En direct
Best of
Best Of
En direct
© Madaree TOHLALA / AFP
Polisse
Ces trafics de mineurs qui se développent en France sans que la police ne parvienne à les endiguer
Publié le 19 novembre 2018
La brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne a arrêté mardi une dizaine d'adultes en Seine-Saint-Denis, soupçonnés d'avoir obligé des jeunes filles, dont certaines mineures, à voler et d'avoir organisé leur mariage forcé.
Stéphane Quéré est Directeur Innovation de GDF SUEZ. Il a effectué une grande partie de sa carrière dans le Groupe GDF SUEZ ou il a exercé successivement les fonctions de contrôleur financier au sein de la Lyonnaise des Eaux puis Directeur financier et...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stéphane Quéré
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stéphane Quéré est Directeur Innovation de GDF SUEZ. Il a effectué une grande partie de sa carrière dans le Groupe GDF SUEZ ou il a exercé successivement les fonctions de contrôleur financier au sein de la Lyonnaise des Eaux puis Directeur financier et...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne a arrêté mardi une dizaine d'adultes en Seine-Saint-Denis, soupçonnés d'avoir obligé des jeunes filles, dont certaines mineures, à voler et d'avoir organisé leur mariage forcé.

Atlantico: Ces arrestations résultent-elles de cas isolés ou ce genre de délits est-il courant en France ? Dans quelles proportions ? Peut-on parler d'une augmentation ?

Stéphane Quéré: Ce genre d'opération n'est pas courant en France mais elles sont menées de plus en plus régulièrement, comme dans le reste de l'Europe, notamment en Espagne où ces réseaux sont également installés. Ces cas (mendicité forcée, ou incitation à des vols) sont donc en augmentation pour deux raisons. D'abord les groupes qui organisent ces faits (souvent des groupes familiaux et/ou claniques) originaires d'Europe de l'Est (Roumanie, Bulgarie, ex-Yougoslavie) sont de plus en plus présents en France (parfois depuis des années, ce qui expliquent que certains, notamment serbo-croates, ont acquis la nationalité française ou sont bi-nationaux, voire apatrides). Ensuite parce que les autorités (police et gendarmerie) ont pendant longtemps délaissé ce genre de délits, des "petits" délits mais répétés très souvent : vols à la tire, vols aux distributeurs de billets, pillage de monnayeurs,... Mais la répétition de ces délits "low profile" a commencé à attirer l'attention et une véritable stratégie judiciaire a été mise en place pour lutter contre ces auteurs/victimes. L'âge des auteurs compliquant l'action policière (faut il encore parvenir à donner un âge...), il a fallu cibler les commanditaires (parents ou autres) et désormais, la justice est également sensibilisée au problème et les condamnations sont désormais plus régulières.

Comment fonctionne ce genre de traite en France ? Est-ce inhérent à une mafia spécifique ?

On ne peut pas qualifier ces groupes de "mafias" mais il s'agit bien de groupes délictuels organisés sans organisation autre que le patriarcat le plus souvent. Ces groupes sont formés sur la base de la famille parfois très élargie ou d'un clanique, souvent issu de minorités stigmatisés dans leurs pays d'origine en Europe de l'Est. Déjà marginalisés dans ces pays, ils le sont d'autant plus, en tant qu'immigrés, en France. Ils peuvent avoir utiliser les plus faibles : mineurs d'âge, filles/femmes, handicapés physiques ou mentaux,... pour des activités illégales, par obligation, par choix ou par habitude. Les hommes peuvent, eux, se livrer à d'autres activités, le plus souvent de prédation (cambriolage, vol de métaux,...). Parfois, ces groupes "mettent en esclavage" des français (handicapés, SDF, alcooliques,...) pour de la mendicité et/ou pour récupérer les aides sociales.

Ces actes, et notamment les mariages forcés, nous ramènent de nombreuses années en arrière, en tout cas pour ce qui est de la France. Comment expliquer une telle régression sur notre territoire ?

