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Dollar, yuans et blindés

Guerre commerciale : et si Donald Trump jouait avec le feu et risquait de déclencher la guerre (la vraie) ?

Publié le 12 août 2019
La presse abonde ces jours-ci d’analyses savantes et détaillées sur la guerre économique déclenchée par le président américain Trump contre la Chine.
Yves Michaud est philosophe. Reconnu pour ses travaux sur la philosophie politique (il est spécialiste de Hume et de Locke) et sur l’art (il a signé de nombreux ouvrages d’esthétique et a dirigé l’École des beaux-arts), il donne des conférences dans le...
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Yves Michaud est philosophe. Reconnu pour ses travaux sur la philosophie politique (il est spécialiste de Hume et de Locke) et sur l’art (il a signé de nombreux ouvrages d’esthétique et a dirigé l’École des beaux-arts), il donne des conférences dans le...
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La presse abonde ces jours-ci d’analyses savantes et détaillées sur la guerre économique déclenchée par le président américain Trump contre la Chine.

Le fait est que le déséquilibre des échanges entre les deux empires est considérable, que la Chine envahit les marchés de ses produits pas chers mais de plus en plus sophistiqués, prend beaucoup de libertés avec la contrefaçon et utilise le cours du yuan pour faire prospérer son commerce. Le développement rapide aussi bien de son économie que de sa technologie sont des menaces pour la domination américaine jusqu’ici sans partage.

Trump, en homme d’affaires typiquement yankee, isolationniste, mène avant tout des guerres économiques et se sert de l’arme des tarifs douaniers et des sanctions pour tordre le bras de ses adversaires. Il est en train de le faire avec l’Iran et la Corée du Nord et, bien qu’on ne le dise pas trop, ne se gêne pas pour utiliser le gros bâton (big stick) économique contre l’Union européenne et notamment l’Allemagne. Même quand il s’agit d’immigration, il agite les menaces guerrières de construire une forteresse derrière un mur-frontière mais sanctionne en réalité le Mexique avec des tarifs douaniers. Quant à mettre fin à la dictature de Maduro au Venezuela, pas question de tenter des opérations style baie des Cochons : on gèle les avoirs vénézuéliens aux USA...

Donald Trump fait une politique internationale d’homme d’affaires avec la conviction qu’un deal viril règle tout. 

Tous les analystes supputent les chances qu’il a de gagner, les réponses chinoises possibles, les risques d’escalade économique et les conséquences pour « nos » économies.

Nous vivons dans un monde si frileusement compartimenté par nos savoirs, nos spécialités, nos rubriques – et nos illusions – que nous faisons comme si on devait forcément en rester dans cette affaire à la « guerre économique ».

Une connaissance même assez superficielle de l’histoire devrait pourtant nous faire souvenir que les guerres économiques tournent souvent à la guerre tout court : la guerre, c’est aussi l’économie poursuivie par d’autres moyens. Les désastres de la Première guerre mondiale ne tiennent pas qu’au choc des nationalismes.

Je pose donc une question : est-ce une simple coïncidence si, dans le même temps où se déroule cette guerre commerciale, la Chine formule des menaces et avance régulièrement ses pions militaires du côté de Taïwan et du côté de Hong Kong ?

Que pourrait bien faire l’affairiste non interventionniste Trump en cas d’invasion de Taïwan et/ou d’intervention à Hong Kong ? Intervenir militairement ? Intervenir à travers des alliés ? Mais lesquels ? Recourir à encore plus de sanctions commerciales ? 

De quoi aurait l’air un Trump n’ayant rien pu faire pour Taïwan ? La jactance du businessman en prendrait un rude coup préélectoral...

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Gastoch
- 14/08/2019 - 11:52
pacifiste??
Je ne comprends pas bien. Tout ce qui est dit ici sur Donald Trump n'est il pas vrai au centuple pour maqueron? et merkel? Que feront donc ces 2 là pour Hongkong ou Taiwan? Donald Trump, lui, a pris le taureau chinois par les cornes, dans l'intérêt de ses électeurs. Ça parait bête. Les socialo de l'ue et la succession de gouvernements socialo universalistes d'Europe ont fait tout le contraire. Ils devancent l'espionnage honteux en cédant tous nos brevets par merkantilisme aveugle. En espérant quelques miettes d'euro que voudraient bien nous laisser les noiches et leur route de la soie? À tout prendre et malgré l'hymne à la joie je choisis Donald Trump plutôt que maqueron merkel.
ajm
- 13/08/2019 - 22:36
Mauvais coup pour la Chine elle-même.
La première guerre mondiale, comme la seconde d'ailleurs, a été classiquement déclenchée par le jeux des alliances, tout simplement. HK n'a pas d'alliances, donc pas de guerre possible. ILe problème de l' invasion de HK par Pékin est surtout économique et politique. HK est la plus grande place financière d'Asie, la troisième du monde, c'est le sas du monde Chinois vers le monde capitaliste et l'Occident , c'est aussi le moyen pour la haute nomenklatura de Pékin de recycler et de faire transiter discrètement sa fortune vers des lieux sûrs et discrets, un mélange de Suisse , de Monaco et de City of London pour l'Asie. Politiquement, l'effet en interne serait très mauvais, avec une fuite supplémentaire très forte de capitaux ( fuite déjà massive depuis quelques années) et d'entrepreneurs non seulement de HK mais de toute la Chine, une méfiance encore plus grande de ses voisins , une chute très forte des relations économiques avec le reste de l'Asie , l'Europe et les USA, tout cela s'ajoutant au contexte déjà très mauvais de la guerre commerciale avec Trump. Bref, beaucoup de ramdam pour venir à bout de quelques manifestations.
Pig
- 12/08/2019 - 15:37
nationalismes
"Les désastres de la Première guerre mondiale ne tiennent pas qu’au choc des nationalismes", lit-on dans cet article succinct. Ce serait plutôt le choc des empires, non ? Choc et fin du russe, de l'allemand, de l'austro-hongrois... au profit des nations : tchèque, hongroise, polonaises, française et tant d'autres.