En direct
Best of
Best of du 27 juin au 3 juillet
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Ophélie Winter médite à la Réunion; Brigitte Macron se promène lugubre en baskets, Edith Philippe souriante en tongs, Catherine Deneuve cheveux au vent et souliers vernis; Melania Trump abuse de l’auto-bronzant; Benjamin Biolay a une fille cachée

02.

Sauver la planète ? Le faux-nez de ces "écologistes" qui détestent l'Homme. Et la liberté

03.

Après avoir massivement accepté le télétravail, les Français commencent à en ressentir les perversions...

04.

Tesla à 200 milliards de dollars, c’est le casse du siècle digital ou la promesse du monde d’après...

05.

Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique

06.

Souveraineté numérique : le choix inquiétant fait par la BPI pour l’hébergement des données sur les prêts des entreprises françaises affaiblies par le Covid-19

01.

Jean Castex, une menace bien plus grande pour LR qu’Edouard Philippe ?

02.

Le président algérien réclame (encore) des excuses à la France. Quand sera-t-il rassasié ?

03.

Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique

04.

Le parti EELV va alerter le CSA après les propos d'Eric Zemmour sur CNEWS dans "Face à l'Info" sur la vague verte et l'islam

05.

Nouvelle explosion des cas de Coronavirus : mais que se passe-t-il aux Etats-Unis ?

06.

Un nouveau Premier ministre pour rien ? Pourquoi la France a plus besoin d’une vision assumée que d’un En-Même-Temps au carré

ça vient d'être publié
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Un garçon sur le pas de la porte" de Anne Tyler : quand la petite vie pépère d’un quadragénaire se déglingue... un petit bijou intimiste et amusant

il y a 8 heures 50 min
pépite vidéo > Politique
Débuts difficiles
Eric Dupond-Moretti a été chahuté par les députés pour ses premiers pas à l’Assemblée nationale
il y a 9 heures 41 min
pépite vidéo > Politique
Cap pour la fin du quiquennat
Remaniement : retrouvez l'entretien du Premier ministre Jean Castex sur RMC - BFMTV
il y a 10 heures 26 min
décryptage > Politique
Intentions de vote

Horizon 2022 : le sondage qui (re)douche les espoirs de la droite LR

il y a 12 heures 14 min
décryptage > France
Moyen sûr de voyager

Le camping-car, star de l’été 2020

il y a 13 heures 22 min
décryptage > Europe
Vers une nouvelle crise politique ?

Irlande du Nord : l’IRA va-t-elle déterrer la hache de guerre ?

il y a 14 heures 13 min
décryptage > Economie
Atlantico Business

Les bonnes surprises (cachées) du déconfinement pourraient permettre une reprise plus rapide que prévue

il y a 15 heures 27 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Dé mem brer" de Joyce Carol Oates : un excellent recueil de 7 nouvelles cinglantes à propos de 7 femmes presque ordinaires

il y a 1 jour 5 heures
pépites > International
Contaminations
Coronavirus au Brésil : le président Jair Bolsonaro a été testé positif
il y a 1 jour 5 heures
light > Politique
Génération Covid
Emmanuel Macron a félicité les nouveaux bacheliers avec un message sur TikTok
il y a 1 jour 7 heures
pépites > Economie
Mesure d'urgence
La région Ile-de-France cesse de payer la RATP et la SNCF, en l'absence d'aide de l'Etat
il y a 9 heures 4 min
pépites > Politique
Déclarations
HATVP : Pénélope Komitès, adjointe d'Anne Hidalgo, aurait oublié de déclarer 250.000 euros et évoque une "erreur"
il y a 10 heures 53 sec
décryptage > Politique
Remaniement

Les gouvernements passent, la haute administration demeure (au pouvoir)

il y a 11 heures 2 min
décryptage > Politique
Adieu robe noire

Et le ministre (Dupond-Moretti) brûla ce que l'avocat (Dupond-Moretti) avait adoré !

