En direct
Best of
Best of du 27 juin au 3 juillet
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Consommation de drogue : ces effets secondaires jamais vus auparavant provoqués par la crise du Coronavirus

02.

Comment les Émirats arabes unis sont devenus curieusement le partenaire économique et commercial incontournable de Damas

03.

Nouvel espoir dans le traitement du cancer : un nouveau traitement stoppe le développement des tumeurs

04.

Non, Mélenchon n'en veut pas qu'aux Juifs : il ne supporte pas non plus les "blonds aux yeux bleus" !

05.

Sauver la planète ? Le faux-nez de ces "écologistes" qui détestent l'Homme. Et la liberté

06.

Une nouvelle étude montre que si, l'argent fait bien le bonheur...(et de plus en plus)

07.

Villes vertes : mais que se passe-t-il dans la tête de ces cadres qui votent contre leurs propres modes de vie ?

01.

Les Vikings nous ont envahis et colonisés au IXe siècle ! Nous exigeons donc que le Danemark, la Norvège, la Suède et l’Islande se repentent

02.

Sauver la planète ? Le faux-nez de ces "écologistes" qui détestent l'Homme. Et la liberté

03.

"Tuez Sarkozy !". On ignore encore qui a donné l’ordre mais le Parquet National Financier s’est chargé de son exécution

04.

Pas de démocratie sans droit à offenser : ce capitalisme qui prend le risque de précipiter la guerre civile à trop vouloir montrer patte progressiste

05.

L'éolien peut-il être une alternative verte crédible au nucléaire ?

06.

Cet espoir dans la lutte contre la Covid-19 qui se cache dans des études soviétiques vieilles de plusieurs décennies

01.

Municipales : mais que cache donc l’étonnante schizophrénie des Français entre élections locales et nationales ?

02.

"Tuez Sarkozy !". On ignore encore qui a donné l’ordre mais le Parquet National Financier s’est chargé de son exécution

03.

Arsène Lupin était noir ! La preuve : il va être joué par Omar Sy

04.

Désordres publics : la lourde facture des dérives de la lutte contre le racisme et les violences dans la police

05.

Le parti EELV va alerter le CSA après les propos d'Eric Zemmour sur CNEWS dans "Face à l'Info" sur la vague verte et l'islam

06.

Affaire Fillon : François Fillon est condamné à 5 ans de prison, dont 3 avec sursis, et Penelope Fillon à 3 ans de prison avec sursis

ça vient d'être publié
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Les records de l'histoire" de Stéphane Bern : récréation idéale pour l'été, pour parcourir l'histoire en s'amusant

il y a 5 heures 18 min
pépite vidéo > Politique
Emotion à Matignon
Retrouvez l'intégralité de la passation de pouvoir entre Edouard Philippe et Jean Castex
il y a 8 heures 28 min
pépites > Justice
Plaintes
Covid-19 : une enquête judiciaire va être ouverte contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran
il y a 9 heures 30 min
décryptage > Politique
Nouveau chemin cherche destination

Jean Castex Premier ministre : une nomination très habile... Mais l’habileté peut-elle suffire ?

il y a 11 heures 44 min
décryptage > Environnement
"Vague verte"

Tous écolos… ou soumis à lavage de cerveau intensif ?

il y a 14 heures 16 min
pépites > Politique
"Monsieur déconfinement"
Remaniement : Jean Castex est le nouveau Premier ministre et remplace Edouard Philippe à Matignon
il y a 15 heures 18 min
décryptage > Société
Addicts

Consommation de drogue : ces effets secondaires jamais vus auparavant provoqués par la crise du Coronavirus

il y a 16 heures 34 min
décryptage > Santé
Berzosertib

Nouvel espoir dans le traitement du cancer : un nouveau traitement stoppe le développement des tumeurs

il y a 17 heures 48 min
pépites > Politique
Nouvelle étape
Remaniement : le gouvernement d'Edouard Philippe démissionne
il y a 18 heures 30 min
décryptage > International
Président à vie ?

