En direct
Best of
Best of du 18 au 24 mai 2019
En direct
© DR
Leçons de la présidentielle 2017
Effet grand cru, effet piquette : focus sur les lignes de fractures électorales de la France des vignobles
Publié le 05 octobre 2018
L'IFOP s'est penché, dans une longue étude, sur la géographie électorale du vignoble français. Les orientations politiques de ces terroirs sont loin d’être homogènes.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sylvain Manternach est géographe-cartographe, formé à l’Institut français de géopolitique, et auteur d'une note sur les résultats du second tour des élections départementales co-écrite avec Jérome Fourquet, Directeur du département Opinion et...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Voir la bio
Sylvain Manternach
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sylvain Manternach est géographe-cartographe, formé à l’Institut français de géopolitique, et auteur d'une note sur les résultats du second tour des élections départementales co-écrite avec Jérome Fourquet, Directeur du département Opinion et...
Voir la bio
Ifop
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'IFOP s'est penché, dans une longue étude, sur la géographie électorale du vignoble français. Les orientations politiques de ces terroirs sont loin d’être homogènes.

L’opposition entre une France rurale acquise au FN et une France des métropoles ayant soutenu Emmanuel Macron s’est imposée dans les représentations et les commentaires. Cette grille de lecture, qui renvoie à la dichotomie entre régions gagnantes et perdantes de la nouvelle donne économique, constitue un cadre interprétatif général de la géographie électorale du pays assez valide et opérant. 

Pour autant, toutes les zones périphériques ne sont pas logées à la même enseigne et certaines parviennent à tirer leur épingle du jeu, notamment les littoraux et les lieux touristiques car comme Jean Viard l’a récemment souligné (cf : Redesssiner la France Pour un nouveau pacte territorial. Fondation J. Jaurès. 2018) l’activité touristique et la valorisation des territoires constituent une dimension majeure pour comprendre les nouvelles dynamiques spatiales.

De la même façon, l’analyse électorale des vignobles permet d’affiner la compréhension de la géographie électorale française. Les orientations politiques de ces terroirs sont loin d’être homogènes. Certains vignobles, très prestigieux et parvenant à exporter à bons prix leurs productions, font figure d’enclaves aisés quand d’autres sont en crise et subissent de plein fouet la concurrence étrangère ou la financiarisation de leur filière. Ainsi, au cœur même d’un espace périphérique agricole, on retrouve la ligne de fracture entre les gagnants et les perdants d’un système économique mondialisé.    

1- En Bourgogne, un effet « grand cru » favorable au candidat des Républicains

Dans la prestigieuse Côte de Beaune, le tropisme filloniste du vignoble apparaît très clairement. Le candidat des Républicains est en tête dans quasiment toutes les communes situées dans le périmètre restreint de ce terroir. Les scores oscillent autour de 30% aux extrémités nord (Aloxe-Corton, Chorey-lès-Beaune) et sud (Santenay), mais sont nettement plus élevés dans le cœur de la Côte-de-Beaune. Fillon dépasse ainsi les 40% à Meursault (40,5%), Chassagne-Montrachet (43,2%) ou bien encore à Pommard (45,7%). Le record est enregistré à Volnay : 56,7%. A l’Est, dans l’appellation moins prisée des Hautes-Côtes de Beaune, les villages placent régulièrement François Fillon en tête mais en lui accordant des scores moins élevés.  

En remontant en direction du Nord la route des vins de Bourgogne on pénètre dans le terroir mondialement connue de la Côte-de-Nuits. Ici aussi, le candidat de droite enregistre de bons résultats mais qui se situent en deçà de ceux de la Côte de Beaune. Une nouvelle fois, c’est au cœur de ce périmètre que le phénomène est le plus spectaculaire : 50% à Vosne-Romanée, puis autour de 30% à Vougeot, Chambolle-Musigny et Morey-Saint-Denis, communes concentrant l’essentiel des Grands crus. Comme dans la Côte-de-Beaune, les scores sont moins élevés aux deux extrémités de la Côte-de-Nuits.

Hormis l’effet-richesse qui joue le plus dans le cœur de la micro-région, où sont situés les appellations et les domaines les plus prestigieux, la composition de la population influe également. En dépouillant le recensement de l’INSEE, on constate en effet que la proportion d’agriculteurs est la plus élevée dans le cœur de la zone, qui est donc sociologiquement et culturellement la plus typée en termes d’identité viticole. On dénombre ainsi 18,8% d’agriculteurs à Vosne-Romanée et 12,2% à Chambolle-Musigny contre seulement 2,5% à Comblanchien et 0,7% à Corgoloin au Sud de la Côte et de la même façon, 5,1% à Fixin, 1,5% à Couchey ou 0,9% à Marsannay à l’extrémité Nord de ce territoire. Bien que situées dans le périmètre de la Côte de Nuits, ces dernières communes sont également dans la périphérie dijonnaise ce qui leur confère un profil péri-urbain qui se traduit au plan sociologique, on l’a vu, par une faible présence d’agriculteurs et au plan électoral par une audience significative pour Emmanuel Macron. Le candidat d’En Marche ! arrive ainsi en tête à Marsannay, Fixin et Brochon alors que ses scores sont nettement plus limités dans la partie centrale de la Côte de Nuits.

