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Travailler plus sans toucher aux vaches sacrées françaises, c’est possible. Et ce sont les partenaires sociaux qui soufflent les solutions à Macron

Publié le 23 avril 2019
C’est possible de travailler plus, sans toucher aux totems les plus sensibles du droit du travail que sont par exemple les 35h. Les syndicats ont des solutions alternatives et ils les ont fait passer au président.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ. ...
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C’est possible de travailler plus, sans toucher aux totems les plus sensibles du droit du travail que sont par exemple les 35h. Les syndicats ont des solutions alternatives et ils les ont fait passer au président.

Emmanuel Macron a dans l’idée depuis qu’il a été élu président de la République, d’allonger la durée du travail afin de réduire le déficit de compétitivité de notre système économique. Il a donc suggéré d’étudier la suppression des 35 heures hebdomadaires, il a aussi ouvert un chantier sur les retraites pour reculer l’âge légal de départ au-delà des 62 ans. Il serait près de reprendre à son compte le projet de supprimer un jour férié afin de financer la dépendance, comme on avait autrefois supprimé le lundi de Pentecôte pour financer la solidarité.

Tous les avocats de l’allongement de la durée du travail lui ont sans doute expliqué que le principal avantage serait d’augmenter le montant global de la production, les salaires et par conséquent les recettes de cotisations sociales. Mécaniquement, c’est en réalité vrai. Du moins en théorie. L’argument est d’autant plus fort que nous sommes un des pays du monde occidental à avoir la durée du travail hebdomadaire la plus faible. « On travaille beaucoup mais dans un espace de temps assez bref» disent-ils.

On est aussi le pays où les jours de congés payés sont les plus nombreux ; entre 4 et 6 semaines. On est enfin le pays où le nombre de jours fériés est le plus grand. Ne parlons pas de l’âge légal de départ à la retraite, nous sommes les mieux lotis.

Cela dit, toucher aux 35 heures, tous les gouvernements y ont renoncés. Toucher aux jours fériés, Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin s’y étaient essayés sans grand succès. Quant à l’âge de la retraite, dès qu’on fait semblant de s’en approcher, c’est le tollé général.

Politiquement, alors qu’il traverse une période compliquée, Emmanuel Macron n’a aucun intérêt à bousculer ces symboles de la lutte sociale. Les risques sont importants, le terrain est inflammable.

Et pourtant, la nécessité de travailler plus, est urgente, puisque c’est évidemment le seul moyen de rééquilibrer les comptes sociaux si on ne veut pas abandonner des avantages, ou augmenter encore les prélèvements.  

Emmanuel Macron est convaincu de cette nécessité, et il a reçu pendant le grand débat, le soutien à peine voilé des syndicats de salariés et des patrons pour imaginer des formules qui permettraient de résoudre cette équation.

Bref, il existe des alternatives qui ne bouleversent pas les 35 heures, l’âge légal de la retraite ou la question des jours fériés.

 

La première des solutions serait de ne plus raisonner en terme de durée du travail mais du nombre de travailleurs. Nous avons dans ce pays encore près de 9% de chômeurs par rapport à la population active, soit près de 6 millions de personnes en âge de travailler. Ces chômeurs perçoivent des indemnités et ne cotisent pas au système social. La bilan social, humain et financier, est catastrophique. L’urgence des urgences est donc de remettre le maximum de chômeurs au travail. Ça passe par les entreprises qui créent les emplois, par les agences de placement, mais surtout par les systèmes de formation (mieux adaptés) et par l'écosystème dans lequel les entreprises trouveraient avantage à embaucher.

Les réformes présentées en début de quinquennat vont dans le sens d’une amélioration de la situation mais le chemin sera long.

L’autre solution alternative sera sans doute de donner aux employeurs plus de liberté qu’ils n’en ont.

Sur les 35 heures par exemple, on sait que cette règle n’a aucun caractère obligatoire. D’abord, beaucoup de salariés dans le privé sont mensualisés avec un travail qui s’inscrit dans le cadre de mission. Ensuite, une entreprise peut très bien demander à ses salariés de faire plus de 35 heures, le salarié ne peut d’ailleurs pas refuser sous peine d’avoir quelques risques. La seule contrainte pour l’entreprise, c’est de payer en heures supplémentaires tout le temps qui dépasse les 35 heures. C’est donc une question de coût et de charges sociales. Mais on ne pourra baisser les charges que si on trouve le moyen de remettre des gens au travail.  