il y a 13 heures 6 min
décryptage > Economie
Marchés financiers

Ces investisseurs de la Tech qui semblent revenus à l’euphorie pré-bulle de l’an 2000

il y a 13 heures 45 min
décryptage > Politique
Leçons du remaniement

Alerte enlèvement : mais à quoi sert le MoDem ?

il y a 14 heures 53 min
décryptage > Economie
Impact du coronavirus

Bombe à retardement ? La pandémie a fait chuter les transferts d'argent vers les pays d’origine des immigrés comme jamais auparavant

il y a 15 heures 42 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Contre les barbares" de Maurizio Bettini : un roman d’apprentissage bien sombre et trop prévisible malgré des personnages campés avec talent

il y a 1 jour 5 heures
light > Justice
Bombes à retardement
Affaire Epstein : Ghislaine Maxwell détiendrait plusieurs vidéos d'actes pédophiles commis chez le milliardaire Jeffrey Epstein
il y a 1 jour 6 heures
pépites > Politique
Confiance des citoyens ?
Remaniement : les Français approuvent le choix des ministres du gouvernement de Jean Castex mais ne se font pas d'illusion sur la politique qu'ils mèneront
il y a 1 jour 8 heures
© FREDERICK FLORIN / AFP
© FREDERICK FLORIN / AFP
Poker menteur

Et le sujet fantôme de la campagne des européennes est…

Publié le 11 mars 2019
Les tractations commerciales UE - États-Unis mettent le couple franco-allemand sous pression sans que Paris ni Berlin ne semblent avoir très envie de faire état de leurs intérêts et stratégies divergentes.
Christophe Bouillaud
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
Voir la bio
Jean-Marc Siroën
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Siroën est économiste. Il enseigne actuellement à l’université Paris Dauphine et est professeur au sein du département Master Sciences des Organisations. Il est spécialiste d’économie internationale. Il participe également au programme de...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les tractations commerciales UE - États-Unis mettent le couple franco-allemand sous pression sans que Paris ni Berlin ne semblent avoir très envie de faire état de leurs intérêts et stratégies divergentes.

Atlantico : Les 6 et 7 mars derniers, Cecilia Malmström, Commissaire européenne au commerce, et Martin Selmayr, secrétaire général de la Commission européenne, se rendaient à Washington dans le cadre de la négociation commerciale qui oppose les deux ensembles. D'un côté, les Etats-Unis menacent d'imposer des tarifs douaniers sur le secteur automobile, tout en demandant, en échange, l’intégration de l'agriculture dans les négociations commerciales. Une solution qui serait a priori rejetée par les européens, mais principalement par la France. Au regard de la complexité de la situation, divisant les intérêts européens entre la préservation du secteur automobile allemand d'une part, et de l'agriculture française d'autre part, comment imaginer le règlement d'un tel dossier dans le cas où les Etats-Unis ne céderaient pas sur leurs exigences ? 

Christophe Bouillaud : Il est difficile d’imaginer que les dirigeants européens cèdent sur l’ensemble des dossiers agricoles. Il faut déjà se rappeler la mobilisation populaire pan-européenne qui a pu s’opérer contre le CETA, l’Accord de libre-échange avec le Canada, où, justement, la crainte pour l’agriculture et l’élevage, et plus généralement pour l’agro-alimentaire, européens s’est exprimé à plein. C’est un front très large qui s’était formé contre ce traité, qui ne concerne pourtant qu’un partenaire commercial de moindre importance.Je doute donc que les dirigeants européens sous la pression de leurs opinions publiques, à quelques mois des élections européennes en plus,soient prêts par exemple à céder sur leurs normes de qualité alimentaire.La seule ouverture possible serait que l’Union européenne continue à importer encore plus de soja par exemple, d’entrants pour la filière animale, autrement dit de produits qui se trouvent le plus loin possible du consommateur final.  Après cette considération qui vaut pour tous les Européens qui ne considèrent pas la qualité de l’alimentation à l’américaine comme souhaitable, je vois très mal les dirigeants français, quel qu’ils soient, accepter de sacrifier encore le secteur agricole, alors même que ce dernier connait déjà actuellement de graves difficultés. 
Par contre, il y a sans doute des accords possibles en matière de biens industriels. On pourrait imaginer par exemple d’acheter beaucoup plus de matériels d’armement aux Etats-Unis.  Après tout, c’est l’un de leurs points forts en matière technologique. Et, vu le coût unitaire exorbitant de tels biens d’armement, ils auront rapidement le rééquilibrage souhaité des échanges commerciaux – mais, bien sûr, cela suppose que les Européens acceptent qu’ils ne peuvent pas avoir un équilibre budgétaire comme le souhaiterait les dirigeants allemands, et aussi que les industries européennes de défense partagent le gâteau du réarmement avec les industries nord-américaines. Cela limiterait aussi l’autonomie stratégique de l’UE en matière militaire que la France recherche par ailleurs. 

