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François Hollande aurait-il été élu sans avoir fait un régime au préalable ?

Publié le 13 mai 2012
Depuis l'automne 2011, Christine Pouget et Corinne Delpuech suivent jour par jour la campagne électorale de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Leur reportage se poursuit jusqu'au soir du dimanche 6 mai 2012, deuxième tour de l'élection présidentielle. Extraits de "François hollande, de la Corrèze à l'Elysée" (2/2).
Christine Pouget et Corinne Delpuech sont journalistes au service politique de l’Agence France-Presse.
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Depuis l'automne 2011, Christine Pouget et Corinne Delpuech suivent jour par jour la campagne électorale de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Leur reportage se poursuit jusqu'au soir du dimanche 6 mai 2012, deuxième tour de l'élection présidentielle. Extraits de "François hollande, de la Corrèze à l'Elysée" (2/2).

Le gentil François, ses bonnes joues rouges, ses petites blagues, ses pantalons tirebouchonnés, le grand désordre de son bureau et parfois de sa mise, tout cela sera combattu pied à pied. D’ailleurs, confie-t-il à des journalistes, toute réussite ne passe-t-elle pas par une réinvention de soi ? Ségolène Royal, de plus en plus belle au cours de sa campagne de 2007, a elle aussi connu l’ivresse de la métamorphose.

Il commence par changer de lunettes, donc de regard. Foin des carreaux cerclés qui lui donnaient l’air studieux et un chouia poussiéreux. Les verres sont clairs et sans monture, percés, les branches noires, larges et profilées.

Sa silhouette se transforme et n’a bientôt plus rien à voir avec les courbes du « culbuto ». Sa recette minceur ? Il n’aime guère la détailler. Juste les interdits les plus classiques : plus de pain, ni fromage ni chocolat, lui qui dévorait gâteaux et mousses… Combien a-t-il perdu ? Une dizaine de kilos, lâche t- il. Mais l’impression est plus frappante. C’est vraiment un autre homme que La Rochelle découvre à l’été 2010, un an avant les primaires. « Cela montre que l’on a fait l’effort pour se mettre au mieux, ça fait partie de l’acte de candidature », confie-t-il un jour du printemps 2011 sur un marché d’Argentat, où chacun le complimente sur sa sveltesse.

Pourtant, note un observateur affûté de la vie politique de ce département, l’allure replète du Hollande d’hier, ses joues rubicondes, n’ont pas été pour rien dans sa conquête de la Corrèze.

Il collait au terrain, n’avait pas l’allure classique de l’énarque urbain.

« Une phrase de Mitterrand est imprégnée dans mon cerveau, confie l’autre François : “Pour être aimé, il faut être aimable.” »

Variante actualisée : pour se présenter, il faut être présentable.

Aimable, il l’était pourtant. Par son sourire perpétuel, son humour, ses reparties parfois faciles, toujours rapides. Mais sous ses rondeurs, il est allé chercher un homme intense et affûté. Ne martèle-t-on pas qu’il faut être un guerrier pour entrer dans l’arène présidentielle ? Bayrou lance : « Ce n’est pas une élection pour poids plume, c’est une élection pour poids lourds. » Mais ces poids lourds doivent être fuselés et musclés.

En pleine forme, pas en formes pleines. « J’avais toujours été frappé que les gens qui me voient dans la vie réelle ne me trouvaient pas gros dans le contact, mais plutôt enveloppé dans l’image télévisée », dit-il. Et comme elle compte, cette image !

Il a raccordé les deux facettes. Désormais, Hollande est affiné, son visage est plus grave, plus dur, creusé. Il a perdu la bonhomie qui était son blason. Au point que de méchants bruits vont courir à Paris. Hollande serait malade, voire très malade. C’est ce qui lui aurait fait perdre tant de lard. Depuis le secret bien gardé du cancer de Mitterrand, la politique est ponctuée de séquences médicales. Tous les candidats y sont plus ou moins passés. Pour contrer les rumeurs, il fera observer en février 2012 que pour pouvoir financer sa campagne, il a dû emprunter… et pour emprunter, passer une visite médicale des plus strictes.

Cette guerre du poids, Hollande l’a-t-il menée avec le régime de Pierre Dukan, ce magicien de la diète protéinée, qui fait florès dans les librairies et les cuisines ? « Il m’a dit un jour : je vais vous demander des droits d’auteur[1] », s’amuse ce médecin qui a beaucoup réfléchi sur l’alimentation, la société de surabondance, l’individu gavé.

De fait, François Hollande est devenu, aux yeux du diététicien, une « icône » du combat pour la reconquête de soi qu’est un régime amaigrissant. Dans un pays qui compte plus de vingt millions de personnes en surpoids – et presque autant d’électeurs potentiels –, ce n’est pas rien. Le socialiste n’est d’ailleurs pas le seul à être passé du XL au M. Marine Le Pen, championne du Front national, a elle aussi redessiné sa silhouette.

" En maigrissant pour affronter cette présidentielle, Hollande a abandonné l’épicurisme pour passer en mode stoïcien", commente le docteur Dukan. Une garantie de contrôle : “Je suis maître de moi comme de l’univers” , comme le proclame Auguste dans Cinna.

« Dans cet affrontement difficile, il partait avec un très net désavantage, avoir un air de doudou convenant mal à la fonction. Il s’est buriné dans le précombat. Il s’est donné un profil bonapartiste qu’il n’avait pas », poursuit le diététicien, qui a d’ailleurs publié une adresse à tous les candidats à l’Élysée sur le problème de l’obésité. L’expérience montre qu’un régime réussi « est un générateur d’épanouissement. Il y a un effet de contagion qui retentit sur tous les équilibres : professionnels, familiaux… » François Hollande, conclut Pierre Dukan, « avance vers la terre promise, vers des moments de très haute intensité. Il a mieux à prendre, à saisir que la nourriture. » Une étude Viavoice de mai 2011 témoigne que les Français voient le Hollande « en rupture » avec le premier secrétaire du PS qu’il fut.


[1] Entretien avec les auteurs.

_____________________________

Extrait de François hollande, de la Corrèze à l'Elysée, Archipel (9 mai 2012)

 

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roudoudou
- 14/05/2012 - 22:31
On a évité le pire
Au PS, ils avaient en stock
- une grosse fille à papa aimable comme un bouledogue
- un vieux libidineux obèse et incontrôlable
- une ménagère illuminée pas remise de sa défaite d'il y a 5 ans
- un poussah déplumé, épaissi, aigri et pas remis (lui non plus!) d'avoir été le plus jeune premier ministre de France.......il y a longtemps, puis plus rien
- le François, incolore, inodore mais au moins amaigri de 30 kg (au bas mot). Et quand on sait comme c'est difficile de maigrir....
Alors finalement on a échappé au pire....
Touffe-Tong
- 14/05/2012 - 10:13
Proverbes et "pensée"
@De F et de + loin : si le niveau de ta pensée se résume à des proverbes tels que "Les gagnants ont toujours raison", qui est d'une imbécillité profonde...
evy
- 14/05/2012 - 08:36
c'est la presse française..
qui est à la base de toutes ces insultes envers le président de la France. Aujourd'hui ils vont être muselé car les prétendants au poste de premier Ministre sont tous du style de Mitterrand (mettre sur écoute)
Le pire c'est Edwy Plenel, la haine de la haine. Heureusement qu'il y a la presse étrangère.