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Art du Deal

Accord partiel sur la fin du Shutdown : Donald Trump joue la souplesse face au Congrès pour mieux se redonner de l’oxygène

Publié le 26 janvier 2019
Le président américain Donald Trump a signé l'accord permettant de mettre fin au "shutdown" le plus long de l'histoire américaine.
Jean-Eric Branaa
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Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide et chercheur associé à l’institut l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis ...
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Le président américain Donald Trump a signé l'accord permettant de mettre fin au "shutdown" le plus long de l'histoire américaine.

Atlantico : Le président américain Donald Trump a signé l'accord permettant de mettre fin au "shutdown" le plus long de l'histoire américaine. Comment la situation s'est-elle débloquée ?

Jean-Eric Braana : Donald Trump était engagé dans un blocage sans fin face aux Démocrates. En espérant résoudre l’actuelle crise politique, il avait proposé de régulariser les migrants enfants (les Dreamers) ou ceux qui ont un statut temporaire. Une proposition qui allait droit dans le mur tant elle avait grincer les dents de l’aile droite des Républicains. On l’a vu en fin de semaine lorsque deux sénateurs - Mike Lee sénateur de l’Utah et Tom Cotton sénateur de l’Arkansas- ont voté contre le texte proposé par les Républicains montrant ainsi que cette main tendue vers l’immigration ne leur convenait absolument pas puisqu’ils sont en faveur d’une ligne dure et naturellement favorables au mur.

Ainsi, alors qu’une proposition aurait déçu l’aile droite et n’eu aucun impact sur les Démocrates, céder aujourd’hui peut ressembler à un suicide politique. Le mécontentement de son aile conservatrice est criant. Aujourd’hui, les médias vont s’empresser de montrer que la majorité Démocrate du Sénat a gagné face à Donald Trump. Cependant, en cédant, il a balayé l’image d’un Président buté qui n’en ferait qu’à sa tête. Ces derniers jours, les fonctionnaires -qui ne sont pas payé depuis le début du shutdown- interviewés sur toutes les chaînes disaient en vouloir à Donald Trump de ne pas céder. Or, en changeant d’attitude, il passe à présent pour un homme souple, un président qui a compris la souffrance de son peuple. Lorsqu’il s’est exprimé publiquement, il a d’ailleurs débuté son discours en parlant de ces fonctionnaires qui ne recevaient plus leur salaire, demandant à ce qu’ils soient payés de suite.

Le nouveau shutdown remet les compteurs à zéro, mais Donald Trump a néanmoins permis aux employés de récupérer le salaire qu’ils n’avaient pas perçu depuis quelques mois. En ayant un peu cédé, et si les négociations n’aboutissent pas (ce qui sera le cas en raison de la question récurrente du mur), il pourra désormais s’opposer au shutdown en lançant l’état d’urgence. Pour cela, il lui suffira de s’appuyer sur la souffrance des fonctionnaires, lui évitant des accusations d’abus de pouvoir.

Donald Trump sort-il perdant ou gagnant, après cette concession faite à ses adversaires démocrates ?

Nous sommes encore en plein “match”, il est donc difficile de déterminer réellement qui sera le gagnant. Mais il est intéressant de repenser à l’ouvrage de Donald Trump, “L’Art du deal”, dans lequel il écrivait qu’il faut toujours avoir l’air de céder pour faire croire à son adversaire que c’est lui qui gagne. C’est une idée qui est très présente dans son livre et que l’on peut facilement relier à la situation actuelle.

Je pense, en réalité, que c’est cela qui va passer : les démocrates sont dans une impasse, soit ils ne donnent rien et se retrouvent complètement bloqués par l’état d’urgence ou alors il font un pas vers les Républicains. Avec l’option un, ils perdent complètement et le mur est construit pour un coût total de 7 milliards ; avec l’option deux, ils proposent un “petit mur” de deux milliards auquel Donald Trump dirait oui. Se faisant, Donald Trump ne sortirait pas perdant et les Démocrates non plus.

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Liberte5
- 30/01/2019 - 12:07
Les démocrates se sont mis dans une impasse .....
car malgré les apparences ils se sont coincés cette ligne dure et n'ont plus de marges de manœuvre. L’extrémisme plait à leur électorat d'extrême gauche mais ne va pas forcément plaire aux démocrates modérés façon B. Clinton. N. Pelosi qui est tout, sauf une fine négociatrice, voit son image érodée dans un récent sondage , alors que D. Trump bénéficie toujours du soutien de sa base. Les démocrates qui désormais ont une extrême gauche dans leur groupe au parlement sont dans le foutoir total pour s'organiser. Un peu comme les socialistes l'avaient été avec les frondeurs.