Jean-Marc Siroën : Plutôt que de lancer la lourde machine de négociation d’un traité commercial, une solution « simple » aurait été, par exemple, d’aligner les droits de douane des deux pays : l’UE abaissait ses tarifs pour les automobiles et les États-Unis pour les camions. Mais, les règles de l’OMC - la clause de la « nation la plus favorisée » - auraient imposé d’étendre cette baisse au reste du monde -dont la Chine- sans contrepartie de leur part. C’est pour résoudre ce genre de problèmes que des négociations multilatérales avaient été ouvertes en 2002 -le Cycle de Doha- mais elles ne se sont jamais conclues, notamment parce que les États-Unis s’en étaient désintéressés.
L’alternative a alors été de négocier un traité de libre-échange qui éviterait l’obligation d’étendre la baisse des tarifs aux pays tiers (sachant que des pays exportateurs d’automobile comme la Corée du Sud et maintenant le Japon bénéficient déjà d’un tel accord). 
Pourtant, ce serait une grave erreur de croire qu’un traité de libre-échange avec les États-Unis abriterait l’Union européenne des sanctions américaines. La preuve : malgré l’accord sur le nouvel ALENA, les États-Unis n’ont pas levé leurs sanctions sur l’acier et l’aluminium qui frappent toujours le Canada et le Mexique. 
Le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker s’est sans doute avancé un peu vite en acceptant le principe d’un traité commercial pour apaiser les États-Unis. À ma connaissance, ce serait en effet la première fois qu’on s’engagerait dans la négociation d’un traité commercial pour régler un problème sectoriel, en l’occurrence l’automobile. En effet, les traités de libre-échange doivent prévoir la suppression des droits de douane sinon sur l’ensemble des biens, du moins sur leur plus grande part. Assez souvent, les secteurs épargnés sont l’énergie et l’agriculture considérés comme sensibles. Même si l’agriculture était épargnée, le traité devrait ouvrir un très grand nombre de secteurs aux importations américaines et pas seulement à l’automobile. 
Le projet, pour ce qu’on en connait, serait en rupture avec la tendance même des traités commerciaux récents qui non seulement concernent la quasi-totalité des biens, mais surtout ne se limitent pas aux droits de douane. Ils ouvrent aussi, notamment, les services, les investissements (y compris les très controversées règlement des différends firmes-États), les marchés publics, le e-commerce. Ils traitent des domaines plus ou moins liés à l’échange (travail, concurrence, environnement, normes, etc.). C’est d’ailleurs la négociation d’un tel accord dit de la « nouvelle génération » qui avait déjà été engagée avec les États-Unis (le TTIP pour Transatlantic Trade and Investment Partnership) avant d’être suspendu en 2016.

