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© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Je clive donc je suis

Tous addicts à la polémique : votez-vous encore pour ce que les candidats se proposent de faire ou uniquement pour ce qu’ils sont ?

Publié le 24 avril 2019
Que ce soit François-Xavier Bellamy comme chrétien, ou Nathalie Loiseau comme ayant un passé à l'extrême-droite, la façon dont nous jugeons les personnalités politiques tient plus à leur storry-telling et aux caractéristiques qu'on leur prête qu'aux projets qu'elles portent.
Christophe Boutin
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Maxime Tandonnet
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Maxime Tandonnet est historien, auteur de nombreux ouvrages dont Histoire des présidents de la République (2013) et André Tardieu, l'incompris (2019) aux éditions Perrin. 
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Que ce soit François-Xavier Bellamy comme chrétien, ou Nathalie Loiseau comme ayant un passé à l'extrême-droite, la façon dont nous jugeons les personnalités politiques tient plus à leur storry-telling et aux caractéristiques qu'on leur prête qu'aux projets qu'elles portent.

Atlantico : Nathalie Loiseau, tête de liste LREM pour les prochaines élections européennes se trouve fragilisée par des révélations de Médiapart concernant une situation datant de plus de 30 ans. De son côté, François Xavier-Bellamy a également pu être attaqué pour des déclarations passées. Dans quelle mesure les Français pourraient-ils plus voter pour ce que sont les candidats que pour ce qu'ils proposent ? Dans quelle mesure ce phénomène est-il nouveau ?

Christophe Boutin : Votre question est en fait très diverse et il convient d’en voir tous les aspects. Le premier concerne la « nouveauté » ou non de ce qui se passe avec Nathalie Loiseau et Xavier Bellamy, un élément sur lequel il est permis d’avoir des doutes. La politique en effet, c’est bien sûr des idées, mais ce sont aussi les hommes qui, à un moment, incarnent ces idées, des hommes qui peuvent aussi bien les servir que les desservir. Certes, nous tentons de dissocier les deux, de prétendre que notre choix politique n’est qu’un choix rationnel – ou qu’il est prioritairement un tel choix – mais il n’en est rien : c’est aussi un choix irrationnel dans lequel la personnalité de celui qui nous demande notre vote joue un rôle. Au point parfois que nous nous épargnons de lire son programme, trouvant dans la relation de confiance, réelle ou supposée, que nous avons avec lui la réponse à toutes nos questions.

Dès lors, qu’on le veuille ou non, nous nous incarnons dans la personne de celui qui porte nos idées, qui défend nos valeurs, et nous n’admettons pas, ou difficilement, qu’il nous déçoive. Et par voie de conséquence ses opposants vont tenter de discréditer l’homme politique auprès des électeurs, espérant que le rejet de la personne – bien plus ici que du programme - pousse ces derniers à voter pour eux : on a effectivement connu de tels cas de rejet, où une partie au moins de l’électorat votait plus « contre » qu’elle ne votait « pour ». Sans aller à ce point de cristallisation de la détestation, un tel procédé peut plus simplement « incapaciter » au minimum les électeurs potentiels de l’homme politique ainsi discrédité et les pousser à s’abstenir, laissant le terrain libre à d’autres candidats.

Ce n’est pas nouveau, bien sûr, car à partir du moment où la politique repose sur la nécessité de convaincre un public, toutes les armes sont bonnes. Dans la Grèce antique les sophistes apprennent aux orateurs la manière de discréditer leurs adversaires et de les faire condamner – l’assemblée étant en même temps un juge politique ; Cicéron, dans ses Catilinaires, n’est pas si juste que cela envers celui qu’il vise ; les discours de la Révolution française sont remplis d’attaques ad hominem d’une rare bassesse, et l’on pourrait multiplier les exemples. Puisqu’il ne s’agit pas de parler du futur, le programme, et à peine du présent, tout sera utilisé du passé du politique, ses déclarations, comme c’est le cas pour François-Xavier Bellamy, ou ses actes – l’adhésion de Nathalie Loiseau à un parti d’extrême-droite –, et encore reste-t-on avec ces deux exemples sur des attaques politiques, évitant des allusions à la vie privée.

