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Cardinal Robert Sarah : "À la racine de l’effondrement de l’Occident, il y a une crise culturelle et identitaire"
Publié le 08 avril 2019
Nicolas Diat et le cardinal Robert Sarah publient "Le Soir approche et déjà le jour baisse" chez Fayard. Notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et de l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste... Le temps est venu d’un diagnostic sans concession. Extrait 2/2.
Robert Sarah est un cardinal catholique guinéen, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014. Il était auparavant Président du Conseil pontifical Cor unum.Le 25 février 2015, il a publié chez Fayard Dieu ou...
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Nicolas Diat
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Nicolas Diat et le cardinal Robert Sarah publient "Le Soir approche et déjà le jour baisse" chez Fayard. Notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et de l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste... Le temps est venu d’un diagnostic sans concession. Extrait 2/2.

Nicolas Diat : Comment définir le cynisme dont vous parlez si souvent en évoquant le gouvernement de la cité ? 


Cardinal Robert Sarah : En grec ancien, ce mot dérive de kuôn, kunos qui signifie « chien ». Le cynisme a été théorisé par Antisthène, fidèle disciple de Gorgias. À l’âge d’homme, il s’attacha à Socrate. De ce dernier, Antisthène retint surtout la fermeté du caractère dont il fit une sorte de finalité ultime de l’homme. Il aboutit ainsi à une morale de l’autosuffisance individuelle et à un mépris pratique des institutions que Socrate avait pourtant respectées au prix de sa vie. Le mépris des conventions fut poussé à son point extrême par Diogène de Sinope, dont l’individualisme radical s’est traduit par l’insolence qui a marqué tous les philosophes appelés cyniques, à cause de leur attitude et de leurs propos mordants et obscènes – d’où le rapprochement avec le chien. Ils n’avaient aucune considération pour le bien public. La bienséance, la politesse et l’altérité n’entraient pas dans leur réflexion. 

Aujourd’hui, les principes moraux et le bonheur des peuples sont sournoisement piétinés par le cynisme de nombreux gouvernements et compagnies financières. Les médias jouent efficacement les seconds rôles pour accompagner ce funeste mouvement. 

Les guerres et les crises économiques sont souvent le fruit de politiques sans vergogne dont on tait les véritables motivations. Il me suffit de prendre un seul exemple. Qui distribue les armes dont se servent les enfants soldats ? Les pays pauvres n’ont pas les moyens de produire ce matériel militaire. Je condamne ces mensonges. Les pays du Moyen‑Orient, la Libye, la Syrie et, plus loin, l’Afghanistan sont brisés, déstructurés par l’esprit de domination et les intérêts économiques des Occidentaux. Des milliers d’enfants partent dans la plus grande indifférence coupable. Dans le même temps, lorsqu’un soldat italien ou français meurt au combat, un deuil national est immédiatement décrété. Le mensonge européen, qui pratique des morales à géométrie variable, est scandaleux. 

Je me souviens des appels désespérés de Jean‑Paul II pour empêcher la première guerre en Irak. Il avait compris que cette campagne qui ne voulait pas dire son nom n’était qu’une guerre commerciale déclenchée au nom de faux principes humanitaires. Le complexe militaro‑pétrolier n’avait aucune considération pour les droits du peuple irakien. L’histoire a donné raison au pape polonais. Il faut dénoncer ces agissements machiavéliques où l’Occident décadent veut imposer sa vision anthropologique et morale au monde entier.

En Afrique, nous connaissons cette instrumentalisation des intérêts des pauvres. L’idéologie occidentale permet qu’y soient perpétrés des massacres en toute impunité. La famille est la grande richesse de notre continent. Les gouvernements des pays du Nord ont décidé de casser cet avantage incomparable. Je pense souvent à la phrase abjecte du président Emmanuel Macron lors du sommet du G20 à Hambourg, en juillet 2017 :

« Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » Comment évoquer l’indépendance des pays africains quand on ose parler de la sorte ? 

Il faut dénoncer la grande braderie des ressources naturelles de l’Afrique au profit des étrangers, effectué avec la complicité des leaders politiques nationaux. L’Afrique est littéralement pillée, exploitée par les multinationales et les gouvernements occidentaux. On fomente la guerre, on traque ses ressources minières avec des armes. Puis, pendant que les Africains se battent, on exploite son sous‑sol. On pollue l’environnement et on laisse le continent dans la pauvreté endémique. Le marché des armes en Afrique est une horreur qui décime les populations africaines, crée une instabilité permanente et des haines qui ruinent les peuples. Les évêques de la République démocratique du Congo ont récemment voulu se révolter, déclarant le 25 juin 2017 : « La politique économique de notre pays est toujours plus extravertie, organisée au détri‑ ment des Congolais mais au profit des économies étrangères : les ressources minières sont pillées, les surtaxes par les agents publics étranglent et tuent l’économie congolaise avec une concurrence déloyale organisée par ceux‑là mêmes qui ont la charge de protéger ce peuple ! Tout cela entraîne la misère des populations congolaises et le banditisme de tout bord. » 

Il faut lutter contre toutes les formes de corruption, de mensonge, de mépris des peuples, de leur culture et de leur foi. Le bien commun est le seul objectif. La défense de la vie et de la morale est un combat noble qui plaît à Dieu.

Dans son livre Les Yeux ouverts, Marguerite Yourcenar écrivait : « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. » Comment réagir face à l’inculture croissante de notre temps ? 

À la racine de l’effondrement de l’Occident, il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. De nombreux pays ignorent aujourd’hui leur histoire. Cette autoasphyxie conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. J’en ai la certitude : la paganisation de l’Occident paganisera le monde entier et l’effondrement de l’Occident provoquera un cataclysme général, un bouleversement culturel, démographique et religieux total. 

Parallèlement à ce phénomène de développement de l’inculture, les élites, qui ont gardé pour elles une grande connaissance littéraire, scientifique ou politique, ont décidé d’évacuer toute référence à une culture morale ou chrétienne. La culture chrétienne est l’amour d’une sagesse incarnée par un homme, le Fils de Dieu, Jésus‑Christ. En lui, toutes les vies trouvent une justification. En se détachant méthodiquement de Dieu, la culture moderne ne peut plus offrir une vision unifiée de l’univers. 

Et pourtant, la nuit obscure de ce monde est toujours belle, car Dieu existe.

L’inculture contemporaine est la ruine de l’homme. Celui‑ci est quasiment revenu à un stade animal. La dilution de la culture engendre une forme de sentimentalisme pervers et vide. Il nous faut réapprendre à connaître Jésus‑Christ, à croire qu’il nous aime et qu’il est mort par amour pour nous. Il faut réapprendre le catéchisme de l’Église catholique. Il faut avoir le courage et la détermination d’acquérir la connaissance des vérités fondamentales du Credo de la foi catholique. Pourquoi de nombreux catholiques devraient‑ils s’accommoder d’une piété analphabète, sans arguments, d’une religion réglée sur des spasmes émotionnels, sentimentale, d’une morale aveugle privée de l’assise d’une doctrine solide ? 

La culture nous conduit à la clarté. Mais il faut passer par des étapes exigeantes, par un travail intense et des combats conduits avec intelligence. 

Les Romains employaient cette maxime : « Ars sine scientia nihil est », « l’art sans la science n’est rien ». Le manque de recours à l’intelligence est un naufrage. Il n’est pas possible d’atteindre la foi sans faire appel à la raison. L’identification mystique avec Dieu sans le secours de la réflexion est un quiétisme dangereux. 

L’étymologie même du mot culture comporte une notion de croissance : il n’y a pas de culture sans travail et sans effort. Pour retrouver un sens authentique de la culture, il faut savoir quelle humanité nous souhaitons établir. Voulons‑nous un monde où l’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu, ou une terre coupée de toute relation avec les réalités transcendantes, un monde totalement sécularisé, un monde sans Dieu ? Dans le premier cas, nous pourrons faire grandir une culture noble et belle, dans l’autre, nous nous approcherons peu à peu de la sauvagerie. Le bonheur consiste dans un perfectionnement toujours plus riche d’une culture héritée de nos pères sous le regard de Dieu. La barbarie de l’inculture est dominée par la recherche d’une jouissance sans fin et par la satisfaction de nos instincts et de nos passions.

Extrait du livre du cardinal Robert Sarah et de Nicolas Diat, "Le Soir approche et déjà le jour baisse", publié chez Fayard. 

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Dorine
- 08/04/2019 - 09:26
Cardinal SARAH
Un papabile qui va secouer le cocotier