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69% des Français pensent qu’Emmanuel Macron ne sera pas réélu. Mais quel scénario pourrait empêcher son match retour avec Marine Le Pen ?

Publié le 23 janvier 2020
Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 69% des personnes interrogées estiment qu'Emmanuel Macron ne serait pas réélu s'il se présentait de nouveau. Y-a-t-il un scénario qui puisse faire dérailler le train du match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen en 2022 ?
Maxime Tandonnet est historien, auteur de nombreux ouvrages dont Histoire des présidents de la République (2013) et André Tardieu, l'incompris (2019) aux éditions Perrin.
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 69% des personnes interrogées estiment qu'Emmanuel Macron ne serait pas réélu s'il se présentait de nouveau. Y-a-t-il un scénario qui puisse faire dérailler le train du match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen en 2022 ?

Atlantico.fr : A l'heure actuelle un match retour Emmanuel Macron/ Marine Le Pen lors des élections présidentielles de 2022 paraît très envisageable. Pourtant, un tel scénario ne déplairait-il pas à la majorité des Français qui craignaient déjà un éventuel match retour, qui n'a finalement pas eu lieu, entre Nicolas Sarkozy et François Hollande en 2017 ?

Maxime Tandonnet : Le scénario d’un second tour le Pen Macron est valorisé par les deux intéressés. M. Macron a plusieurs fois mis en avant le RN, surtout avant les Européennes, en se présentant comme rempart contre « le nationalisme» ou « populisme » et en affirmant que seule, Mme le Pen pourrait le battre en 2022. Quant à cette dernière, elle a tout intérêt évidemment à jouer un jeu dont elle bénéficie largement. Son annonce de candidature est ainsi explicitement dirigée contre M. Macron. Les grands media radio/télévision jouent à fond le jeu en sur-invitant Mme le Pen en toute occasion et en assurant une couverture quasi permanente de l’occupant de l’Elysée. Le matraquage sondagier est aussi en ce sens. 

Christophe Boutin : Commençons si vous le voulez bien par rappeler quelques évidences : nous sommes en janvier 2020, et vous nous demandez de nous projeter en avril 2022. En janvier 2015, Emmanuelle Macron est encore le jeune et brillant ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, nommé le 26 août 2014 dans le gouvernement de Manuel Valls pour remplacer Arnaud Montebourg. Il surveille les suites de la vente d'Alstom à General Electric, sur laquelle il a pesé alors qu'il était Secrétaire général adjoint de l'Élysée, et va autoriser cette année-là la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse. Pense-t-il déjà à l'Élysée, où certains pensent-ils déjà à l'Élysée pour lui ? Il est en tout cas absent de tous les radars, et François Hollande ne se méfie guère que de son Premier ministre...

Le second élément que vous évoquez et celui des « matchs retour ». Les Français les aiment-ils ? Toujours est-il qu'ils en ont peu connu : le seul que l'on puisse citer est le duel entre François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, gagné par le second en 1974 et perdu en 1981. Dans toutes les autres élections, les têtes avaient changé lors du second tour : Jacques Chirac sera successivement opposé à François Mitterrand en 1988, Lionel Jospin en 1995 et Jean-Marie Le Pen en 2002 ; Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012.

Si les Français ne souhaitaient pas, ou plus, ces « matchs retour » ces derniers temps, c'est aussi parce qu’ils auraient eu lieu entre des candidats dont ils devinaient qu’ils se succèderaient dans une alternance qui ne changerait rien aux grands problèmes qui les inquiètent, les trois « i » de l’insécurité, de l'immigration, et de l'identité, au cœur de tous les questionnements actuels. C'est pourquoi, en 2017, ils choisissent de renverser la table : parmi les quatre premiers, trois sont des candidats de rupture, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, à droite et à gauche, mais aussi Emmanuel Macron, dont le livre programme s'intitule Révolution, et qui, bien que positionné au centre, affirme sa volonté de bouleverser les choses. Et l’on peut même se demander, au vu de la campagne dirigée contre lui, si voter François Fillon en 2017 ce n'était pas aussi s'opposer à un système politico-médiatique qui faisait tout pour le condamner d'avance ! Or il n'est pas évident, à regarder les agitations que connaît la France, que cette volonté des Français de reprendre en main leur destin en bouleversant le jeu politique ne soit pas toujours présente.

Peut-on imaginer un scénario similaire à celui de 2017 dans lequel un candidat ou une situation inattendus viendraient faire dérailler le train du match retour ? En d'autres termes, les mêmes causes pourraient-elles produire les mêmes effets ? 