Hors de ce terroir économiquement très favorisé acquis à la droite, dans les zones rurales situées hors de l’influence dijonnaise, la domination de Fillon est cette fois contestée la plupart du temps par le FN. C’est le cas notamment dans la plupart des petits villages appartenant à l’appellation moins prestigieuse des Hautes-Côtes-de-Nuits, où Marine Le Pen vire le plus souvent en tête. L’audience augmente crescendo lorsque l’on quitte la zone viticole et que l’on descend dans la plaine notamment en direction de l’Est. Il s’agit là d’un phénomène intéressant que nous allons retrouver dans bon nombre de régions. L’existence d’un vignoble renommé a permis le maintien d’une activité agricole significative, ce qui favorise la droite. On constate en effet au plan national que dans les communes rurales, le vote Fillon est corrélé très positivement à la proportion d’agriculteurs vivant dans la commune. 

Le vote Le Pen est également corrélé avec cette variable mais négativement. Dit autrement, dans le monde rural, plus une commune a préservé une identité et une population agricoles et plus elle a voté en faveur de François Fillon et moins elle s’est tournée vers Marine Le Pen. Dans les campagnes, cette dernière réalise en revanche ses meilleurs résultats dans les communes n’ayant plus aucune activité agricole. 

L’existence d’une appellation reconnue, en ce qu’elle permet la persistance d’un tissu agricole vivace et dynamique, constitue donc un premier facteur explicatif du survote en faveur de la droite. A cela vient se greffer un second paramètre qui est celui du degré de réputation et de la cote de l’appellation. Plus l’appellation va être prestigieuse, plus le terroir mais aussi la production seront valorisés, ce qui joue énormément sur la sociologie et sur les comportements électoraux. On pourrait parler ici d’un « effet grands ou premiers crus ». Les communes qui ont la chance d’appartenir à de tels terroirs vont bénéficier des retombées économiques importantes voire exceptionnelles. C’est le cas notamment en Bourgogne. Les vignerons bourguignons vendent en France et à l’étranger leurs bouteilles à prix d’or. Ils jouissent ainsi d’une situation très enviable. Cette activité lucrative et leur haut niveau de vie génèrent un halo de prospérité autour d’eux. Les professions qui gravitent autour de la vigne (négociants, courtiers, marchands de matériels agricoles, prestataires…) tirent aussi profit de cette rente de situation. Grâce à cette réputation parfois mondiale, l’hôtellerie-restauration fonctionnent également très bien et génèrent aussi des retombées économiques importantes en surplus de l’activité viticole. Tout cela crée un écosystème particulier avec, d’une part, un revenu et un patrimoine par habitant élevé et, d’autre part, un fort sentiment d’appartenance locale et un attachement aux traditions, soient autant de facteurs favorisant le vote à droite. A cela s’ajoute le fait que ces communes bénéficient très concrètement des effets positifs de la globalisation. Leur vin est exporté aux quatre coins du monde et de nombreux touristes étrangers viennent visiter les vignes et ces villages. Dans ces communes, le sentiment dominant est donc de faire partie du camp des gagnants de la mondialisation, ce qui a pour effet de contenir le vote frontiste, qui prospère dans d’autres territoires ruraux.

Le cas de la Côte-de-Nuits illustre bien ce phénomène. Le vote Le Pen est assez contenu dans le périmètre de cette micro-région, il est déjà plus élevé dans les Hautes-Côtes-de-Nuits, appellation moins prestigieuse et dont les villages bénéficient donc d’une situation économique moins favorisée que leurs voisins. Enfin, quand on s’éloigne de ces zones viticoles, le vote FN monte crescendo dans des terroirs où l’agriculture est moins présente ou moins lucrative et où les problématiques d’isolement, de relégation et de déclassement social sont nettement plus prégnantes.

Dans le département voisin de Saône-et-Loire, on observe également le même phénomène avec, au sein de campagnes assez acquises au FN, des enclaves fillonistes très localisées et correspondant à des appellations prestigieuses : 35,8% à Fuissé (23,6% pour Marine Le Pen) et 33,4% à Mercurey (contre 20,9 pour sa rivale). Le rapport de force s’équilibre ou s’inverse dans des appellations un peu moins prestigieuses : 21,7% pour les deux candidats à Rully et 24,4% pour Le Pen contre 19,5% pour Fillon à Saint-Véran.      

