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© Francois Mori / POOL / AFP
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Education nationale

Hommage à Samuel Paty : Emmanuel Macron dénonce les lâches qui ont livré le professeur aux barbares mais oublie de cibler le "pas-de-vagues"

Publié le 22 octobre 2020
Un hommage national a été rendu à Samuel Paty dans la cour d'honneur de la Sorbonne. La description idéale que fait Emmanuel Macron du professeur est-elle réaliste ? L'hommage rendu à la profession n'est-il pas en décalage avec la réalité ?
Christophe Boutin
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Guylain Chevrier
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Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.Dernier ouvrage : LAÏCITÉ, ÉMANCIPATION ET TRAVAIL SOCIAL L’Harmattan, Sous la...
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Un hommage national a été rendu à Samuel Paty dans la cour d'honneur de la Sorbonne. La description idéale que fait Emmanuel Macron du professeur est-elle réaliste ? L'hommage rendu à la profession n'est-il pas en décalage avec la réalité ?

Atlantico.fr : La description idéale que fait Emmanuel Macron du professeur, dont la mission est de « faire des républicains », est-elle réaliste ? 

Christophe Boutin : Effectivement, Emmanuel Macron, qui a choisi ici de rester dans la tonalité de l'hommage à au professeur assassiné, écartant au début de son discours toute dimension de lutte politique contre l’islamisme, est revenu à plusieurs fois sur la mission qui serait selon lui celle des professeurs, dans la logique d'un texte de Jean Jaurès lu au début de la cérémonie et d’une citation de Buisson dans son discours. Permettre à nouveau aux professeurs d’enseigner à leurs élèves à penser par eux-mêmes, de leur inculquer le goût de la liberté, voilà deux éléments nécessaires pour « faire des républicains », et le Président a reconnu que la tâche était « titanesque » face à « la violence », à « l'intimidation » et la « résignation ». Mais il s'agit bien dans son esprit de redonner aux professeurs leur place et leur autorité, et pour cela, a-t-il ajouté, nous les « formerons », nous les « soutiendrons » et nous les « protégerons ».

C'est ici sans doute que le bât blesse, car on a bien conscience aujourd’hui de l'ampleur que peut revêtir cette tâche de protection devenue nécessaire dans les circonstances actuelles, et ce d'autant plus que le Président a bien n'expliqué qu'il s'agirait d'une protection assurée aussi bien à l'intérieur de l'école qu’à l'extérieur. Or ce qu’Emmanuel Macron a dénoncé, cette « conspiration de la bêtise, du mensonge, de l'amalgame, de la haine de l'autre et de la haine de ce que nous sommes » ne va pas disparaître du jour au lendemain.

Certes, le Président envisage bien un refus collectif de céder devant cette pression qui dépasse le seul cadre scolaire lorsqu'il explique que « nous continuerons », à « défendre la liberté », à « protéger la laïcité », à permettre les caricatures et les dessins. Mais il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui des jeunes scolarisés sont bel et bien interrogés par la justice au sujet de leur participation, même secondaire, à la préparation de l'assassinat de Samuel Paty ; que les contestations faites dans les cours, d’histoire, d’instruction civique, de sciences de la vie ou de sport, au nom de préceptes religieux, sont permanentes ; et que les enseignants, qui sont toujours en première ligne, ont parfois la très nette impression que leur hiérarchie ne les soutient pas vraiment.

On ne peut donc qu’être d’accord avec Emmanuel Macron : c’est une tâche titanesque qui l’attend… sur les modalités de laquelle il est resté muet, mais le lieu ne s’y prêtait sans doute pas.

Guylain Chevrier : On peut en douter. Il est vrai qu’à travers le bel exemple qui est celui de Samuel Paty, c’est ce que cela donne à penser. Un enseignant apprécié de ses élèves pour sa pédagogie, expérimenté, ce qui ne l’a pas empêché d’être inquiété par des parents d’élèves de façon totalement injustifiée, et que l’élève sur laquelle s’appuyait le témoignage de ceux-ci n’a jamais participé au cours présenté comme à l’origine du problème. Ce dont il a découlé que cet enseignant subisse certaines tracasseries avec sa hiérarchie. Une commission d’enquête parlementaire est même demandée à ce sujet par des élus. Il est vrai qu’aucune plainte ne sera déposée par l’Education nationale en réaction, pour protéger cet enseignant qui aurait été la réponse adaptée la plus forte et claire, susceptible d’entraver ce processus de lynchage sur les réseaux sociaux. Ce qui en dit long aussi de l’état de crainte sinon de tétanisation dans lequel se trouve l'institution face à ce type de phénomène, mais aussi face à des parents qui remettent en cause régulièrement le contenu de l’enseignement et les compétences des enseignants. L’époque étant à tout se vaut et au droit suprême des usagers.

Si les cours d’éducation civique sont bienvenus, force est de constater que le nombre d’heures d’histoire par exemple, matière sans quoi on se situe mal au regard d’une histoire commune pour faire République et fonder le citoyen, n’a fait que diminuer, contre quoi l’association des professeurs d’histoire et de géographie n’a cessé depuis de nombreuses années de s’insurger. Mais le contenu des programmes lui aussi interroge. Pour prendre l’exemple de la filière Economique et sociale, où on vous parle croissance économique au regard de la mondialisation, tout a changé. Ne chercher plus l’étude comparative du type « culture et développement » à travers le type d’analyse selon laquelle « Le statut des femmes (par exemple leur infériorité) dans certaines cultures les condamne à l’analphabétisme alors que l’éducation est un puissant facteur de développement ou encore qu’une forte fécondité (liée à des croyances religieuses qui interdisent la contraception…) peut appauvrir la population, si la croissance démographique est supérieure à la croissance économique », permettant de rendre intelligible certains phénomène sociaux montrant combien la France est un beau pays. Le relativisme en arrière-plan a nettoyé tout ça. On a fini ce balayage par l’inculcation de la notion de « limites écologiques », notamment « l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique », survalorisés, ringardisant la notion de progrès si fondamentale pour comprendre les enjeux contemporains. Un appauvrissement intellectuel de haute volée. On a eu tendance aussi à adapter les programmes à une évolution plus composite de notre société, en les adaptant à la sensibilité et à la réceptivité de « la diversité » devenue le maître-mot.

Sur le site de l’Education nationale on trouve cette présentation du Rapport Debray de 2002 sur l’enseignement du fait religieux à l’école, réexaminant la place à y attribuer « au nom de la sauvegarde des humanités (et) de rendre possible la transmission des cultures religieuses ». Ainsi sans religion, point de salut, mais en réalité et comme l’avance la philosophie de la chose, il a surtout été question face à la déshérence identitaire et à la multiplication des origines des élèves, de chercher à les intégrer par leurs différences, en introduisant du contenu en rapport avec cette démarche par le truchement de disciplines, telles l'histoire, les lettres, l'histoire des arts, l'éducation musicale, les arts plastiques, ou encore la philosophie. Quel biaisement ! A voir l’état des problèmes, c’est un échec cuisant.

Alors que l’émotion est toujours grande quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, un jeune collégien révèle qu’il a subi des pressions, notamment de la part d’élèves plus âgés du fait qu’il soit athée. Un climat délétère dans la cour de récréation qu’il a dénoncé sur France Inter : « Ce que je comprends, c’est qu’on est obligé d’avoir une religion, et que sinon on est méprisé. Certaines personnes, ça va énormément les contrarier. Il y en a qui m'ont dit que je n'étais rien, d'autres qui m'ont dit que je me mentais à moi-même », a-t-il déploré. Rajoutant, « A un moment donné, on ne pourra plus rien faire ».

On voit dans les ESPE, Institut national supérieur du professorat et de l'éducation, ces écoles de formation d’enseignants, des stagiaires se présenter en affichant de façon ostensible leur conviction religieuse, comme par le port d’un voile, alors qu’étant appelés à respecter le principe de neutralité laïque de l’école. Un problème récurrent qui n’augure rien de bon quant à leur engagement républicain.

Et il est question pour le gouvernement de renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école pour "réduire le pouvoir des religieux", selon les mots de Gérald Darmanin. Un sujet explosif. Ce que l’écrivain et essayiste algérien Boualem Sansal voit comme un piège. Pour lui, « un bon tiers « des jeunes pousses » suivra sans doute cette voie royale, accédant à ce que la langue arabe a pu produire de formidable, en littérature, en poésie, en philosophie, étant ainsi armé contre la radicalisation islamiste. Chez un autre tiers, on verra les deux langues, le français et l’arabe, deux langues difficiles, jalouses, s’affronter [entre] un arabe approximatif et un français bas de gamme. La grammaire des réseaux sociaux ajoutera à la confusion. Pour le dernier tiers, l’enseignement de l’arabe mènera à l’arabisation » car il ne faut pas négliger un ancrage social et territorial qui y est très favorable, « pour qu’ils finissent dans les bras « accueillants » de l’islamisme. […] S’il s’agit d’insuffler aux élèves « l’esprit républicain à la française », il y a une langue idéale pour cela : le français » conclut-il. C’est d’autant plus vrai au regard du faible niveau en la matière chez les collégiens, lycéens, y compris chez bien trop d’étudiants, ce qui hypothèque l’air de rien une part de leurs ambitions et de leurs rêves. Mauvaise pioche.

L'hommage rendu à la profession n'est-il pas en décalage avec la réalité qui est celle d'une profession déclassée et abandonnée par l'État ?

Christophe Boutin : Nous retrouvons ce que nous venons de dire, et, effectivement, entre le texte de Jaurès datant de 1888 et le discours d'Emmanuel Macron de 2020, c’est une eau de plus en plus boueuse qui a coulé sous les ponts de l'Éducation nationale. Peut-on comparer le « hussard noir de la République », respecté et craint au moins autant qu’aimé, qui imposait sans problèmes à sa classe une autorité qu’aucun élève n’aurait osé remettre en cause sous peine d’être doublement puni, par son maître à l’école d’abord, par ses parents à la maison ensuite, à la triste chair à canon envoyée au massacre dans les zones d'éducation prioritaire ?

Confrontés à des élèves n'ayant pas connu l'autorité dans le cadre familial, refusant de s'intégrer au cadre national, soutenus dans leurs revendications les plus délirantes par leurs familles, par nombre d'associations et par certains syndicats, ces derniers en sont réduits à faire du gardiennage. Lorsque l'enseignant passe en effet une part non négligeable de son temps à tenter de rétablir l'ordre dans sa classe, face a des les élèves dont l’attitude, le ton de voix, les gesticulations sont une permanente provocation, et qui sont de toute manière, dans leurs rares périodes calmes, beaucoup plus attentifs à leur smartphones qu’à ce qu’il peut dire, on voit mal comment se ferait cet apprentissage républicain vanté par le Président. Jaurès, lorsqu’il rédigeait sa lettre aux instituteurs, n’imaginait sans doute pas voir un jour des professeurs de collèges et de lycées insultés, menacés et méprisés. Il n’aurait jamais imaginé non plus les voir recrutés en abaissant chaque année un peu plus le seuil requis, puis, quand ils ne démissionnent pas dans leur première année, ou se font porter pâles, attendre que leur ancienneté - ou leur syndicalisation - leur permette de quitter ces zones sinistrées.

Certes, du travail a été fait au sein de l’Éducation nationale pour tenter une reconquête, un travail bel et bien appuyé sur des enseignants, qui ont une vocation et qui se battent chaque jour de toutes leurs forces – car, contrairement à l’image facile que l’on peut donner, tous les enseignants ne sont pas nuls et/ou démissionnaires, et ils ne l’ont pas plus été lors de la crise sanitaire qu’avant, luttant avec bien peu de moyens pour tenir la tête de leurs élèves hors de l’eau. Mais l'arrivée permanente d'élèves ne parlant pas le français, tonneau des Danaïdes de ces zones, la violence endémique à l'extérieur de l'établissement, qui pousse ses métastases à l'intérieur, et, plus que tout, l'affirmation claire et nette d'une part non négligeable de cette jeunesse dite « scolarisée », quand tout cela n’a plus grand chose à voir avec ce recouvre le concept, de son refus de s'intégrer à une communauté nationale dont elle déteste l'histoire et méprise les membres historiques, tout cela rend cette reconstruction voulue de l'école de Jaurès bien délicate.

