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Un immense populicide mondialisé ? : l’histoire tragique de la fin du communisme et des ultimes heures de la guerre froide

Publié le 25 janvier 2020
Bruno Riondel publie "L'effroyable vérité: Communisme, un siècle de tragédies et de complicités" aux éditions de L’Artilleur. L'auteur rappelle le manque de clairvoyance des intellectuels et des dirigeants politiques à l'égard du communisme et souhaite défendre la mémoire de ses victimes. Extrait 1/2.
Bruno Riondel est docteur en Histoire. Il enseigne dans un lycée parisien. Auparavant, il a travaillé dans de nombreux établissements secondaires des banlieues d'Île-de-France.
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Bruno Riondel publie "L'effroyable vérité: Communisme, un siècle de tragédies et de complicités" aux éditions de L’Artilleur. L'auteur rappelle le manque de clairvoyance des intellectuels et des dirigeants politiques à l'égard du communisme et souhaite défendre la mémoire de ses victimes. Extrait 1/2.

À la fin des années 1970, le communisme connaissait une expansion inquiétante dans un monde qui semblait parfois succomber, et de plus en plus, à son influence délétère. En Afghanistan, où avait eu lieu un coup d’État communiste, les Soviétiques intervinrent en décembre 1979, dans le but de soutenir le régime frère qui se trouvait alors mis en difficulté. La guerre froide connut alors son ultime période de tension en Europe, avec la « crise des missiles » : Américains et Soviétiques installèrent, sur le Vieux Continent, de nouvelles générations de fusées à tête nucléaire, les Pershing II à l’ouest et les SS 20 à l’est. Le boycott des jeux Olympiques de Moscou, en 1980, par les Américains, puis de ceux de Los Angeles, quatre ans plus tard, par les Soviétiques, s’inscrit dans ce durcissement des relations internationales. Dans ce contexte – au cours duquel le nouveau président des États-Unis, Ronald Reagan, qualifia l’URSS d’« empire du Mal » –, les Américains annoncèrent la création d’une Initiative de défense stratégique (IDS), dite « guerre des étoiles », un projet de mise en œuvre d’un système anti-missiles révolutionnaire capable de garantir la sécurité totale du territoire des États-Unis. Les Soviétiques qui, sur le plan militaire, étaient alors dramatiquement enlisés en Afghanistan et qui ne possédaient pas les moyens techniques et financiers de concurrencer leurs adversaires dans ce domaine, prirent conscience de l’étendue du retard qui caractérisait leur système économique sclérosé. C’est pourquoi, après les disparitions successives des trois vieillards qui dirigèrent l’URSS, pitoyables incarnations du déclin soviétique, au début des années 1980 – Léonid  Brejnev en 1982, Youri Andropov en 1984 et Konstantin Tchernenko en 1985 –, ils portèrent à la tête de leur pays un nouveau chef d’État qui était alors âgé de 54 ans, Mikhaïl  Gorbatchev. Ce dernier entreprit de mettre en œuvre une politique de réforme, la Pérestroïka, laquelle  s’accompagnait d’une quête de transparence sociale, la Glasnost, si nécessaire à la libéralisation recherchée du régime communiste. 

L’amélioration des relations soviéto-américaines qui s’observa alors et que symbolisèrent les multiples rencontres entre Reagan et Gorbatchev, tandis qu’étaient signés plusieurs traités de désarmement, fut la conséquence heureuse de l’ouverture nouvelle que le régime soviétique pratiquait à l’égard de l’Occident. Dès ce moment, l’URSS relâcha l’emprise qu’elle exerçait, depuis 1945, sur l’Europe de l’Est, alors qu’en Pologne, le syndicat libre Solidarité créé par Lech Walesa et par d’autres ouvriers des chantiers navals de Gdansk, incarnait la contestation à l’ordre rouge, avec le soutien appuyé de l’ex-cardinal polonais, Karol Wojtyla, devenu pape sous le nom de Jean-Paul II en 1978 (et que Mikhaïl  Gorbatchev rencontra au Vatican, en 1986). La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, puis la réunification de l’Allemagne, l’année suivante, marqua la fin symbolique d’une guerre froide qui vit s’effondrer successivement les régimes communistes de l’Est européen. 

La « Révolution de velours » tchécoslovaque et le renversement du pouvoir roumain qui se solda par l’exécution du dictateur Nicolae Ceausescu (1)  et de son épouse furent particulièrement médiatisés. Dépassé par le dynamisme d’une histoire qui devenait incontrôlable, Gorbatchev, dont les seules ambitions avaient été de réformer un communisme auquel il ne renonçait pas fondamentalement, assista, après une ultime et pathétique tentative de putsch contre lui par les durs de son parti, à l’éclatement de l’URSS, au cœur du mois d’août 1991. 

Ce fut aussi l’heure de la stupéfiante mise hors la loi – momentanée – du parti communiste russe au sein d’une Fédération de Russie qui renonça aussi au drapeau rouge des bolcheviks, tandis que son nouveau dirigeant, Boris Eltsine, faisait enterrer solennellement les restes des membres de la famille du tsar monstrueusement assassinés par les léninistes (2) trois quarts de siècle plus tôt.