2- Un cas d’école : le Sancerrois, une enclave filloniste en zone frontiste

A une échelle plus restreinte, le vignoble sancerrois obéit aux mêmes logiques. Alors que Marine Le Pen domine dans les campagnes du Cher, ce terroir fait exception. C’est en effet François Fillon qui vire en tête dans les communes situées dans le cœur de l’appellation, la candidate frontiste parvenant à s’imposer sur les marges. A l’instar de ce que l’on a observé en Bourgogne, plus la proportion de viticulteurs est importante et plus la commune est acquise à la droite. Le candidat des Républicains atteint ainsi 56,7% à Verdigny, 54,3% à Bué, 34,3% à Sancerre ou bien encore 35,3% à Sury-en Vaux contre seulement 23,2% à Saint-Satur et 14,3% à Ménétréol-sous-Sancerre, communes pourtant voisines mais ne comptant quasiment pas de viticulteurs.

Comme montre la carte suivante, d’une manière générale plus on s’éloigne du cœur de l’appellation et plus le vote Fillon diminue. La carte fait apparaître un effet similaire à Ménetou-Salon, autre commune viticole renommée. L’effet est néanmoins moins spectaculaire, le vote Fillon atteignant 25,3% dans cette commune contre moins de 20% dans les villages voisins.  Cet impact plus limité tant sur l’intensité du survote à droite que du point de vue du périmètre géographique s’explique par le fait que nous sommes là en présence d’une appellation moins réputée et plus petite. On compte environ 100 producteurs à Ménetou contre environ 300 à Sancerre et l’appellation couvre 500 hectares contre 2770 pour son illustre voisine. Dans le même ordre d’idées, du fait de l’étroitesse de l’appellation de Quincy (270 hectares et une trentaine de producteurs), il n’y a pas d’effet vignoble en faveur de Fillon dans cette autre commune viticole du Cher, qui n’a accordé que 18% au candidat des Républicains et à placer Marine Le Pen largement en tête avec 32,2% des voix. 

Si l’on revient au cas de Sancerre, on constate que le vote FN gagne en intensité quand on s’éloigne du cœur de l’appellation. Il se situe en dessous de 16% à Sancerre-même et dans quelques communes limitrophes, il passe ensuite à plus de 25% en bordure de l’appellation et grimpe jusqu’à 30% dans un rayon de 20 à 30 kilomètres. Ces communes éloignées ne bénéficient pas de la présence d’une activité viticole rémunératrice qui dynamise l’économie locale et qui a permis la constitution d’importants patrimoines familiaux. Le vin de Sancerre est en effet réputé depuis des siècles et dès la Renaissance, il était exporté dans le Nord de l’Europe. Génération après génération, les vignerons et les négociants sancerrois ont su créer et capter des richesses sur ce terroir restreint. Mais cette manne a très peu irrigué les communes rurales avoisinantes. Aujourd’hui, le vin de Sancerre se négocie toujours à des prix élevés et il est prisé par une clientèle mondiale ce qui assure la persistance de flux monétaires entrants permanents pour ces communes. Le chiffre d’affaires de la filière viticole sancerroise qui compte environ 300 producteurs répartis sur seulement quelques communes s’établit à 150 millions d’euros et environ 60% est exporté. Aucune activité économique et a fortiori agricole n’est susceptible de faire affluer un tel volume d’argent sur un terroir aussi restreint géographiquement.

A cela s’ajoute l’activité touristique. Le site pittoresque de la colline de Sancerre et de ses vignes attire chaque année près de 300 000 visiteurs qui dépensent sur place entre 20 et 25 millions d’euros. Mais encore une fois, cette manne se concentre sur un périmètre géographique très circonscrit et à part quelques rares communes limitrophes, aucune de ne tire profit de la fréquentation touristique de Sancerre. La densité de restaurants et d’hôtels constitue un bon indicateur de la capacité d’une commune à capter ou non une partie de ces flux. Or, comme le montre la carte suivante, Sancerre compte pas moins de 18 restaurants et la commune voisine de Saint-Satur 10 établissements.

Une infrastructure touristique concentrée dans le cœur de l’appellation

Mais la plupart des villages situés dans un rayon de 20 à 30 kilomètres ne dispose souvent d’aucun restaurant, quelques communes en ayant un ou deux. De la même manière, nous avons dénombré 4 hôtels à Sancerre et 5 à Saint-Satur ainsi qu’un établissement dans les trois communes suivantes situées à proximité des deux précédentes : Bué, Ménétréol-sous-Sancerre et Bannay. Toutes les autres communes de cette partie du Cher ne bénéficient donc pas de cette richesse complémentaire liée au tourisme qui se concentre elle aussi dans le cœur du vignoble. On mesure également cette inégalité territoriale quand on analyse les locations proposées par un site comme Abritel. Sur les 26 proposées dans ce secteur géographique, la majorité se situe à Sancerre (6) ou dans les villages immédiatement limitrophes (10). Pour reprendre un adage paysan, on peut donc résumer la situation par la formule suivante : « il pleut où c’est déjà mouillé »... 