Guylain Chevrier : Si on se réfère à l’accroissement de l’attractivité de l’école privée vis-à-vis de l’école publique ou encore, à l’impossible recrutement des enseignants dont on cherche désespérément de plus en plus les candidats chaque année, on peut mesurer le fossé entre le discours et la réalité. L’enseignement catholique associé à l’État par contrat, scolarise un élève français sur cinq. Il a enregistré une progression de 67 000 élèves entre 2011 et 2018. En 2018, les écoles privées hors contrat progressent accueillant en plus 6600 élèves.

La scolarisation obligatoire à partir de l’âge de 3 ans a été aussi un très beau cadeau à l’enseignement privé.

« Malaise enseignant », « crise des vocations », « métier qui ne fait plus rêver », sont les expressions clés de la situation, spécialement en ce qui concerne le recrutement dans l’enseignement secondaire, et encore plus particulièrement dans l’enseignement en lycée professionnel. En effet, les candidats au CAPES externe 2020 étaient 30 880, soit 7,8 % de moins que l’année précédente (ils étaient 33 490 en 2019). Cette baisse concerne particulièrement certaines disciplines comme l’allemand (– 17,4 %), les maths (– 16,8 %) et la physique-chimie (– 9,8 %). Mais c’est dans les voies technologique et professionnelle que la chute du nombre global d’inscrits aux concours est la plus marquée (– 16,6 % pour le CAPET et – 19,7 % pour le CAPLP). On sait combien en établissement professionnel la tâche est difficile, où dominent fréquemment des élèves issus de l’immigration qui cumulent les difficultés, des problèmes de niveaux à ceux de comportement. Des cours qui peuvent être un véritable enfer au quotidien avec seulement quelques vraies minutes d’écoute par heure.

On connait aussi la façon dont sont notés les examens, en surnotant, ce qui a fait plusieurs fois polémique. Lorsque bienveillance entend l’emporter sur l'exigence c’est tous perdants. On se rappellera à propos du Brevet des collèges « Le coup de gueule d’une correctrice contre la surnotation des élèves ». L’école de la réussite pour tous à tout prix ne fait pas autorité. Ce sont les parcours des élèves sur lesquels il faut travailler avec des accompagnements plus personnalisés et du soutien, mais faut-il là encore s’en donner les moyens. L’école ne peut pas non plus tout, c’est la dernière digue. Elle ne résoudra pas les problèmes d’absence de mixité sociale et ses conséquences qui ne dépendent pas d’elle. Il faudrait sans doute la replacer aussi dans un projet plus global de société.

La dernière réforme à options tire encore vers le bas, avec la possibilité même de ne plus faire de maths en terminale, sous prétexte de libre choix, sélection déguisée puisque l’on ne prend que les meilleurs.  Pour faire bonne mesure, faute de multiplication d’options on les enseigne par binômes, obtenant ainsi des classes surchargées. Sans compter encore avec des options censées être trouvées dans un autre lycée pour compléter le programme, sans coordination entre les horaires des établissements, amenant à recourir au CNED (enseignement à distance), et si l’élève à plus de 16 ans c’est payant.

L’égalité des chances en prend encore un coup pour donner raison post mortem aux critiques les plus acerbes d’un Bourdieu jugé trop déterministe au regard de la notion de capital social, économique et culturel. Sans tirer l’école vers le haut en faisant passer les exigences avant le « tous le Bac », par un réinvestissement du contenu et du sens, cela risque bien d’aller de mal en pis. Les enseignants malgré tous leurs efforts ne pourront qu’amortir le choc d’une école en morceaux.

Emmanuel Macron ne risque-t-il pas d'être gêné dans sa lutte contre l'islamisme par des syndicats complaisants qui participent de facto à la cogestion de l'éducation nationale ?

Christophe Boutin : Effectivement, il y a face à l'islamisme des « idiots utiles ». Il y a ceux qui ne se rendent pas compte du danger qu'il peut représenter et veulent n’y voir qu’un phénomène très secondaire, qui se résoudrait de lui-même avec le temps et l’acculturation des populations, sans se rendre compte que cette acculturation n’existe plus. Il y a ceux qui acceptent, l’un après l’autre, des « accommodements », de petites et grandes concessions dont ils pensent qu’elles seront réciproques, ce qui n'est bien sûr jamais le cas. Il y a ceux qui se font gloire d’avoir lu le Coran et pensent que se piquer de culture musulmane leur permettra d'être mieux acceptés par leurs élèves – comme si les hussards noirs de Jaurès avaient appris le breton ou l’occitan pour complaire à leurs élèves ! -, une attitude qui, tout au contraire, ne leur attire souvent que le mépris de ceux qui ne comprennent pas ce qu'ils considèrent comme un reniement identitaire.

