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Pétrole : comme une étoile en fin de vie, l’OPEP va entrer dans sa phase supernova

Publié le 13 novembre 2018
Dans un contexte de baisse des prix du pétrole (le WTI est passé sous la barre des 60$ ce 9 novembre), il apparaît de plus en plus évident que l'OPEP n'est plus l'organisation qu'elle avait pu être, ne présentant plus qu'un tiers de la production mondiale.
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
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Dans un contexte de baisse des prix du pétrole (le WTI est passé sous la barre des 60$ ce 9 novembre), il apparaît de plus en plus évident que l'OPEP n'est plus l'organisation qu'elle avait pu être, ne présentant plus qu'un tiers de la production mondiale.

Atlantico: Peut-on voir dans la perte d'influence de l'OPEP le signe de la fin programmée de l'organisation ?

Stephan Silvestre : Il s’agit de deux problèmes différents : la baisse des prix est le résultat de l’équilibre entre l’offre -qui remonte- et la demande ; l’OPEP a connu bien d’autres périodes de prix bas sans exploser pour autant ; la dislocation de l’OPEP est plutôt provoquée par les fortes dissensions entre les pays chiites et les sunnites et par la récente alliance russo-saoudienne. L’organisation est de plus en plus paralysée en raison des divergences politiques entre ses membres. Lorsqu’il fallait s’opposer à l’Occident, les anciennes colonies parvenaient à surpasser leurs différends pour faire monter les prix ; mais aujourd’hui, dans un marché très morcelé, les producteurs sont de moins en moins disposés à se serrer les coudes. L’augmentation du nombre des membres n’a fait qu’accentuer cette difficulté (on connaît bien ce problème dans l’Union Européenne !). Par le passé, l’OPEP tenait sa puissance de ses réserves faramineuses, qui servaient d’étalon sur ce marché. Mais aujourd’hui, c’est surtout la production qui compte, comme on a pu le voir avec l’émergence rapide des huiles de schiste. Or, les parts de marché de l’OPEP ne cessent de baisser : en se rapprochant des 30%, l’OPEP tangente le seuil qui lui fera perdre le contrôle sur marché. C’est ce qui a poussé Riyad à se tourner vers Moscou. 

Faut-il s'attendre à une nouvelle alliance qui remplacerait l'OPEP, composée d'un axe Moscou-Riyad ? 

C’est peu probable. L’alliance entre la Russie et l’Arabie Saoudite est circonstancielle. Mais Moscou ne s’engagera certainement pas dans une organisation qui la contraindrait politiquement. Il ne faut pas oublier que la Russie reste le principal soutien de Téhéran : elle ne souhaitera pas mettre en péril ses relations avec l’Iran, ni avec d’autres pays, au profit d’un pays qui achète presque toutes ses armes aux États-Unis. 

Quelles en seraient les conséquences, aussi bien du point de vue américain, que pour les Européens ? 

Les États-Unis ont pas mal à gagner de l’implosion de l’OPEP : tout d’abord, cela leur permettra bien sûr de se renforcer sur le marché du pétrole ; ensuite, cela servira la politique de Trump consistant à dissoudre les grandes organisations internationales au profit de relations bilatérales ; enfin, cela isolera certains pays récalcitrants, comme l’Iran ou le Venezuela. En revanche, l’alliance russo-saoudienne est un risque pour Washington, tant sur le plan commercial que sur le plan politique. Mais pour l’instant ce risque est lointain. L’Europe, de son côté, reste en marge de cette recomposition. Elle cherche surtout à conserver de bonnes relations avec Téhéran. Mais pour l’heure, c’est la Russie qui gagne du terrain.

 

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