Ce que s'est vraiment offert Vladimir Poutine avec son référendum et ses 16 années de pouvoir supplémentaires

il y a 19 heures 5 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"La sentence" de John Grisham : un thriller qui maintient sous pression

il y a 5 heures 33 min
pépites > Politique
Equipe renforcée
Mairie de Paris : Anne Hidalgo décide de s’entourer d’une équipe de 37 adjoints
il y a 8 heures 55 min
pépites > Politique
Premier ministre
Jean Castex "mesure l'immensité de la tâche" qui l'attend à Matignon
il y a 10 heures 53 min
rendez-vous > Consommation
Atlantic-tac
Quand la lumière anime les heures et quand le bleu se veut marine : c’est l’actualité estivale des montres
il y a 13 heures 4 min
décryptage > Science
Sondage

93% des Français gardent leur confiance pour les scientifiques après le Coronavirus

il y a 14 heures 56 min
décryptage > Environnement
Macron veut un référendum sur le climat

La question sera sans doute : "Voulez-vous qu’on mette les villes à la campagne car l’air y est plus pur ?"

il y a 16 heures 14 min
décryptage > Société
épanouissement

Une nouvelle étude montre que si, l'argent fait bien le bonheur...(et de plus en plus)

il y a 16 heures 55 min
décryptage > Société
Névrose de la culpabilité

Villes vertes : mais que se passe-t-il dans la tête de ces cadres qui votent contre leurs propres modes de vie ?

il y a 18 heures 7 min
décryptage > Politique
Remaniement

Emmanuel Macron : il faut que tout change pour que rien ne change (sauf le Premier ministre ?)

il y a 18 heures 56 min
décryptage > Environnement
Misanthropes et libertophobes

Sauver la planète ? Le faux-nez de ces "écologistes" qui détestent l'Homme. Et la liberté

il y a 19 heures 13 min
© Valery HACHE / AFP
© Valery HACHE / AFP
Ils en ont parlé

Mais quels arguments employer sur les Gilets jaunes pour gagner (gentiment) le match des idées lors du réveillon de Noël ?

Publié le 24 décembre 2018
Dans un contexte politique lourd marqué par le phénomène des Gilets jaunes, les dîners du réveillon de Noël s’annoncent sous haute tension entre soutiens et opposants au mouvement, chacun apportant ses apriori dans les discussions. Des apriori qui méritent parfois d’être détricotés.
Michel Ruimy
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.
Voir la bio
Christophe Boutin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans un contexte politique lourd marqué par le phénomène des Gilets jaunes, les dîners du réveillon de Noël s’annoncent sous haute tension entre soutiens et opposants au mouvement, chacun apportant ses apriori dans les discussions. Des apriori qui méritent parfois d’être détricotés.

Les aprioris économiques

A priori numéro 1 : Les Gilets jaunes vivent correctement et ils n’ont pas de véritables raisons de se plaindre.

Michel Ruimy : Il faut bien garder en tête qu’il n’y a pas de portrait type des manifestants puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité.

Les « gilets jaunes » sont globalement d’abord des quadras, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), plutôt peu diplômés et exerçant des métiers souvent manuels.

Plus des 3/4 indiquent posséder une voiture - selon un sondage Elabe réalisé fin novembre pour BFMTV, un nombre élevé de « gilets jaunes » habitent des zones rurales et / ou des petites agglomérations de 2 000 à 20 000 habitants -.

Leur revenu médian du foyer représente environ 1 700 euros par mois, soit près de 30% de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages résidant en France. Le revenu médian est le salaire tel que la moitié des salariés d’une population gagne moins et l’autre moitié gagne plus. La médiane est généralement plus représentative que la moyenne pour l’analyse des petits groupes car la présence de quelques cas extrêmes peut tirer fortement la moyenne vers le haut ou vers le bas et donner ainsi une image qui n’est pas représentative de la grande majorité des données.

Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes c’est-à-dire qu’ils appartiennent aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne (classe intermédiaire). Toutefois, ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10% d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre un peu plus de 500 euros pour les 10% des ménages français les plus pauvres).

En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple », celle des revenus modestes.

Plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux de ces dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole.

A priori numéro 2 : Les entreprises ont les moyens d’augmenter fortement le SMIC. Ce n’est pas le rôle de la prime d’activité de se substituer aux entreprises.

Michel Ruimy : Le panorama des entreprises françaises est très divers aussi bien en termes de chiffres d’affaires qu’en termes de nombre de salariés. Ainsi, les Très Petites Entreprises (TPE) emploient 20% des salariés du secteur privé (hors agriculture).

Environ 25% des salariés de ces TPE sont rémunérés au Smic tandis que, dans les grandes entreprises, ce sont un peu moins de 5% des salariés qui sont concernés. Ceci est assez logique car non seulement les grands groupes ont des moyens que les TPE n’ont pas mais aussi, car leurs grilles de rémunération font souvent l’objet de négociations en interne ou d’accords de branche, ce qui fait que le salaire minimum chez Axa, Danone ou Renault est toujours supérieur au Smic, ne serait-ce que légèrement.

