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Comment Donald Trump a arrêté la chute des bourses
Publié le 15 octobre 2018
Précision utile : il s’agit des bourses américaines. L’histoire commence le 10 octobre, quand le Dow Jones perd 1,4%. Elle continue le 11, où l’indice de Shanghai perd 5,2%, le CAC 40 1,4% et le Dax allemand 0,9%. Tout le monde s’inquiète. Mais, le 12 octobre, le Dow reprend 1,6%, Shanghai, Dax et Cac se stabilisent (avec peine). Si tout n’est pas parfait, si le rebond n’a pas effacé les pertes, tout le monde respire. Et s’interroge : que s’est-il donc passé ?
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Précision utile : il s’agit des bourses américaines. L’histoire commence le 10 octobre, quand le Dow Jones perd 1,4%. Elle continue le 11, où l’indice de Shanghai perd 5,2%, le CAC 40 1,4% et le Dax allemand 0,9%. Tout le monde s’inquiète. Mais, le 12 octobre, le Dow reprend 1,6%, Shanghai, Dax et Cac se stabilisent (avec peine). Si tout n’est pas parfait, si le rebond n’a pas effacé les pertes, tout le monde respire. Et s’interroge : que s’est-il donc passé ?

« Une correction prévisible, mais endiguée » devient l’explication partout retenue. Mais endiguée par qui ? On peut toujours se dire qu’elle était prévisible, après la longue et constante montée de la bourse américaine : 3 500 jours. On peut ajouter qu’elle s’expliquait par la montée des profits des GAFA, d’autant que Trump avait baissé les impôts des sociétés, notamment ceux de leurs profits parqués en Europe. On peut ajouter que cette correction était d’autant plus prévisible que la Fed montait graduellement ses taux, pour calmer le jeu – disait-elle. Il fallait donc une sorte de respiration. 

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin ajoute même, depuis Bali où il participe à l’assemblée du FMI : « Je ne pense pas qu'il y ait eu des nouvelles de la Fed aujourd'hui qui n'aient pas été connues avant… Les marchés montent et descendent. Compte tenu de la hausse du marché, le fait qu’il y ait une sorte de correction n’est pas particulièrement surprenant ». Autrement dit, c’est assez normal, et même sans action particulière de la Fed : elle n’y est directement pour rien.
 
Mais on a oublié Donald Trump ! Or c’est lui qui a crié plus fort que jamais le 11 octobre. « La Fed est devenue folle » dit-il. Puis il monte d’un cran : « La Fed est out of control, elle est trop stricte, je comprends tout ça mieux que tous ces gens… ». Et quand vient la question du journaliste : « Allez-vous virer Powell ? », Donald Trump répond : « Non… mais je n’aime pas cette politique… ». Bien sûr, Donald Trump sait bien qu’il ne peut « virer » Jerome Powell : c’est anticonstitutionnel. Mais il sait bien qu’il n’aime pas sa politique de montée des taux. Il l’avait bien dit le 9 octobre : « la Fed fait ce qu’elle pense nécessaire, mais je n’aime pas ce qu’ils font… Les chiffres que nous obtenons sont record, je ne veux pas les ralentir même un peu, particulièrement parce que nous n’avons pas de problème d’inflation… Je pense qu’il n’est pas nécessaire (de monter les taux) aussi vite ». C’est, chez lui, une vieille idée : il faut que les taux d’intérêt soient bas, que la reprise américaine continue d’être forte et que le dollar soit faible, pour exporter. En supposant bien sûr que tout ceci soit compatible.
 
Il faut donc le reconnaître : c’est en criant si fort que Donald Trump a impressionné les marchés financiers. Ils se disent qu’il n’est plus si sûr que la Fed monte son taux une quatrième fois cette année, en décembre. Car ce serait alors une déclaration de guerre contre lui. Il n’est même pas impossible, dans la paranoïa qui fait demander au Président s’il ne « virerait » pas Powell, que l’idée germe qu’il pourrait chercher, avec les trois nominations de membre du Board qui restent, aux côtés de Jerome Powell, Richard Clarida, Randal Quarles et Lael Brainard (la seule Démocrate qui reste), à traiter cette instance comme la Cour Suprême ! Avec des banquiers centraux qui partageraient ses idées, comme les Juges !
 
La bataille Trump-Powell se précise. Objet du combat : gagner les élections mid term dans un mois pour Trump - prélude à sa réélection en 2020 ; une croissance aussi longue que possible, mais avec atterrissage en douceur, pour Jerome Powell. On peut toujours se dire que Powell travaille pour Trump, dans la mesure où il veut le plus de croissance non inflationniste possible, et surtout éviter une récession dangereuse pour les États-Unis, et donc pour Trump ! Mais Trump ne l’entend pas ainsi : il ne veut pas de risque boursier, surtout pas maintenant. Il veut encore et toujours forcer la machine économique et boursière, même si elle est au bord de la surchauffe. Elle peut donc « chauffer » encore pour Trump, mais plus trop pour Powell. 
 
Donald Trump veut plus de montée des bourses et moins de chômage, sans être angoissé par l’inflation. Jerome Powell veut un peu moins de chômage en stabilisant l’inflation en montant graduellement ses taux d’intérêt, et surtout pour pouvoir les baisser, si les choses tournent mal. Trump veut toujours avancer, Powell veut pouvoir reculer. 
 
Mais il faut reconnaître que Trump a eu beaucoup de chance avec ses cris ! Le 11 octobre en effet, l’inflation vient de sortir à 2,3% en septembre contre 2,7% en août, le plus bas taux depuis 7 mois. Donald Trump avait raison ! Il était au courant ? Il le « sentait » ? Mais si l’inflation était sortie à 2,8% ? Et que se passera-t-il dans un ou deux mois ?
 
Et que va-t-il se passer s’il réussit les élections dans un mois et propose de pérenniser les baisses d’impôts, voire d’en instaurer de nouvelles, plus des dépenses d’infrastructures ! Alors l’inflation salariale ne pourra que monter, donc les taux courts si Powell « suit » son mandat comme il le fait actuellement et plus encore les taux longs devant le creusement du déficit, donc le dollar par rapport à l’euro et surtout par rapport au yuan ! 7 yuans pour un dollar : le chiffre qui peut faire rugir Donald Trump ! Et ceci, cris compris, suffira-t-il pour le Dow Jones et le Nasdaq ? Trump a arrêté une fois les marchés dans la pente. Ils l’attendent au prochain cahot.
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