Ce qui est nouveau par contre, c’est peut-être que le monde moderne facilite les recherches sur de telles informations. Certes, certaines officines bénéficient toujours des  célèbres « fiches des Renseignements Généraux », même si ces derniers n’existent plus – qui s’ajoutent, pour les mêmes officines d’ailleurs, à ces fuites d’informations confidentielles qui ridiculisent en permanence le prétendu « secret de l’instruction ». Mais tout un chacun, avec un peu de temps, peut, en « googlisant » sa victime, apprendre beaucoup en « sources ouvertes » - certaines officines ayant par ailleurs recours aux services de spécialistes pour retrouver ce que l’on croit bien souvent à tort définitivement effacé des réseaux. C’est pourquoi d’ailleurs, ce que l’on n’ose pas appeler la « stratégie de défense » de Nathalie Loiseau, comme de tous ceux qui commencent par nier la réalité, est aussi pitoyable, car toute action passée laisse des traces – notons que la suite de la défense a d’ailleurs été tout aussi catastrophique, comme si, une nouvelle fois, les cadres de LREM voulaient cocher toutes les cases « erreur à ne pas faire » d’un manuel de gestion de crise.

On remarquera aussi que ces tentatives de déstabilisation reposent sur deux logiques qui peuvent sembler différentes dans les cas de Loiseau et de Bellamy. Dans le premier, il s’agit de s’interroger sur la nature même du politique considéré : est-il sincère, ou n’est-il qu’un arriviste flottant au gré de ses intérêts ? Il ne s’agit pas ici de savoir s’il y a ou non une contradiction entre certaines de ses idées actuelles, ce qui pourrait prouver que son analyse est incohérente et en écarter les électeurs, mais, plus profondément, de savoir s’il s’est ou non renié. C’est bien le cas de Nathalie Loiseau : était-elle ou non une extrémiste avant de devenir ce parangon des vertus humanistes que l’on nous cherche à vendre ? On le voit, c’est l’image même de la personne que l’on détruit ici, en instillant au moins un doute sur son honnêteté intellectuelle.

Tout autre est le cas François-Xavier Bellamy, auquel, pour faire simple, on ne reproche pas des choix passés qu’il aurait reniés, mais des choix qui seraient toujours les siens et sur lesquels il s’exprime simplement peu actuellement – et pour cause, puisqu’ils ne sont pas centraux dans le cas de ces élections européennes pour lesquelles il est tête de liste. On reproche cette fois à l’homme politique, non de ne pas être cohérent avec lui-même, mais d’être en désaccord avec la seule idée du Bien, du Juste, du Vrai et du Beau possible, celle de ses opposants.

Reste à savoir si, malgré cette différence importante, on n’en revient pas finalement au même dans les deux cas. Car en fait, l’homme politique moderne doit avoir des idées et un comportement qui tous deux vont dans le sens du Vrai, du Beau, du Juste et du Bien. Simplement, les critères qui servent à déterminer ces éléments ne sont pas ou plus seulement fixés par ses opposants, mais, au-delà, par le système intellectualo-médiatique, au nom de sa propre vision du monde, à laquelle tous les politiques sont conviés à se rallier, sinon à obéir.

Maxime Tandonnet : Ce qui est certain, c’est que cette campagne des Européennes est entièrement axée sur la personnalisation des choses. Il y a le président Macron en arrière-plan. Le vote aura un aspect plébiscitaire : pour ou contre lui. Il sera au centre de la pensée des électeurs. Mais au-delà, la campagne donne une importance considérable aux têtes de liste, que ce soit Mme Loiseau, M. Bellamy, M. Bardella, etc. Le vote semble se focaliser sur des images personnelles. Dès lors, les attaques ad hominem, la fouille méticuleuse du passé des candidats pour en tirer des boules puantes et déstabiliser leur image devient la stratégie de campagne. Le débat d’idées se trouve en revanche totalement annihilé. Il n’existe plus : le chômage, la violence, la pauvreté, l’échec scolaire, la dette publique, les frontières, ont disparu du paysage politique. La vie politique atteint le paroxysme de la politique spectacle. Ce phénomène n’est sans doute pas complétement nouveau. Il y a toujours eu, en politique, des phénomènes d’allégeance et de confiance en des personnalités. Mais ces personnalités incarnaient un projet, une idée. Ce qui est nouveau en France, c’est que ces personnalités n’incarnent plus qu’elles-mêmes. 

Ce phénomène de l'importance de plus en plus grande de la personnalité des candidats, que l'on peut retrouver également aux Etats-Unis, par exemple dans les cas de Alexandria Ocasio-Cortez ou de Pete Buttigieg, est-il devenu le « nouveau programme » auprès des électeurs ?

Là encore ce n’est pas entièrement nouveau : depuis longtemps par exemple le programme des candidats aux élections, notamment présidentielles, passe par des discours « ciblés », dirigés vers des cibles qui sont autant de segments de la société. On ne propose plus un programme commun, on agrège des minorités, avec des discours, lundi pour les seniors, mardi pour les « jeunes en apprentissage de citoyenneté », mercredi pour les agriculteurs, jeudi pour les industriels et ainsi de suite. La nouveauté est peut-être que l’image que l’on nous offre de l’homme politique est passée d’une personnalité simple (celle d’un homme cherchant à obtenir le pouvoir en gagnant le suffrage de ses électeurs sur un programme, avant tout politique) à celle d’homme aux identités multiples, assumées et diffusées : sexuelle (pardon, genrée), familiale, sociale et tant d’autres, qui sont devenues autant d’arguments politiques.

Dans ce cadre, il est tentant de prendre comme candidat une personne dont le parcours « parle de lui-même » et, surtout, ne laisse place à aucune attaque, une personne qui, « cochant toutes les cases », séduira même sans parler tous les électorats. C’est le choix du camp du Bien, qui met ainsi régulièrement sur le devant de la scène des individus comme Justin Trudeau, sorte de « politiquement correct » chimiquement pur au physique de gendre idéal, que l’on voit un jour déguisé en Indien et pleurant le lendemain sur les malheurs de telle ou telle minorité.

Le problème est que manifestement les faiseurs de tels rois maîtrisent de moins en moins bien leur système : Trump « ne pouvait pas gagner », mais il a été élu, comme Salvini, comme Orban, ou même comme des personnalités aussi atypiques que Bolsonaro ou Duterte. D’une part parce que l’agacement, pour ne pas dire plus, des électeurs devant les leçons de morale est tel que celui qui renverse la table peut parfois empocher la mise. D’autre part à cause d’un décalage qui ne cesse de croître entre le monde rêvé d’un petit groupe nombriliste et les attentes réelles des populations.

Maxime Tandonnet : Oui, aux Etats-Unis, c’est un grand classique. On n’oppose pas des projets, ou très secondairement, mais des personnages, des figures. Et l’élection se joue non sur les arguments mais pour l’essentiel sur des sensations qu’inspirent des visages. C’était déjà le cas lors du duel entre Kennedy et Nixon en 1960. Nixon semble avoir perdu car il semblait fatigué, mal rasé, face à un adversaire incarnant la jeunesse et l’énergie. Récemment, le succès d’Obama a tenu sans doute davantage à ce qu’il incarnait, jeunesse, renouveau, diversité, qu’à son programme. Plus récemment encore, la bataille entre Hillary Clinton et Donald Trump fut un combat d’images dominé par les attaques personnelles. Nous sommes en pleine américanisation de la vie politique française. On peut parler de l’ère du vide en politique. Depuis des décennies, les gouvernements échouent à traiter les grands problèmes de la société française. Donc, l’idée que la politique ne peut plus faire grand-chose pour le bien commun finit par se banaliser. On ne parle plus de projets puisque personne n’y croit, mais l’attention politique se focalise sur des émotions d’amour ou de haine autour de quelques individus médiatisés. 

De quoi cette situation est-elle le symptôme ?

Si l’on s’en tient aux attaques que nous avons évoquées, dirigées contre les hommes politiques, on pourrait penser que c’est le symptôme d’une évolution de nos sociétés, qui ne voudraient plus entendre parler de « pouvoir sur », mais de « gestion de », plus de « gouvernement », mais de « gouvernance », plus de « raison d’État », mais de « transparence », et d’une transparence permanente, comme si nous vivions tous dans le Panopticon, la délicieuse maison de redressement conçue par Jeremy Bentham. C’est, il est vrai, un peu le monde glacial des démocraties du Nord de l’Europe, où l’on vit sans rideaux pour montrer que l’on n’a rien à cacher et où le pécheur ne doit attendre aucune miséricorde. Mais ce monde la transparence absolue, quand bien même serait-elle sous le contrôle de gens qui s’y résolvent pour eux-mêmes, ce qui n’est pas le cas, et les rend donc illégitimes à la défendre, n’est pas nécessairement le choix des citoyens. Que leur importe, par exemple, de connaître le patrimoine de leurs élus – et de leurs élus seulement ? Ce qui est essentiel pour eux c’est que ces derniers ne fraudent pas, et que certaines erreurs entraînent leur inéligibilité à vie.

