En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
© PASCAL GUYOT / AFP
Décrochage
17% des 15/29 ans déscolarisés, sans diplômes et sans emplois : les racines d’une dangereuse contreperformance française
Publié le 14 février 2019
Les jeunes sont pris en étau entre un système éducatif de mauvaise qualité et la hausse des prix de l'immobilier.
Patrick Artus est économiste.Il est spécialisé en économie internationale et en politique monétaire.Il est directeur de la Recherche et des Études de Natixis. Patrick Artus est le co-auteur, avec Isabelle Gravet, de La crise de l'euro: Comprendre les...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Patrick Artus
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Patrick Artus est économiste.Il est spécialisé en économie internationale et en politique monétaire.Il est directeur de la Recherche et des Études de Natixis. Patrick Artus est le co-auteur, avec Isabelle Gravet, de La crise de l'euro: Comprendre les...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les jeunes sont pris en étau entre un système éducatif de mauvaise qualité et la hausse des prix de l'immobilier.

Atlantico : Dans une note intitulée "France : nous nous désintéressons totalement de nos enfants" publiée pour Natixis, vous exposez certains problèmes rencontrés par la jeunesse, notamment celles des "décrocheurs". Comment expliquer la très forte proportion de NEET (sans emploi et sans formation ) en France, comparativement à d'autres pays occidentaux ?

Patrick Artus : Nous avons environ 17% de NEETs en France, qui sont les jeunes de 15 à 29 ans qui n'ont ni diplôme, ni formation, ni emploi, et qui n'ont aucun programme de requalification. Ce constat est à lier aux très mauvais résultats éducatifs tels qu'ils sont avérés par les enquêtes PISA par exemple. On sait que le système éducatif en France a globalement de mauvais résultats et particulièrement pour les enfants de familles modestes. Ce système est une machine à aggraver les inégalités sociales entre les générations. On sait également que ce système éducatif n'a pas de sauvegarde ; les jeunes qui quittent l'école prématurément -ce que la France a choisi d'appeler les décrocheurs - ne sont jamais récupérés pour les remettre dans le système éducatif. C'est ce qui conduit le pays à avoir une forte proportion de jeunes dans cette situation. Et quand un jeune quitte l'école à 14 ou à 15 ans, sans diplôme, sans formation, sans rien, il lui est quand même extraordinairement difficile de trouver un emploi.
Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que ces chiffres n'incluent pas les jeunes qui ont passé le Bac et qui échouent au début de leurs études de Licence et qui abandonnent l'Université prématurément, c'est un nombre important qui s'ajoute aux NEETs. Il faut se rendre compte que dans une génération d'environ 700 000 jeunes, plus de 200 000 sont en situation d'échec éducatif. Il n'est donc pas étonnant que le chômage structurel augmente en France.


Quelles sont les actions à entreprendre pour faire face à la situation ?  

D'une part, il faudrait avoir des propositions qui ramènent les jeunes en situation d'échec dans le système éducatif, comme cela est fait par exemple en Europe du nord. D'autre part, il faut développer un système de formation technique de qualité qui serait l'enchaînement Bac pro / BTS ou Bac pro / IUT en y amenant davantage de jeunes au lieu de les pousser dans des études générales. Il faudrait mettre en place, comme en Allemagne ou en Suisse, un système de formation technique de grande qualité. Et cela n'aurait pas de coût budgétaire parce qu'entre un jeune qui réussit en BTS et un jeune qui traîne dans une Licence généraliste sans y arriver, cela ne coûte pas plus cher à la société.


Vous insistez également sur la question des difficultés des jeunes face à la question immobilière en France ... ?