3- Un survote Fillon sur la route des vins d’Alsace mais une sévère concurrence FN/LR en Beaujolais…

On retrouve dans un autre terroir viticole, le même survote en faveur de François Fillon alors que les zones rurales avoisinantes votent Marine Le Pen. Dans le vignoble alsacien, la majeure partie des communes situées sur la fameuse Route des vins ont ainsi placé Fillon en tête. A l’instar de ce que l’on a observé dans la Côte de Nuits, dans quelques communes péri-urbaines, situées notamment à proximité de Sélestat et de Colmar, c’est  Emmanuel Macron qui vire en tête. En Alsace, comme en Bourgogne ou dans le Sancerrois, l’activité viticole se porte bien et les vignerons ont su valoriser leurs productions qui assurent à ces communes d’appréciables retombées économiques. Ces villages bénéficient par ailleurs des revenus générés par un tourisme très développé. Ces communes sont restées dans leur jus et offrent un paysage de carte postale d’une Alsace éternelle et prospère, ambiance inclinant au vote conservateur. Mais dès qu’on s’éloigne de quelques kilomètres, cet atmosphère se dissipe rapidement et le vote frontiste devient dominant dans d’autres campagnes alsaciennes moins riantes ou bénéficiant moins de la globalisation qu’il s’agisse de la plaine d’Alsace ou des contreforts vosgiens.

La Route des vins d’Alsace : point d’appui du fillonisme dans la région

La situation dans le Beaujolais, autre territoire viticole bien connu, diffère quelque peu. Le candidat des Républicains se place souvent en tête mais avec des scores nettement moins élevés qu’en Alsace, à Sancerre ou que dans la Côte-de-Nuits ou la Côte-de-Beaune. De surcroît, alors que les écarts étaient nettement plus conséquents dans ces terroirs, Marine Le Pen talonne de très près François Fillon dans les appellations les plus réputées du Beaujolais (Fleurie, Morgon, Chiroubles, Chénas etc…) comme le montre le tableau suivant.

Les votes Fillon et Le Pen dans certaines communes du Beaujolais

 

Bien que le Beaujolais soit également mondialement connu et qu’il s’exporte également beaucoup, ce vin est commercialisé nettement moins cher que les crus de Bourgogne ou d’Alsace. Les retombées économiques sont dès lors moins importantes et l’opulence de ces villages est réelle mais moins marquée que le long des routes des vins alsacienne et bourguignonne ou à Sancerre.

L’influence de la réputation d’un terroir et de la valorisation de sa production viticole sur la sociologie du territoire et partant sur les comportements électoraux se lit également à l’échelle même du vignoble du Beaujolais. Sauf exception, le score de François Fillon est en effet plus élevé dans les appellations les plus prestigieuses (Morgon, Fleurie, Chénas…) situées au cœur du vignoble, où il devance symboliquement Marine Le Pen, alors que cette dernière prend l’ascendant sur son rival dans bon nombre de communes appartenant à l’appellation moins cotée du Beaujolais-Villages.  

4- … comme en Champagne et dans le Bordelais

En Champagne, peut-être en partie du fait de la très forte valeur générique de la marque « Champagne » tant au plan national qu’à l’export, l’effet de l’appellation semble avoir un moindre impact sur les votes. Si l’on considère uniquement le département de la Marne par exemple, dans les 16 communes qui bénéficient de l’appellation Grand cru, François Fillon obtient en moyenne 28% contre 29,2% pour Marine Le Pen. Ce rapport de forces s’établit ensuite à 32,6% pour Fillon contre 26,3% pour Le Pen en moyenne dans les 39 communes classées en Premier cru. C’est donc en zone Grand cru que Marine Le Pen réalise en moyenne ses meilleurs scores et elle y devance le candidat des Républicains, qui est en revanche en tête dans les zones Premier cru. Le champagne se vendant à très bon prix, l’effet du classement joue moins qu’en Bourgogne par exemple.

Les différences de comportements électoraux apparaissent non pas entre Grand Cru et Premier Cru mais selon les terroirs. Ainsi, comme le montre le graphique suivant, au sein des communes classées en Premier Cru les rapports de force sont totalement inversés entre la Montagne de Reims, où François Fillon domine très largement et les vignobles de la région d’Epernay (rattachés soit à l’appellation Vallée de la Marne soit à celle de la Côte des Blancs) qui optent préférentiellement pour Marine Le Pen.

Les votes Fillon et Le Pen dans les communes de la Marne classées en 1er cru.

