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Annulation des hausses de taxes : Emmanuel Macron multiplie les embardées

Publié le 06 décembre 2018
L'expression revient en permanence : la tension est maximale...Elle l'est tellement qu'elle provoque des courts-circuits et des embardées.
Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
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Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
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L'expression revient en permanence : la tension est maximale...Elle l'est tellement qu'elle provoque des courts-circuits et des embardées.

L'expression revient en permanence : la tension est maximale...Elle l'est tellement qu'elle provoque des courts-circuits et des embardées. Et pas des moindres, puisqu'entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe le courant ne passe pas en continu. Et quand le Chef de l'Etat appuie sur le champignon, le Premier Ministre, en bon exécutant, est encore en mode diesel. Au niveau institutionnel cette dissonance est plus que gênante. La journée d'hier en a apporté l'illustration.

La tension était palpable à l'Assemblée Nationale où les députés débattaient...de quoi au fait ? Précisément, du moratoire, de la suspension pour six mois des augmentations des taxes sur les carburants, des prix du gaz et de l'électricité. Edouard Philippe l'avait déjà annoncé la veille à la télévision. Il a répété à la tribune que ces mesures avaient pour but de "ramener la sérénité dans le pays" et précisé que cette suspension pourrait se transformer en annulation pure et simple après "concertation". Débat anachronique dans un hémicycle chauffé à blanc, mais impuissant face à ce mouvement des Gilets Jaunes qui échappe à la vie politique classique, mais pas aux professionnels de l'infiltration et de la violence. Hier le sénateur François Patriat président du groupe La Rem du Sénat a parlé de tentations putschistes.

 Ce débat est devenu d'autant plus surréaliste qu'en fin de soirée, après le vote largement favorable au moratoire de six mois, le même Edouard Philippe se voyait contraint de confirmer les annonces de l'Elysée : la transformation de la suspension en annulation pure et simple pour 2019...Le vote sur la suspension devenait caduc… Certes, il aurait été compliqué d'inscrire cette suspension dans le budget 2019 dont la discussion arrive à son terme. Cette éventuelle disposition législative a d'ailleurs donné lieu à d'innombrables tergiversations et simulations entre spécialistes. Emmanuel Macron a contourné l'obstacle, sans y mettre les formes. Tant pis pour ses défenseurs, porte-paroles de la majorité en tête, ils n'avaient plus qu'à avaler leur chapeau. Parce que la situation est trop grave ? En tous cas, bien qu'il soit silencieux et se contente de faire annoncer ses décisions, le chef de l'État se retrouve plus que jamais exposé en première ligne, sans filet.

 L'Elysée a fait savoir qu'Emmanuel Macron a pris la décision de l'annulation des hausses pour faire passer un message clair. Miracle des ondes, quelques heures plus tard les ministres dépêchés dans les émissions spéciales confirmaient donc qu'il n'y aurait pas d'augmentation des taxes sur le carburant, ni du gaz et de l'électricité l'année prochaine... De quoi s'étrangler ou démissionner en direct, en temps normal... Mais ce n'est pas le moment car on redoute le pire pour samedi prochain. Une course de vitesse est engagée pour obtenir des appels au calme de la part des politiques et des syndicats...Tous les corps intermédiaires sont appelés en renfort : ce matin, sur RTL, le président d'EDF a renchéri en annonçant un "effort exceptionnel pour remplacer les chaudières à fuel par des pompes à chaleur"... Pour cela l'exécutif ouvre la bourse : Bercy est favorable " à une prime de fin d'année défiscalisée". On verra plus tard comment on comble les manques à gagner pour l'Etat. Il reste encore un tabou : l'ISF. "On ne touche pas l'ISF", a plaidé Emmanuel Macron en Conseil des Ministres...Ce serait en effet un très mauvais signal pour les investisseurs étrangers. Certes, mais un tel symbole pour les Gilets Jaunes ! Alors, l'annonce, parait-il imminente, d'un "Grenelle de la fiscalité", c'est-à-dire d'une remise à plat du système fiscal français, sera-t-il suffisant pour que ceux que l'on appelle "les Gilets Jaunes responsables", ou "modérés" restent chez eux samedi ?  Pour l'heure les Gilets Jaunes maintiennent globalement leurs appels à manifester sans les accompagner d'appels au calme, bien au contraire. On a entendu l'un d'entre appeler en direct à "prendre l'Élysée" sur BFM. Conscients de leur puissance, ils font monter leurs exigences : un référendum quand ce n'est pas la démission d'Emmanuel Macron. De quoi effrayer l'électorat qui aime l'ordre comme celui des Républicains. Laurent Wauquiez semble l'avoir compris puisqu'il a mis l'appel à un référendum lancé en début de semaine en sourdine. Sur Europe 1 ce matin, le président de LR a déclaré ne pas vouloir " exploiter la situation"; il  réclame le rétablissement de l'état d'urgence qui "permet d'éviter  que des casseurs soient autorisés à manifester"...et qu'Emmanuel Macron " s'exprime, car les Français  doivent entendre de la bouche du Président de la République les signes d'apaisement. Sa parole est nécessaire" a-t-il ajouté en souhaitant "qu'on retrouve du calme". Les mots retrouvent leur sens dans ces moments de tension et de dramatisation. La France est suspendue à la journée de samedi. Pour le moment les Gilets Jaunes bénéficient du soutien de l'opinion, dont une partie dit "comprendre" la violence. L'opinion est versatile et peut se retourner en fonction de l'évolution des évènements. C'est tout l'enjeu de ce qui va se passer en cette fin de semaine.  

