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Prévisions 2020

Comment la France est passée à côté du véritable potentiel du cycle actuel de croissance mondiale

Publié le 03 janvier 2020
A l'occasion de la fin de l'année 2019, Atlantico a demandé à ses contributeurs les plus fidèles de s'interroger sur l'année à venir. A quoi pourrait bien ressembler 2020 ? Sébastien Laye dresse ici les perspectives économiques et financières pour la France en 2020.
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Sébastien Laye est Président du Parti Quatre Piliers.  Sébastien Laye est entrepreneur immobilier, chercheur associé en économie à l'Institut Thomas More.
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A l'occasion de la fin de l'année 2019, Atlantico a demandé à ses contributeurs les plus fidèles de s'interroger sur l'année à venir. A quoi pourrait bien ressembler 2020 ? Sébastien Laye dresse ici les perspectives économiques et financières pour la France en 2020.

 La seule fonction de la prévision économique, c’est de rendre l’astrologie respectable » disait l’économiste Galbraith. Dans le même ordre d’idées Warren Buffet nous rappelle que ces prédictions surannées du nouvel an disent parfois plus sur la personne à l’origine de la prévision que sur le contenu de la prophétie en lui-même…Soit, ces propos liminaires étant posés et toutes les précautions d’usage mises en exergue (comme lors des deux dernières années précédentes du reste dans mes précédentes analyses), sacrifions au jeu traditionnel avec délice, avec un liant sous-jacent : plutôt que de tenter de prédire l’imprévisible, le cygne blanc talémite ou l’évènement five sigma comme le dit la statistique (1 sur 3 488 455 chances d’occurrence), attachons nous simplement aux tendances de la fin 2019 qui en toute vraisemblance, devraient se poursuivre en 2020. 

L’évènement le plus important n’est pas ici à chercher du coté des politiques économiques gouvernementales (avec nombre d’élections, notamment la présidentielle américaine, et un Macron englué dans des conflits sociaux, peu de grands chantiers devraient être lancés en la matière), mais plutôt dans la redéfinition du rôle des banquiers centraux. Après des années de domination de la vulgate friedmanienne et de l’Ecole de Chicago sur le banquier-roi axiomatiquement indépendant, 2020 marquera le passage définitif sous Canossa des banques centrales. Aux USA, Donald Trump a déjà oblitéré la trajectoire naturelle de remontée des taux : sous la contrainte, Powell les a abaissés en 2019 : si la dernière position est celle du status quo, nul doute qu’à la moindre récession, la Fed abaissera à nouveau les taux. En Europe, Mme Lagarde, bien plus politique que ses prédécesseurs, maintiendra la politique de soutien monétaire et là aussi, en cas de ralentissement avéré, devrait utiliser les (maigres) marges de manœuvre à sa disposition en termes de taux négatifs et de QE. Du fait de l’inefficacité de ces politiques, dans un scénario de japonisation et de stagnation séculaire pour l’Europe, nous devrions dès la fin de l’année parler de réorientations des politiques monétaires. Une intervention directe de la BCE voire de la Fed dans l’économie productive (via un Green new Deal ou des programmes d’infrastructures) sera le principal combat idéologique de la période 2021-2025, opposant Mme Lagarde aux ordo libéraux allemands. Cet affrontement exhibe ses premiers signaux faibles en ce début d’année. Il ne manque à Mme Lagarde que l’appui du président français dont le logiciel mondialiste version années 1990s ne permet pas d’appréhender ce retour de l’investissement public. 

A ce sujet, le président français avancera peu dans ce qu’il avait présenté comme ses réformes structurelles de première partie de mandat : j’y vois au moins trois raisons. La première a trait au caractère vague des promesses économiques en 2017 : la question des retraites l’illustre à merveille puisque derrière cette simple ligne du programme (« nous instaurerons un système universel de retraites à points ») diverses réformes étaient et demeurent possibles, sans qu’aucune ne soit universelle ou efficace justement…Macron devrait se ranger derrière la même ambiguïté sur la baisse de l’impôt sur les sociétés qui tarde à venir.  La deuxième raison est bien sur le ralentissement économique mondial, qui est certes inégal selon les zones, mais avéré, avec la croissance mondiale la plus faible en dix ans pour l’OCDE : l’Allemagne et le cœur de l’Europe industrielle sont en zones de récession, nombre de pays européens ralentissent : les US et la Chine paraissent plus solides mais, locomotives mondiales, elles ne sont pas à l’abri de l’éclatement soudain de bulles spéculatives et donc d’un brusque ralentissement par effondrement du crédit et des investissements.

La France dépendra donc beaucoup de la conjoncture mondiale en 2020, car sa seule économie domestique ne peut plus soutenir une croissance au-delà de 1%. Nous en arrivons ainsi au troisième problème pour le gouvernement : l’échec de sa politique économique en première partie de mandat. Malgré une croissance forte de par le monde en 2015-2018, sur la période, les résultats français ont été décevants en dépit de réformes présentées comme structurelles (pour la croissance : 0,8%, 1,2%, 2%, 1,5%, maximum 1 ,2% pour 2019 mais probablement moins quand la statistique définitive sera connue en Mars) Malgré un pic de croissance mondiale, la France aura peu profité de ce cycle haut en comparaison du dernier (2005-2008) avec un chômage qui n’a reculé qu’à 8,6% (contre 7,7% sous Chirac-Sarkozy) et dont la baisse parait enrayée. Le pari macroniste de descendre en dessous des 7% à mi-mandat est définitivement perdu…L’indice PMI Market qui mesure l’activité manufacturière était au dernier trimestre 2019 légèrement supérieur à 50, seuil en deca duquel on est techniquement en récession manufacturière. Le grand thème de 2020 devrait donc être le renoncement aux promesses de résultats économiques et ipso facto l’enterrement des dernières reformes du programme présidentiel (impôt sur les sociétés, retraites universelles, etc…). 

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Mots-clés :
Economie, Finances, France
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