Quant à la prime d’activité, née de la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA activité, elle relève surtout d’une philosophie : inciter financièrement à accepter un emploi même s’il n'est pas très bien payé. Ce dispositif, qui a coûté, en 2018, environ 5 milliards, a permis de réduire le taux de pauvreté en France, mais surtout il sert de tremplin pour l’insertion dans le marché du travail et évite de s’installer dans le chômage de longue durée. Du côté du travailleur, c’est un complément de rémunération et du côté de l'entreprise, cela évite d’alourdir le coût d'un emploi peu qualifié - puisque c’est l'État qui paye - et donc d’être plus compétitive. La dynamique est vertueuse.

Ainsi, contrairement à ce qu’une solide proportion des manifestants semble penser, ce ne sont pas les grands groupes qui sont les plus impactés par une hausse du salaire minimum légal mais les toutes petites entreprises. En d’autres termes, le « patronat qui va payer » n’est pas représenté par les dirigeants du CAC 40 mais plutôt par le restaurateur du coin de la rue, le garagiste ou l’agence immobilière d’en face.

A priori numéro 3 : Si les Gilets jaunes voulaient vraiment gagner plus, ils le pourraient en travaillant plus ou en cherchant un emploi.

Michel Ruimy : Dans la liste des motivations des « gilets jaunes », le premier motif invoqué est un pouvoir d’achat trop faible. Certes, ils pourraient « gagner plus en travaillant plus ». Encore faut-il qu’ils le puissent !

Tout d’abord, gagner plus. Revenons quelques instants sur le fait qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du travail. Il y a actuellement, en France, environ 300 000 offres vacantes, soit rapporté au nombre total de chômeurs, 1 emploi pour près de 20 chômeurs. Si tous les chômeurs prenaient ce qui se présente - même s’il n’y connait rien et que l’employeur accepte -, seuls 5% seraient embauchés ! De plus, un grand nombre de chefs d’entreprise estiment que les difficultés de recrutement s’expliquent non seulement par le manque de qualifications mais aussi par des problèmes d’attractivité de leurs propres offres : 1 sur 2 correspond à un CDD de moins de 6  mois ou à un contrat à temps partiel, peu rémunéré pour lequel le salarié peut être perdant en prenant en comptant, par exemple, les coûts de transport.

Quant à travailler plus, même s’ils le souhaitaient, il y a un problème : les disparités territoriales du taux de chômage sont importantes avec des écarts allant du simple au triple, selon les départements. Pour répondre à ce vœu, il conviendrait d’amplifier la croissance et que celle-ci soit plus riche en emplois. Pour cela, il faut engager des réformes structurelles, notamment celle de la formation professionnelle, qui doit permettre d’adapter les compétences aux besoins des entreprises. Autre levier pour répondre aux difficultés de recrutement : celui de la qualité des contrats proposés.

Dans ce contexte actuel, espérons que l’hypothèse d’une croissance sans emplois ne se confirme pas.

A priori numéro 4 : Il n’y a que les classes populaires et les classes moyennes qui payent des impôts en France

Michel Ruimy : Outre la demande d’écoute de la part du pouvoir, c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation. Les personnes mobilisées revendiquent une plus grande justice sociale, qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés - réintroduction de l’Impôt de solidarité sur la fortune -, d’une baisse des taxes et impôts, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics.

En 2015, moins de la moitié des foyers fiscaux (environ 45%) ont acquitté l’impôt sur le revenu (IR), mité par les niches fiscales et les exonérations. En fait, la concentration des contribuables qui sont assujettis à l’IR est particulièrement élevée : 10% des ménages paient 70% de l’impôt. Mais, cette concentration s’accroît avec les tranches supérieures : 40% de l'impôt est payé par les 2% de foyers qui ont déclaré plus de 100 000 euros de revenus et le quart de cet impôt était acquitté par 1% des ménages les plus aisés ! En revanche, les tranches inférieures ont vu leur contribution baisser : un peu moins de 2 points pour les ménages gagnant entre 30 000 et 50 000 euros et un peu plus de 2 points pour les foyers situés entre 15 000 et 30 000 euros.

En fait, ce sont les disparités de patrimoine qui ont augmenté depuis 1998 en raison de la forte hausse de la valeur des patrimoines financiers et immobiliers. La crise a accéléré le phénomène à partir de 2008, avant un léger reflux ces dernières années.

 

Les aprioris politiques

A priori numéro 1 : Les Gilets jaunes sont des extrémistes de droite et de gauche.