Ce qu'il faut voir, c'est la différence entre les prix de l'immobilier et les salaires. En 20 ans, ce rapport a augmenté en France d'à peu près 65%. En moyenne, tous les ans, les prix de l'immobilier augmentent de 30% de plus que les salaires. Évidemment, cela créé un transfert générationnel énorme puisqu'au détriment de ceux qui vont acheter de l'immobilier et en faveur de ceux qui sont déjà propriétaires. C'est un transfert des jeunes vers les vieux via l'immobilier qui est colossal et qui est totalement injuste. Dans un pays, normalement, on aimerait bien que les transferts se fassent des vieux vers les jeunes. Il faut inciter les seniors à transmettre leur héritage plus tôt pour que les jeunes qui le reçoivent soient à l'âge d'en profiter, pas à 65 ans. Il faut donc développer les dispositifs de transmission précoce. Et concernant l'immobilier lui-même, tout ce qui a été essayé a échoué parce que tout ce qui a été essayé a découragé la construction. En bloquant les loyers, on croyait faire une politique intelligente...mais en réalité cela réduit l'investissement locatif ce qui fait que les prix de l'immobilier augmentent encore plus. La seule solution, c'est de construire plus. Tout le monde le sait mais personne ne le fait, il faut densifier les centres-villes pour y faire baisser les prix et éviter que les Français aient besoin de s'expatrier dans les lointaines banlieues avec des problèmes de transport ou de revente de leur maison s'ils veulent bouger. Il faut construire plus, et donc enlever les obstacles à la construction qui sont essentiellement de type réglementaire dans les villes. Ce que l'on fait en France, c'est construire en étendant les villes dans les campagnes, ce qui est stupide et qui induit des coûts incroyables induits, notamment en termes de transport. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
02.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
03.
Vent de sécularisation sur le monde arabe ? Ces pays qui commencent à se détourner de la religion
04.
Quand la SNCF se laisse déborder par ses contrôleurs
05.
Quand les secrets du succès du Bon Coin intriguent Amazon et eBay
06.
Nominations européennes : le bras de fer entamé par Emmanuel Macron avec l’Allemagne peut-il aboutir ?
07.
Canicule : y’a-t-il encore un adulte dans l’avion ?
01.
Environnement : trop de réglementations ?
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
Taxe d’habitation : les Français organisent leur propre malheur immobilier
03.
A la recherche des Gilets jaunes disparus
04.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
05.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
PMA et filiation : ces difficultés humaines prévisibles que le gouvernement écarte bien rapidement
02.
Mieux que Jeanne d'Arc : Greta Thunberg voit le CO² à l'œil nu !
03.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
04.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
05.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
06.
Burkini : des femmes envahissent une piscine à Grenoble
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Sidewinder
- 14/02/2019 - 23:55
Education Nationale
Quand va-t-on une fois pour toute mettre le doigt sur la pire des catastrophe Françaises : l'échec titanesque de notre système éducatif ? Les enseignants majoritairement gauchistes passent plus de temps à endoctriner les élèves qu'à faire le boulot pour lequel ils sont payés par l'argent des contribuables. Ce n'est pas une réforme qu'il faut faire, c'est une révolution en virant tous ces parasites et en réembauchant de véritables professionnels.
L’éducation nationale est le 1er budget de l’état….pour quel résultat ?
Poussard Gérard
- 14/02/2019 - 14:23
Echec de l'éducation nationale??
on a injecté de l'argent mais ce n'est pas la solution...Incompétence des enseignants, manque d'autorité, laxisme??? soumission au diktats de la bien pensance ou de l'islamisation dans les quartiers??
Guy Bernard
- 14/02/2019 - 11:35
c'est un plan d'ensemble qu'il faut envisager
de nombreux pays ont des problèmes de compétences : nous mêmes par un enseignement general négligeant l'apprentissage (alors qu'ailleurs 50% des élèves et plus sont dans l'enseignement professionnel) ; les diplômes de l'EN ne visent pas des compétences et donnent lieu à un trafic permettant l’accès à la FP, mais nous possédons des compétences pointues dans des domaines précis ; à contrario, l'allemagne a un apprentissage développé et de haut niveau mais le secteur est tellement attractif qu'elle manque de compétences pointues.
de plus, lorsqu'on perd la production, on perd alors les liens et les emplois de R&D et les voies d’amélioration.
c'est donc un plan d'ensemble qu'il faut envisager : apprentissage, enseignement general et compétences pointues, et compétences et production.