Le communisme ne disparut pas pour autant de la surface de la planète ; il subsiste dans quelques pays, comme le Vietnam, la Corée du Nord, Cuba et quelques autres encore. Il demeure surtout particulièrement vif en Chine populaire où il réalise l’inquiétante synthèse du totalitarisme politique et de l’exploitation capitaliste, dans le cadre d’un « socialisme de marché » qui pourrait bien préfigurer – aux yeux des gouvernants d’une humanité de plus en plus mondialisée et technicisée – le modèle idéal de l’avenir rationalisé qu’ils tentent de fonder. Le communisme n’est pas mort non plus dans les pays occidentaux où ses thuriféraires s’appliquent hardiment à en minimiser les horreurs passées afin de mettre en œuvre un mémoricide. Ces mêmes idéologues, qui n’ont rien appris de l’histoire tragique du XXe siècle, recherchent des voies toujours plus subtiles pour l’édification de ce socialisme mondialisé qu’ils continuent de percevoir comme panacée du progrès universel, tout en déniant obstinément la réalité intrinsèquement mortifère d’une idéologie qui, partout, détruisit les libertés au nom de la libération de l’individu, extermina les hommes au nom du progrès humain et les appauvrit au nom de l’égalité fraternelle. 

L’horrible bilan criminel d’un siècle de communisme, qui fit près de 100 millions de morts, est proportionnel au mépris absolu pour la personne humaine qui caractérise fondamentalement l’idéologie de la haine de soi travestie en fausse fraternité. Parmi ces légions de victimes, il y eut 20 millions de Soviétiques (3), 65 millions de Chinois, 2 millions de Nord-Coréens et autant de Cambodgiens, 1 million de Vietnamiens, 1 million d’Européens de l’Est, 1,7 million d’Africains, 1,5 million d’Afghans et 150 000 Sud-Américains, auxquels s’ajoutent une dizaine de milliers de morts parmi les membres des partis communistes qui n’ont jamais exercé le pouvoir. Il faut encore ajouter à ce bilan tragique les centaines de millions de personnes qui ont survécu à la condition d’esclave malmené dans les camps de la mort du communisme et qui en sont restées traumatisées jusqu’à la fin de leur existence.

L’histoire du communisme se résume à un immense populicide mondialisé que la folie des marxistes-léninistes conduisit à mettre en œuvre, au nom des seuls intérêts de caste dont étaient porteuses certaines minorités criminelles dépourvues de conscience humaine.

(1) Nicolae Ceausescu, stalinien pur et dur, admirateur de Mao et de sa révolution culturelle, devint chef de l’État roumain en 1965, avec l’idée de transformer radicalement son pays. Soucieux de créer un « national communisme », il contrôla étroitement la recherche historique, promouvant le « protochronisme », une tendance idéologique pseudo-historique faisant remonter la puissance et la pureté d’un peuple à des époques antérieures à l’Antiquité. Le 25 décembre 1989, le couple Ceausescu fut fusillé, après une parodie de procès qui mettait théoriquement fin au régime communiste.

(2) François Furet vit dans la stratégie de libéralisation entreprise par Gorbatchev un moyen de renforcer le parti communiste soviétique : « Même l’abandon du monopole politique du Parti s’inscrit sans doute à ses yeux dans une stratégie : regrouper autour de lui, avec le gros des communistes, un grand parti du président, qui aurait sur ses flancs une droite et une gauche marginalisées » - François Furet, Le Passé d’une illusion, p. 569

(3) Ces chiffres sont tirés de l’ouvrage collectif écrit sous la direction de Stéphane Courtois, Le Livre noir du communisme, p. 8.

Extrait du livre de Bruno Riondel, "L'effroyable vérité : communisme, un siècle de tragédies et de complicités", publié aux éditions de L’Artilleur

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evgueniesokolof
- 25/01/2020 - 17:42
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ce qu'écrivait Aragon à propos du Goulag ! édifiant ! et ensuite allez voir dans ce qui était l'état major du PS combien de trotskistes il y avait !!!!
evgueniesokolof
- 25/01/2020 - 17:40
Oui!!!
Et Badiou, sinistre clown sanguinaire apologue de Pol Pot et Mao invité par Fiente Inter, Lipietz lui aussi admirateur des khmers rouges mais élu roi chez les écolos, sans parler de Mélenchon groupie de Chavez et de Royal qui vante la promptitude de la justice chinoise avec une inégale bêtitude...Tiens on ne voit plus le doyen Neveu , maoïste notoire de Rennes I écrire dans Atlantico mais Bruno Guigue y est tjs invité.....
ajm
- 25/01/2020 - 15:10
Morts en URSS.
20 millions pour l'urss c'est une estimation à minima. Rien que les famines organisées en Ukraine par le grand criminel Staline c'est 7 millions de morts environ. Une bonne partie des morts de la "grande guerre patriotique" a été provoquée par Staline sans compter l'incroyable gâchis humain des offensives du grand état-major de l'armée rouge ( un soldat allemand tué contre trois fois plus du côté soviétique) .En tout, depuis 1917 on est plus proche de 40 que de 20 millions.