Christophe Boutin : Extrémistes de droite d’abord, car, nul ne saurait l’ignorer, les “Gilets jaunes” auraient été manipulés par les factieux et les séditieux de l’ultra-droite. On s’en souvient, c’était en effet la thématique du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dès la première manifestation parisienne du 23 novembre. Hélas, les politiques présents, même de gauche, cherchaient en vain les hordes fascistes, et son secrétaire d’État ne voyait lui à l’Arc de Triomphe, le 1er décembre, que des casseurs très classiquement liés aux groupuscules d’extrême gauche, avant que les habituels pillards venus des banlieues n’apportent un peu de diversité. La réponse est bien sûr que cette ultra-droite est tellement bien préparée qu’elle ne se laisse pas attraper… Il n’y a pas de hasard…

 Extrémistes de gauche ensuite. Non seulement les manifestations des “Gilets jaunes” auraient été infiltrées par les éléments de la gauche radicale, mais ceux-ci auraient pénétré les rassemblements plus pacifiques et débonnaires des ronds-points. Ce seraient maintenant eux qui, en sous-main, piloteraient le mouvement en guidant les revendications vers cette nouvelle approche qui permettrait la fameuse « convergence des luttes ». Il n’y a plus d’ailleurs que le leader maximo de la France Insoumise et la CGT pour appeler aujourd’hui à continuer la lutte… Décidément, on vous le dit, il n’y a pas de hasard…

Extrémistes de gauche et de droite enfin, car, c’est bien connu, « les extrêmes se rejoignent ». En fait les uns comme les autres s’unissent dans ces émeutes par lesquelles ils veulent tuer, au choix, la République, la Démocratie, le Parlementarisme - ou tout cela en même temps -, et ne rêvent que violences et guerre civile…

 Alors, extrémistes ? Les “Gilets jaunes” représentaient en gros, le 17 novembre, 300.000 personnes selon le ministère de l’Intérieur – un chiffre sans doute sous-estimé. En 2017, au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtenaient chacun autour de 20% des suffrages exprimés. Une bête logique arithmétique voudrait donc que l’on trouve parmi les “Gilets jaunes” aux environs de 60.000 électeurs du RN et autant de LFI – ou 60.000 RN et 30.000 LFI si l’on tient compte des projections de vote aux européennes de 2019, la surreprésentation des deux groupes dans les sondages contrebalançant, au minimum, l’arrivée très probable sur les ronds-points d’abstentionnistes de 2017. Si donc le RN et LFI sont des partis extrémistes, ce dont il est permis de douter, ou au moins s’ils comportent en leur sein une frange extrême, alors, oui, il y des extrémistes dans les rangs des “Gilets jaunes”, comme parmi les rangs de toute frange de la population, des boulangers aux Marseillais.

 Quant à cette violence liée aux extrêmes, on l’a dit, elle ne saurait être mise uniquement, ni même prioritairement, sur le compte du mouvement. Et en allant plus loin, il est même permis de se demander si cette tension que l’on connaît, et que l’on ne saurait nier, ne viendrait pas, plutôt que de l’odieuse propagande diffusée par ces mêmes « extrêmes »… des erreurs à répétition commises par le gouvernement et ses soutiens. Or cette tension bien palpable n’a pas peu fait pour la crispation du conflit, et pour pousser certains participants à des actes de violence effectivement regrettables.

A priori numéro 2 : Les Gilets jaunes ne connaissent pas les contraintes du pouvoir, leurs propositions n'ont rien de raisonnables et ne pourraient être appliquées tout comme le RIC serait une porte ouverte à tous les excès.

Christophe Boutin : Certes, et même s’ils sont manipulés par des extrêmes qui ne sont pas au pouvoir, les “Gilets jaunes” ne connaissent effectivement ni les ors ni les contraintes de ce dernier. Certes aussi, certaines de leurs propositions peuvent sembler difficilement réalisables en l’état. Mais la présentation de choix politiques serait-elle réservée à ceux qui ont déjà exercé des fonctions politiques ? Ne peut-on au contraire, et plus encore lorsque les choix de ces derniers n’ont pas conduit aux succès escomptés, aller chercher ailleurs des idées nouvelles ?

 Par ailleurs, la politique doit-elle se penser a priori comme incapable de changer les choses, comme pouvant seulement permettre d’évoluer entre des bornes qui auraient été fixées à l’avance, ou, au contraire, doit-elle savoir proposer des choix majeurs, avec les risques qu’ils peuvent comporter ? De Gaulle avait-il raison de proposer ce choix politique de partir pour Londres, et n’aurait-il pas mieux valu qu’il tienne compte des « contraintes du pouvoir » pour s’assoupir dans la France de Vichy ? Quel politique « raisonnable » aurait parié sur le choix Brexit ? Et pourtant…

