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Bonnes Feuilles
Comment Homo Sapiens a failli être la victime de sa grosse tête
Publié le 29 septembre 2018
Homo sapiens est décidément une drôle d’espèce. On le pensait apparu quelque part en Afrique de l’Est il y a 200 000 ans, et voilà qu’on détecte sa présence bien plus tôt, et sur tout le continent. Et il nous réserve bien d'autres surprises, à découvrir dans le dernier livre de Silvana Condemi, "Dernières nouvelles de Sapiens", publié chez Flammarion.
Silvana Condemi est une paléoanthropologue, directrice de recherche au CNRS et responsable de la thématique paléo-anthropologie de l’UMR 7268-ADES.
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Homo sapiens est décidément une drôle d’espèce. On le pensait apparu quelque part en Afrique de l’Est il y a 200 000 ans, et voilà qu’on détecte sa présence bien plus tôt, et sur tout le continent. Et il nous réserve bien d'autres surprises, à découvrir dans le dernier livre de Silvana Condemi, "Dernières nouvelles de Sapiens", publié chez Flammarion.

Dans cette longue histoire, il importe de prendre conscience d’un point clé de l’hominisation : la culture a modifié en profondeur notre biologie de primate d’origine. Les pressions sélectives à l’origine de la bipédie permanente, puis de l’hominisation, ont été si intenses en effet, qu’elles ont remodelé notre squelette, notre tête, notre système digestif et notre cognition. Rien que cela... Penchons‐nous donc pour commencer sur les remodelages physiologiques et comportementaux profonds qu’a entraîné le développement extrême de notre cerveau.

Notre évolution a en effet poussé le développement de notre boîte crânienne à sa limite biologique, puis au‐delà de ce qui semble physiologiquement possible, tant pour le corps des femmes que sur le plan du métabolisme.

Nous savons tous que l’accouchement est en général douloureux et souvent dangereux pour la femme sapiens. Le travail dure en moyenne 9,5 heures, soit cinq fois plus que chez le gorille, le chimpanzé et l’orang‐outang... Cela s’explique facilement : le volumineux cerveau humain suppose une grosse tête, qui chez nos nouveau‐nés passe difficilement à travers le canal pelvien. Il en a résulté une sélection des lignées humaines dans lesquelles les os crâniens des bébés à naître ne sont pas soudés, de sorte qu’une certaine déformation de la tête facilite le passage. Une fois engagée, la tête du bébé sapiens, légèrement trop grosse, doit par ailleurs effectuer une rotation avant de pouvoir descendre le canal pelvien.

Toutefois, cela ne suffit pas : aucune naissance ne serait possible si le développement n’était ralenti in utero, car si nos bébés naissaient au même stade que leurs cousins chimpanzés, leur tête serait trop grosse pour passer. Ils naissent en fait avec un crâne et un cerveau encore inachevés, presque absurdement immatures par rapport à ce qui est le cas chez les autres espèces animales.

Une fois le bébé né, la taille du cerveau continue à augmenter pendant les sept premières années, alors que le petit humain n’est plus isolé dans l’utérus, mais entouré par ses proches. Ainsi, le cerveau humain achève son développement alors que l’enfant est déjà sous l’influence de la vie sociale. Pour parfaire le développement cérébral, l’humanité remplace le bain utérin par le bain social. Une particularité qui explique en partie notre impressionnant essor cognitif, puisqu’il se poursuit jusqu’à ce que notre cerveau contienne de l’ordre de 86 milliards de neurones, à comparer à seulement 6 milliards chez notre cousin chimpanzé. La véritable machine pensante, le néocortex, c’est‐à‐dire la couche cérébrale externe, représente 33 % du volume cérébral chez les humains contre seulement 17 % chez les chimpanzés. Du reste, la croissance du cerveau humain se poursuit jusqu’à environ 25‐30 ans et notre cerveau subit à tout âge un remodelage constant en fonction du vécu.

Extrait de "Dernières nouvelles de Sapiens", de Salvana Condemi, publié chez Flammarion.

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