En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© Reuters
La démocratie serait elle en danger au sein du pays qui a déclenché le « printemps arabe » ?
Une révolution pour rien
Crépuscule du printemps arabe : la démocratie est-elle menacée en Tunisie ?
Publié le 07 juin 2012
70 intellectuels tunisiens ont lancé un appel public dans lequel ils s’inquiètent du recul des libertés dans leur pays, à l'origine du "printemps arabe".
Abdelmalek Alaoui est directeur général du cabinet de communication d'influence Guepard Group.Il est l'auteur du livre Intelligence Economique et guerres secrètes au Maroc (Editions Koutoubia, Paris). 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Abdelmalek Alaoui
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Abdelmalek Alaoui est directeur général du cabinet de communication d'influence Guepard Group.Il est l'auteur du livre Intelligence Economique et guerres secrètes au Maroc (Editions Koutoubia, Paris). 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
70 intellectuels tunisiens ont lancé un appel public dans lequel ils s’inquiètent du recul des libertés dans leur pays, à l'origine du "printemps arabe".

Parmi les signataires de ce manifeste repris par les principaux titres de la presse internationale, l’on retrouve un chapelet  impressionnant de tout ce qui compose « la Tunisie qui pense ». Cet engagement de figures contemporaines emblématiques semble indiquer qu’une cassure irrémédiable est en train de se creuser entre les islamistes du parti d’Ennahda et les élites du pays, qui craignent que le gouvernement « vert »- à défaut de pouvoir offrir des solutions au marasme économique qui touche le pays- ne s’engage sur la voie du populisme pour calmer les attentes sociales. Pour les intellectuels tunisiens, les islamistes d’Ennahda seraient tout simplement en train de dérouler un « agenda caché », qui prendrait la forme d’un « 6ème Califat » qui menacerait le modèle de société du pays dans son ensemble.

En caressant certains instincts de l’opinion à travers la promotion de mesures inspirées par  la Charia,  et en « cherchant à introduire la norme religieuse au cas par cas », les auteurs du manifeste croient savoir que les islamistes veulent  mettre en œuvre une « autre stratégie », après l’échec de leur tentative d’inscrire la loi islamique comme source de loi dans la constitution à l’automne dernier. Cette mesure avortée, de l’avis de tous, aurait eu un impact catastrophique sur le code du statut personnel tunisien et l’égalité hommes-femmes. Or, ces avancées sociétales majeures, voulues par le père de la nation Habib Bourguiba et jamais remises en cause, avaient fait de la Tunisie l’un des pays les plus avancés du monde arabe dans les questions de lutte contre les discriminations liées au genre.

Pour autant, la toute récente « démocratie » tunisienne est-elle véritablement en danger, comme semblent le croire les signataires du manifeste, ou bien assiste-t-on à une phase de « réglage » nécessaire, durant laquelle les islamistes tentent de pousser leur avantage ?

La réponse se trouve probablement quelque part au milieu de ces deux hypothèses, car l’on ne peut exclure aujourd’hui qu’Ennahda ne soit en train de montrer son véritable visage. Ce dernier prendrait la forme d’un parti islamiste qui a pour objectif  de mettre en place une « contre-réforme » aux relents salafistes, qui s’exprimerait à travers une domination du champ politique en étouffant les voix dissonantes. De plus, l’inexpérience d’Ennahda en matière de gestion des affaires de l’Etat semble plaider en faveur de l’hypothèse d’un bouleversement du calendrier de réformes du gouvernement tunisien. Ce dernier privilégierait désormais les mesures symboliques et populistes à court terme, au détriment des réformes profondes qui s’inscrivent dans des temps politiques plus longs et qui sont moins rémunératrices en termes d’image.

Néanmoins, cette stratégie poursuivie par les islamistes tunisiens semble avoir déclenché les signaux d’alarmes d’une société qui souhaite réaffirmer son attachement à des valeurs de liberté et de tolérance profondément enracinées.