Maxime Tandonnet : Bien sûr, deux ans et quatre mois à l’avance, rien n’est joué. La part de l’incertitude est colossale. M. Macron est fortement impopulaire avec un taux de confiance de 25 à 30%. D’ici deux ans, la situation économique peut se détériorer. Depuis la crise des gilets jaunes, suivie du mouvement social, la France est plongée dans un chaos permanent. Les chiffres de la dette publique, de la délinquance, de l’immigration, sont préoccupants. Le « tout communication » ne permettra pas forcément de couvrir un bilan. Quant à Mme le Pen, elle porte toujours, aux yeux de 80% des Français, l’image inacceptable du parti créé par son père au début des années 1970 auquel s’ajoute un scepticisme général sur ses capacités personnelles et celle de son parti à conduire une expérience gouvernementale. L’électorat est imprévisible. Face à un scénario tout ficelé que le système politico-médiatique s’obstine à lui imposer de manière aussi caricaturale une réaction de lassitude, de révolte et de refus est tout à fait envisageable, comme en 2017. Dans l’histoire, les surprises n’ont pas manqué aux présidentielles…

Christophe Boutin : La question du troisième homme ne se pose pas de la même manière en 2022 qu’en 2017. En effet, on nous proposait en 2015 un duel entre un représentant du parti socialiste, François Hollande ou Manuel Valls, et un des Républicains, Nicolas Sarkozy ou François Fillon - pour prendre les personnalités les plus souvent citées à l'époque. Or on a eu un duel final entre des personnalités de rupture, nous l'avons dit, et cette demande de rupture reste peut-être sous-jacente. Cela pose la question de la perception en 2022 de certaines personnalités, au premier rang desquelles Emmanuel Macron. Les Français ont bien compris qu’il est un homme de réformes, et qu'il entend agir beaucoup plus vite et beaucoup plus fort que ses prédécesseurs sur des questions aussi importantes que, par exemple, la réforme des retraites. Mais est-ce la rupture qu’ils souhaitaient ?

Emmanuel Macron pousse plus avant le pays dans une direction, celle de ce projet global porté par une part non négligeable de nos « élites », qui conduit notamment un effacement de la souveraineté nationale face, d'une part, à l'ordre juridique de l'Union européenne, et, d'autre part, à une mondialisation financiarisée. En prendre conscience a fait perdre au Président des électeurs de gauche, repartis entre 2017 et 2019 notamment du côté d’EELV, et lui en a fait gagner à droite, ce qui stabilise son socle électoral. Mais il lui sera sans doute difficile de se présenter à nouveau en 2022 comme celui qui va renverser la table d’un Système dont il aura été pendant cinq années l’exécutant le plus zélé.

En ce sens, Marie Le Pen reste, elle, et ce quand bien même le discours du Rassemblement national aurait-il évolué sur des points comme ceux de l'euro, du rapport à l'Union européenne, et même, au moins partiellement, sur cette thématique de l'immigration sur laquelle le parti de son père avait capitalisé, une candidate de rupture. Elle est d’ailleurs présentée comme telle par nombre de médias, non plus tant en raison des aspects purement politiques de son discours qu’à cause des conséquences économiques supposées auxquelles conduirait son élection – rappelant ce que l’on a pu lire sur les conséquences du Brexit.

Qui pourrait être ce candidat inattendu et qui changerait la donne ? Faudrait-il l'arrivée d'un homme providentiel pour envisager la défaite d'Emmanuel Macron ?  Hormis ce scénario du sauveur providentiel extérieur à la classe politique, quels sont les scénarios envisageables ? 

Maxime Tandonnet : Dans les périodes de grand trouble et de violence endémique, le scénario de l’homme providentiel peut être une issue à la crise. L’idée est celle de l’émergence d’une personnalité extérieure à la classe politique, à l’image, par exemple, du Général de Villiers dont il est beaucoup question même si lui-même ne semble pas intéressé. Mais pour que cette hypothèse se réalise, aujourd’hui, il faut parvenir à forcer l’attention médiatique : un candidat potentiel n’existe que s’il est invité à la télévision et à la radio. Le « sauveur » doit, presque mécaniquement, être adoubé par le pouvoir médiatique, ce qui est loin d’être gagné. Et puis après, que faire, sans cadres, sans troupes, sans parti ? … En tout cas, ce qui est sûr, c’est que dans le climat chaotique dominé par une incertitude absolue, de perte de tous les repères traditionnels, sur les ruines du système politique français, tout est possible et rien ne peut être exclu d’avance (Probabilité, 10%).

Le premier est la réélection de M. Macron en 2022. 80% de la classe politique et médiatique parie aujourd’hui sur cette perspective en l’absence d’autre scénario évident. Ensuite, c’est beaucoup plus compliqué. L’illusion du « nouveau monde » et du « renouvellement » étant dissipée, le parti LREM profondément déchiré et discrédité, sur quelle majorité pourra-t-il s’appuyer ? Et sur quel projet ? Un sous-scénario, complémentaire à celui-ci, serait l’hypothèse où le président Macron ne se représenterait pas et laisserait la place à Edouard Philippe. Les cartes pourraient être alors rebattues, une partie de l’électorat de droite se ralliant à lui. (Probabilité du scénario, 25%). 