Il s'agit d'une pratique liée aux origines de ces clans. Cela permet de renforcer l'ensemble de la famille en créant des liens avec d'autres familles de même origine. On renforce la famille élargie et on limite les risques de conflits avec le clan voisin, devenu allié.  En plus d'être vendues comme épouses, les jeunes femmes sont vendues comme un "travailleuse", une "ouvrière" (du vol, de la mendicité,...) : la dot est donc calculée selon les capacités de travail et son rendement. Gare si leurs capacités ont été sur-évaluées et s'il y a eu "tromperie sur la marchandise"... Ce système a pu être observé en France (le côté délictuel en moins...) mais le temps et le développement du droit des femmes à fait disparaître ce côté là. L'isolement et la stigmatisation de ces groupes dans leur pays d'origine, le poids du communisme pendant une cinquantaine d'année n' ont pas permis de modifier en profondeur cet état de fait.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Traque à Strasbourg : révélations sur l’itinéraire de Chérif Chekatt
02.
Ces services publics hors catégorie que nous paient nos impôts… Mais au fait quelle catégorie ?
03.
Si Emmanuel Macron veut faire mieux que survivre, voilà les 3 types de problèmes auxquels il lui faudra s'attaquer
04.
Et si les nouveaux crédits accordés à l’armée étaient utilisés pour payer le mouvement Gilets Jaunes ?
05.
François Bayrou est-il en train d'annoncer un virage politique majeur sans que personne ne s'en rende vraiment compte ?
06.
2019 est-elle bien partie pour être un nouveau 1929 ?
07.
La crise des Gilets jaunes pourrait bien offrir une opportunité de relance à l’économie et au modèle français
01.
Laura Smet se marie sous escorte policière; Laeticia Hallyday aurait caché des maisons; Demi Moore : après les jeunots, une femme; Vexée par sa défaite à DALS, Iris Mittenaere retombe dans les bras de Kev Adams; Ces stars qui revêtent leurs gilets jaunes
02.
François Bayrou est-il en train d'annoncer un virage politique majeur sans que personne ne s'en rende vraiment compte ?
03.
Emmanuel Macron, chronique d'une mort (politique) annoncée
04.
La Nasa annonce que les glaciers de l’Antarctique de l’Est que l’on pensait stables fondent eux aussi rapidement
05.
Gilets jaunes : ce qui se cache derrière le silence assourdissant de Nicolas Sarkozy
06.
La France s’est réveillée. L’Union Européenne tremble sur ses bases
07.
Toulouse : un Gilet jaune entre la vie et la mort après un tir de flash-ball en pleine tête
01.
Ce désastre sécuritaire national que révèle l’attentat de Strasbourg
02.
La France s’est réveillée. L’Union Européenne tremble sur ses bases
03.
L’existence de l’euro, cause première des "gilets jaunes"
04.
Branko Milanovic : "Emmanuel Macron pensait pouvoir relancer la croissance française en utilisant des méthodes thatchériennes. Mais le monde a profondément changé depuis 1980"
05.
Et après quoi ? 41% des Français affirment qu'ils pourraient voter pour une liste Gilets Jaunes aux européennes et 13% en sont certains
06.
François Bayrou est-il en train d'annoncer un virage politique majeur sans que personne ne s'en rende vraiment compte ?
01.
Ce désastre sécuritaire national que révèle l’attentat de Strasbourg
02.
Branko Milanovic : "Emmanuel Macron pensait pouvoir relancer la croissance française en utilisant des méthodes thatchériennes. Mais le monde a profondément changé depuis 1980"
03.
Jours de colère : qui du gouvernement ou des Gilets jaunes a marqué le plus de points ce samedi ?
04.
Ce double effet de blast sans lequel Emmanuel Macron ne pourra pas apaiser la France
05.
Attentat de Strasbourg : pourquoi l'antiterrorisme français se fourvoie dans un logiciel de pensée dépassé
06.
Le modèle démocratique français : violence partout, neurones nulle part
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
MIMINE 95
- 20/11/2018 - 16:50
AU BORD DE L' EXPLOSION
Donc....en clair, c'est des sal....., mais c'est pas de leur faute !!!! car ils sont "d'une minorité stigmatiser" et gnan gnan gnan gnan. Et la cerise sur le gâteau : "On ne peut pas qualifier ces groupes de "mafias" mais il s'agit bien de groupes délictuels organisés sans organisation autre que le patriarcat le plus souvent" ...... comme les parrains mafieux en somme, mais en pire parce que eux au moins , ne prostituaient pas leurs propres filles .
Hadrien8
- 20/11/2018 - 13:33
Pas une seule fois, le mot
Pas une seule fois, le mot "rom" n'apparait. La syntaxe reste politiquement correcte.
LouisArmandCremet
- 19/11/2018 - 13:22
Pas en France ?
"Ce système a pu être observé en France (le côté délictuel en moins...) mais le temps et le développement du droit des femmes à fait disparaître ce côté là"
Je me demande d'où vient cette info ? il suffit un peu de suivre (même de loin) les affaire rapportées par la presse ou de regarder ce qu'on voit dans le métro tout les jours, ces pratiques délictueuses, y compris la vente de jeunes (filles mais pas seulement) afin de les faire travailler en volant, existe bel et bien.
J'ai moi même empêché une fois deux gamins d'une dizaine d'années, de voler un dame au distributeur. Le pire, avec ces gamins, c'est que même de moi tout seul (pourtant je fais 1m93), ils n'en avaient pas peur ! C'est seulement avec l'aide de d'autres passants (notamment un qui n'a pas hésiter à donner un coup de pied aux fesses à l'un) qu'ils ont été dissuadés !