Mais à côté de ces « idiots utiles », il y a aussi de véritables « compagnons de route », qui entendent bien participer, aux côtés de l'islamisme, à la destruction de ces éléments dont le Président a rappelé qu'ils constituent notre nation : notre culture, avec son sens du débat et de la tolérance, notre littérature, notre musique ou notre histoire, inscrites dans ce qu'il a appelé « la chaîne des temps ». Théoriciens du genre, indigénistes, décolonialistes, il s'agit dans tous les cas avec eux d'introduire dans un système éducatif  reposant sur des principes de liberté individuelle et d'universalisme les germes d’un communautarisme qui va parfois jusqu'au racisme pur et simple, avivant les tensions en soufflant sur les braises du ressentiment, de l’envie et de la haine. On ne peut pas reconstruire avec les tenants de la déconstruction, et l’on s’interroge donc sur les chances de réussites d’Emmanuel Macron…

Guylain Chevrier : Samuel Paty, enseignant, a été décapité au nom du respect d’une religion, par un jeune terroriste la mettant au-dessus de tout. Ce qui n’est pas étranger à l’hystérie contre toute critique de l’islam que génère le terme islamophobie, légitimant le délit de blasphème, le retour du sacré contre la raison, du pur dénonçant l’impur. Le 10 novembre dernier, la fameuse manifestation contre « l’islamophobie » organisée par le Collectif contre l’islamophobie en France, association dans le viseur du ministère de l’Intérieur au regard du rôle qu’on lui attribue dans ce climat, et par des militants notoires de l’islam politique comme Madjid Messaoudène ou encore l'ancien directeur de la structure incriminée, Marwan Muhammad, qui fera en fin de manifestation reprendre par la foule des Allah Akbar, était soutenue aussi par la Fédération Syndicale Unitaire, syndicat historique de gauche des enseignants. Ne parlons pas du syndicat Sud-Education 93 contre lequel Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale lui-même avait annoncé porter plainte pour diffamation, pour avoir dénoncé un "racisme d’Etat" et justifié ainsi des ateliers interdits aux Blancs. Du beau monde qui s’est donc retrouvé lors de cette manifestation aux côtés de ceux qui crient que leur foi est au-dessus du droit et en font propagande, pire, l’imam de Brest pour lequel qui écoute de la musique, « créature du diable », il y a « un risque qu’Allah le transforme soit en porc soit en singe » indiquant un mélange entre intégristes religieux et racialistes dont l’alliance n’était qu’à ses débuts. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la chose est bien mal engagée. On pourrait rajouter à ce défilé la FCPE, association de parents d’élèves faisant la promotion du voile. Que des interlocuteurs avertis et ouverts à faire évoluer l’école vers plus de République et de laïcité, sans doute. Copie à revoir. 

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zen-gzr-28
- 23/10/2020 - 21:02
Le premier lâche
le chef désarmé ! Que nenni, c'est toujours la faute de l'autre, des autres. Problème d'adolescent attardé, de discernement,d'un égocentrisme démesuré ? Et le sens des responsabilités du gourou désarmé et de ses inféodés hors sol connaissent pas ! Pauvre FRANCE.
camember
- 22/10/2020 - 17:08
enseignants
Je plains très sincèrement les enseignants actuels, et il ne faut pas s'étonner si les candidats se raréfient et sont d'un niveau de plus en plus faible.
Mais on ne peut pas plaindre ceux qui sont membres du FSU et de Sud, qui sont des fossoyeurs qui n'ont que ce qu'ils méritent.
Quant à la FCPE, elle est issue d'un syndicat d'enseignants, de gauche évidemment, et s'est toujours comportée en sous-marin. C'est quasiment du conflit d'intérêt.
assougoudrel
- 22/10/2020 - 16:13
Le premier lâche
c'est notre chef "désarmé". Qu'il se regarde dans un miroir et il verra ce qu'est un lâche qui a lâché prise dès le début de son mandat. Brave et sévère contre les faibles, minable face aux forts et face aux petites frappes des banlieues.