeur de recherche au CNRS (IREMAM). Il a été directeur de l'Ifpo (Institut français du Proche-Orient) de 2008 à 2013. Son dernier ouvrage est Pas de printemps pour la Syrie (co édité avec Bruno Paoli) aux...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Sarkozy s'est entretenu mardi par téléphone avec le chef de l'opposition syrienne Abdel Basset Sayda. Tous deux ont convenu dans un communiqué commun "qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne".

Il est instructif de comparer les crises libyenne et syrienne. Il serait dangereux de les assimiler. Si le socle du mécontentement populaire devant un autoritarisme au long cours est commun, si la lente militarisation de l’opposition et la violence de la répression d’un Etat faisant usage de l’aviation et des armes lourdes ont suivi un cours identique, les forces en présence, à l’intérieur et plus encore sur la scène internationale, sont profondément différentes.

Ces différences devraient interdire en tout état de cause à ceux qui seraient tentés de le faire de prôner aujourd’hui pour la crise syrienne une porte de sortie « à la libyenne ».

Demi-spécificité syrienne, le régime baasiste est tout d’abord ancré à un socle ethnique et religieux certes comparable  à l’assise clanique et tribale du pouvoir de Kadhafi, mais manifestement plus large. La vraie spécificité syrienne est en effet la capacité dont jouit Bachar el Assad, et dont il a largement fait usage, de diviser ses opposants en manipulant les appartenances ethniques et confessionnelles.

En gagnant le soutien des Alaouites, cette minorité chiite hétérodoxe mais également d’une majorité des communautés chrétienne et druze, il a réussi à ralentir la montée en cohésion de ses opposants. Outre ce “potentiel” de divisions, Bachar el Assad, relativement jeune, et qui n’est au pouvoir “que” depuis une dizaine d’années, était moins « usé » que ne l’était Kadhafi.

Mais l’essentiel n’est sans doute plus là : la différence majeure entre la crise libyenne et la crise syrienne vient des conditions de son internationalisation et de l’ampleur des soutiens étrangers dont (contrairement à la Libye, qui ne pouvait plus compter que sur de peu influents voisins africains,) Damas continue à bénéficier. Secondaire dans les cas tunisien et égyptien, le soutien de la communauté internationale toute entière à l’opposition libyenne (du Conseil de sécurité à la Ligue arabe en passant par l’OTAN) a été décisif. A l’inverse, le régime syrien reste protégé par un véritable rempart international qui interdit à ceux qui pourraient y être favorables – ce qui est un débat en tant que tel - d’envisager une identique solution militaire.

Ces soutiens à Damas prennent paradoxalement appui sur des motivations très diverses, dont certaines ne sont que « réactives ». Peu ont en réalité à voir avec les vertus du régime, et notamment la « laïcité » proclamée du parti Baas, très relative quand on sait qu’il a construit en fait son pouvoir sur la promotion privilégiée des seuls Alaouites. Pour la Russie et pour la Chine, les motivations vont de la peur de voir d’identiques rébellions recevoir chez eux un quelconque soutien international jusqu’à une vieille et banale volonté d’affirmation à l’encontre des Etats-Unis. Le Brésil semble prosaïquement suivre les orientations de son importante communauté syrienne, majoritairement chrétienne.

Dans l’environnement régional, hormis la Turquie, on est très loin d’avoir, comme ce fut le cas de l’Egypte et de la Tunisie, un consensus en faveur de l’opposition et d’une intervention étrangère destinée à la soutenir : ni le Hezbollah au pouvoir au Liban, allié indéfectible de la Syrie qui le soutient dans sa longue confrontation avec l’Etat hébreu, ni l’Iran qui s’oppose « logiquement » à ses ennemis traditionnels que sont les Etats-Unis et leurs alliés dans le Golfe, ni même l’Irak majoritairement chiite ne resteraient insensibles à une incursion étrangère.

Dès lors, l’appui accordé à l’opposition par la Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Europe et les Etats-Unis est loin d’avoir le poids de celui qui a rendu politiquement possible l’intervention de l’OTAN.

C’est donc bien cette différence du rapport de force international qui devrait interdire (à ceux qui sont tentés de la considérer) de se lancer dans l’aventure d’une très hasardeuse intervention militaire.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
04.
Un pognon de dingue pour Notre-Dame de Paris ? Oui, car l'Homme ne vit pas que de pain
05.
Hausse des salaires : Jeff Bezos peut-il révolutionner le capitalisme américain ?
06.
Près d'un milliard d'euros de dons pour Notre-Dame : une occasion en or pour repenser le lien entre sens de la dépense publique et consentement à l'impôt
07.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
01.
Alliot-Marie : scandale ou acharnement ?
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (7)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
CN13
- 12/08/2012 - 05:20
Moi, je vois une similitude...
au conflit syrien. Tout d'abord, ce sont des gens normaux (je ne sais pas pourquoi les journalistes ont employé le mot "rebelle") qui veulent la liberté d'expressions (comme en France) et qu'ils ont vu que les révolutions du "printemps arabe" ont bien réussi en Tunisie, en Egypte (par exemple), ils ont cru que ce serait "facile".
Mais voilà, à comparer avec les chefs de ces pays là, seul Assad qui a une grande majorité de citoyens avec lui, ne se laisse pas faire et bombarde à tout-va... avant d'être lui-même et sa famille détruite.
Et comme Assad est un allié de la Russie et de la Chine, principalement deux grandes puissances... c'est plus difficile pour les opposants syriens qui combattent Assad, ne possédant pas d'armes lourdes. Il n'y a pas d'égalité dans ce combat.
MAIS, on peut toutefois faire bouger les choses.
Et le président Nicolas Sarkozy aura le mérite de réveiller cette gauche française qui dort au soleil des vacances de rêve ! au lieu de se concerter entre les pays européens pour voir ce qu'ils peuvent faire.
Et Hollande ne peut rien faire, comme d'hab !
HdT
- 10/08/2012 - 20:24
Même affaire d'amplitude coranique
De prime abord il y a des islamistes dans les deux affaires et une étrange volonté à laisser faire d'une certaine classe dirigeante occidentale. En Syrie c'est clair, il faut se ranger du côté d'Assad, c'est pas le glop du glop, mais c'est bien moins grave que ce qui va se passer avec les autres.
PASCONTENT
- 10/08/2012 - 16:07
Toujours le même ,
Sarko n'a toujours pas compris et rentre dans le jeu des intégristes avec la partie faussement ralliée de la gauche qui l'a coulé. c'est un indécrottable borné . on souhaite qu'une vraie droite prenne sa place et non des guignols comme lui qui ont une fesse à droite et une à gauche . Assad ou les intégristes ? Vive Assad !