Cette fois, avec ou sans agriculture, le traité envisagé devrait aller beaucoup moins loin. Il aurait été en effet étrange que Donald Trump propose un type d’accord qu’il avait violemment condamné et je doute que la Commission européenne ait envie de revivre cet épisode malheureux qui n’est pas si ancien ! 
La négociation devrait donc porter sur un traité « à l’ancienne » dont l’objet principal serait la diminution des droits de douane. Cette ambition rabaissée n’implique pourtant pas que la négociation soit plus facile. En effet, trop limiter le champ de négociation réduit aussi le « grain à moudre » et les négociateurs ne pourront pas éviter le dilemme suivant : constater l’échec ou rechercher en équilibre en introduisant d’autres sujets même si ceux-ci n’avaient pas été envisagés avant. C’est d’ailleurs comme cela qu’il faut comprendre la volonté américaine d’étendre la négociation à l’agriculture alors qu’il n’en était initialement pas question. De plus le monde agricole commence à souffrir des représailles chinoises et, dans la perspective de sa réélection, Donald Trump doit satisfaire leur attente…
Le mandat de négociation risque de devenir une muraille perméable à ces dérives s’il n’est pas clairement formulé. L’expérience montre que les négociations mal engagées et mal préparées ont peu de chance de réussir. Le moins qu’on puisse dire, est que si la négociation s’ouvrait dans les prochaines semaines, ce qui m’étonnerait, elle ne se déroulerait pas sous les meilleurs auspices…

 

Selon le cadre institutionnel européen, Cecilia Malmström devrait obtenir un mandat du Conseil européen afin de pouvoir négocier un accord commercial avec les Etats-Unis dans les prochaines semaines. D'un point de vue intérieur, et au regard de la forte opposition que pourrait générer un nouveau mandat de négociation commerciale avec les Etats-Unis, dans quelle mesure Emmanuel Macron pourrait tenter de retarder une telle échéance alors que la campagne électorale européenne s'annonce "serrée" ? 

Christophe Bouillaud : A moins que notre Président cherche à perdre les élections européennes de mai prochain, il est souhaitable que le mandat de négociation commerciale avec les Etats-Unis  soit le plus protecteur possible des intérêts européens. Emmanuel Macron ne peut pas, d’un côté, promouvoir, y compris dans sa récente tribune, une « Europe qui protège » pendant sa campagne électorale et, de l’autre côté, accepter un mandat qui laisserait de quelque manière que ce soit les Européens à découvert devant l’offensive nord-américaine, surtout venant d’un Donald Trump. De plus, en raison du poids politique du monde agricole en France, tout mandat de négociation devrait être extrêmement restrictif sur l’agriculture.
Mais, surtout, au-delà des termes mêmes du mandat, il me parait évident que l’annonce même de l’ouverturede cette négociation commerciale avec les Etats-Unis  ne peut que gêner Emmanuel Macron dans sa campagne électorale. Tous les partis d’opposition sans exception, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, en passant par le PS et les Républicains, trouveront quelque chose à y redire. En effet, comme l’opinion publique française, dans sa majorité, est désormais hostile à la mondialisation, tous les partis d’opposition voudront monopoliser l’expression de cette hostilité pour augmenter leur score électoral. On risque dans ce cadre de voir une concurrence acharnée dans la critique de ce mandat « scélérat » entre le RN, DLF, FI, voire EE-les Verts, Génération(s), le PCF, ou même le PS et les Républicains. Au pire du pire, si le sujet finit par attirer l’attention des grands médias, s’il finit par donner lieu à des rumeurs plus ou moins fondés, on pourrait se trouver à transformer l’élection européenne en référendum anti-accord avec les Etats-Unis de Donald Trump, où Emmanuel Macron se retrouverait seul d’un côté contre tous les autres partis.  
Il faut aussi rappeler que, selon les sondages de ces dernières semaines, LREM/MODEM est effectivement en tête devant le RN, et que les commentateurs, y compris des collègues du CEVIPOF,en ont visiblement conclu, suivant la logique du premier tour de la présidentielle, que c’est là que se jouer le sens de l’élection européenne : qui arrive en tête ? Or l’écart entre le score du LREM/MODEM et celui du RN n’est pas si large que la liste de la majorité présidentielle puisse se permettre de donner un argument parfait de mobilisation électorale pour le RN, un parti qui ne néglige pas la détresse paysanne et rurale, et qui aura beau jeu de réviser ses gammes contre le « mondialisme ». Emmanuel Macron a donc tout intérêt à ce que ce possible accord avec les Etats-Unis ne fasse pas partie des données du contexte électoral. Pour lui, il est vraiment urgent d’attendre. Du côté allemand, une hausse des taxes américaines sur les importations de voitures allemandes n’aura pas non plus des effets très agréables pour la popularité du pouvoir en place, mais, vu la popularité de la CDU-CSU, et l’interprétation possible du scrutin outre-Rhin en termes proportionnels, les risques politiques paraissent moindres. 