Les deux terroirs sont géographiquement assez proches et ces communes sont toutes classées en Premier cru, pour autant leurs votent diffèrent sensiblement. Dans les deux zones, le vote Fillon+Le Pen avoisine les 60%, ce qui traduit l’orientation très droitière du vignoble champenois. Au sein de ce bloc droitier, l’équilibre des forces se modifie en fonction d’un paramètre géographique qui est celui de la distance à Reims. En règle générale, le vote frontiste gagne en intensité quand on s’éloigne d’une grande agglomération. Cette « règle » semble également fonctionner dans le vignoble champenois. Les communes de la Montagne de Reims sont privilégiées à la fois pour leur terroir permettant la culture intensive de la vigne produisant le champagne mais également de par leur proximité avec Reims. Elles offrent une cadre de vie appréciable et constituent une ceinture dorée rémoise protégée par la création du Parc naturel régional de la Montagne de Reims. Le prix de l’immobilier est d’ailleurs nettement plus élevé que dans la région d’Epernay. En plus de « l’effet viticulteurs », le vote Fillon dans la Montagne de Reims est dopé par la présence de cadres et de ménages aisés que l’on retrouve moins dans les communes viticoles de la région d’Epernay, où le FN devient la force dominante.        

Hormis dans la Montagne de Reims, un survote Fillon se distingue également dans d’autres appellations comme la Côte des Blancs mais également la Côte des Bars, un des seuls points d’appui de la droite dans le département de l’Aube. Dans ce terroir, le vote FN se situe souvent entre 30 et 35%, soit à peine en deçà du score observé dans d’autres campagnes de l’Aube. De la même façon, dans le sud de l’Aisne, les communes appartenant à l’appellation de champagne de la Vallée de la Marne, votent seulement un peu moins FN que les campagnes avoisinantes.

A l’instar des coteaux champenois, une bonne partie du vignoble bordelais offre également l’exemple de vignobles prestigieux et réputés mondialement votant pourtant très fortement pour le FN et où François Fillon n’a guère rencontré d’écho. Comme le montre le tableau suivant, c’est le cas notamment à Pauillac, Saint-Estèphe ou Margaux. Les mécanismes mis en lumière en Bourgogne ou à Sancerre ne semblent pas fonctionner ici. La comparaison entre ces communes du Médoc et les communes des appellations Saint-Emilion et des appellations voisines (Montagne Saint-Emilion, Pomerol etc...) nous mettent sur la piste d’un autre paramètre que la renommée d’un vignoble, génératrice de retombées économiques importantes et engendrant un effet-richesse. Ce paramètre, c’est celui de la nature des exploitations. Avons-nous affaire à des propriétaires indépendants relativement nombreux ou bien la vigne est-elle possédée par des grands groupes qui ont racheté les châteaux et les propriétés ? Le statut de la propriété foncière joue en effet un rôle déterminant en ce qui concerne la captation de la manne financière générée par ces vins reconnus. Dans le Médoc, l’essentiel de la rente est ainsi captée par de grands propriétaires et les groupes financiers qui ont investi et pris possession des châteaux. Comme le montre le tableau ci-dessous, la population locale compte très peu d’agriculteurs (donc très peu de viticulteurs). Et elle ne bénéficie donc que très peu d’un effet de ruissellement. A l’inverse, à Saint-Emilion et dans les communes alentours, une bonne partie des vignes sont encore aux mains d’un nombre important de viticulteurs indépendants qui commercialisent eux-mêmes la production. Par leur entremise, le chiffre d’affaires vient donc irriguer ces communes, qui ont accordé des scores importants au candidat des Républicains et ont été moins sensibles au discours frontiste.  

En Médoc, la progression du vote FN n’est pas propre aux communes viticoles. Dans ce territoire qui demeure enclavé, le sentiment d’isolement par rapport à la métropole bordelaise reste prégnant. Ce terroir, où les chasseurs sont nombreux, était un fief de CPNT qui canalisait un vote protestataire. Aujourd’hui, c’est le FN qui prospère, le mouvement ayant conquis ce canton lors des élections départementales de 2015, aidé par la montée de la petite délinquance en milieu rural. A ces causes générales vient s’ajouter la mutation économique et donc sociologique qu’a connue le secteur viticole depuis le début des années 2000. Sous l’effet de l’arrivée de grands groupes et de la concurrence accrue, les châteaux ont progressivement abandonné un mode de fonctionnement paternaliste. Les ouvriers agricoles, nombreux dans ces communes viticoles, étaient logés dans des maisons mises à disposition avec potagers et poulaillers. Depuis une vingtaine d’années, les châteaux et les propriétaires se sont séparés de leurs ouvriers et font appel à des prestataires de services qui leur fournissent de la main d’œuvre souvent composée de travailleurs détachés d’Europe de l’Est ou d’immigrés maghrébins ou africains. Cette rivalité sur le marché du travail avec une main d’œuvre étrangère mais également une dualité croissante de la société locale et le sentiment d’être livré à son sort alors que le territoire sur lequel on réside génère des fortunes créent un cocktail détonnant propice au vote frontiste.       