 Où est le « raisonnable » d’ailleurs, dans un monde où un Premier ministre peut annoncer froidement comme inéluctable que nous devrons vivre avec le terrorisme ? Où de plus en plus de mots, de comportements, de choix sont interdits à la population ? Où un Français « raisonnable » qui serait mort en 1965 et qui reviendrait parmi nous, non seulement ne reconnaîtrait plus rien, mais serait rapidement condamné par la justice quand il manifesterait à trop haute voix ses étonnements ? Et ce sont pourtant bien de « vrais » politiques, accoutumés au « pouvoir », en connaissant « les contraintes » et prétendument « raisonnables » qui nous ont conduit à ce renversement total de notre monde. Un renversement face auquel on rappellera en évoquant les « Gilets jaunes » la belle formule de Robert Aron : « Quand l’ordre n’est plus dans l’ordre, il est dans la révolution ».

 Le Référendum d’Initiative Citoyenne serait la porte ouverte à tous les excès ? Mais les pays qui autorisent de semblable manière l’expression directe de leurs citoyens sont-ils à feu et à sang ? Pas vraiment, reconnaissons-le. Et si l’on y voit parfois posées des questions bien secondaires, ou qui peuvent sembler telles, ce sont parfois aussi des questions dont dépend la survie même de la nation à laquelle on les pose, et dont les politiques ne s’étaient pas saisis. Il suffit de prévoir des délais suffisants pour éviter certains effets d’entraînement liés à une actualité qui peut susciter des mouvements d’opinion, pour que les esprits échauffés le soient moins, mais rien ne permet de penser que les citoyens ainsi interrogés ne votent pas de manière raisonnable.

 La démocratie repose en fait sur un préjugé favorable, celui de croire tous les hommes raisonnables, les “Gilets jaunes” comme les autres. Si on ne le pense pas, alors il faut mettre un autre régime en place, oligarchie ou tyrannie peu importe, mais il n’y a par définition pas de questions que l’on ne puisse poser au peuple dans une démocratie.

Pour prendre le cas de la France d’ailleurs, n’oublions pas que nous avons un peuple à qui l’on a sans hésiter demandé de voter après avoir lu le texte du Traité de Maastricht, ou, plus tard, celui du Traité dit Constitution, à qui l’on a d’ailleurs demandé de voter sur sa Constitution. C’est bien qu’on le suppose ou qu’on le sait raisonnable. La seule différence avec l’instauration du RIC sera qu’une minorité de ce même peuple aura elle aussi, sous conditions, ce droit de poser des questions qui n’était jusque là réservé qu’aux politiques.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
castres81
- 26/12/2018 - 09:57
Quand l'ordre n'est plus dans l'ordre il est dans le désordre .
Oui mais le désordre ce n'est pas bon tant qu'on n'y met pas de l'ordre.

Il y a des extrémistes dans tout groupe . Oui , mais il n'y a plus qu'eux quand les gens raisonnables se sont retirés .

Au départ cette manifestation était un mouvement de bon sens contre l'excès d'impôts (record du monde oblige !) et la surtaxation de produits de grande consommation. A l'arrivée c'est le RIC dont personne n'avait parlé et qui poserait toutes sortes de problèmes sans en résoudre aucun car avoir une majorité pour vouloir vivre sur la lune ne rendra pas la chose possible et rendra impossible en revanche ce qui aurait été faisable sans cette "option" .
castres81
- 26/12/2018 - 09:57
Quand l'ordre n'est plus dans l'ordre il est dans le désordre .
Oui mais le désordre ce n'est pas bon tant qu'on n'y met pas de l'ordre.

Il y a des extrémistes dans tout groupe . Oui , mais il n'y a plus qu'eux quand les gens raisonnables se sont retirés .

Au départ cette manifestation était un mouvement de bon sens contre l'excès d'impôts (record du monde oblige !) et la surtaxation de produits de grande consommation. A l'arrivée c'est le RIC dont personne n'avait parlé et qui poserait toutes sortes de problèmes sans en résoudre aucun car avoir une majorité pour vouloir vivre sur la lune ne rendra pas la chose possible et rendra impossible en revanche ce qui aurait été faisable sans cette "option" .
vangog
- 25/12/2018 - 01:21
@liliesse Bravo! Ne manquent plus que la musique...à inventer!
Après la révolution gilets jaunes, des créateurs qui auront retrouvé le vrai sens de la création, grâce à la liberté retrouvée, inventeront musiques, pièces de Théâtre, films, jeux sur le thème gilet jaune...comment un flic infiltré et démasqué peut-il se débarrasser de tous les méchants gilets-jaunes qui l’attendent à chaque coin de rue, à chaque rond-point...ou l’inverse! Pour Noël prochain, peut-être?...