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Le travail c’est la santé ? Vraiment ? Voilà les risques que vous prenez à travailler non-stop

Publié le 30 août 2018
Selon les dernières statistiques de l'Organisation internationale du travail, on ne compte pas moins de 400 millions de personnes employées dans le monde qui travaillent au moins 49 heures par semaine. Cela rend les accidents plus probables, augmente le niveau de stress et provoque même des douleurs physiques.
François Baumann est médecin généraliste, fondateur de la Société de Formation Thérapeutique du médecin Généraliste (SFTG). Intéressé par toutes les dimensions des Sciences Humaines et Sociales qui participent à une meilleure santé des hommes, il a...
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François Baumann est médecin généraliste, fondateur de la Société de Formation Thérapeutique du médecin Généraliste (SFTG). Intéressé par toutes les dimensions des Sciences Humaines et Sociales qui participent à une meilleure santé des hommes, il a...
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Selon les dernières statistiques de l'Organisation internationale du travail, on ne compte pas moins de 400 millions de personnes employées dans le monde qui travaillent au moins 49 heures par semaine. Cela rend les accidents plus probables, augmente le niveau de stress et provoque même des douleurs physiques.

Atlantico : Que sait-on aujourd’hui des dégâts médicaux potentiels relatifs au surmenage ?

François Baumann : On sait que le surmenage aboutit dans un grand nombre de cas à du burn-out. Mais le burn-out n’est pas facile à identifier. Il y a plusieurs formes de surmenage et d’inconvenants de ce travail forcé.

L’impact physique comporte toutes sortes de pathologies neuromusculaires. On sait que des gens présentent des troubles en rapport avec le stress. Ce qui est occasionné par l’excès de travail ou le surmenage. Ce sont des troubles musculo squelettiques. Des douleurs musculaires diverses, sans étiquettes médicales claires. C’est une espèce de tension générale du corps qui se retrouve physiquement et psychologiquement.

Autre phénomène, lorsque l’on travaille trop longtemps, c’est l'équivalent d’un certain niveau d’alcool dans le sang. On le sait depuis un moment. Il semblerait que les troubles qu’ont les gens dans cet état de super travail de 12h d’affilés, ressemblent à des troubles d’alcooliques. C’est assez surprenant et également dangereux. . Imaginez que la personne rentre du travail ou fasse un métier manuel.

Il existe de nombreuses preuves que le fait de trop travailler sans pause réduit la productivité. En quoi le repos peut-il être un atout pour le travail lui-même ?

Oui, c’est un atout physiologique de se reposer, comme nous le faisions plus jeunes d'ailleurs (récréation etc). Il y a un moment où il faut reposer son stress et son excitation pour redémarrer avec plus d’efficacité. Sur le plan biologique, c’est une histoire d’excès de cortisol. Il y a des gens qui meurent au travail au Japon. C’est un épuisement hormonal.

Alors que cette culture des "longues heures" ne semble pas s'atténuer, nous sommes des millions de travailleurs incapables de s'y opposer. Dès lors, que faire ? Quels sont les solutions pour endiguer ce problème ?

Quand j’évoque le multi centrisme de cette maladie, la dimension sociale en fait également partie. Il y a toute une adaptation de la société qui ne se fait pas, car nous sommes encore dans une dynamique où il faut travailler beaucoup. C’est dans les mœurs européennes. On parle de travail, mais tout dépend aussi du type de travail. Serrer des boulons ce n’est pas la même chose que faire un travail intellectuel sur le plan de l’usure. Ce n’est pas le même stress. Nous sommes dans une dynamique ou la société est devenue folle puisque d’un côté, il y a la pression des grosses boites qui en veulent toujours plus avec moins de personnel. Il y a des aménagements dans le meilleur des cas, mais ce n’est pas suffisant. On a toujours pensé que ça ne rendait pas les gens malades de trop travailler. Souvenez-vous du dicton, le travail, c’est la santé.

Je pense qu’il faut une prise de conscience individuelle. Un travail d'information qui fasse prendre conscience à la population du danger de cette affaire. Il faut savoir aussi que ceux qui prennent conscience de leur situation se retrouvent dans un conflit terrible. Ils se disent "je ne peux pas travailler c’est une catastrophe et si je travaille, c’est une catastrophe". Comment sortir de cette impasse ? À mon avis c’est un problème politique. Je ne vois pas comment à part politiquement obliger par des lois les patrons à ralentir, comment endiguer le problème.

Peut-être en augmentant la partie civique, sport, activité, tout ce qui fait remuer autre chose que la tête. Tout ce qui peut être un exutoire. Il faut aussi limiter les horaires, car au-delà d’un certain seuil, ce n’est plus possible. L’être humain à des limites. Certains tiennent plus que d’autres certes, mais nous ne sommes pas tous égaux dans ce domaine. Il y a une hygiène de vie à reprendre.

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