Sur l’âge légal de la retraite à 62 ans, on sait déjà que la majorité des Français dépasse ces 62 ans de quelques mois. Par ailleurs, tous les systèmes de retraites par points ou de liberté octroyée au départ en retraite avec ou sans bonus, ne sont pas rejetés par les salariés. A noter aussi que la possibilité de cumuler un emploi et une retraite est pratiquée par beaucoup de retraités. Certains parce que leur pension est trop faible, d’autres parce qu’ils trouvent leur travail intéressant et valorisant. Quant aux jours de congés et aux jours fériés, ils sont consommés de façon très variable. Et notamment depuis l’autorisation de travailler le dimanche.

Enfin, l‘arme fatale pour travailler plus se cache dans la complexité des grilles de salaires. Exemple : quand le syndicat des restaurateurs a enfin compris que si les métiers de bouche (serveurs et cuisiniers) avaient si peu de succès chez les jeunes, c’est parce qu‘ils étaient trop peu rémunérés, les restaurateurs se sont mis à offrir des intéressements fondés sur le chiffre d’affaires. Beaucoup ont d’ailleurs réhabilité en plus le service et les pourboires... C’est donc le client qui paie et s’il est content, il paiera plus. A cette occasion, les restaurateurs se sont souvenus qu’ils avaient bénéficié d’une baisse de TVA et beaucoup reconnaissent qu’ils n’ont jamais répercuté cette baisse au bénéfice du client ou du salarié.

 

Au total, c’est donc sur le marché du travail, et dans la gestion des mécaniques salariales qu’Emmanuel Macron espère trouver des gisements de travailleurs et par conséquent plus de travail. Et si jeudi, il propose une conférence sociale, c’est qu‘il sait déjà que les syndicats sont prêts à avancer dans ce type de réforme. « Il faudra laisser les chiffons rouges au placard et travailler sur le fond, disent-ils, avec deux objectifs, créer des emplois, augmenter les rémunérations en fonction des performances »

Si ces objectifs étaient remplis, la question de l’équilibre des comptes sociaux ne serait plus problématique.   

 

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jepidy
- 24/04/2019 - 10:48
travail - emploi suite
. . . qui alimentent les caisses. Or ceux-ci proviennent de la richesse produite par une Economie donnée. Et cette richesse ne se concrétise que lors de la vente. De plus, il n’y a vente que si le rapport qualité / prix est compétitif, dans les cas contraire, on ne ferait qu’augmenter les stocks pour rien. Lorsqu’une Economie n’est pas compétitive, il vain d’espérer qu’il y ait plus de travail, bien au contraire. Dans ce cas, à quoi peut servir de travailler davantage ou encore de reculer l’âge légal de la retraite ?
jepidy
- 24/04/2019 - 10:47
travail - emplois
« Mais on ne pourra baisser les charges que si on trouve le moyen de remettre des gens au travail. » JMS
Certes, il y a un gisement de 200 à 300 000 emplois non pourvu selon Pôle Emploi. Un petit gisement par rapport au 9% de chômages, mais toujours bon à prendre, si on le peut.
Cependant et plus généralement, il faut qu’il y ait du travail, sinon ça n’a pas de sens. Ce qui vient d’être le cas de Peugeot, qui supprimé des fériés pour répondre à une forte demande. Il est clair que l’objectif n’est pas de mieux renflouer les Caisses, même si à cette occasion on prélèvera plus de cotisations. Mais en aucun cas Peugeot n’aurait fait travailler plus pour uniquement renflouer les caisses de retraites et sociales.
Je pense qu’on confond le mode de calcul des retraites avec la réalité économique de la provenance des fonds
Anouman
- 23/04/2019 - 22:51
Idées
Il n'y a qu'une seule bonne idée, celle de faire travailler les 9% de chômeurs. Seul problème il faut qu'il y ait des emplois. On va voir si Macron résout le problème. Pour le moment il ne semble pas sur la bonne voie mais on n'est jamais à l'abri d'un coup de chance.