En direct
Best of
Best of du 5 au 11 janvier
En direct
Sortez couverts
Armes anti-météo : comment protéger une entreprise de l’impact de la pluie ou du beau temps
Publié le 19 juillet 2012
Hôtellerie, énergie ou encore restauration : un grand nombre de secteurs peuvent être affectés par la météo. Cet été, si certains profitent du mauvais temps, la majorité risque d'en faire les frais. La solution, s'assurer contre les anomalies météo !
Professeur de finance à l'ESSCA EM, Jean-Louis Bertrand est co-fondateur de Météoprotect, société spécialisée dans la couverture du risque météo.Ancien trader et trésorier de grands groupes, il gère aujourd'hui l'analyse des besoins clients, la...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Louis Bertrand
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Professeur de finance à l'ESSCA EM, Jean-Louis Bertrand est co-fondateur de Météoprotect, société spécialisée dans la couverture du risque météo.Ancien trader et trésorier de grands groupes, il gère aujourd'hui l'analyse des besoins clients, la...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hôtellerie, énergie ou encore restauration : un grand nombre de secteurs peuvent être affectés par la météo. Cet été, si certains profitent du mauvais temps, la majorité risque d'en faire les frais. La solution, s'assurer contre les anomalies météo !

Atlantico : Le mauvais temps qui sévit sur la moitié nord de la France depuis le début de l'été n'a pas seulement un impact sur le moral des Français, il touche aussi de plein fouet les entreprises. De quelle façon peuvent-elles être affectées ?

Jean-Louis Bertrand : En général, les entreprises savent gérer leur saisonnalité. Le fait que les températures montent et baissent, ce n’est pas un problème. Ce qui devient un problème, c’est quand elles sont anormalement élevées ou anormalement basses. C’est ce qui s’est passé durant ce printemps, qui a été mauvais. Certains secteurs ont été particulièrement touchés : les produits classés « été », les boissons sucrées, les produits frais, les glaces, les produits liés au sport d’extérieur et le textile.

En fait, il s'agit de tous les produits saisonniers, qui sont ceux avec la plus forte marge. C'est pour ces produits là que les entreprises vont le plus souffrir : certaines ont subi au moins 20% de baisse de leur chiffre d'affaire. Concrètement, pour la restauration et l’hôtellerie, cela passe par une baisse de la fréquentation, qui entraîne une baisse du chiffre d’affaire.

En dehors d’une assurance météo, il n’y a pas vraiment de solutions pour ces entreprises. C’est de la perte de volume d’activité et donc de la perte d’activité. Cela peut même menacer les jobs de saisonniers !

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les prévisions météo fiables qui permettent aux entreprises de prendre des décisions dépassent rarement la semaine. Au-delà de ce délai, elles ne sont plus assez fiables. Si leur cycle d’activité ne leur permet pas de réagir en moins de deux semaines, elles ne sont pas capables d’ajuster leur activité et sont donc potentiellement financièrement touchées.

Les directeurs de plusieurs parcs d'attraction en Belgique se sont plaint des médias et des instituts météorologiques, qui diffusent des prévisions pessimistes. Qu’est-ce que cela révèle ?

Peut-être un manque de connaissance sur les solutions financières qui existent. S’en prendre aux messagers, pour changer le mot "éclaircies" en "soleil" afin de ne pas dissuader les téléspectateurs de se déplacer, cela me parait être une solution un peu étonnante pour gérer un problème réel : il ne fait pas beau, les gens consomment moins. Et cela n’est pas la faute des présentateurs de la météo.

Le côté positif, c'est qu'on observe enfin une prise de conscience des chefs d’entreprise que les anomalies météo ont un impact économique et financier réel sur l’entreprise ! 

Comment les entreprises peuvent-elles se prémunir contre ces risques ?

Concrètement, la solution est de s’assurer contre les anomalies météo de la même façon que l’on s’assure contre les variations des taux de change ou des prix des matières premières. L’assurance fournit une indemnité proportionnelle à l’intensité et la durée de l’aléa météo subi. 

Comment être sûr que la météo soit directement en cause ?

Pour calculer l’impact météo, on réalise une étude de météo-vulnérabilité, c’est-à-dire une étude de corrélation entre les chiffres de l’entreprise et les anomalies météo. On calcule si on est capable d’expliquer les anomalies de chiffre d’affaire en fonction de la météo. C’est assez simple à réaliser.

Mais cela ne concerne pas toutes les entreprises. Par exemple, celles du secteur du luxe sont assez peu météo-sensibles.

Quelles sont les entreprises qui tirent profit du mauvais temps ?

Les marchands de parapluie s’en sortent assez bien ! De plus, les centres de loisirs qui proposent des activités intérieurs, je pense par exemple au Futuroscope.

Cependant, l’impact global sur l’économie risque d’être assez négatif. On n’a pas encore les chiffres mais on peut s’attendre à ce que la météo retire quelques dixièmes de point de croissance.

Il y a des choses qui ne se rattrapent pas. Par exemple, les bouchers ont vu leurs ventes considérablement diminuer pour tout ce qui est saucisses, brochettes… Même s’il fait très chaud en août, les gens ne vont pas faire deux fois plus de barbecue ! Ce sont des ventes définitivement perdues.

Quelles sont de manière générale les entreprises qui font le plus appel aux assurances ?

Le secteur de l’énergie et la grande consommation. Le tourisme et le textile commencent à s’y intéresser de façon importante à ce type d’assurance. L’intensité des anomalies était importante depuis quelques saisons, et l’impact se voit beaucoup plus.

C’est un risque auquel les entreprises étaient habituées et qui jusqu’à présent n’avait pas nécessairement attiré l’œil. Maintenant, elles sont plus sophistiquées en terme de gestion de leurs résultats. Elles se sont habituées à gérer tous les paramètres extérieurs. On voit davantage la prise en compte de l’impact météo. Ce qui est de plus criant, c’est l’impact d’une année à l’autre. Il faut donc gérer le problème de la volatilité des résultats d’une année à l’autre.

Comment faire face au problème du chômage technique et partiel ?

Le principe de l’assurance est de couvrir a minima les frais fixes et donc de payer les salaires sans mettre en péril l’entreprise. Si on prend l’exemple de ce qui se passe en hiver quand une entreprise du BTP subit un nombre anormal de jour de gel, elle peut bénéficier d’une assurance qui lui permet de payer le matériel loué ou immobilisé plus la partie qui n’est pas prise en charge par l’assurance classique pour les salaires.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
04.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
05.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
07.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
06.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
03.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Marine Le Pen : vent en poupe mais… tigre de papier ?
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Pas d'autres commentaires