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Baisse du chômage sans création d’emplois : radioscopie des facteurs de la baisse du nombre de demandeurs d’emplois au dernier trimestre 2018
Publié le 26 janvier 2019
Le nombre de chômeurs en catégorie A a baissé de 42 000 personnes sur le dernier trimestre 2018, mais la France demeure avec la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne un pays à chômage massif quand le reste de l’Europe est en situation de quasi plein emploi.
Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.
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Le nombre de chômeurs en catégorie A a baissé de 42 000 personnes sur le dernier trimestre 2018, mais la France demeure avec la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne un pays à chômage massif quand le reste de l’Europe est en situation de quasi plein emploi.

Atlantico : Selon les chiffres publiés par la Dares, le nombre de chômeurs en catégorie A a baissé de 42 000 personnes sur le dernier trimestre 2018 (moins 44 600 personnes pour les Cat A; B et C). Comment expliquer cette baisse ? 

Philippe Crevel : La France demeure avec la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne un pays à chômage massif au sein de l’Union européenne quand le reste de l’Europe est en situation de quasi plein emploi. Cette spécificité latine ne peut pas être imputée à la seule démographie certains des pays cités, comme l’Italie, qui sont en déclin démographique. Est-ce lié à la réglementation du travail ou au niveau de compétences des actifs ? Les facteurs de ce chômage sont, par nature, multiples. Malgré tout, en 2018, le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés a légèrement diminué en France. Au moment où les partenaires sociaux doivent trouver des solutions pour équilibrer les comptes de l’assurance chômage, la baisse du nombre de personnes indemnisées ne pourra que les réjouir.

En France (y compris départements-régions d'outre-mer, hors Mayotte), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève fin 2018 à 3 676 500 pour la catégorie A en baisse de 1,4 % sur un an). Pour les catégories A, B, C, ce nombre s'établit à 5 915 700. Il a diminué de 0,2 % sur un an. Pour la seule France métropolitaine, sur un an le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A inscrits à Pôle Emploi a baissé de 1,5 % et s’établit à  3 418 600 personnes sont sans emploi (catégorie A). Pour les catégories A, B et C, la baisse est sur un an de 0,3 % (5 605 000 demandeurs d’emploi)

En 2018, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a diminué tant chez les jeunes de moins de 25 ans que chez les seniors ainsi que chez les 25 / 49 ans. Malgré tout, le recul a été plus important pour cette dernière catégorie (-2,1 %) que pour les jeunes (-1,3 %) et les plus de 50 ans (-0,1 %). De même, la repli est plus important pour les hommes (-2,1 %) que pour les femmes (-0,7 %).

Le chômage de longue durée s’accroît. 47,7 % des demandeurs d’emploi (catégorie, A, B et C) sont inscrits depuis plus d’un an, en hausse de 2,4 point en un an. L’ancienne moyenne au chômage est de 620 jours en augmentation de 27 jours sur 12 mois. Cet allongement de la durée moyenne de chômage et du nombre de chômeurs de longue durée posent le problème de leur employabilité.

En France métropolitaine, le nombre moyen d'entrées en catégories A, B, C a diminué de 3,6 % sur un an. Ce repli s’explique par la diminution des retours sur le marché du travail (-12 %) et la baisse des licenciements économiques (-9,1 %). En France métropolitaine, le nombre de sorties de catégories A, B, C baisse de 0,3 % sur l’ensemble de l’année. Avec la fin du plan de formation pour les demandeurs d’emploi qui avaient été engagé par François Hollande, les sorties pour stages diminue de 11 %. Après les nombreuses radiations administratives opérées en 2017, ces dernières sont en baisse de plus de 5 % l’année dernière.

 

Source : Pôle Emploi

Selon les chiffres fournis par l'Acoss, le secteur manufacturier a de plus en plus recours aux CDI, (31% des contrats en 2015, contre 41% aujourd’hui, avec une hausse de 44% du nombre de CDI signés (pour un total de 92 200 CDI au dernier trimestre). Comment expliquer cette embellie des CDI dans le secteur industriel ? 

Compte tenu de la technicité croissante des emplois dans le secteur manufacturier, les entreprises de ce secteur préfèrent embaucher en CDI. Quand elles doivent faire face à des à-coups, elles privilégient l’intérim qui permet d’accéder à des profils à forte compétence. Les entreprises industrielles qui ont résisté à la crise sont à la recherche de personnes ayant des connaissances et des compétences dans le digital, dans l’ingénierie. Malgré tout, l’industrie continue à perdre des emplois en France à la différence des services.

Si les chiffres du chômage sont en baisse pour le dernier trimestre 2018, ils affichent une hausse pour le seul mois de décembre (+8400). Faut-il s'attendre à une dégradation future de l'emploi ? 

Deux phénomènes se conjuguent pour peser négativement sur les résultats de l’emploi : la crise des gilets jaunes et le ralentissement de l’ensemble de l’économie européenne. La crise des gilets jaunes a pénalisé de nombreux secteurs et en particulier la distribution, le commerce et le tourisme. En fin d’année, ces secteurs recourent à des emplois à temps partiel, à des CDD, à de l’intérim pour faire face à l’habituel surcroît d’activité. Cette année, les blocages, les manifestations ont eu un impact sur la bonne marche des affaires. Par ailleurs, des entreprises industrielles ont tourné au ralenti en raison de problèmes d’approvisionnement. La baisse de la croissance au sein de la zone euro, et en particulier en Allemagne, a également eu un effet en France. La baisse du moral des chefs d’entreprise et l’accumulation des menaces avec notamment la montée du protectionnisme ont conduit un certain nombre de dirigeants à reporter voire à annuler leurs créations d’emploi. Le ralentissement de l’économie chinoise et les menaces qui pèsent sur l’activité américaine dont le shutdown ne permettent pas d’envisager une embellie de l’emploi au cours du premier trimestre 2019 d’autant plus que la crise des gilets jaunes n’est pas totalement digérée.

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zelectron
- 26/01/2019 - 15:35
Fonctionnaires über alles !
En recrutant à tour de bras, à commencer par Mitterrand, les gouvernements successifs ont créé un véritable tonneau des danaïdes détourné fiscalement pour payer cette masse gigantesque de fonctionnaires dont un certain nombre sont inutiles voire nuisibles. Fin 1980 (Giscard) ils étaient deux millions, aujourd'hui 5,5 millions ne serait-ce pas légèrement exagéré ou si peu . . . on se moque de qui, là ?