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Constat accablant
Ces signes avant-coureurs qui montrent que l’économie chinoise tangue dangereusement
Publié le 28 août 2018
La Chine est accusée par ses voisins d'être à l'origine des baisses du cours du cuivre, du zinc, de l'or ou du pétrole. Le pays montre des signes inquiétants annonciateurs d'un possible ralentissement économique.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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La Chine est accusée par ses voisins d'être à l'origine des baisses du cours du cuivre, du zinc, de l'or ou du pétrole. Le pays montre des signes inquiétants annonciateurs d'un possible ralentissement économique.

Atlantico : Alors que le cours du cuivre vient de descendre sous les 6000$ la tonne, que le pétrole subit également une baisse au cours des dernières séances ou que d'autres métaux comme le Zinc ou même l'OR suivent la même tendance, les yeux se tournent vers la Chine qui pourrait être à l'origine de cette situation. Avec une croissance de l'investissement public de 1.33% pour ce mois de juin, un plus bas depuis 2005, peut-on considérer que la Chine est confrontée à un ralentissement économique ? Comment s'inscrit cette situation dans le contexte de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ? 

 
Jean-Paul Betbeze : Oui, c’est grave. Montée assurée des taux d’intérêt américains (discours de Jerome Powell à Jackson Hole vendredi dernier), donc pénurie de dollars d’entreprises surendettées en dollars dans les pays émergents, plus quasi rupture des négociations commerciales avec la Chine : les marchés des matières premières voient la séquence. Ils craignent donc le pire. Ils voient ainsi venir un fort ralentissement chinois, donc moins d’importations chinoises de matières premières, et ainsi de suite chez les pays émergents de la région, puis ailleurs.  
 
Les marchés, de matières premières et financiers (ils vivent ensemble !), savent bien que Président Trump veut rééquilibrer les échanges entre États-Unis et Chine, déficitaires de 380 milliards de dollars. C’est le déficit commercial maximum par rapport aux États-Unis, derrière le Mexique (71 milliards en 2017), le Japon (69 milliards) et l’Allemagne (64 milliards). Donald Trump veut une forte réduction du déficit commercial chinois, de l’ordre de 100 milliards en deux ans, ce qui n’est pas facile (!), plus la possibilité que les entreprises américaines puissent acheter des unités chinoises, plus l’assurance que le Yuan ne serait pas « manipulé », plus la protection des droits de propriété intellectuelle des innovations américaines (contre les « vols » chinois). Les marchés ont vu les propositions chinoises, pour l’amadouer : il sera désormais possible de détenir 100% d’une banque et un mécanisme vient juste d’être mis en place pour éviter une baisse du Yuan (à voir comment). Restent les droits de propriété et l’ampleur du déficit : l’essentiel ! Les marchés ont aussi vu que les États-Unis n’allaient pas mollir car un rapprochement se noue actuellement avec le Mexique, notamment pour l’automobile. C’est bien la preuve qu’il faut « tenir bon », du côté de Donald Trump, pour faire céder « le partenaire commercial ».
 
Donc la pression va monter côté américain, avec plus de produits taxés à 25%. La Chine entend répondre, mais elle ne le peut pas, puisqu’elle importe moins, par construction, et aussi puisqu’elle pourrait alimenter un ralentissement et une inflation interne. En fait, Donald Trump ne peut pas perdre dans la guerre tarifaire actuelle : il ne joue pas seulement un ralentissement chinois, il veut surtout protéger l’avancée technologique américaine. La Chine le sait, la vraie guerre se situe à la frontière technologique, pour en tenir les entreprises chinoises éloignées.
 

Atlantico : Alors que le cours du cuivre vient de descendre sous les 6000$ la tonne, que le pétrole subit également une baisse au cours des dernières séances ou que d'autres métaux comme le Zinc ou même l'OR suivent la même tendance, les yeux se tournent vers la Chine qui pourrait être à l'origine de cette situation. Avec une croissance de l'investissement public de 1.33% pour ce mois de juin, un plus bas depuis 2005, peut-on considérer que la Chine est confrontée à un ralentissement économique ? Comment s'inscrit cette situation dans le contexte de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ? 

 
Jean-Paul Betbeze : Oui, c’est grave. Montée assurée des taux d’intérêt américains (discours de Jerome Powell à Jackson Hole vendredi dernier), donc pénurie de dollars d’entreprises surendettées en dollars dans les pays émergents, plus quasi rupture des négociations commerciales avec la Chine : les marchés des matières premières voient la séquence. Ils craignent donc le pire. Ils voient ainsi venir un fort ralentissement chinois, donc moins d’importations chinoises de matières premières, et ainsi de suite chez les pays émergents de la région, puis ailleurs.  
 