C’est aussi le symptôme de cette captation de la définition de ce qui est Bon, Vrai ou Juste par une caste coupée des réalités. Or la pesanteur de cette pseudo-moralisation, qui est un vrai totalitarisme, avec ses procès truqués et ses discours codés, conduit nécessairement à des rejets : quand on ne vote pas par plaisir pour le « méchant », on se refuse à voter pour celui dont tout le monde nous assure pourtant, à longueur de shows télévisés, qu’il est le « bon ». C’est contre de tels « errements » d’ailleurs que notre démocratie est en train de s’armer, en évitant, par de multiples moyens, de la mise en examen au refus de prêt bancaire, que certains soient présents sur la scène électorale, s’assurant ainsi que seul le Bien puisse triompher. Mais ouvrant alors la voie à d’autres types de révoltes.

Maxime Tandonnet : Elle est avant tout le symptôme de l’affaiblissement de la culture ou de l’intelligence politique. Elle est le fruit d’un déclin intellectuel qui se retrouve partout mais plus particulièrement dans les élites dirigeantes et médiatiques. La vie politique se réduit à adorer ou haïr des personnages médiatisés, à les admirer ou à les mépriser, à les encenser ou à les dénigrer. Il n’y a plus rien d’autre que cela. La France, et surtout la France d’en haut, celle qui est censée donner l’exemple, ne sait plus rien faire d’autre. Les sujets de fond ont disparu. On est en permanence dans la quête de l’émotion et du sensationnel. L’esprit critique qui devrait fournir une arme de résistance à ce phénomène s’est comme volatilisé. Qui est là pour rappeler que la politique a pour unique objectif de traiter les grands sujets intérieurs et internationaux dans l’intérêt général, et pas d’idolâtrer ou de lyncher telle ou telle icône médiatique ? Personne. La politique française fait naufrage dans le culte du « je » narcissique, dans une culture de soumission à l’idole et de sectarisme haineux (idole contre idole), mais cela n’étonne et n’indigne plus personne. Nous payons là des décennies de renoncement à enseigner correctement l’histoire, le français, la philosophie, ces matières dont le but est de former l’intelligence et l’esprit critique. Cela dit, la majorité silencieuse n’est sans doute pas dupe de cette évolution. La pauvreté du spectacle politique peut expliquer, au moins en partie, pourquoi 58% des électeurs envisagent de s’abstenir aux élections européennes. L’abstentionnisme est certes un drame de la démocratie, mais comment blâmer les abstentionnistes au regard d’une offre politique aussi piteuse ? 

 

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A M A
- 24/05/2019 - 18:07
Bellamy.
Sympathique le garçon, avec de bonnes idées, certes. Mais il se range dans le camp UMP-LR, les gaullistes en quelque sorte. Faire confiance devient alors une gageure...
Anouman
- 24/04/2019 - 19:34
Candidats
C'est vrai que souvent les gens votent pour celui qui a la moins sale tête (parfois c'est quand même difficile). Mais il faut bien dire que les candidats sont souvent dans le flou pour présenter leurs propositions. Et pour les élections européennes c'est sans doute pire car nos députés ne sont qu'une petite partie de l'assemblée, qui elle même n'a pas un rôle prépondérant dans la politique européenne. Mais je trouve quand même dommage que 58% ne votent pas.
lasenorita
- 24/04/2019 - 18:24
Je suis Pieds-Noirs.
Benvoyons...Je suis Pieds-Noirs, j'étais institutrice à Alger, puis je suis venue, en ''métropole'' en octobre 1957,pour continuer mes études,à Paris! A Paris,je sortais souvent ,le soir, seule, pour rendre visite à mes frères et sœurs,qui travaillaient à Paris,ou pour retrouver des amies.. Je n'ai jamais été importunée ni dans la rue, ni dans le métro..Mon fils habite et travaille à Paris: il a été ''braqué'' par un musulman qui lui a volé son portefeuille...je me rends souvent dans la capitale et j'ai constaté que le métro parisien et les rues étaient envahies de musulmans,qui ne pensent qu'à voler et à vendre de la drogue.. Quand j'habitais à Alger, je ne pouvais sortir, seule, le soir, il fallait que mes frères m'accompagnent si je voulais faire une course; des petits musulmans, des yaouleds, étaient toujours aux aguets pour voler:ainsi ma mère s'est faite, souvent, voler son porte-monnaie..ma mère était veuve, elle avait 6 enfants qu'elle a très bien éduqués!. .elle est enterrée à Alger ainsi que mon père, que mes grands-parents, etc.. A mon âge: les souvenirs de mon enfance me reviennent,souvent,en mémoire!