En direct
Best of
Best Of
En direct
© LUCAS BARIOULET / AFP
Lost in translation...
Le gouvernement ne parvient pas à parler la même langue que les Gilets Jaunes
Publié le 19 novembre 2018
Quand les Gilets Jaunes parlent pouvoir d'achat, Edouard Philippe leur répond transition énergétique. Il y a comme un problème de traduction, d'interprétation en tous cas entre les manifestants et l'exécutif....
Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Anita Hausser
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003)....
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Quand les Gilets Jaunes parlent pouvoir d'achat, Edouard Philippe leur répond transition énergétique. Il y a comme un problème de traduction, d'interprétation en tous cas entre les manifestants et l'exécutif....

"Ce n'est pas quand ça souffle qu'il faut changer de cap" a déclaré Edouard Philippe hier soir sur France 2, excluant toute possibilité de renoncement à l'augmentation des taxes sur les produits pétroliers au 1er janvier.

Le Premier Ministre dit avoir suivi les évènements du week-end dans son bureau à Matignon, et il a eu beau "entendre la colère "qui s'est exprimée sur les routes de France , ce ne sont pas 300.000 Gilets Jaunes en colère qui manifestent à travers le pays pour réclamer une baisse des taxes sur le carburant (-mais pas seulement!), et une amélioration du pouvoir d'achat qui vont faire dévier l'exécutif de sa trajectoire vers la "transition énergétique". L'argument ne change pas : la pollution doit être davantage taxée que le travail. Difficile à traduire pour ceux qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler.

Le mouvement des Gilets Jaunes ne seraient donc qu'un mauvais moment à passer, et Edouard Philippe voudrait pouvoir faire le dos rond en attendant la fin de la tempête, car, assure-t-il ça ira mieux ...à la fin du quinquennat . Il compte sur les effets des mesures d'accompagnement (chèque énergie pour les plus modestes, prime pour l'achat de voitures" propres") mises en place à la hâte il y a quelques jours, ce plan de 500 millions dont on n'aurait pas encore mesuré toute la portée. Dans son esprit, pourquoi, dans ce cas, répondre tout de suite favorablement aux appels au dialogue lancés par le leader de la CFDT Laurent Berger, ou par l'écologiste Daniel Cohn-Bendit (-généralement bienveillant à l'égard du pouvoir ), avec l' organisation d' une  conférence (-un Grenelle ?) afin de réussir la fameuse  transition énergétique? Y donner suite serait une forme de recul, ce serait mettre le doigt dans un engrenage qui le mènerait bien au delà du prix du gasoil .

Et pour  le Premier Ministre, 300.000 manifestants répartis dans  tout le pays ne sont pas comparables au million de protestataires contre la loi El Khomri  sur laquelle le gouvernement de Manuel Valls n'avait pas cédé. Arithmétiquement ce n'est pas incontestable. Politiquement cela reste à démontrer. Car, si le prix du carburant est "la goutte d'eau" qui a engendré  le mouvement, les motifs de protestation des Gilets Jaunes vont bien au delà, et ce ne sont pas uniquement " les gros rouleurs" qui ont formé les bataillons hétéroclites qui ont manifesté dans le désordre le week end dernier.

Edouard Philippe le sait bien, c'est pourquoi il a aussi évoqué la "souffrance" des Français, mais pour l'heure il fait mine de se concentrer sur le seul motif du carburant en promettant de " libérer de la contrainte du pétrole dans leur vie quotidienne ceux qui vivent à 50/60 kilomètres de leur lieu de travail". En s'exprimant sur France 2 hier soir, Edouard Philippe ne pouvait npas croire que son intervention mettrait pas fin au mouvement. Les manifestations du week end n'étaient qu'une première salve. Elles ont d'ailleurs repris ce matin sous forme de blocages divers. Les manifestants sont moins nombreux mais les entraves à la circulation sont importantes.