5- Du « Midi rouge » au « Midi brun »

Si comme on l’a vu, certaines régions viticoles prestigieuses tirent leur épingle du jeu notamment grâce à l’export, sous l’effet des changements de mode de vie et de consommation et des campagnes de santé publique, la consommation de vin qui était très répandue il y a quelques décennies a considérablement reflué dans notre pays depuis les années 1960.

Seuls 15% des Français déclarent ainsi boire du vin quotidiennement alors que ce comportement était majoritaire il y a une quarantaine d’années. L’analyse des données sur la fréquence de consommation montre par ailleurs que cette pratique demeure principalement ancrée parmi les seniors, dont toute une partie est restée fidèle au mode de vie qu’ils ont connu dans leur jeunesse, alors que les générations qui les suivent ont une consommation beaucoup moins régulière et plus qualitative du vin. 

L’effondrement massif de la consommation de vin avec une division quasiment par trois du volume consommé par habitant en l’espace de 50 ans a eu des répercussions économiques et sociologiques majeures dans les zones de production de masse. Ce fut le cas notamment dans le Languedoc-Roussillon, principale région viticole française, qui fournissait une grande partie du vin du quotidien et qui a été touché de plein fouet.

Ainsi, en l’espace de 45 ans, le vignoble languedocien et roussillonnais a perdu progressivement près de 43% de sa surface. Ce bouleversement n’a pas affecté que le paysage mais aussi les structures sociologiques locales. Le nombre de caves coopératives est ainsi passé dans les quatre départements viticoles de la région (Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales) de 550 dans les années 1970 à 370 en 1996 pour s’établir à seulement 200 en 2012. Or dans ces terroirs, la coopérative viticole était, comme le soulignent Jean-Marc Touzard et Jean-Pierre Laporte « bien plus qu’une unité économique. Elle était une institution locale jouant un rôle clé dans chaque commune via la diffusion des nouvelles normes techniques viticoles, la médiation avec l’administration et le relai de l’action syndicale viticole »[1]. Dans un espace marqué par l’imbrication des relations personnelles et professionnelles, la coopérative occupait une place centrale. Dans cette région d’habitat groupé, la sociabilité villageoise se structurait ainsi autour de la famille, du club sportif, du « voisinage de vigne » et de la coopérative. Temps forts de la vie locale, les vendanges et les fêtes locales étaient placées sous le signe de l’entraide et du collectif, symbolisés par la coopérative, élément majeur de l’identité de gauche de ces terroirs du Midi rouge. 

Un zoom sur le département de l’Hérault permet de mesurer les répercussions électorales de ces mutations profondes. En 2017, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont obtenu tous deux des scores élevés. Mais loin d’être imbriqués, ces deux votes ont chacun préempté des espaces bien délimités. La ligne de partage des eaux entre ces deux types de vote contestataires est fixée par le relief. Le vote frontiste est d’autant plus puissant que l’altitude de la commune est faible alors, qu’inversement, le vote Mélenchon gagne linéairement en intensité au fur et à mesure que l’altitude augmente. 

Il ne s’agit bien évidemment pas de succomber à un déterminisme géographique primaire. Dans cette région, les types de peuplement et la nature des activités économiques sont très fortement indexés sur la situation géographique. Les communes à l’altitude la plus faible correspondent aux villes et villages situées sur la plaine littorale. Depuis une quarantaine d’années, cet espace a été transformé en profondeur sous l’effet d’une très forte urbanisation qui a modifié les paysages et l’activité économique : recul de la viticulture au profit de l’étalement urbain avec la construction de zones commerciales et de lotissements pavillonnaires.

Mais il n’y a pas que le paysage qui ait changé. La sociabilité et les réseaux d’interconnaissance et de pouvoirs locaux ont été chamboulés par l’augmentation de la population et l’arrivée en masse de nouveaux habitants provenant d’autres régions ou de l’autre côté de la Méditerranée. C’est dans ces territoires fortement remodelés où le chômage, l’immigration, les inégalités de richesse et la délinquance sont élevés que le vote FN flambe. A une vingtaine ou une trentaine de kilomètres en direction de l’intérieur des terres, l’ambiance et les paysages changent quand on grimpe sur les contreforts du Minervois ou des Cévennes. Si le taux de chômage est également élevé, les sociétés locales ayant certes été frappées par le déclin de l’agriculture (mais cette activité reste présente), il n’y a pas eu de bouleversement démographique comparable à ce qui s’est produit dans la plaine viticole. Les « natifs » demeurent majoritaires, la moyenne d’âge est plus élevée et la densité de la population est nettement plus faible que dans la plaine littorale. 