Jean-Marc Siroën : La Commissaire au commerce doit en effet recevoir des directives du Conseil avant de négocier « légitimement » un traité. On en est donc aujourd’hui au stade des « discussions » pas de la négociation qui serait plus formelle. Il n’y a pas d’échéance autre que la menace de sanctions américaines à laquelle l’Union européenne n’est pas obligée de céder. Et sur le plan commercial, le rapport de force n’est pas nécessairement en défaveur de l’Union européenne. 

La menace américaine de surtaxer rapidement les automobiles européennes est contradictoire avec la réalité des traités. Au-delà des grands principes, sur lesquels les deux parties ne sont déjà pas d’accord, il reste une multitude de détails dans lesquels, on le sait, se cache le diable. À supposer, par exemple, qu’on se mette d’accord pour supprimer (ou égaliser) les droits de douane sur les automobiles, quid des camions taxés à 25% aux États-Unis ? A quelle condition une automobile américaine exportée vers l’Europe sera-t-elle considérée comme contenant suffisamment de valeur ajoutée américaine pour être exonérée des droits (et réciproquement) ? Les États-Unis exigeront-ils le même type de règles d’origine ubuesques à savoir 75% de la valeur des composants d’origine nord-Américaine et 40 à 45% du travail incorporé rémunéré à au moins 16 $ (plus que le SMIC français !). Et comment situer l’ALENA (USA, Canada, Mexique) alors que le Canada et le Mexique ont eux aussi des accords de libre-échange avec l’Union européenne…  Ces règles d’origine ne sont qu’un des exemples de ces vilains détails qui compliqueront et prolongeront la négociation, si négociation il y a.

Aujourd’hui, un traité USA-UE ce serait donc comme tuer un moustique avec un marteau piqueur…sans supprimer tous les moustiques.
Les élections européennes ne concernent pas que la France. Je pense que l’Union Européenne ne devra s’engager sur rien avant cette échéance. Emmanuel Macron a souvent affiché une certaine méfiance à l’égard des traités commerciaux. Je serais étonné qu’il accélère le processus et qu’il prenne aujourd’hui le risque de réveiller les inquiétudes qu’avait suscité le TIPP même si le projet devait être moins ambitieux. Le mandat de négociation était alors resté longtemps secret. Espérons que le Conseil ne renouvellera pas cette erreur qui avait attisé l’hostilité de la société civile.
De fait, je pense que personne, du côté européen, n’a très envie d’accélérer les choses.  Soit le mandat sera très minimaliste au prix d’être irréaliste, soit il sera adressé à la Commission après les élections. Je doute que les éventuelles négociations débutent avant l’automne ou l’hiver prochain. C’est alors une nouvelle Commission qui sera aux affaires, ce qui ne laisse pas augurer une accélération de la démarche…

 

Comment interpréter la situation actuelle ? Faut-il y voir une certaine rationalité économique de la part des Etats-Unis, ou une volonté politique de division des intérêts du couple franco-allemand ?