Le second est l’élection de Mme le Pen. Il n’y a aucune raison de l’exclure, même si les « experts », dans l’ensemble, n’y croient pas. Dans un mouvement de colère, les Français, de droite, du centre, comme de gauche, peuvent voter avant tout conte Macron par rejet viscéral du pouvoir actuel dans un climat de grave mécontentement. Après, le pays entrerait dans l’aventure : quelle majorité ? Quel gouvernement ? Quelle politique ? Le chaos – auquel nous assistons aujourd’hui – serait sans doute amplifié ou remplacé par un chaos encore pire. (Probabilité 20%) 

Le troisième est une résurrection de la gauche. Il n’y a aucune raison de l’exclure totalement non plus. Dans le système politique français, il suffit qu’une personnalité parvienne à convaincre 21% à 22% des votants au premier tour des présidentielles, soit, en cas de forte abstention, 10 à 11% des électeurs, pour accéder au deuxième tour puis l’emporter face à la candidate RN. Les écologistes ont le vent en poupe. Une alliance LFI/PS/Vert peut fort bien réaliser la surprise, contre toute attente, en s’appuyant là aussi sur le mécontentement et le climat de revanche sociale. C’est pourquoi la candidature de Mme Ségolène Royal n’a rien d’absurde. (Probabilité 20%)

Le quatrième est celui du retour de la droite classique qui bénéficie de son ancrage local, d’une force de frappe parlementaire à l’Assemblée et au Sénat. Il lui faut parvenir à s’unifier derrière un leader, incarnant la sagesse, la vision, l’unité nationale, la sincérité, le respect du peuple, c’est-à-dire tout le contraire du « nouveau monde » d’En Marche. Dans le cadre d’un travail d’équipe, il lui faut aussi présenter un projet en adéquation avec l’attente des Français, ancré sur le retour de l’autorité de l’Etat, la paix civile et de la démocratie, la sécurité, la maîtrise des frontières. Pourquoi pas ? Mais rien n’est gagné !  (Probabilité 25%)

Christophe Boutin : Je vous répondrais volontiers que, dans le cas de l'élection présidentielle, sous la Ve République, le candidat doit toujours être peu ou prou un « homme providentiel ». C'est le cas bien sûr pour Charles De Gaulle, qui conserve cette image historique en 1965, mais aussi pour François Mitterrand, premier président de gauche, de Jacques Chirac, faisant croire au retour de la droite, comme pour les « trublions » Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron.

Il est par contre bien difficile de rester cet homme providentiel et de surmonter la critique qui entoure le candidat sortant… à moins de disposer d’un « repoussoir », comme Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen en 2002. À bien y regarder, Valéry Giscard d'Estaing en 1981 et Nicolas Sarkozy en 2012 payent au moins partiellement l’usure du pouvoir, et si, effectivement, François Mitterrand est réélu en 1988, il ne faut pas oublier que c’est contre un Jacques Chirac qui, Premier ministre d’une cohabitation, assumait la responsabilité de la politique menée. Il semble donc bien qu'il y ait une sorte de « malédiction du sortant », et il n'est pas évident qu’Emmanuel Macron y échappe au vu de l’enthousiasme qu’il déchaine lors de ses sorties publiques ou privées.

Ajoutons que pour être présent au second tour de l’élection présidentielle, au vu du nombre de candidats, il suffit d’obtenir un quart des suffrages exprimés, ce qui n’est pas énorme. Et l’on peut se demander si, que ce soit contre Emmanuel Macron ou Marine Le Pen - même si ce serait pour des raisons différentes -, le candidat arrivé au second tour ne bénéficierait pas d’un vote « contre » au moins autant que d’un vote « pour ». Les jeux sont donc ouverts…

Nous avons déjà évoqué dans vos colonnes, à plusieurs reprises, la question de l’éventuel remplacement d’Emmanuel Macron par son Premier ministre, Édouard Philippe, sur ce même créneau d’un large centre - à peine « droitisé ». Pourquoi pas, il disposerait en effet d’un socle électoral, mais cela provoquerait sans doute un effet de fixation à gauche (le refus d’un second tour Philippe/Le Pen) qui pourrait permettre à une personnalité de gauche d’émerger et de se retrouver au second tour. (probabilité 20%, chances de réussite 20%).