Les deux espaces s’opposent terme à terme. La plaine et le littoral sont les territoires les plus densément peuplés alors que la densité est beaucoup plus faible dans le Minervois, le Lodévois et le pays de Thomières.

L’arrière-pays héraultais correspond à des paysages de garrigues et de causses alors que la plaine et le littoral demeurent le pays de la vigne. Toutefois comme a l’a vu précédemment, du fait du recul historique de la consommation de vin de table en France, ce territoire a vu sa surface viticole être considérablement réduite au cours des dernières décennies, ce phénomène s’accompagnant d’une urbanisation très importante pour répondre à la pression démographique. Ces transformations profondes des paysages mais aussi de l’activité économique dominante et de la population a déstabilisé ce territoire qui vote très fortement pour le FN (après avoir voté pour le PC puis le PS) alors que les collines et les Causses de l’arrière-pays, où la vigne était peu cultivée, sont demeurés fidèles à la gauche, les mutations socio-économiques ayant été moins profondes. 

 

Dans une région comme le Languedoc-Roussillon, historiquement et structurellement favorable au FN, le très haut niveau de vote Le Pen dans la région biterroise peut en partie s’expliquer par un effet d’implantation locale. Bien qu’il ne soit pas membre du pari, la victoire de Robert Ménard dans cette ville a permis à cette famille politique de s’ancrer encore davantage en bénéficiant d’une tribune et d’une vitrine de choix. La conquête de la mairie a d’ailleurs été suivie par celle des trois cantons biterrois lors des élections départementales de 2015 et par l’élection d’Emmanuelle Ménard, la femme du maire, lors des législatives de juin 2017. L’effet d’enracinement est incontestable, pour autant, d’autres éléments rentrent également en ligne de compte. Ainsi, les deux cartes ci-dessus font clairement apparaître un lien entre la déprise agricole et un vote FN élevé. C’est dans les communes où la vigne a le plus reculé que le vote Le Pen atteint ses plus hauts niveaux. L’arrachage des vignes est le symptôme des difficultés économiques d’une filière et plus globalement de toute l’économie locale car l’activité viticole pèse encore beaucoup. Mais dans cette région, historiquement de monoculture viticole, l’arrachage des vignes revêt également une forte charge émotionnelle et politique. Elle vient douloureusement symboliser le déclin d’une région et nourrir la nostalgie d’un âge d’or révolu « où il y avait du travail et où le travail de la vigne payait ». Toutes choses étant égales par ailleurs, ces campagnes d’arrachage dans le terroir biterrois produisent le même effet sur les populations locales que l’arrêt des hauts-fourneaux en Lorraine. C’est tout un pan de l’histoire et de la fierté locales qui est ainsi mis au rebut.     

Cette histoire est émaillée de luttes sociales avec en point d’orgue la révolte des vignerons de 1907 qui enflamma tout le Languedoc. Du fait de la surproduction liée à de nouvelles méthodes de culture et des conditions climatiques favorables, les cours du vin s’étaient effondrés entraînant dans la misère toute la population de la région qui protestait contre la chaptalisation (ajout de sucre dans le vin pour augmenter son degré d’alcool) et les importations de vins en provenance d’Algérie. Face à des manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes, Georges Clémenceau envoya la troupe pour ramener l’ordre. C’est dans ce contexte que le 17ème Régiment d’Infanterie, composé de conscrits héraultais, mit crosses en l’air et sympathisa avec les manifestants dans les rues de Béziers en juin 1907. Cette révolte « des gueux du Midi » et ce fait d’armes des soldats du 17ème RI hantent encore l’imaginaire collectif. Il rejaillit sporadiquement  et les militants du Comité Régional d’Action Viticole (CRAV), qui recourent à l’action clandestine pour défendre les intérêts des vignerons, se revendiquent de cette mémoire.  Plus d’un siècle après cette révolte, le climat social reste tendu dans le vignoble biterrois où les militants du CRAV s’en prennent épisodiquement à des sociétés de courtage ou des usines d’embouteillages et de sites de stockage pour protester contre l’importation de vins, non plus algériens comme en 1907, mais espagnols. La problématique est restée la même mais la colère a désormais changé de couleur politique. Dans un contexte d’économie globalisée, contrairement à d’autres terroirs viticoles plus prestigieux qui bénéficient pleinement de l’ouverture des frontières pour exporter à prix d’or leurs production, le vignoble héraultais et plus particulièrement biterrois, moins renommé, souffre. Ces difficultés viennent alimenter localement un vote FN déjà puissant dans la région.    

