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Brexit : Tout cela devrait se régler sur le ring!
Publié le 18 octobre 2018
Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraëli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.
Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de...
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Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de...
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Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraëli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.

Londres, 

17 octobre 2018

Mon cher ami, 

Vos dirigeants mettent les plus francophiles des Britanniques à rude épreuve. Annoncer qu’en cas de no deal, les touristes britanniques auront besoin d’un visa est d’une discourtoisie prononcée. Je ne sais pas lequel de vos conseillers ministériels a eu cette idée brillante. il a sûrement écrit une note dans les règles de l’art, comme on apprend à faire à Sciences Po ou à l’ENA, pour communiquer son idée. Ah! Bravo: comme cela on va créer du mécontentement chez les Britanniques qui vont faire baisser le gouvernement dans les sondages. Machiavel n’y aurait pas pensé. Franchement, en entendant votre Ministre des Affaires Européennes expliquer que l’on prépare une loi sur le sujet sinon les Britanniques seraient « hors la loi » sur le territoire français, on se dit que votre noble République traverse un sérieuse zone de turbulences, un trou d’air monumental. 

Si j’oubliais qu’il s’agit de mon pays, je trouverais particulièrement réjouissant de constater que le héraut des progressistes, Emmanuel Macron, qui n’a pas de mots trop dur pour critiquer populistes et nationalistes, est à ce point incapable de se débarrasser de l’image de l’Angleterre comme « l’ennemi héréditaire ». Qu’il s’agisse de soumettre à visa l’entrée ou la sortie des touristes britanniques ou bien, plus généralement, d’envisager le Brexit, Emmanuel Macron est déterminé par des générations de préjugés.  Permettez-moi d’être sarcastique comme il faut! Mais, rassurez-vous, je reviens vite au fond des choses. 

Avez-vous remarqué la mise en scène des discussions avec Theresa May? Tout est fait pour insulter notre pays. Accorder trente minutes au Premier ministre de Grande-Bretagne! On est revenu aux pires heures de la diplomatie européenne, cette Conférence de Paris de 1919 où l’on fit venir les négociateurs allemands pour leur faire connaître des conditions de paix décidées sans aucune négociation avec eux. Je vous concède bien volontiers que la Grande-Bretagne n’est pas dans une situation aussi dramatique que l’Allemagne ayant perdu militairement la Première guerre mondiale; en revanche les motivations du comportement des vainqueurs en 1919 et celle des membres du Conseil européen un siècle plus tard sont les mêmes: ils sont profondément divisés et ne veulent pas que le Premier ministre britannique et ses conseillers puissent exploiter ces divisions lors d’une séance de travail prolongée. Prenez garde, membres de l’UE, à ce que les conséquences de 2019 ne soient pas, elles aussi, semblables à celles de 1919: on n’humilie pas en vain une grande nation. Méfiez-vous, en particulier vous les dirigeants français, d’un retour de bâton. Et, à la différence de l’Allemagne des années 1920 et 1930, nous n’aurons pas recours à la politique du pire: mais cela ne nous empêchera pas de bloquer systématiquement certains des dossiers auxquels vous tenez le plus; ni de jouer, autant que vous l’aurez mérité, la carte des Etats-Unis aux dépens de l’Europe. 

Ce soir, dans l’échange entre Theresa May et ses collègues d’Europe continentale, les petits pays ont vendu la mèche, en se plaignant du fait que Theresa May représente un pays divisé sur le sujet du Brexit. C’est bien plutôt Michel Barnier qui est à la tête d’un groupe divisé. Regardez comme la Pologne souhaite un accord; comme les Pays-Bas affirment un optimisme mesuré. Constatez comme Madame Merkel, à son habitude, laisse les positions s’affronter, jugeant qu’elle ne prendra la main, pour être efficace, que le plus tard possible - il reste encore 163 jours! Emmanuel Macron se fait des illusions quand il croit qu’il pourra tenir seul une position d’opposition dure. Quand Madame Merkel le décidera, on ira vers un deal. 

Pourquoi se faire du souci, alors? Mais parce que la politique n’est pas seulement machiavélisme! Elle n’est pas seulement calcul de courte vue. Vos dirigeants ne voient-ils pas comme Theresa May est de bonne foi et comme il suffirait d’établir une relation de confiance avec elle. Elle a certes dessiné un cote mal taillée: fin de la libre circulation des personnes et compromis sur les marchandises. Mais ce compromis a le mérite d’exister. Emmanuel Macron méprise les Brexiteers mais que penser de son attitude jusqu’au boutiste? 

J’ai envoyé ce soir un SMS à Theresa pour lui proposer de régler une fois pour toutes la question: je suis prêt à enfiler mes gants de boxe et monter sur le ring pour ramener Emmanuel Macron à un peu plus de raison - et de galanterie vis-à-vis de notre Premier ministre. A vrai dire, je ne prends pas très au sérieux les quelques vidéos que j’ai trouvées sur internet qui montrent votre président avec des gants de boxe; mais qu’à cela ne tienne, après avoir flanqué la correction qu’il mérite à Manu, je suis prêt à affronter un adversaire plus sérieux: votre Premier ministre, Edouard Philippe, qui, lui, connaît un peu la boxe. Evidemment, je gagnerai ce combat aussi; et c’est normal, puisque je me battrai pour l’honneur de mon pays aujourd’hui; tandis que vos représentants ruminent le vieux ressentiment ramassé dans les greniers de leurs grands-parents sur « l’Angleterre, ennemi héréditaire »; et qu’ils ont en permanence peur des remontrances et des fessées de leur nounou allemande. 

En fait, Theresa m’a répondu « :) Stay calm, Ben! Donald will finish the job ! » En effet, les Américains s’invitent désormais dans la négociation globale. Christopher Giancarlo, régulateur américain, a menacé les banques européennes de se voir privées d’accès au marché américain des dérivés si l’Union Européenne s’obstine, comme elle le fait actuellement, à vouloir détourner les milliers de milliards de dollars de transactions de compensations euro/dollar vers le continent au lieu de continuer à traiter une partie de l’activité à Londres. Voilà qui devient sérieux ! Il paraît que votre président a exercé naguère le métier de banquier. Il devrait comprendre le parler cash américain, s’il ne respecte pas la courtoisie britannique. 

 
Bien fidèlement à vous 
 
Benjamin Disraëli 
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