L'ampleur future du mouvement est imprévisible : il peut s'essouffler faute de leaders mais peut aussi grossir et connaitre d'autres dérapages tragiques, à l'image de la personne décédée ce week end. Le danger est d'autant plus grand qu'il n'y a pas de leaders, donc pas de mots d'ordre. Au delà ce ces manifestations, l'exécutif pourra prendre la mesure du mécontentement de ces classes moyennes périurbaines tout au long de la semaine puisque le Congrès des Maires de France  se réunit Porte de Versailles à Paris. Emmanuel Macron a décidé de ne pas s'y rendre mais de recevoir les édiles à l'Elysée. Edouard Philippe ira affronter la colère des élus qui se plaignent de la difficulté d'exercer leur mandat avec la baisse des dotations financières et  les "délires normatifs". Pas sûr qu'ils se contentent de paroles de compréhension ...

Mais peut-être n'ira-t-il pas les mains vides ..

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
02.
La France va devenir la première puissance mondiale en moins de 5 ans
03.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
04.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
05.
Emmanuel Macron, pourquoi n’allez-vous pas en boîte comme Christophe Castaner plutôt que de faire du ski ?
06.
Acte XVIII des Gilets jaunes : retour prévu de la violence, réponse difficile à prévoir du gouvernement
07.
Recep Tayyip Erdogan critiqué pour avoir diffusé des images de l'attentat de Christchurch
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Le voile est-il vraiment un accoutrement souhaitable pour vendre des petites culottes ?
06.
Révolution silencieuse ? Un groupe de physiciens armés d’ordinateurs quantiques a réussi (en quelque sorte) à remonter dans le temps
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
03.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
04.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
05.
Quand Nathalie Loiseau teste les nouveaux "éléments de langage" du progressisme face à Marine Le Pen sans grand succès
06.
Samedi de violences : l’Etat manque-t-il des moyens pour maintenir l’ordre ou ce gouvernement enchaîne-t-il les erreurs de stratégie ?
Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
tubixray
- 20/11/2018 - 08:49
transition écologique, ben quoi ?
De quoi s'agit il au juste ?...
Une expression creuse fourre tout, un alibi pour des maires comme ceux de Paris ou Grenoble qui méprisent les citoyens qui ne les ont pas élus ?
Et à quoi bon parler écologie dans un pays ou la sécurité de l'honnête citoyen, de la femme portant une jupe, du juif, de l'asiatique et du "mâle blanc" n'est plus assurée ???
Carl Van Eduine
- 20/11/2018 - 08:32
Pourquoi par leur langage ?
Pas besoin de parler leur langage, il les méprise : lui est Sachant, eux des populistes qu'il faut sauver de la dépendance au gazole. Culturellement sans racines historiques ou humanistes, économiquement libéraux-jacobins (???), humainement méprisants, intellectuellement sourds, politiquement minoritaires, socialement dénués d'émotions, sociétalement sans éthique, minoritaires dans le pays mais maître des institutions, lui et ses pairs pratiquent la dictature bobo des grandes villes envers la majorité qui meurt, et dont il entretient la faiblesse économique par l'étranglement fiscal, la mort politique par l'aide active qu'il donne à toutes les minorités qui lui permettent peu à peu d'étrangler la voix de la nation. Qui se réveille de temps en temps avec un bonnet rouge ou un gilet jaune, avant de disparaître et de se fondre dans la masse des gazoleux détruits par le libéralisme économique, la concentration des richesses, la dilution des cultures. Vive le progrès. Dont tous les sachants savent qu'il faut le faire au détriment du peuple, puisque celui-ci est trop bête pour comprendre : déjà qu'il vote, il voudrait en plus se faire entendre ? Pourquoi faire ?
J'accuse
- 19/11/2018 - 19:47
La transition énergétique n'est qu'un prétexte
"Pas les mains vides" ? S'il a les mains pleines, c'est pleines de notre argent ! Ils "s'amusent" à donner d'une main une partie de l'argent qu'ils nous ont pris de l'autre, et ils s'étonnent qu'on ne soit pas content.
On veut bien qu'ils alignent les taxes pour que le gasoil soit au prix de l'essence pour ne plus favoriser le premier, mais en baissant les taxes sur l'essence, pas en augmentant celles sur le gasoil !
Ils font semblant de suivre une politique pour réorienter les consommations de carburant, alors que l'objectif est d'augmenter les prélèvements, incapables qu'ils sont de baisser les dépenses publiques.
Ils en sont tellement incapables qu'on doute même qu'ils essayent.