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Zone euro,Taxe Gafa, Defense europeenne, Migrants, la France et l Allemagne veulent répondre à la pression populiste
Publié le 19 novembre 2018
Tout arrive : à Berlin, Emmanuel Macron obtient un renforcement de la zone Euro.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Tout arrive : à Berlin, Emmanuel Macron obtient un renforcement de la zone Euro.

La réaction est plutôt paradoxale et inattendue : tout se passe comme si les courants populistes qui traversent les démocraties européennes et les institutions menacent l’Union Européenne et la monnaie unique, l’euro. Mais pendant que cet orage gronde partout, le noyau dur de la zone Euro réussit à renforcer sa cohésion.

L‘objectif non officiel mais évident est de faire évoluer l’Union européenne pour la protéger contre tous ceux qui lui prédisent l‘explosion en pensant que les choses iraient mieux si chacun restait chez soi.

Emmanuel Macron a eu beaucoup de mal à fédérer les 27 pays membres autour de cette ambition qui était au cœur de son programme électoral, mais il est évident aujourd’hui que la nécessité d’une réforme s’est imposée à tous, y compris aux Allemands.

La visite du président français à Berlin, ce dimanche, a sans doute permis là encore de mesurer l’évolution de la position de Angela Merkel. Alors, beaucoup diront que la chancelière est fragile, prête à quitter le pouvoir, il n’empêche que le sentiment de ceux qui la fréquentent est de considérer qu‘elle n’a sans doute pas encore abandonné la partie.

Du moins, pas avant d’avoir remis l‘Allemagne en position de co-leader de l’Union européenne réformée, «seul moyen, rapporte son entourage, d’échapper à la pression nationaliste qui peut resurgir en Allemagne à la première difficulté».

C’est aussi le sentiment de beaucoup de membres de la délégation qui accompagnaient Emmanuel Macron à Berlin.

Les signes du renforcement de l’Union européenne sont désormais beaucoup plus nombreux et visibles que ceux qui marquent les désaccords.

Le plus spectaculaire de ces signes de cohésion, c’est l’unanimité sans faille des 27 pays membres de l’Union dans la négociation avec la Grande Bretagne pour fixer les modalités du Brexit.

D’abord, le négociateur Michel Barnier a toujours veillé, pendant plus de deux ans, à obtenir l’avis et le soutien des pouvoirs politiques : Conseil des ministres plusieurs fois par semaine, et Conseil de chefs d’Etat et de gouvernement. Il y a eu certes des débats, mais ces débats ont toujours accouché d’une position de compromis unanime et par conséquent politiquement légitime. Si les dirigeants de la Grande-Bretagne ont toujours expliqué qu‘ils appliquaient les décisions du peuple britannique, on n’a jamais pu faire le procès à Bruxelles, que Michel Barnier négociait sans mandat politique.

Ensuite, les 27 ont défini une doctrine et une position claire. Pour les Européens, le départ de la Grande Bretagne a été immédiatement considéré comme une erreur historique dont il faudra payer le prix des deux cotés du Channel, mais si les Anglais l’avaient décidé, personne ne pouvait s’y opposer. Dont acte pour le Brexit.

Sauf qu’à partir du moment où le divorce était prononcé, la Grande Bretagne ne pouvait plus prétendre aux avantages de l’Union européenne. «Le beurre ou l’argent du beurre».

Les pays-mêmes de l’Union n’ont jamais cédé sur le respect des valeurs européennes, c’est-à-dire, essentiellement les 4 libertés de circulation : liberté pour les hommes, les produits, les services et les capitaux.

L’Union européenne, à qui on reproche à juste titre le déficit d’harmonisation sociale et fiscale, ne pouvait pas accepter que la Grande Bretagne se transforme en paradis fiscal et financier avec des portes grandes ouvertes sur l’Europe. Pas question d’accepter l’installation d’un grand Singapour et de lui donner l’autorisation de venir piller le continent.

C’est face à cette intransigeance que la Grande Bretagne s’est aperçue que ces revendications étaient très utopiques et que Theresa May a essayé de proposer un Brexit soft.

L’autre exemple de renforcement des positions pro-européennes au seuil de l’Union concerne l’Italie. Il ne s’agissait pas, pour Bruxelles, pour la Commission et le Conseil des ministres, de refuser d’adouber la politique économique du gouvernement italien pour des raisons éthiques et morales, il s’agit de refuser les projets italiens pour ne pas avoir à en payer les factures.

L‘Italie ne peut pas proposer à son peuple des mesures qui dépassent ses capacités budgétaires. Pas question pour Bruxelles de faire prendre aux 27 membres de l’Union, les mêmes risques que l’Italie. Cette mutualisation-là ne peut que fragiliser l’Europe.

Refuser le budget italien, c’est protéger l'Union européenne, tout comme refuser de tomber dans les petits arrangements du Brexit n’était pas viable.

Maintenant, le noyau dur de la zone Euro, qui est le cœur et le poumon du système européen, fait pression pour renforcer les mécanismes de cohésion politique et les mécanismes de fonctionnement des systèmes de garantie de la zone Euro. Deux avancées.

La principale avancée va être d’élargir le domaine de compétence du MES. Sans être trop technique, le Mécanisme européen de stabilité avait été créé au moment de la crise, fin 2008, avec pour objectif de distribuer de l'argent aux pays qui se retrouveraient en difficulté. Le MES a joué un rôle déterminant dans le sauvetage de la Grèce. La réforme porterait sur deux points. D’une part, le MES devrait partager son pouvoir de décision et de surveillance des pays en difficultés avec la Commission et le Conseil des ministres, ce qui changerait sans doute son approche beaucoup trop technocratique jusqu'à maintenant. Et d’autre part, on devrait autoriser le MES à tirer des lignes de crédit au bénéfice des pays qui sont économiquement sains, mais dont l’accès au marché des liquidités serait limité à cause d’une crise dans un pays plus pauvre mais une crise systémique qui le toucherait.

La France et l‘Allemagne, par exemple, n’excluent pas un risque de défaut d’une banque italienne si le gouvernement s’obstine dans des positions ingérables. Dans ce cas, le défaut d’une grande banque aurait en Europe les mêmes effets que la chute de Lehmann en septembre 2008. Les marchés interbancaires se fermeraient de facto, et le système serait asséché de liquidités.

Une autre avancée à l’étude porterait sur la création d’un budget de la zone euro, ce qui permettrait à la zone euro de devenir emprunteur sur le marché et démarrer un mécanisme de mutualisation des dettes. La question est de savoir à quel montant et selon quels critères seront fixées les contributions de chacun des Etats membres, mais l’idée serait aussi de prendre cette contribution à l'intérieur de celles qui sont versées au budget de l'Union européenne. Actuellement, la contribution de chaque pays est plafonnée à 1% des richesses crées.

Cette réforme-là ne serait pas neutre politiquement parce qu’elle reviendrait à appauvrir l’Union des 27 pays membres au profit des seuls pays membres de la zone euro. L’objectif est toujours de renforcer le cœur du réacteur.

Enfin, France et Allemagne seraient désormais sur la même longueur d’onde concernant la création de la taxe sur les Gafa - qui n’entrerait en vigueur qu en 2020 - et sur la création d’une Europe de la Défense.

Il est évident que les attitudes très pro-américaines de Donald Trump, dont l’objectif est évidemment d'affaiblir l’Union européenne, et le départ de la Grande Bretagne, ont été des accélérateurs de rapprochement au sein de l’Union européenne. De la légitime défense

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