Souvent, les intellectuels agissent comme des « éclaireurs » des sentiments profonds des opinions publiques, et le cas tunisien ne devrait pas déroger à la règle. L’on peut donc estimer que le compte à rebours a commencé pour les islamistes d’Ennahda, qui devront très rapidement faire la preuve de leur capacité à créer à la fois de la croissance économique et de la cohérence sociale, sous peine de se faire déborder par une « révolution dans la révolution ».

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
02.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
03.
L’arrestation d'un journaliste qui montre que Poutine contrôle beaucoup moins la Russie et ses services de renseignement qu’on l’imagine depuis l’étranger
04.
Loi Alimentation : sans surprise, les effets pervers s'accumulent
05.
Vous pensiez qu’un verre de lait et un jus d’orange étaient le petit-déjeuner parfait ? Voilà pourquoi vous avez tort
06.
Le sondage qui montre que les sympathisants de LREM se situent de plus en plus à droite
07.
Révolution sur canapé : une enquête montre que 92% des activistes berlinois d’extrême-gauche vivent chez papa-maman
01.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
02.
Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies
03.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
04.
Hausse des prix de l’électricité : merci qui ?
05.
Révolution sur canapé : une enquête montre que 92% des activistes berlinois d’extrême-gauche vivent chez papa-maman
06.
Réforme des retraites : pourquoi les salariés du privé ont toutes les raisons de s’inquiéter
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
“Droite moderne”, “LREM pragmatique pour le bien du pays” : mais au fait, qu’est ce que cela veut vraiment dire ?
03.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
04.
Emmanuelle Mignon, proche de Nicolas Sarkozy, qualifie Emmanuel Macron de "meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps"
05.
Réforme des retraites : pourquoi les salariés du privé ont toutes les raisons de s’inquiéter
06.
De Benalla à Loiseau en passant par Castaner : ces déceptions personnelles d'Emmanuel Macron qui montrent son incapacité à bien s'entourer
Commentaires (10)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Carcajou
- 08/06/2012 - 13:28
Rien de plus naturel
@sam84 - 08/06/2012 - 08:10

Tout simplement parce que Ennahda n'est pas un parti extrémiste selon les critères de l'islam. Il obéit strictement aux principes coraniques et ses propositions semblent naturelles aux musulmans même baptisés (humour) modérés.

Notre système démocratique n'est pas universel, il nous est propre. Il nous appartient de le défendre bec et ongle chez nous mais de laisser les autres peuples choisir librement leur mode de gouvernement.

Il n'est pas choquant que des gens veuillent vivre selon leur foi, y compris dans l'asservissement si la divinité l'exige, mais il est impensable que des idiots défendent cet asservissement dans les sociétés démocratiques au nom justement de la démocratie.
sam84
- 08/06/2012 - 08:10
Au dela de la Tunisie
Ce qui m'interroge et me fait penser que cette religion est un véritable poison des esprits,c'est le vote des Franco Tunisiens Incompréhensible que des gens qui vivent en démocratie ,veuillent une théocratie,pour leur pays d'origine et votent massivement pour un parti extrémiste simplement par conviction religieuse ??????
Packard
- 08/06/2012 - 02:49
Ils ont voté !
Les élections ont connu une participation record de 80 %, Ennahdha a été élu avec 41 % des sièges. Tout le monde s’est félicité d’avoir enfin des élections libres et non truqués. Le résultat est que le peuple a voulu un patri islamique, maintenant que personne ne vienne pleurer !

On dira ce que l’on veut de Ben Ali, c’était un dictateur sanglant qui s’est outrageusement enrichit sur le dos de son pays, mais si on ne s’occupait pas de politique il faisait bon vivre en Tunisie.

Aujourd’hui les usines fermes, les capitaux étrangers quittent le pays, le niqab refait son apparition ! C’était impensable il y a encore quelques années.