Les marchés, de matières premières et financiers (ils vivent ensemble !), savent bien que Président Trump veut rééquilibrer les échanges entre États-Unis et Chine, déficitaires de 380 milliards de dollars. C’est le déficit commercial maximum par rapport aux États-Unis, derrière le Mexique (71 milliards en 2017), le Japon (69 milliards) et l’Allemagne (64 milliards). Donald Trump veut une forte réduction du déficit commercial chinois, de l’ordre de 100 milliards en deux ans, ce qui n’est pas facile (!), plus la possibilité que les entreprises américaines puissent acheter des unités chinoises, plus l’assurance que le Yuan ne serait pas « manipulé », plus la protection des droits de propriété intellectuelle des innovations américaines (contre les « vols » chinois). Les marchés ont vu les propositions chinoises, pour l’amadouer : il sera désormais possible de détenir 100% d’une banque et un mécanisme vient juste d’être mis en place pour éviter une baisse du Yuan (à voir comment). Restent les droits de propriété et l’ampleur du déficit : l’essentiel ! Les marchés ont aussi vu que les États-Unis n’allaient pas mollir car un rapprochement se noue actuellement avec le Mexique, notamment pour l’automobile. C’est bien la preuve qu’il faut « tenir bon », du côté de Donald Trump, pour faire céder « le partenaire commercial ».
 
Donc la pression va monter côté américain, avec plus de produits taxés à 25%. La Chine entend répondre, mais elle ne le peut pas, puisqu’elle importe moins, par construction, et aussi puisqu’elle pourrait alimenter un ralentissement et une inflation interne. En fait, Donald Trump ne peut pas perdre dans la guerre tarifaire actuelle : il ne joue pas seulement un ralentissement chinois, il veut surtout protéger l’avancée technologique américaine. La Chine le sait, la vraie guerre se situe à la frontière technologique, pour en tenir les entreprises chinoises éloignées.
 

Atlantico : Alors que le cours du cuivre vient de descendre sous les 6000$ la tonne, que le pétrole subit également une baisse au cours des dernières séances ou que d'autres métaux comme le Zinc ou même l'OR suivent la même tendance, les yeux se tournent vers la Chine qui pourrait être à l'origine de cette situation. Avec une croissance de l'investissement public de 1.33% pour ce mois de juin, un plus bas depuis 2005, peut-on considérer que la Chine est confrontée à un ralentissement économique ? Comment s'inscrit cette situation dans le contexte de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ? 

 
Jean-Paul Betbeze : Oui, c’est grave. Montée assurée des taux d’intérêt américains (discours de Jerome Powell à Jackson Hole vendredi dernier), donc pénurie de dollars d’entreprises surendettées en dollars dans les pays émergents, plus quasi rupture des négociations commerciales avec la Chine : les marchés des matières premières voient la séquence. Ils craignent donc le pire. Ils voient ainsi venir un fort ralentissement chinois, donc moins d’importations chinoises de matières premières, et ainsi de suite chez les pays émergents de la région, puis ailleurs.  
 
Les marchés, de matières premières et financiers (ils vivent ensemble !), savent bien que Président Trump veut rééquilibrer les échanges entre États-Unis et Chine, déficitaires de 380 milliards de dollars. C’est le déficit commercial maximum par rapport aux États-Unis, derrière le Mexique (71 milliards en 2017), le Japon (69 milliards) et l’Allemagne (64 milliards). Donald Trump veut une forte réduction du déficit commercial chinois, de l’ordre de 100 milliards en deux ans, ce qui n’est pas facile (!), plus la possibilité que les entreprises américaines puissent acheter des unités chinoises, plus l’assurance que le Yuan ne serait pas « manipulé », plus la protection des droits de propriété intellectuelle des innovations américaines (contre les « vols » chinois). Les marchés ont vu les propositions chinoises, pour l’amadouer : il sera désormais possible de détenir 100% d’une banque et un mécanisme vient juste d’être mis en place pour éviter une baisse du Yuan (à voir comment). Restent les droits de propriété et l’ampleur du déficit : l’essentiel ! Les marchés ont aussi vu que les États-Unis n’allaient pas mollir car un rapprochement se noue actuellement avec le Mexique, notamment pour l’automobile. C’est bien la preuve qu’il faut « tenir bon », du côté de Donald Trump, pour faire céder « le partenaire commercial ».
 
Donc la pression va monter côté américain, avec plus de produits taxés à 25%. La Chine entend répondre, mais elle ne le peut pas, puisqu’elle importe moins, par construction, et aussi puisqu’elle pourrait alimenter un ralentissement et une inflation interne. En fait, Donald Trump ne peut pas perdre dans la guerre tarifaire actuelle : il ne joue pas seulement un ralentissement chinois, il veut surtout protéger l’avancée technologique américaine. La Chine le sait, la vraie guerre se situe à la frontière technologique, pour en tenir les entreprises chinoises éloignées.
 
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