Dans l’hypothèse ensuite où Emmanuel Macron serait présent, mais handicapé par son passif, comme aurait dit Mitterrand, on peut envisager l'émergence de nouveaux – ou anciens ! -candidats à droite comme à gauche, mais avec deux handicaps. À droite, il faudrait quelqu'un qui soit capable de mordre sur l'électorat de Marine Le Pen tout en récupérant la quasi-totalité de cet électorat de centre-droit et même de droite maintenant séduit par Emmanuel Macron. À gauche, il faudrait réunir l’ensemble des forces de gauche derrière une seule personnalité. On le voit, pour des raisons différentes, les chances de réussite restent donc limitées. À droite, d’abord pour une question d’électorat, parce que les électeurs passés au Rassemblement national ont été échaudés par l’épisode de 2007-2012 et ce qu’ils ont considéré comme une trahison de Nicolas Sarkozy, et que ceux qui sont séduits par Emmanuel Macron n’oublieront pas ses largesses ; pour une question de chef ensuite, avec des personnalités bien fades. (probabilités 60%, chances de réussite 20%). À gauche ensuite, cette fois au contraire parce qu’entre des egos comme ceux de Jean-Luc Mélenchon ou Ségolène Royal il est difficile de trouver un terrain d’entente, et que les programmes divergent beaucoup (Probabilités 50%, chance de réussite 40%).

Restent les deux principaux candidats, que l’on ne peut rejeter si facilement. Emmanuel Macron d’abord, car on sait, pour l’avoir vu en 2017 et continuer de le voir, à quel point une oligarchie médiatique et financière le soutient, n’hésitant pas à utiliser pour cela toutes les armes, même légales – on aurait presque envie d’écrire, au vu du fonctionnement actuel de la justice, surtout légales. Si l’ancien Président est laissé en place comme candidat, tenter de se mettre en travers de sa route ne sera pas sans doute pas une partie de plaisir. (Probabilité 75%, chance de réussite 50%).

Et Marine Le Pen enfin. Une partie des analyses prospectives sur 2022 découlent de l’idée qu’un « plafond de verre » l’empêchant de dépasser les 50% des suffrages exprimés, son rival, quel qu’il soit, serait assuré de sa victoire, et pourrait, comme le fit Emmanuel Macron en 2017, la fêter par anticipation au soir du premier tour – à la Rotonde pourquoi pas, si elle est encore debout. Mais certains chercheurs, dont Jérôme Sainte-Marie, contestent actuellement cette idée du « plafond de verre », arguant de la montée d’un « bloc populaire » contre un « bloc élitaire », et il est vrai que, dans le rapport entre populistes et mondialistes, les premiers semblent avoir le vent en poupe ces derniers temps dans le monde occidental (Probabilité 100%, chance de réussite 50%).

Signalons enfin l’hypothèse de la crise tellement grave qu’elle imposerait une personnalité apolitique - avec par exemple des troubles à l’ordre public encore plus importants que ceux que nous connaissons de nos jours, entre la sécession territoriale d’une partie du pays et la multiplication sans précédent des violences par armes. C'est pour cela sans doute que les sondeurs testent régulièrement la candidature de Pierre de Villiers, l'ancien chef d'état-major des armées, qui, s’il séduit la droite nationaliste par sa posture, ne posera pas de problèmes au Système financier ou à l'Union européenne. (Probabilité 10%, chance de réussite 40%).

On l’aura compris, ce mélange de paramètres électoraux (personnalité/programme, vote « pour »/vote « contre ») liés à l’absence de certitude sur les candidats présents rendent l’exercice bien délicat : on ne peut qu’évoquer des perspectives.

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clo-ette
- 24/01/2020 - 17:35
Comme dirait l'autre
C'est la chienlit en ce moment . Macron terminera-t-il son mandat ?
gerint
- 24/01/2020 - 10:25
Ce qui me paraît clair à tort ou à raison
L’élection de Macron à résulté d’une manipulation politique de longue date (avant 2014) impliquant le système financier qui contrôle les médias, et la justice pour amener au pouvoir le meilleur candidat maastrichtien. Il y a eu peut-être plus de révolte populaire (crainte par le système) que prévu mais pas si terrible et on pourra voir le même scénario en 2022 si Macron est encore utilisable, ou avec un autre candidat éventuellement d’aspect plus patelin pas encore mis en lumière mais alors le temps presse. Tant que la France restera dans l’UE il ne peut pas y avoir d’autre politique, pas de démocratie haïe par les élites actuelles , seule la com peut changer. Les Anglais- toujours méfiants-ont compris. Tout doit être fait pour empêcher les Français de voir clair ce qui devient difficile mais surtout de traduire leur vision en actes et la dérive hallucinante actuelle liberticide et répressive contre ce qui est jugé illicite par le pouvoir va dans ce sens. C’est un totalitarisme qui est mis en place.
clo-ette
- 24/01/2020 - 07:49
@Gorille
Mais si, elle passera , vous résidez loin, et ne pouvez respirer l'air de l'hexagone .