 

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J'accuse
- 06/12/2018 - 19:01
Qu'il parle, s'il ose !
Pourquoi demander à Macron de s'exprimer ? Outre qu'il l'a déjà fait en vain la semaine dernière, qu'il fait connaître ses nouvelles décisions par des intermédiaires sans se montrer, que pourrait-il dire, à part capituler sur tout ?
Comme un président ne peut officiellement avouer sa défaite, une nouvelle prise de parole ne pourra avoir pour objectif censé qu'annoncer la dissolution. S'il parle pour dire autre chose, il sombrera dans un gouffre qui ne pourra déboucher que sur la démission qu'il veut à tout prix éviter.
AG35
- 06/12/2018 - 18:48
Un acteur timoré
Ce qui me frappe chez notre président, c'est qu'il a un art théâtral consommé.
Lorsque tout va bien, il est capable de représentations parfaites (sa marche solitaire au Louvre, ses discours très bien récités, ses shows militaires en tenue de baroudeur etc. )
Ses réactions agressives (travaille pour te payer un costard, appelle-moi Monsieur le président ...) sont toujours en milieu protégé.
Dès que ça ne va plus, il disparaît : en juillet lors de l'affaire Benalla, il disparaît pendant des jours et ne réapparaît que de manière détournée au milieu des siens en disant "qu'ils viennent me chercher", caché qu'il est comme au fond de son terrier.
Avec l'affaire des gilets jaunes, il disparaît également, ne prenant la parole que de très loin en Amérique du sud, puis enchaînant les voyages loin des manifestations.
Il semble que les rôles en situation difficile ne font pas partie de son répertoire.
Cela me semble provenir d'un manque de confiance en soi et donc une dépendance aux situations ainsi qu'un manque de convictions.
Pour se protéger, il lui reste le répertoire du mépris et de la morgue, que lui permet sa position de président de la république.
AG35
- 06/12/2018 - 18:48
Un acteur timoré
Ce qui me frappe chez notre président, c'est qu'il a un art théâtral consommé.
Lorsque tout va bien, il est capable de représentations parfaites (sa marche solitaire au Louvre, ses discours très bien récités, ses shows militaires en tenue de baroudeur etc. )
Ses réactions agressives (travaille pour te payer un costard, appelle-moi Monsieur le président ...) sont toujours en milieu protégé.
Dès que ça ne va plus, il disparaît : en juillet lors de l'affaire Benalla, il disparaît pendant des jours et ne réapparaît que de manière détournée au milieu des siens en disant "qu'ils viennent me chercher", caché qu'il est comme au fond de son terrier.
Avec l'affaire des gilets jaunes, il disparaît également, ne prenant la parole que de très loin en Amérique du sud, puis enchaînant les voyages loin des manifestations.
Il semble que les rôles en situation difficile ne font pas partie de son répertoire.
Cela me semble provenir d'un manque de confiance en soi et donc une dépendance aux situations ainsi qu'un manque de convictions.
Pour se protéger, il lui reste le répertoire du mépris et de la morgue, que lui permet sa position de président de la république.