Christophe Bouillaud : Bien sûr, depuis des décennies, les Etats-Unis critiquent la Politique agricole commune (PAC). Cela vaut aussi bien pour la concurrence entre agriculteurs sur les marchés tiers que pour l’accès au marché intérieur européen. Dans le monde idéal des dirigeants nord-américains, leurs produits agricoles, subventionnés, devraient inonder le monde. Ils font d’ailleurs des pressions identiques sur le Japon ou la Chine. Rappelons déjà que la naissance de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), à la suite du GATT, au début des années 1990 correspond déjà à des concessions en matière agricole de la part de l’Union européenne, et de fait, de la France, au profit, entre autres, des producteurs agricoles du Nouveau Monde. 
Après, pour le cas présent, on peut soupçonner que cela arrange bien Donald Trump de semer la zizanie dans le camp européen, en particulier dans le partenariat franco-allemand. Si finalement, faute de négociation commerciale, des tarifs douaniers punitifs sont imposés par les Etats-Unis aux automobiles allemandes, notre partenaire allemand sera en difficulté et pourra nous enattribuer la faute. Et, si le Conseil européen accepte le mandat de négociation, avec un peu trop d’agriculture dedans, cela sera le partenaire français qui se verra mal parti. Il faut ajouter que ce jeu de Donald Trump est tellement transparent que cela laisse une petite chance aux Européens de le déjouer. Il n’est pas interdit non plus aux Européens d’essayer de jouer la montre, en acceptant de négocier tout en espérant faire traîner les choses en longueur. 

Jean-Marc Siroën : L’administration américaine poursuit plusieurs buts. Protéger l’industrie américaine surtout lorsqu’elle est localisée dans des régions électoralement sensibles, réduire le déficit commercial en forçant l’entrée du marché européen aux produits américains, affaiblir l’Europe en attisant les divisions, contourner l’OMC pour démontrer que les États-Unis peuvent s’en passer. Si l’agriculture, l’automobile et l’acier cochent toutes les cases, cela fait quand même beaucoup d’objectifs pour des instruments finalement assez limités et peu maniables, ce qui laisse augurer bien des difficultés.
Jusqu’à maintenant, les tentatives de Donald Trump d’attiser les différends européens et diviser le couple franco-allemand l’a surtout conduit à se fâcher avec Angela Merkel et Emmanuel Macron. Il a même réussi à se brouiller avec Theresa May ! Utiliser l’agriculture comme facteur de division n’est pas une tactique inaugurée par Donald Trump, c’est même un peu l’histoire des relations commerciales entre les deux puissances depuis le Traité de Rome ! Dans le camp agricole, la France conserve ses alliés et le départ du Royaume-Uni, qui n’a pas d’agriculture à protéger, réduit encore les risques d’un clash sur cette question. Certes, l’Allemagne serait le pays le plus touché par la surtaxe sur les automobiles importées, mais il n’est pas certain qu’un traité commercial, du moins tel que les États-Unis le conçoivent, rassure complètement Mme Merkel sur la volonté américaine de signer l’armistice. 
Sans doute faudra-t-il imaginer autre chose pour apaiser le contentieux avec les États-Unis. 

 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Gégé Foufou
- 12/03/2019 - 18:59
Sujet fantôme ?
Et bien à mon humble avis celui qui a été étouffé,...l'immigration et plus grave l'islamisation de notre pays.
Sidewinder
- 12/03/2019 - 01:06
Curieux debat
L'avenir économique n'a jamais été fait par des traités. Les traités ne font qu'entériner des situations existantes. L'avenir c'est la technologie et cela depuis plus longtemps que l'on imagine. Bon, ces discutions sont intéressantes pour les quelques années présentes, mais l'avenir est dans la liberté que nous laisserons à nos entreprises.
lasenorita
- 11/03/2019 - 18:49
Philippe de Villiers aurait-il raison?
Philippe de Villiers aurait-il raison au sujet des U.S.A.? et le groupe Bilderberg voir https://www.youtube.com/watch?v=NqV5zyxAq-g ce qui me préoccupe surtout c'est d'apprendre que,tous les ans,naissent en France autant de musulmans que d'habitants d'une ville comme Nîmes voir https://www.les-identitaires.com/2019/03/demographie-francaise-attention-tout-saccelere et voir https://www.breizh-info.com/2019/03/10/113943/david-pujasas-evoque-le-grand-remplacement..il serait temps de FERMER nos frontières et je crois que le RN fera un bon score aux ''Européennes'' à cause de cela: les Français en ont MARRE de payer pour ceux qui nous envahissent et qui nous apportent que des ennuis!...mais les pro-Européens ne veulent rien entendre c'est à croire qu'ils encouragent le ''remplacement'' des Européens civilisés par des hordes de BARBARES musulmans!..