En direct
Best of
Best Of
En direct
© Reuters
Boum patatras
Pétrole : comme une étoile en fin de vie, l’OPEP va entrer dans sa phase supernova
Publié le 15 novembre 2018
Les prix du pétrole est en baisse et l'OPEP n'a plus l'influence de jadis. Les alliances supranationales devraient disparaître au profit d'alliances de circonstance, comme celle opérée entre Riyad et Moscou.
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stephan Silvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les prix du pétrole est en baisse et l'OPEP n'a plus l'influence de jadis. Les alliances supranationales devraient disparaître au profit d'alliances de circonstance, comme celle opérée entre Riyad et Moscou.

Atlantico : Dans un contexte de baisse des prix du pétrole (le WTI est passé sous la barre des 60$ le 9 novembre dernier), il apparaît de plus en plus évident que l'OPEP n'est plus l'organisation qu'elle avait pu être, ne présentant plus qu'un tiers de la production mondiale. Peut-on y voir le signe de la fin programmée de l'organisation ?

Stephan Silvestre : Il s’agit de deux problèmes différents : la baisse des prix est le résultat de l’équilibre entre l’offre -qui remonte- et la demande ; l’OPEP a connu bien d’autres périodes de prix bas sans exploser pour autant ; la dislocation de l’OPEP est plutôt provoquée par les fortes dissentions entre les pays chiites et les sunnites et par la récente alliance russo-saoudienne. L’organisation est de plus en plus paralysée en raison des divergences politiques entre ses membres. Lorsqu’il fallait s’opposer à l’Occident, les anciennes colonies parvenaient à surpasser leurs différends pour faire monter les prix ; mais aujourd’hui, dans un marché très morcelé, les producteurs sont de moins en moins disposés à se serrer les coudes. L’augmentation du nombre des membres n’a fait qu’accentuer cette difficulté (on connaît bien ce problème dans l’Union Européenne !). Par le passé, l’OPEP tenait sa puissance de ses réserves faramineuses, qui servaient d’étalon sur ce marché. Mais aujourd’hui, c’est surtout la production qui compte, comme on a pu le voir avec l’émergence rapide des huiles de schiste. Or, les parts de marché de l’OPEP ne cessent de baisser : en se rapprochant des 30%, l’OPEP tangente le seuil qui lui fera perdre le contrôle sur marché. C’est ce qui a poussé Riyad à se tourner vers Moscou. 

Faut-il s'attendre à une nouvelle alliance qui remplacerait l'OPEP, composée d'un axe Moscou-Riyad ? 

C’est peu probable. L’alliance entre la Russie et l’Arabie Saoudite est circonstancielle. Mais Moscou ne s’engera certainement pas dans une organisation qui la contraindrait politiquement. Il ne faut pas oublier que la Russie reste le principal soutien de Téhéran : elle ne souhaitera pas mettre en péril ses relations avec l’Iran, ni avec d’autres pays, au profit d’un pays qui achète presque toutes ses armes aux États-Unis. 

Quelles en seraient les conséquences, aussi bien du point de vue américain, que pour les Européens ? 

Les États-Unis ont pas mal à gagner de l’implosion de l’OPEP : tout d’abord, cela leur permettra bien sûr de se renforcer sur le marché du pétrole ; ensuite, cela servira la politique de Trump consistant à dissoudre les grandes organisations internationales au profit de relations bilatérales ; enfin, cela isolera certains pays récalcitrants, comme l’Iran ou le Venezuela. En revanche, l’alliance russo-saoudienne est un risque pour Washington, tant sur le plan commercial que sur le plan politique. Mais pour l’instant ce risque est lointain. L’Europe, de son côté, reste en marge de cette recomposition. Elle cherche surtout à conserver de bonnes relations avec Téhéran. Mais pour l’heure, c’est la Russie qui gagne du terrain. 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
04.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Emploi record et hausse des salaires au Royaume-Uni... Mais que se passe-t-il à 9 jours du Brexit ?
07.
Electricité : le record de production par les éoliennes battu le 14 mars est un faux espoir
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
06.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Révolution, le retour : le scénario d’un vrai dérapage insurrectionnel est-il en train de devenir possible en France ?
03.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
04.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
05.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
06.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires