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Journal de Paris
La politique de logement à Paris ou comment faire fuir les Parisiens
Publié le 24 janvier 2019
Se loger dans la Capitale, première priorité des Parisiens, relève du parcours du combattant comme le démontrent toutes les enquêtes d’opinion.
Florence Berthout est présidente du groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) au Conseil de Paris et maire du 5ème arrondissement.
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Se loger dans la Capitale, première priorité des Parisiens, relève du parcours du combattant comme le démontrent toutes les enquêtes d’opinion.

Sur les 400 millions d’euros que la Ville consacre chaque année au logement social, seule la moitié finance hélas la construction effective de logements sociaux, le reste servant à la préemption de logements privés  en grande partie déjà occupés.

Cette aberration économique et sociale a une justification cynique : afficher la création annuelle de 7500 logements sociaux !

En réalité, les deux tiers de la production de logements sociaux sont constitués d’appartements achetés dans le privé, souvent acquis au prix fort - les fameuses préemptions - et de logements à loyer libre qui étaient propriété de la Ville et que cette dernière a vendus à ses propres bailleurs sociaux : les fameux « conventionnements ».

Le conventionnement, c’est un tour de passe-passe qui aura permis à la Maire de Paris, depuis le début de cette mandature, de ponctionner 1 milliard d’euros sur la trésorerie des bailleurs sociaux  contraints d’acheter les appartements du domaine privé de la Capitale, en payant à chaque fois l’équivalent de 60 années de loyers capitalisés. Autant d’argent qui ne pourra pas servir à rénover le parc social vétuste ou à construire de nouveaux logements.

La gestion des ensembles sociaux, lourde et compliquée, n’a pas facilité la rotation dans le parc social qui reste une des plus faibles de France, 4,5% contre 10 % au niveau national.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que la file des demandeurs de logements sociaux s’allonge : 140 000 en 2017, soit 23 000 de plus qu’en 2014.

Cette approche archaïque refuse de s’ouvrir, qui plus est, aux classes intermédiaires en tarissant l’offre de PLS -des logements destinés aux classes moyennes- et en s’opposant idéologiquement à l’accession sociale à la propriété.

 

Le bilan de cette politique est sans appel : 12 000 Parisiens fuient chaque année la Capitale, quand les sept autres départements d’Île-de-France gagnent en population. Cherchez l’erreur !

En matière de logement social, il est urgent de changer de logiciel.

Pour activer la rotation dans le parc social, en accélérant, par exemple, les procédures d’attribution et en encourageant les mutations entre ceux qui cherchent à se loger plus petit et ceux qui cherchent de plus grands logements.

En stoppant les préemptions onéreuses dans le parc privé et les conventionnements qui coûtent chaque année le chiffre astronomique de 350 millions d’euros, l’équivalent de plus de 2500 logements.

Par la transformation de bureaux vides en logements, et pour le coup, pas forcément sociaux .

En relançant les programmes d’accession à la propriété qui pourraient se traduire par la vente de 1% du parc HLM, soit 2 500 logements par an pour les ménages à revenus moyens. 

En matière de logement social comme en matière de mobilité, de lutte contre la pollution ou contre l’insécurité, le pragmatisme doit l’emporter sur l’ approche idéologique.

Paris doit s’adapter aux Parisiens et non l’inverse.

 

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