6- Focus sur des vignobles anciennement communistes ou mélenchonistes

Dans le département voisin des Pyrénées-Orientales, le vote FN a également prospéré mais il se heurte à la présence d’un vote Mélenchon élevé dans des terroirs viticoles historiquement acquis à la gauche puis au PC. Ainsi dans la vallée de l’Agly, le leader des Insoumis parvient à virer en tête dans certaines communes comme Caramany ou Rasiguères mais il ne s’impose que de très peu à Latour-de-France ou à Montner. Dans d’autres communes, Marine Pen le surclasse assez nettement comme à Maury, Tautavel ou Estagel. 

Comme le montre le graphique ci-dessus, le total des voix Insoumises et frontistes oscille partout entre 50 et 60% des exprimés, donnant à ce terroir une forte coloration contestataire, les candidats Macron et Fillon étant réduits à la portion congrue. Ce dernier bénéficie en revanche d’un certain soutien dans un autre terroir catalan. Le candidat LR atteint ainsi 27,8% à Collioure. Sur ces collines escarpées, on cultive la vigne et on y produit un vin très réputé. Cet atout géographique et économique est complété par la beauté du site et du petit port, qui en font une destination touristique prisée. A l’instar de Sancerre, les retombées économiques se concentrent sur un périmètre très restreint. Le vote Fillon se situe ainsi nettement en retrait dans les deux communes voisines de Port-Vendres (18,2%) et d’Argelès (19,4%) alors que le FN y prospère : respectivement 34,5% et 30,2% pour Marine Le Pen (contre seulement 18,5% à Collioure).   

L’existence d’une implantation historique de la gauche communiste ne se traduit pas systématiquement par un vote important en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Certains terroirs « rouges », où la viticulture est encore pratiquée, ont subi d’importants bouleversements économiques et démographiques avec un renouvellement des générations et une transmission défaillante de la tradition politique locale au cours des dernières décennies. C’est le cas notamment du vignoble de Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l’Allier, bastion s’il en est du communisme rural. Dans la patrie d’André Lajoinie, l’audience du PC a progressivement décliné, ses structures militantes ont vieilli tout comme ses relais dans le syndicalisme agricole jadis très actifs. Jean-Luc Mélenchon y enregistre des scores inférieurs à sa moyenne nationale : 14,2% à Bransat, 15,9% à Chareil-Cintrat, 16,5% à Saint-Pourçain ou 16,7% à Montord. Dans toutes ces communes, ce candidat se classe en troisième ou en quatrième position. On a là un exemple de dislocation d’un fief électoral historique mais pas d’un basculement univoque dans la mesure où la pole position varie selon les communes. La densité de viticulteurs étant assez faible dans ce terroir, le profil sociologique et politique n’est plus vraiment typé.

Dans le département du Loir-et-Cher, on trouve un autre exemple d’un ancien terroir « rouge ». Les communes de la vallée du Cher comptaient de nombreux petits propriétaires travaillant la vigne. Cette sociologie particulière constitua longtemps le terreau d’un vote à gauche puis d’un vote communiste. Mais ici aussi, la physionomie de ce territoire a changé et les petites exploitations ont progressivement disparu même si l’on compte encore une activité viticole. La disparition de ce peuple de petits vignerons a sonné le glas du vote communiste dans ce terroir mais l’activité viticole n’étant pas très florissante, le vote Fillon est également assez faible. Dans ce territoire excentré aux confins de la Sologne, c’est le FN qui a raflé la mise en prospérant sur la tradition contestataire de ces villages, comme le montre tableau ci-dessous. 

  

Il est en revanche un terroir viticole dans lequel le candidat des Insoumis est arrivé en tête. Il s’agit du vignoble d’Arbois dans le Jura dont plusieurs communes ont massivement voté pour lui. C’est le cas à Arbois (26,2%), mais aussi à Montaigu (27%), aux Planches-sous-Arbois (30%) mais aussi à Maynal (30,7%). Dans cette dernière commune, réside et travaille un viticulteur, ami de longue date du responsable politique et qui a introduit le bio dans ce vignoble. Ayant passé une partie de sa jeunesse dans ce territoire, Jean-Luc Mélenchon y possède attaches et soutiens, ce qui s’est traduit électoralement.     

 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Après les trottinettes électriques, la prochaine mode pourrait bien être le bâton sauteur
02.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
03.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
04.
Ne l’appelez plus Shinzo Abe mais Abe Shinzo
05.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
06.
SOS médecins : les hebdos au chevet de l'Europe ; Bellamy laisse Nicolas Sarkozy de marbre et atomise Dupont-Aignan ; L'ami milliardaire qui finance Francis Lalanne ; Valls souffre, le PS meurt (selon lui)
07.
La Chine détient-elle une arme nucléaire en étant capable de bloquer l’approvisionnement des Etats-Unis en terres rares ?
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
03.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
04.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
05.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
06.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
04.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
05.
Des experts estiment dans un nouveau scénario que la hausse du niveau des océans pourrait dépasser deux mètres d'ici 2100
06.
Vidéo de Vincent Lambert : son épouse va porter plainte
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires