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"Amazon on the moon"
Les ambitions spatiales de la Silicon Valley
Publié le 11 mai 2019
La société Blue Origin, qui appartient à Jeff Bezos, vient de présenter la maquette de Blue Moon, son futur module lunaire.
Olivier Sanguy est spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site d’actualités spatiales de la Cité de l’espace à Toulouse.
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La société Blue Origin, qui appartient à Jeff Bezos, vient de présenter la maquette de Blue Moon, son futur module lunaire.

Atlantico.fr : Pour quelles raisons un géant comme Amazon, et plus généralement la Silicon Valley, aurait-il intérêt à accélérer l'exploration de la Lune ?

Olivier Sanguy : Ce n'est pas vraiment Amazon qui souhaite accélérer l'exploration de la Lune, mais son fondateur Jeff Bezos. On oublie souvent, qu'avant de créer le géant de la vente en ligne, il a été étudiant pour devenir un ingénieur ! Lors de ses années à Princeton, il fut membre très actif du SEDS, le Students for the Exploration and Development of Space , une association en faveur de l'astronautique. Jeff Bezos dit même qu'Amazon a été créé pour lui donner le cash dont il a besoin pour ses projets spatiaux ! D'ailleurs, il vend chaque année environ 1 milliard de dollars de ses actions Amazon et investit une grande partie de cet argent dans sa compagnie spatiale Blue Origin qui vient de présenter Blue Moon, un projet d'atterrisseur lunaire. L'engin est imposant, car il pourrait amener un peu plus de 3 tonnes de cargos sur la Lune et même 6 tonnes dans une version améliorée. La raison profonde est que Bezos pense que les besoins en ressources de notre civilisation ne baisseront pas et que notre planète n'en aura plus assez. Il faut donc aller en chercher ailleurs, et la solution c'est l'espace et plus particulièrement la Lune. L'ambition à long terme est de créer une infrastructure de transport spatial. Blue Moon est la première petite pierre de cet édifice.

"Il est temps de retourner sur la Lune. Mais cette fois, pour y rester" a-t-il déclaré. A-t-on, à l'heure actuelle, les moyens technologiques et scientifiques de rester sur la Lune ?

Les solutions techniques sont connues ou bien on a une bonne idée de celles à perfectionner pour établir une présence durable sur la Lune. C'est ce qui explique que les projets lunaires se multiplient : non seulement la technologie est là, mais en plus les progrès de l'informatique et d'autres facteurs font que cette destination devient accessible. Regardez la sonde israélienne Beresheet qui a, hélas, raté son alunissage récemment. Ce n'était pas un programme de l'agence spatiale israélienne, mais une initiative privée financée par des donations ! Le succès n'était pas loin, mais ils ont quand même réussi à placer Beresheet sur orbite lunaire : pour du privé, c'est remarquable et c'était d'ailleurs une première.

En retard par rapport aux entreprises américaines, la Nasa a accepté le principe d'une collaboration avec le groupe. La Lune ne risque-t-elle pas, dans les années à venir, de devenir le terrain de jeu des entreprises plutôt que celui des pays ?

Je ne suis pas certain qu'on puisse dire que la NASA est en retard par rapport aux entreprises américaines. C'est la NASA qui a décidé de travailler avec le privé sur de nouvelles bases, via des contrats de prestation "clé en main" au lieu des classiques contrats de maîtrise d'œuvre. SpaceX par exemple, existe grâce à la volonté de la NASA de lui confier des vols de cargos automatiques vers la Station Spatiale Internationale. Et ces entreprises privées bénéficient de plus, via les contrats, du savoir-faire de la NASA. Il s'agit là de la mise en application d'une volonté de l'exécutif américain, qui est constante depuis plusieurs présidents, à savoir favoriser l'émergence d'une nouvelle industrie spatiale afin de créer un moteur économique créateur de richesses et d'emplois. Politiquement, l'approche plaît ou ne plaît pas, mais elle a déjà redéfini la façon de faire du spatial. Par exemple, pour retourner sur la Lune et y amener des Américains d'ici 2024 comme le souhaite la Maison-Blanche, la NASA mène une double approche. Tout d'abord "classiquement" avec son propre lanceur lourd SLS et sa capsule Orion qui sont développés en ce moment. Ensuite, en faisant appel au privé pour des prestations complémentaires visant à fabriquer des modules pour une station autour de la Lune, réaliser des vols vers la Lune avec des fusées privées (par exemple pour y amener les modules de la station), mais aussi concevoir des engins capables d'amener du cargo sur la Lune et peut-être même des astronautes ! Il y a là, à la clé, des contrats très importants qui pourraient se chiffrer en milliards de dollars. En présentant l'atterrisseur Blue Moon de sa société Blue Origin, Jeff Bezos vient tout simplement de se positionner comme un fournisseur potentiel de la NASA.?

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