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© ERIKA SANTELICES / AFP
© ERIKA SANTELICES / AFP
Bonnes feuilles

La liberté d’expression renversée : l’espace public comme safe space

Publié le 14 avril 2019
Dans son ouvrage L'empire du politiquement correct (éditions du Cerf) Mathieu Bock-Côté interroge le politiquement correct, la pensée unique et l'empire auto-consacré du Bien. 2/2
Mathieu Bock-Côté
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Sociologue, enseignant, essayiste et chroniqueur québécois. Mathieu Bock-Côté a publié en 2016 Le multiculturalisme comme religion politique, aux éditions du Cerf.
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Dans son ouvrage L'empire du politiquement correct (éditions du Cerf) Mathieu Bock-Côté interroge le politiquement correct, la pensée unique et l'empire auto-consacré du Bien. 2/2

La parole publique semble comprimée, étouffée, formatée. La pensée correcte étend son empire et ce sont les conditions mêmes de la liberté d’expression qui se transforment, au moment où cette dernière est redéfinie pour justifier l’institutionnalisation d’un procès permanent contre la culture majoritaire. Les sensibles et les offusqués réinventent à leur manière le blasphème en mettant de l’avant le droit de ne pas être offensé, et plus largement, le droit fondamental de voir l’ordre social les reconnaître tels qu’ils se voient eux-mêmes. Les minorités autoproclamées, engendrées sur le mode de l’identité victimaire par le régime diversitaire, réclament un droit de veto sur la manière de les représenter publiquement. C’est ainsi que les groupes identitaires issus de la décomposition du corps politique seront chacun tentés de rendre scandaleux les propos tenus sur la société ou à leur sujet qui entre en contradiction avec leur sensibilité ou leur philosophie. Ces groupes, écrit Patrick Moreau, « privatisent en quelque sorte la censure à leur profit ».

Le droit de ne pas être offensé favorise ainsi une culture conjuguant censure et autocensure, chaque minorité pouvant s’insurger dès lors qu’elle ne sera pas définie publiquement exclusivement dans les termes qu’elle privilégie. On ne saurait naturellement établir une liste de critères objectifs distinguant les propos offensants de ceux qui ne le sont pas : la subjectivité de chaque groupe, et probablement de sa frange la plus susceptible et la plus militante, servira de balise. Sans surprise, on a vu la mouvance islamiste chercher à récupérer la censure diversitaire en voulant notamment interdire les propos qui entrent en contradiction avec l’islam, ou pour le dire dans les termes d’une militante islamique canadienne participant à une consultation publique sur les discours haineux : il faudrait interdire les « allégations voulant qu’une confession religieuse soit incompatible avec la démocratie, étant donné que nous sommes citoyens d’un pays démocratique ».

Cette censure s’exerce au nom du concept de safe space, particulièrement en vogue dans l’université américaine. Les minorités nouvelles émancipées, pour s’exprimer pleinement, ne devraient plus avoir à sentir le regard de la majorité et doivent pouvoir se protéger contre les discours qui potentiellement les incommoderaient. Dans les salles de classe, par exemple, de plus en plus, on réclamera que le professeur avertisse ses étudiants qu’il risque de tenir des propos pouvant les déranger, les offenser ou les blesser – ce sont les fameux avertissements préventifs (trigger warning). Comme l’écrit Géraldine Smith en parlant des étudiants des campus américains, « ils ont intégré l’idée que l’environnement devait s’adapter à leurs émotions, et non l’inverse ». Il s’agirait en fait de dégager des espaces où les membres des minorités pourraient s’exprimer en toute liberté, sans risquer la contradiction ni la confrontation et plus largement, créer un environnement universitaire purgé des traces du vieux monde et libéré de la présence de ceux qui s’en réclament encore, ce qui impliquera souvent d’empêcher la venue sur les campus de conférenciers jugés offensants ou susceptibles de contredire les exigences diversitaires. Il faudra considérer ces safe spaces comme autant de zones libérées d’une civilisation raciste, patriarcale et homophobe. La décolonisation identitaire et sexuelle d’une société délivrée à la fois du racisme structurel et de l’hétéronormativité patriarcale y serait achevée. Il serait alors possible de lancer à partir de ces zones de nouvelles luttes intersectionnelles contre les oppressions multiples engendrées par la civilisation occidentale.

Extrait de "L'empire du politiquement correct" de Mathieu Bock-Côté, publié chez les éditions du Cerf

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TPV
- 14/04/2019 - 13:14
Blanc, homme, hétéro
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